[Le chemin du retour]

 

De retour dans le désert

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Aujourd’hui, on admire une montagne magnifique, on roule tout droit, on souhaite joyeux anniversaire à son père, on visite des dunes, et on retrouve la magnifique 395 !

La nuit est on ne peut plus calme et tranquille. On entend bien un lointain camion de temps en temps, mais ils sont bien rares. De là à dire que c’est trop silencieux… non, n’exagérons quand même pas ! Hier, un peu tannés de la polenta, on avait sauté le petit déjeuner. Comme on a fait l’épicerie, par contre, on peut recommencer à varier un peu les petits déjeuners, et c’est vrai que ça fait du bien de commencer la journée avec des granola (muesli). Ça fait changement !

Le ciel est grisailleux quand on quitte notre petite forêt sympathique, qui nous a si bien tenu compagnie pendant la nuit. On ne roule pas très longtemps avant que la forêt disparaisse, nous précipitant dans le désert typique de la région. Un truc pas complètement totalement désertique donc. Il reste quelques mini plantes bien sèches qui poussent au milieu.

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On quitte une fois de plus la route principale (qu’on avait rejoint en quittant une route principale que l’on avait rejointe en quittant une route principale), pour prendre la direction de Fort Rock. Petit village qui doit son nom à un caillou voisin. Un caillou parfaitement bien nommé soit dit en passant. De loin, on voit d’abord apparaître une palissade. Pour découvrir ensuite que la palissade n’est qu’un côté d’un magnifique fer à cheval. Un endroit parfait pour installer une armée, et défendre l’endroit contre des envahisseurs. Bon, il faudrait juste une armée et des envahisseurs, et c’est pas avec les quatorze habitants et demi de la région que l’on fera quelque chose… mais c’est toujours ça, en théorie.

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On se promène un peu à l’intérieur de cette magnifique formation ; on escalade un tit peu pour varier les points de vue, on regarde, on admire. On se plaint un peu du ciel gris et de la température un peu fraîche. On est quand même dans un désert, non ?

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Et puis en version panoramique, quand on regarde vers l’extérieur :

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Et quand on regarde vers l’intérieur :

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On reprendra ensuite la route, vérifiant rapidement si la ville de Fort Rock n’aurait pas un téléphone publique, mais ça n’est pas le cas. Peut être que notre étape suivante, Christmas Valley, sera plus civilisée.

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Christmas Valley est en effet un peu plus grande que Fort Rock. D’ailleurs, à peine entrée dans la ville (ça devient vraiment difficile d’appeler ce genre d’endroit une ville, vu qu’en fait, c’est surtout un plus grand nombre de maisons, plus proches les unes des autres, mais qui ne ressemble vraiment pas à ce que j’appellerais une ville. Ou un village) on trouve un bureau de poste. J’avais quelques timbres à acheter et des cartes à envoyer. C’est donc parfait. Le vendeur n’est même pas plus surpris que ça que je demande des timbres pour le Canada et la France. Il doit avoir l’habitude, sans doute. Sur le parking, par contre, on me demande si je viens de Colombie Britannique. La question me surprend un peu, vu que le van est très clairement immatriculé Québec. Je réponds donc que je viens de Montréal, ce qui semble impressionner mon interlocuteur, qui me dit « so you’re french. Bonjour ». Oui, même au fin fond de l’Oregon, les gens essaient de mettre un ou deux mots de français quand ils me parlent !

Je m’arrêterais à nouveau, juste après, alors que je vois une cabine de téléphone à côté d’une épicerie. J’en profite donc pour faire un petit appel outre-atlantique. Avec les fuseaux horaires, et les changements d’heures récents, je ne suis pas tout à fait sûr de ne pas appeler au milieu de la nuit, mais à priori mon calcul était correct, et je ne réveille personne. Pendant que je parle au téléphone, une voiture s’arrête. Un couple en descend, regarde le van en souriant. M’entend parler français au téléphone, ils font le rapprochement assez facilement, et me salut d’un mouvement de tête, l’air un peu déçus de ne pas pouvoir me parler. Ils croiseront Danielle à l’intérieur de l’épicerie, et en profiteront pour demander confirmation si je viens bien du Québec. Un imposteur est si vite arrivé !

Amusant, quand même, de constater que l’année passée à la même date, j’arrivais à Tucson, en Arizona, à la fin d’un road trip de 6000 kilomètres en quelques jours à peine. Cette année, je suis encore plus perdu au milieu de nul part, au milieu d’un road trip encore plus fou, et beaucoup plus long… que sera l’année prochaine ?

Danielle profite de son passage à l’épicerie pour récupérer un pamphlet sur des dunes qui seraient, semble-t’il, pas trop loin d’ici. La photo en couverture est des plus inspirantes, l’explication pour y aller est facile (tout droit pendant 12 kilomètres, à gauche, tout droit pendant 12 kilomètres, à droite, tout droit pendant 6 kilomètres). On décide donc d’y aller. Les indications sont parfaites exactes. Quand ils disent tout droit, c’est tout droit. Bon, en même temps, vu la géographie des lieux, je comprends assez parfaitement la volonté de ne pas mettre de virage, mais peut être que des fois, quand même, juste pour le plaisir, non ? Non. Bon, d’accord.

Je pensais que la route nous amènerait jusque sur le bord des dunes, mais on se contente de les voir un peu à l’écart, à deux ou trois kilomètres. Après une petite hésitation, je transforme une fois de plus le Pourquoi pas ? en véhicule tout terrain, et m’engage sur un petit chemin de terre. Petit, il l’est vraiment. Il est plus conçu pour les quads que pour les vans. Mais ça roule quand même, et le Pourquoi Pas ? poursuit son chemin bien sagement, pour nous emmener jusqu’au pied des dunes.

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Elles sont juste devant nous. Une petite pente, pas trop raide, permettrait même au van d’aller faire un tour dessus. Je vérifie à pied, ça a l’air passable. Je n’ai pas encore fait trop d’expérience de ce genre avec Pourquoi Pas ?. Entre autre parce que je n’ai pas nécessairement envie de l’abîmer. Mais je décide de faire le test. Après quelques essais, pourtant, je dois bien me rendre à l’évidence qu’il ne montra pas. En fait, il monte sans problème la partie la plus raide, mais le sable devient plus léger et moins dense après, et c’est là qu’il patine. Autant ne pas trop insister, donc, et ne pas rester coincé au milieu de nul part.

À la place, on va se promener bien sagement, à pied sur les dunes. Non sans avoir mangé un magnifique sandwich rôti de boeuf + fromage à la crème + avocat avant de partir à l’aventure. C’est quand même agréable de varier la nourriture des fois !

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On repère une belle grosse dune un peu plus loin. On va donc lui rendre visite. On fait la course jusqu’au sommet, d’où la vue est assez grandiose, et un peu déprimante en même temps. Mais en même temps, quand on aime les immensités vides à perte de vue, c’est pas mal !

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Immense et vide, mais qui se prête parfaitement à un petit 360. Une Danielle à droite, une Danielle à gauche.

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J’en profiterais également pour faire quelques courses de descente dans le sable, histoire de ne pas perdre la main, maintenant que je sais si bien faire !

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L’heure tourne tranquillement. On refait donc les 6 kilomètres, on tourne à gauche, 12 kilomètres, et on tourne, cette fois, à gauche, histoire de reprendre la route en direction de la 395. Ce n’était pas l’itinéraire que j’avais envisagé de prendre, mais celui-ci marche tout aussi bien, et nous fait arriver un peu plus au nord. Ce qui veut dire plus de 395. C’est parfait.

La route est longue. Une centaine de kilomètres, environ. Au milieu de rien. D’autant plus longue que je continue à rouler à 90 km/h, un rythme qui convient parfaitement au Pourquoi Pas ? et à son réservoir. Bon, d’accord, je craque deux fois en essayant de voir les limites que je peux atteindre. 130 sur du plat, je n’ose pas aller beaucoup plus loin. 150 en descente, j’ai l’impression qu’on va s’envoler. Je n’insiste pas plus.

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Et puis finalement, une dernière immense descente, une grande vallée très large. Aucun doute, c’est la signature de la 395. Je la devine qui est là bas, qui nous attend.

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On roule encore un peu. Le paysage est beaucoup moins ennuyeux, entre autre à cause de « Albert Rim », une falaise d’une cinquantaine de mètres de haut, qui s’étend sur une soixantaine de kilomètres en longueur. Il y a simplement un peu plus de choses à voir ici.

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Et puis on arrive à une aire de repos ; celle-ci était indiquée sur la carte, et je la voyais bien comme halte potentielle. Il n’y a aucun panneau interdisant quoi que ce soit, c’est donc plutôt bon signe. Certes, on est juste à côté de la route, mais côté trafic, ça devrait être plutôt tranquille j’imagine.

Il est encore un peu tôt. Je ressors donc les massues, histoire de pratiquer un peu mes habiletés de jongleur. Avec trois quilles, ça laisse encore pas mal à désirer. De son côté, Danielle pratique son « contact jungling » avec sa boule de verre. C’est toujours aussi fascinant. Histoire de varier les plaisirs, on s’essaie aussi avec trois balles. Ça, personnellement, j’ai plus vraiment de problèmes. L’étape d’après va être d’apprendre des « figures », et c’est pas gagné. Le ciel commence à se dégager un peu. On pourrait avoir une très belle journée demain. En tout cas, on a droit à un magnifique couché de soleil !

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Et puisque l’on est toujours sur une thématique de variation des plaisirs, je m’essaie au Didgeridoo pour la première fois, et je m’en sors pas trop mal après quelques essais infructueux. En fait, j’aime énormément l’expérience et la sensation. Je joue donc pendant un bon moment. Ne me reste plus qu’à apprendre la respiration circulaire. Ça, c’est pas gagné !

Le soleil disparaît complètement, et on migre bien au chaud à l’intérieur du van. La température a légèrement remonté juste à la fin de la journée, et on est relativement bien dehors, mais faut pas exagérer non plus.

Je prépare une petite salade variée pour le repas (concombre, maïs, haricot rouge, fromage, betterave) et on mange une petite part de gâteau au fromage en guise de dessert, en hommage aux gens dont c’est l’anniversaire le 5 novembre !

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Pour couronner le tout, j’ai même le droit à ma petite séance de musique rien que pour moi dans le van. Moi je dis qu’il y en a qui sont chanceux quand même !

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Bonne fête Danielle !

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Aujourd’hui, on profite un peu de la playa, on traverse le Nevada et on dort presque en prison.

Imaginez deux immenses montagnes, avec entre les deux un immense désert tout plat, tout sec. Je suis sûr que vous imaginez le potentiel éolien de la chose. Nous, on passe la nuit en plein milieu de ce corridor. Si pendant Burning Man j’ai eut le droit à quelques belles rafales, et à une jolie tempête de sable, je n’avais pas eut le droit à des vents d’une telle violence. C’est tout simplement impressionnant. Et, au bout d’un moment, inquiétant. Non, je n’ai pas vraiment peur que le van s’envole, même avec le toit ouvert. Il dépasse la tonne et demi avec tout ce qu’il y a dedans. Non, l’inquiétude est au niveau de ma vitre arrière, qui consiste en une nappe en plastique orange à 3$ au Wallmart, et un rouleau de ducktape. Ok, c’est solide le ducktape, mais quand même… c’est surtout que ça fait « flap flap flap » dans le vent depuis un bon moment. Et j’imagine perdre la vitre arrière, en plein désert, froid, de nuit, dans une tempête de sable. Ça pourrait rentrer dans la liste des expériences pas forcément positives. Et c’est sans compter le bruit de ce flap flap… bref, une raison de plus pour pas être content de ne plus avoir une vitre arrière en bon état ! Il y a quelques accalmies au niveau du vent, qui me permettent quand même de dormir un peu, mais je trouve que ça devient lassant de cumuler les mauvaises nuits… quand la pluie, à son tour, commence à tomber, je commence vraiment à le prendre mal. L’idée d’être enlisé au milieu du désert de Black Rock ne me tente pas vraiment non plus. J’aime bien le désert de Black Rock, mais bon, quand même… il pourrait faire un effort !

Et puis au final, on survit ! Oui, ça tombe raide, un peu, comme conclusion, après un suspens si insoutenable, mais que voulez vous… s’il est tombé quelques gouttes, le sol est tellement sec que ça ne paraît quasiment pas. Et mon bricolage à base de nappe et scotch est d’une solidité à toutes épreuves. Tant mieux ! Mais du fait de l’instabilité météo, la première chose qu’on fera au réveil, c’est de revenir plus prêt de la route. Là, je pourrais préparer un petit déjeuner anniversaire à Danielle. Je ne réalise qu’au moment de le faire mais si on considère que l’on s’est rencontré il y a tout juste deux semaines à un événement Burning Man, et que je lui ai fait des crêpes le lendemain matin, fêter son anniversaire avec des crêpes au petit déjeuner, sur la playa, semble parfaitement logique ! Évidemment, c’est moins sophistiqué. On fait avec les moyens du bord. Mais crêpes au brie, et crêpes au Nutella, ça marche toujours autant !

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La pluie semble ne plus être au programme. Si le ciel ne se dégage pas, il est quand même moins menaçant. Et j’avais quand même envie de faire une vidéo de Danielle, en train de chanter au milieu du désert. Elle a quand même une chanson qui s’intitule « Thristy Fish » (poisson assoiffée) ; l’endroit semble se prêter à merveille à l’enregistrement d’un magnifique clip ! Évidemment, pour des raisons techniques, ça prendra un moment avant de voir le résultat final, mais il devrait y avoir de quoi d’intéressant à faire.

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Comme on est là, on décide d’en profiter pour aller voir comment c’est de l’autre bord de la playa. L’autre bord de la playa, il est loin. C’est l’une des choses fascinantes dans le désert. Avec aucun point de repère, pas moyen d’estimer les distances. La traversée nous occupe un moment. Par contre, conduire dans ce genre d’endroit est un vrai bonheur. C’est plat, c’est infini. On peut tourner, avancer, reculer, aller où on veut, comme on veut. L’expérience est des plus amusantes. Qu’est-ce que l’on trouve de l’autre côté de la playa ? Un train !

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Le chemin du retour, la playa dans le sens de la largeur mais dans l’autre sens, je le ferais assis sur le fauteuil du passager. Parce que tiens, pour une fois que j’ai une occasion de ne pas conduire ! Danielle deviendra donc la deuxième personne à avoir conduit le Pourquoi Pas ? depuis mon départ de Montréal !

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De retour sur la route, on dit au-revoir à Black Rock Desert, puis à Gerlach et Empire, alors que l’on prend la route du sud, qui doit nous emmener vers de nouvelles aventures. C’est sympa de pouvoir refaire le même chemin qu’au moment de quitter Burning Man, mais cette fois-ci en voyant le paysage ! On fera quelques pauses, brèves, notamment pour admirer le lac Pyramide, mais sinon, on rejoindra rapidement la 50, avec qui on fera plus ou moins de kilomètres. L’itinéraire exact peut encore varier.

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À partir de là, la route perd soudainement tout intérêt. Il fait gris, il pleut un peu, il pleut beaucoup, il n’y a pas grand chose à voir, sinon un grand désert plat. À priori, il y a aussi des jolies montagnes, mais on les perd la plupart du temps.

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On discute un moment avec Danielle de la stratégie à adopter. Je suis d’humeur à rouler ; vue la météo, vu le paysage, qu’il fasse jour ou pas ne changera pas grand chose. Une longue étape aujourd’hui, manger du kilomètre pendant la nuit, nous donnera un peu plus de temps après, pour un paysage possiblement beaucoup plus intéressant. J’hésite encore un peu, je remets la décision en question une ou deux fois, mais des vérifications météo me confirment qu’à priori, on fait le bon choix. On prend donc la route la plus courte, et la plus rapide. Autre petit détail qui me motive à aller vite : les prévisions sont à la neige. Oui, j’ai arrêté de comprendre. Il pleut à verse, il va bientôt neiger, il faut que je révise ma vision du désert. Toute à la fin de la traversée, on a un col à 2500 mètres à traverser. Le van n’a pas de pneus neiges, autant éviter d’être pris dans une tempête de neige.

On perd au niveau paysage, on gagne par contre une expérience des plus intéressantes : la traversée du Nevada, de nuit, sous la pluie, par temps de brouillard, en écoutant la musique d’un film de zombies, histoire d’être bien dans l’ambiance. Comme je l’explique à Danielle, si jamais je vois une silhouette sur le bord de la route, les bras écartés, dans le doute, je l’écrase ! Mais bon, finalement il ne se passera rien de tel, pas de rencontre surnaturelle. On mange kilomètre après kilomètre. Ou plutôt je mange, pendant que Danielle se repose bien confortablement. Il y a quand même des injustices dans le monde du road trip !

Aujourd’hui, on a changé d’heure. Entre la pluie, le brouillard et le changement d’heure, il fait nuit noire un peu avant 17h. En même temps, ça renforce l’impression d’aventure. Quand on traverse la ville d’Eureka, je suis persuadé qu’il est trois heures du matin. Même chose rendu à Ely… et pourtant, après vérification, il est seulement 23 heures.

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J’ai une hésitation à Ely. Le col à 2500 n’est plus très loin. Il y a une aire de repos juste avant, et une pas mal plus loin, qui implique une heure de route en plus, ce qui commence à faire tard. On pourrait aussi, tout simplement, passer la nuit à Ely, dans un parking. J’hésite, et puis je me dis que peut être l’aire de repos sera une bonne solution. À peine sorti de la ville, je me dis que c’est peut être une erreur, mais bon, maintenant qu’on est sur la route, essayons voir.

En fait, je ne me sens pas très « safe » ce soir. Je ne suis pas sûr de vouloir dormir n’importe où dans le Nevada. L’aire de repos, ou un endroit avec d’autres gens, me plairaient quand même plus. Surtout que peu de temps après être sorti de la ville, le panneau « veuillez dénoncer les personnes tirant depuis la route » n’est pas pour me rassurer. Au loin, je vois une zone plutôt bien éclairée. Ça correspond plus ou moins avec l’emplacement de l’aire de repos sur la carte. J’anticipe avec enthousiasme un endroit civilisé, plein de routiers, plein de vie, où l’on pourra dormir sans se poser de questions. Le panneau « zone de prison, autostop interdit » puis « pénitencier d’état prochaine à droite » me laisse imaginer que finalement, mon aire de repos n’est pas idéale. D’ailleurs, cette aire de repos, je la verrais jamais.

Par contre, je vois le panneau « National Forest », tout comme je vois le petit chemin un peu après. Je m’y engage. C’est un peu scabreux, mais ça passe quand même. Je tourne en rond dans les arbres, trouve un endroit plat. On parque le van, le passe en mode nuit. J’ai un très mauvais feeling. Déjà, la porte latérale ne ferme plus à clé, et je prends ça comme un mauvais pressentiment. Ensuite, on a roulé « juste » 15 kilomètres depuis la prison. Oui, on est rendu loin, mais je sais pas… y a un côté pas rassurant. Quand au petit chemin où on est, si jamais il neige cette nuit, c’est possible que l’on ne ressorte pas le van avant 2011, ce qui pourrait être gênant… alors finalement, avec tout ces sentiments négatifs, je préfère faire demi tour. C’est bête, je sais, mais je me sentirais mieux.

On revient donc 30 kilomètres en arrière, jusqu’à Ely. À l’entrée de la ville, il y a une halte routière. Je me gare bien confortablement à côté d’un camion Wallmart. Voilà… ça, il me semble, c’est beaucoup plus rassurant. Je me couche, fatigué, un peu plus de 600 kilomètres dans les jambes. Je m’endormirais sans problème, et rapidement.

J’ai passé le 20000e kilomètre depuis que j’ai quitté Montréal, un peu après Black Rock Desert.

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Après la Batmobile et la Papamobile…

On November 7, 2010, in Pensées, Photos, Rencontres, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Jusqu’où iront ils ?

Je l’sais bien qu’il m’aime. Je lui ai payé suffisamment de bières et il est suffisamment resté à dormir chez moi pour ça. Mais de là à envoyer un bus au milieu du Nevada pour me le rappeler, je trouve ça vraiment sympa !

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Mais si le bus est intéressant, je dirais que la Jesusvespa est imbattable, toutes catégories confondues, et sans la moindre exception possible !

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Le changement de planète

On November 8, 2010, in Carnet de route, Panoramique, Pensées, Photos, Pourquoi Pas ?, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Aujourd’hui, on se réveille sous la neige, on quitte le Nevada, on rechange d’heure, et on débarque sur une nouvelle planète.

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Et là, soudain, je me dis que finalement, être revenu en arrière et ne pas avoir dormi sur un chemin de terre au milieu de la forêt, mon dieu que c’était une bonne idée !

Il fait froid, ce matin, au réveil. Et tout ce blanc autour, alors que dans ma tête je suis dans le désert (Nevada = désert, non ?) c’est extrêmement perturbant. On est dans les 2200 mètres, c’est pas si haut, et on est encore bien dans le sud… même à Montréal et à Québec, je suis pas sûr qu’ils en ont autant ! Bon, d’accord, j’aime la neige, et c’est beau. Et puis la route reste tout à fait praticable, donc ça ne sera pas un problème. Danielle est heureuse aussi. Ça fait un bon moment qu’elle n’a pas vu la neige : s’il neige beaucoup au Kansas, à Portland si près de la côte, c’est une autre histoire. Alors on a froid, mais on apprécie quand même. Le gars en vélo, par contre, qui lui s’en allait en Californie, il se peut qu’il soit moins heureux !

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La météo et le non changement au niveau du paysage confirme, par contre, qu’on a pris la bonne décision en roulant beaucoup hier. Autant l’avoir fait de nuit. Parce qu’aujourd’hui, plus ça change, plus c’est pareil. Et les lignes droites de 15 kilomètres, bon, comment dire… à 90 kilomètres heure, ça veut quand même dire 10 minutes sans tourner le volant. C’est long !

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Et soudain, paf ! Ce qui semble être un aperçu de ce qui nous attend un peu plus tard. Qu’est-ce qu’il fait ici, ce canyon, alors que c’est le style « South Utah », je sais pas trop. N’empêche que… bin oui, il est magnifique ! Dommage que ce soit sous la pluie par contre, mais bon. Des fois, j’arrive aussi à ne pas me plaindre, et à tout simplement admirer. Cathedral Gorge, le nom est plutôt bien choisi !

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Ce bref mais magnifique petit aperçu nous encouragera à continuer joyeusement. Dans le lointain, le ciel semble peut être éventuellement se dégager. Les prévisions météo sur Zion sont à la tempête pour aujourd’hui, mais au soleil avec passages nuageux pour demain. C’est plutôt encourageant. On arrive finalement dans l’Utah. L’Utah qui se trouve dans la « Mountain Time Zone ». Ça veut dire qu’on regagne aujourd’hui l’heure perdue hier. Non, le contraire. On repère aujourd’hui l’heure gagnée hier. Ou je sais plus, je me mélange tout le temps. Bref, tout ça pour dire qu’il est pour nous à nouveau la même heure qu’il était. Je me demande bien pourquoi j’ai changé l’heure de mon appareil photo…

Il nous reste une dernière vallée à traverser, avec au loin, la promesse du soleil. On s’y attelle sagement, sans se poser vraiment de questions sur la neige qui tombe.

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Un dernier virage, et repaf, en pleine face. Une petite demi heure plus tôt, j’expliquais à Danielle que le van pouvait se transformer en vaisseau spatiale, sauf qu’en ce moment, pas de vitres arrières, je peux pas vraiment aller me promener dans le vide. Sauf que là, je me demande si en fait, on vient pas d’être catapulté quand même sur une autre planète. Genre mars, complètement au hasard.

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Une montagne avec des bourrelets, moi, personnellement, ça me surprend !

Alors ici, ça s’appelle « Snow Canyon », et on l’a pas vu venir du tout. Ça surprend quand même pas mal. Mais on y reste, on s’y ballade, on admire, on rigole sans raison tellement c’est magnifique. Rester sans voix, complètement fasciné par un paysage, ça ne m’était pas arrivé depuis… bon, okay, pas depuis si longtemps que ça. Yosemite et Crater Lake ne sont pas très loin. Pas plus que le mont Robson. Mais quand même… là, j’ai bien l’impression que ça dépasse tout ce que je connais… fascinanbuleux ? En fait, je me serais éventuellement attendu à marcher sur du sable orange en Australie. Des dunes pétrifiées oranges, c’était pas prévu. Et des mélanges de couleurs orange/vert de la sorte, c’est juste… wo !

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Évidemment, un paysage de même, ça demande aussi de faire quelques panoramiques…

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Bon, d’accord. Un petit dernier, mais c’est juste parce que vous le demandez !

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Au moment de quitter le parc, il y a une madame dans la guérite. J’ai bien vu qu’il fallait payer à l’entrée, mais j’ai ma passe magique des parcs nationaux ; j’ai aucune idée si elle marche pour ce genre de parc. La madame me dit que non. Je veux lui poser une question, mais je sais pas pourquoi, les mots se mélangent. Trop de choses dans ma petite cervelle, là maintenant peut être. La madame me regarde avec un petit air dédaigneux, et nous dit qu’on peut y aller. Bon, bin passer pour un idiot vient de me faire économiser 6 $. Ok…

Juste après le parc se trouve une petite ville. Le style des maisons me plaît beaucoup. J’ai l’impression d’être de retour en Arizona, ou dans le sud de la Californie, avec ces maisons en terre, de forme carrée, mais aux coins arrondis. J’aime beaucoup ce style. Par contre, ce que j’aime beaucoup moins, ce sont les murs tout autour.

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Il y a un certains nombre de belles maisons, mais toutes sont cachées derrière des murs, derrière des barrières, dans des rues privées. Le genre de petite communauté parfaite où l’on ne veut surtout pas voir apparaître un étranger, parce que les étrangers sont tous des terroristes vilains pédophiles voleurs venus manger le pain des américains. Autant le paysage est magnifique, autant mes préjugés -que ce soit en Arizona, en Utah, au Texas ou dans le Nevada- sont relativement forts. Pas pour rien que je ne voulais pas dormir n’importe où au Nevada. En même temps, je suis parfaitement conscient que ce sont des préjugés, et que c’est dommage. Et j’ai bien l’intention de les briser un jour en prenant plus de temps dans la région, pour rencontrer les gens, leur parler, et me rendre compte qu’ici aussi, s’il y a beaucoup d’abrutis, il y a aussi des gens bien. Ça sera pour une prochaine fois par contre.

Petite pause internet rapide, où je vérifie l’arrivée d’un mini contrat urgent. On aime ça les mini contrats urgents. Ça met un peu de gaz dans le van, et si je veux le ramener jusqu’à Montréal, ça va me prendre encore pas mal de gaz. J’aurais donc un peu de travail à faire ce soir. Mais pour le moment, c’est très clair, on veut profiter du magnifique soleil qui vient de s’installer pour de bon semble-t’il. Le plan est simple : trouver un endroit où dormir, trouver une connexion internet pas trop loin pour le lendemain matin, et trouver tout ça le plus proche possible de Zion. Ça paraît jouable.

Plus on s’approche du parc, plus nos commentaires perdent en originalité. Alors on passe notre temps à trouver ça magnifique, fascinant, et à le répéter 5 ou 6 fois du kilomètre.

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Au détour d’une courbe, je vois deux tentes sur le bord de l’eau. Ça m’interpelle. On fait demi tour. Il y a là un grand terrain, semi terrain vague, semi camping pas aménagé du tout. Aucune information, aucune demande de paiement. Juste une bonne quinzaine de voitures, un peu partout, et quelques tentes. Parfait. C’est toujours agréable de savoir où l’on va dormir.

On en profite ensuite pour aller faire un petit repérage rapide du parc, et récupérer une brochure d’informations. Le soleil est en train de disparaître, donc on ne restera pas dans le parc, mais au moins, on pourra prendre des notes. Au parking de l’accueil touristique, une dame vient me voir, et demande si elle peut signer le van. Moi c’est le genre de demande auquel je réponds toujours oui ; j’ai aucune raison de dire non. On discute un moment. Elle est très sympathique. Elle vient d’Irlande. Alors forcément, des ronds verts, elle n’avait pas le choix. Danielle, grande fan de Finegans Wake (de James Joyce) et du Book of Kells (oui, elle a été très jalouse d’apprendre que je l’ai vu en vrai) passe un moment à discuter avec elle.

Pendant ce temps, on a le droit à un coucher de soleil rouge sur des rochers rouges. Effet réussi !

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On retourne au van, qui nous ramène sagement jusqu’au camping, où l’on s’installe tranquillement. Moi je me mets au travail. Danielle, elle, se met à la lecture. Et puis j’ai surtout énormément de photos à trier soudainement ! Et beaucoup de panoramiques à faire ! Que de travail, à nouveau, que de bloguer tout ça ! Mais en même temps, comme je l’explique à Danielle, j’aime ce petit exercice quotidien, le soir. Ça me permet de repasser toute la journée dans ma tête, de la revivre une deuxième fois, de la réapprécier une deuxième fois. Et de me rappeler que des fois, comparer le paysage du matin au paysage du soir, c’est quand même une expérience intéressante !

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Allez… je vous le refais, encore plus facile pour vous aider :

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Angel Landing

On November 9, 2010, in Carnet de route, Photos, [Le chemin du retour], by Sébastien
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La piste d’atterrissage des anges

Première considération au réveil : on dort très bien dans l’Utah. Deuxième considération, toujours au réveil : quand la météo annonce un soleil avec passage de nuages, et que vous ne voyez pas l’ombre d’un petit truc blanc dans le ciel, ça annonce très bien la journée. Surtout quand la veille vous avez repéré une randonnée pour aller au sommet au nom si inspirant de « Angel Landing ». Quatre heures, 10 kilomètres, 700 mètres de dénivelé. Ça n’impressionne pas trop Danielle, c’est parfait. Il y a bien cet avertissement « fortement déconseillé aux personnes atteintes de vertige, chûtes importantes », mais on décide de s’essayer quand même, et on verra bien.

Alors après un petit déjeuner bien consistant à base de céréales, Pourquoi Pas ? nous amène tranquillement jusqu’au départ de la randonnée. On a eut un petit aperçu la veille ; en cette matinée ensoleillée, c’est tout autant magnifique. Probablement même plus, en fait.

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Zion est l’un des parcs les plus visités aux États Unis. Évidemment, qui dit « touristes » dit « voitures » et donc « gros bordel ». Le parc était devenu il y a quelques années un gigantesque embouteillage permanent. La direction a décidé de réagir, interdisant toute circulation automobile, et instaurant un système de navettes obligatoire pour la période touristique, d’avril à octobre, il me semble. Nous pourrons donc continuer à utiliser le Pourquoi Pas ? pour nos déplacements.

Autre chose très intéressante quand à l’intégration des voitures dans Zion : la couleur de l’asphalte. Le rouge/ocre de la route s’intègre vraiment très bien au paysage. C’est magnifique !

On arrive au pied de Angels Landing. On lève les yeux. On va réellement là haut ? Chouette !

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On commencera par une petite marche d’approche, très relaxe, mais qui nous annonce la couleur dès le début.

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C’est là qu’on passe, entre les deux montagnes. À un moment, on doit monter le mur qui est au milieu…

En fait, l’aménagement de la balade est un vrai bonheur. Une série de lacets permet de monter ce mur, de façon relativement relaxe, et de profiter d’un paysage toujours aussi grandiose.

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Rendu au sommet, la piste nous amène alors dans une gorge magnifique, véritable plaisir pour les yeux, tant au niveau des textures, que de la roche, ou des falaises.

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Et puis pendant que je suis là, c’est l’occasion de refaire une photo… je dirais 21 ou 22 ans plus tard !

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S’ensuit alors une autre petite série de lacets, encore plus agréables. On discute tout en montant d’un bon rythme. Mais la pente est telle qu’on pourrait aller comme ça suffisamment haut pour chatouiller sous les pieds des anges.

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Une fois de plus, je suis impressionné par la qualité de l’aménagement, qui s’intègre vraiment bien au paysage, et qui est vraiment beau.

Cette dernière série de lacets nous conduit jusqu’au « lookout ». Le point de vue. C’est après, que ça devient plus intense.

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En même temps, c’est assez facile : suivez la ligne de crête, c’est tout droit jusqu’à tout là haut. Avec Danielle, on se regarde, un peu hésitant, pas trop sûr de nous. Au début, Danielle envisage de m’attendre, puis se dit que ça serait quand même dommage, et elle décide de tenter sa chance. Je lui donne pas mal de conseils. Le vertige, je connais quand même assez bien, et je sais comment y aller tranquillement mais sûrement en montagne. Elle, pas vraiment. En fait, elle m’apprend que c’est sa première vraie randonnée, sa première montagne. C’est ce que l’on appelle un baptême intense !

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Tout cela a un petit côté Yosemite et « Half Dome » pour moi.

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La différence, c’est qu’à Half Dome, on ne tombe pas de 1200 pieds (400 mètres) mais de 3000 pieds (1000 mètres). Bon, évidemment, certains diront qu’à partir d’un certain stade, le résultat est relativement identique à l’arrivée. Je ne peux que confirmer !

Il n’empêche que c’est la dernière partie -évidemment- qui nous réserve les points de vue les plus grandioses.

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On aura quand même une dernière hésitation avant l’ascension finale. On prendra le temps de discuter, et de se reposer. J’ai amené ma flûte avec moi, j’en joue un peu. Le paysage est un peu magnifiquement parfait pour ce genre de choses !

Et puis finalement, le sommet apparaît.

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J’ai l’impression d’être de retour à Cloud Rest, à Yosemite. Le sommet que j’ai préféré à Half Dome, parce que la vue y était bien meilleure. Ici, c’est pareil. On est au sommet d’une crête, on peut donc voir aisément dans pas mal de directions simultanément.

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On reste un petit moment en haut. J’en profite pour rejouer un peu de la flûte. Il y a quand même pas mal de monde, surtout si l’on considère que l’on est un mardi du mois de novembre. On a croisé des gens régulièrement pendant la montée, et on a eut pas mal de petits échanges très sympas. Il y a aussi des gens au sommet. Il y a même une fille qui dit que c’est joli ce que je joue. Ça fait toujours plaisir.

Et puis on attaque finalement la redescente. Le soleil s’est pas mal déplacé, permettant de refaire mieux certaines photos. À moins que ce soit juste une excuse pour faire encore plus de photos, rendu là, je ne sais plus trop. Si Danielle était pas mal hésitante dans la montée, elle a quand même réussi à aller jusqu’au sommet, et elle fait la descente beaucoup plus facilement. Pour moi, le fait d’avoir à la rassurer et la conseiller ma beaucoup aidé aussi à ne pas avoir le vertige : je ne pouvais pas vraiment avoir peur, sinon elle l’aurait ressenti. Ça n’est pas la première fois que je dois oublier une crainte éventuelle pour rassurer quelqu’un, et c’est un sentiment que je trouve vraiment agréable. Cette capacité de surpasser ce que l’on ressent habituellement.

Il est encore tôt quand on est de retour au van. Et c’est parfait, parce que l’on a encore deux trois petites choses au programme du jour !

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Angel Landing, panoramique

On November 9, 2010, in Panoramique, Photos, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Le gars aux cheveux longs

On November 9, 2010, in Pensées, Rencontres, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Qui volent dans le vent.

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Certains ont très clairement le « look ». Avant même de lui parler, je savais que ça fait un moment qu’il est en mode randonnée. Il nous a expliqué qu’il revenait de la ville où il avait acheté de la nourriture, avant de repartir se promener au hasard dans les environs. Pour combien de jours ? Probablement aussi longtemps que ses réserves tiendront. Ça paraît que même s’il revient d’une mission de ravitaillement, il n’a pas vraiment parlé depuis un moment, et qu’il a besoin de parler à des gens. En fait, mon seul regret est qu’il remontait dans la montagne. Sinon, j’aurais vraiment aimé passer la soirée avec lui, à discuter, à échanger, à partager.

Je n’ai même pas pensé à lui demander son nom. Mais il nous a fait un câlin à tout les deux avant de partir. Il vient du Texas. Comme quoi, mes préjugés peuvent déjà commencer à s’effriter discrètement !

 

La suite du programme

On November 9, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Pensées, Photos, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Un rocher qui pleure, un jardin suspendu, des gorges et des pâtes au fromage !

Non seulement Danielle a monté et descendu Angel Landing sans le moindre problème, mais en plus, elle est encore en forme. Il y a le « Weeping Rock » (rocher qui pleure) qu’elle a très envie de voir, à cause des jardins suspendus que l’on peut y observer. Et puis bon, c’est juste une petite marche de trente minutes pour se rendre. On reste dans le raisonnable ! Et comme en plus, on veut aller voir le fond de la vallée, c’est sur notre chemin. Parfait, donc.

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La marche d’approche, en effet, se fait très rapidement. Je suis juste un peu déçu : le rocher ne « pleure » pas tant que ça. Je m’attendais à un rideau sans doute un peu plus conséquent. Côté jardin suspendu, pas grand chose non plus au rendez-vous. Mais Danielle semble satisfaite, donc tout est beau !

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Un peu plus loin, la vallée se rétrécie considérablement. Ça correspond à l’endroit où la route s’arrête. Mais il est encore possible de suivre la rivière pendant quelques temps, ce que l’on fera, en randonneurs fous que nous sommes. Sauf que là, la balade n’est pas vraiment intéressante. C’est plat, entre deux murs de pierres, les gens ne parlent pas, ne sourient pas. On propose au même moment de faire demi tour, tannés de marcher. Sauf qu’au même moment, je vois qu’on est rendu au bout de la promenade. Donc finalement, ça paraît une bonne raison pour faire demi tour.

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On prend le chemin du retour juste à temps pour attraper le coucher de soleil. D’ailleurs, un conseil en passant : si vous voulez un bon endroit pour faire des photos de couchers de soleil, c’est sur le pont. Mais venez en avance, les places sont comptées !

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Moi, mes photos je les ferais depuis la voiture, en conduisant. Sans trépied. Bon.

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J’ai prévenu Danielle : personnellement, j’ai envie de prendre tout mon temps. Je sais à quelle date nous devons arriver à Lawrence, et je sais quelle distance je peux parcourir en une journée. L’idée c’est d’avancer tranquillement, de voir tout ce que l’on peut voir, le plus longtemps possible. Et puis quand ça sera rendu le moment, on arrêtera tout, on rangera les déguisements de touristes, et on se rendra à Lawrence sur une ou deux journées. Je veux profiter au maximum de chaque endroit visiter. Je préfère juste voir Zion et Bryce, mais voir tout ce que j’ai envie de voir, que de faire un peu de Zion, un peu de Bryce, un peu de Giant Staircase, un peu de Capitol Reef, un peu de Canyonlands, un peu de Arches. Oui, les parcs, dans le coin, ça pullule. Donc on va à notre rythme, et on verra ce que l’on verra. Je sais que je vais vouloir revenir à Zion de toutes façons, mais au moins je partirais sans aucun regret. Alors ce soir, on retourne à notre petit camping, et demain, on revient un peu se balader dans le parc, histoire de tout voir ce que l’on veut voir, avant de prendre la route pour Bryce. On arrivera quelque part, un jour, et ça nous convient parfaitement.

Et comme on a été très sportif aujourd’hui, on mérite très clairement des pâtes au fromage pour le repas du soir. Ce soir, j’ai des envies de spaghettis. J’ai trois variétés différentes. J’en attrape une au hasard. Le hasard qui m’a fait choisir des « cheveux d’ange ». Belle coïncidence, non ?

 

Parce que des fois, il faut bien travailler

On November 11, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Photos, Pourquoi Pas ?, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Alors aujourd’hui, on ne fait pas grand chose.

On a survécu à la nuit. Il faut reconnaître que le chauffage a grandement aidé ! Quand on se réveille, tout est blanc partout, tout est joli. Les prévisions météo disent que le temps va être couvert toute la journée, avec possibilité d’averses de neiges, et que demain, le ciel sera tout bleu tout beau. Ça tombe bien, parce que j’ai quelques petits projets à faire aujourd’hui. Et puis il y a toujours ces petites contraintes logistiques. Genre prendre des douches, laver le linge, et préparer les plans tops secrets. Bref, aujourd’hui, on prévoit passer la journée en ville.

Pourquoi Pas ? est un tout petit peu moins enthousiaste à l’idée de démarrer ce matin, mais il est toujours fidèle. Il demande juste un quart de seconde en plus. Il y a trois centimètres de neige sur le parking. Sur la route, tout n’a pas été complètement déneigé. Je fais donc un petit test tout simple. Bloquer les freins alors que je roule à peine à 10 kilomètres heure. Pourquoi Pas ? réagit exactement comme je m’y attendais, il part tout de suite de travers. Après tout, les pneus doivent commencer à se faire vieux.. je leur ai pas ajouté 20000 kilomètres pour rien… et puis ça n’est pas des pneus d’hiver, alors bon. Je sais qu’il faut que je fasse attention ; c’était déjà prévu de toutes façons. N’empêche que ce paysage de montagnes rouges, sous la neige, même si c’est étrange, c’est beau !

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Le reste de la journée passe lentement, et froidement. On lave le linge, on se douche, Danielle lit et se repose, moi j’essaie d’être inspiré et je travaille.

Et puis on confirme un certain nombre de petits détails techniques également. Par exemple, pour rentrer au Canada, les américains ne sont pas obligés d’avoir un passeport. Danielle n’en a pas. Ils peuvent rentrer avec une preuve de citoyenneté (extrait de naissance) et une preuve d’identité (permis de conduire). Ce qui est valide uniquement par voix terrestre. Il se trouve que :
1- Le Pourquoi Pas ? reste pour le moment très attaché à la route
2- La colloc de Danielle peut lui envoyer un extrait de naissance en express post
3- Estelle et Olivier n’ont rien contre le fait que j’arrive à deux plutôt qu’à trois
4- Danielle a bien envie de jeter un oeil à Montréal

Donc voilà… petit changement dans les plans. On se supporte toujours bien, on ne se tape toujours pas sur les nerfs, et l’idée de terminer le voyage ensemble nous plaît bien. Danielle va donc venir faire un petit tour à Montréal. En fait, l’une des motivations est musicale : Danielle est en train de terminer 6 CDs. Oui, elle est productive ! Mais certaines de ses chansons pourraient gagner à être réenregistrer, notamment le piano. L’avantage de mon piano numérique, à Montréal, c’est que l’enregistrement est d’une qualité parfaite sans se compliquer la vie à faire des réglages. L’avantage d’avoir des contacts à Montréal, c’est que je pense pouvoir lui avoir accès à un petit studio où elle pourrait refaire quelques enregistrements. Bref, l’idée lui plaît énormément !

La météo vient un peu changer le plan de vol aussi. Le froid qui nous tombe dessus me démotive un peu à jouer les touristes. Cette nuit, ils annoncent quand même -13 ! Autant rentrer à Montréal, il fait plus chaud ! Dans la journée de demain, il devrait faire +1. La randonnée dans ce contexte, même si le paysage est magnifique, perd un peu en intérêt. Je pensais profiter un peu plus du sud de l’Utah, mais on va probablement se remettre sur la route un tit peu plus vite que prévu. On arriverait un peu plus tôt à Lawrence, pour permettre à Danielle de quand même voir un peu sa famille et ses amis, et elle se réarrêterait sur le chemin du retour. Ça semble un bon plan. Et puis moi j’ai les projets qui s’acculent dans ma tête, et j’ai vraiment envie de commencer tout ça ! Et d’en finir certains aussi ! Un certains nombre de livres, quelques dizaines de milliers de photos, quelques contrats… bref, le besoin de rentrer se fait de plus en plus ressentir. Donc demain, Bryce, et ça devrait terminer la partie très touristique. Ensuite, on roule.

À la fin de la journée, je fais une petite épicerie pour la soirée. Il fait froid, c’est pas motivant… et puis au moment de démarrer, Pourquoi Pas ? se fait vraiment très hésitant. La batterie semble souffrir pas mal du froid, ce qui m’inquiète un peu… s’il fait réellement -13 cette nuit, dans quel état est-ce qu’on va la retrouver demain ? Bon, le pire qu’il puisse arriver, c’est que le van démarre pas. On est sur le bord d’une route, il y a quand même du passage, on pourra faire signe aux voitures, en espérant trouver quelqu’un pour nous aider à démarrer. Rien de catastrophique donc.

On rentre à notre petit parking/camping, où je prépare un chocolat chaud. Il reste juste assez d’eau pour ça… bon, bin on n’a plus d’eau non plus. Ce sont tout ces petits détails ; rien de bien catastrophiques ; juste des mini petites gênes… qui font que la perspective de rentrer me plaît bien. Me libérer un peu de tout ces soucis. Bon, je sais que j’en aurais beaucoup d’autres à Montréal, mais c’est bien de varier les soucis de temps en temps !

Enfin… il n’empêche qu’avec le chauffage qui marche, on est bien au chaud dans le van ! Et puis le chocolat chaud + beurre de peanut + brandy + crème fouettée, ça aussi ça réchauffe bien ! Pis ça endore un peu aussi. J’ai l’impression que je ne m’éterniserais pas pendant des heures ce soir !

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Bryce Canyon

On November 12, 2010, in Carnet de route, Pensées, Photos, Pourquoi Pas ?, Rencontres, [Le chemin du retour], by Sébastien
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Aujourd’hui, on décongèle, on voit des hoodoos, on voit des français, on voit des hoodoos, on voit des français, on voit des…

Alors la conclusion, après la nuit, c’est qu’en dessous d’une certaine température, le chauffage ne marche plus. En fait, la soufflerie marche encore, mais plus la flamme. Donc non seulement il n’envoie plus d’air chaud, mais en plus il envoie de l’air froid du dehors. Donc je me suis décidé à finalement le fermer, vu que c’était plus pire qu’autre chose. On a eut la confirmation un peu plus tard : la température est descendue à -13 cette nuit. Dans le van, pas de chauffage, c’est quand même pas mal très limite. On a survécu quand même, mais j’ai eut le bout du nez pas mal bleu juste avant le lever du soleil. Du coup, on a fini la nuit avec les ronds de la gazinière allumé. C’est toujours mieux que rien !

La bonne nouvelle, c’est que ciel est magnifique dehors. Grand ciel bleu, et grand soleil chaud, qui fait un bien fou. D’ailleurs, je reste un moment au soleil à décongeler. Et je suis pas le seul à avoir besoin de décongellation ! Dans l’ordre : une bouteille de deux litres de paraffine liquide qui dormait 40 centimètres en dessous de nos têtes, la condensation congelée à l’intérieur de la vitre du passager, et le réservoir de propane du Pourquoi Pas ?…

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La bonne nouvelle, par contre, c’est que ce matin le van démarre sans le moindre problème. J’étais un peu inquiet pour la batterie, mais il semblerait qu’il y avait aucune inquiétude à avoir à ce niveau là. Le Pourquoi Pas ? est une brute qui ne craint rien ! Élevé au Québec, il lui en faut plus pour être impressionné !

Les passagers décongelés remontent en voiture, et prennent la route en direction de Bryce Canyon.

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On s’arrête à une station service/motel/camping où je demande à une vieille madame des plus charmantes si je peux faire le plein d’eau. Elle accepte gentiment. Le temps de remplir le réservoir d’eau (environ 3 minutes) je suis à nouveau entièrement gelé. La madame était vraiment sympathique, et j’ai envie d’un chocolat chaud. J’ai tout ce qu’il faut dans le van, mais j’ai bien envie de profiter du luxe du monde moderne. On rentre dans la station service à nouveau, et on s’installe à une table avec un chocolat chaud, un café, et des biscuits. Ça fait un bien fou ! Je discute un peu avec la madame, à qui je demande si ce temps est habituel. Elle me répond que non. Normalement, ils ont encore plus de neige à ce moment là. Bon, c’est vrai qu’on est quand même à 2500 mètres, mais on reste pas mal dans le sud. Ça reste donc surprenant pour moi !

Et puis finalement, on arrive dans Bryce Canyon. Depuis que j’ai entendu ce nom, je ne peux pas m’empêcher de penser au logiciel que j’utilisais pour faire des images en 3D. Un logiciel qui s’appelait lui même « Bryce », et que j’aimais beaucoup. Sa spécialité : la création de paysage. Il offrait énormément de textures, et de type de relief extrêmement intéressant. J’aimais bien ce qu’il permettait de faire. Pour moi, c’était des paysages fantastiques vraiment originaux. Je me rends compte, depuis que j’ai mis les pieds en Utah, que l’origine du nom de Bryce est très claire. Et que les paysages que je pensais fantastique à l’époque où j’utilisais les logiciels sont en faits parfaitement normaux quand on se promène dans la région. C’est quand même surprenant de se retrouver à l’intérieur d’un logiciel de 3D je trouve !

Le parc national est pas très grand. Vu la température, on n’est pas plus motivé que ça à faire de la randonnée, et on prévoit donc de le faire en une journée. L’idée est de suivre la route jusqu’au bout, en s’arrêtant à tout les points de vue. Et si vraiment on voit un endroit qui nous plaît, partir pour une petite balade.

La première partie du canyon est en même temps la plus impressionnante. Petite précision avant tout : je pensais, du fait du nom, et de la visite récente à Zion, qu’on allait être au fond d’un canyon. En fait, non. On suit une crête, sur le bord de laquelle se trouve plein de formations géologiques des plus intéressantes. La plus impressionnante de toute, donc, qui se trouve prêt de l’entrée du parc, est l’amphithéâtre, sur lequel on peut avoir plusieurs points de vue :

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Rendu au deuxième point de vue, je vois un photographe avec une lentille particulièrement sympathique, sur un énorme trépied. Je commente en disant qu’il a du beau matériel. Il me propose de l’essayer, et j’accepte avec le sourire. Tout de suite après, vu son accent, je lui propose de passer au français, ce qu’il accepte de bon coeur.

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Il s’appelle Stéphane, et est photographe professionnel à Bordeaux. Il est sur un voyage relativement long aux États ; commencé à Boston, puis dans les rocheuses, avant de continuer jusqu’à Los Angeles puis de revenir dans le Colorado. On discute un peu technique, quand un couple arrive, et salut tout le monde d’un joyeux « bonjour », avant de se joindre à la conversation. On est ensuite rejoint par une autre fille, Armelle, qui vient de Brest. Danielle rigole énormément, de se retrouver entourée de français, et de ne pas comprendre. Sans doute une préparation pour Montréal ! En parlant de Montréal, le couple y est allé. Ils n’ont pas aimé. « C’est trop américain, pas assez français ». Exactement le genre de commentaires qui me donne le goût de mordre. Bien sûr que c’est américain Montréal. On est en Amérique du Nord, pas en Europe ! La fille a vécu 5 mois à Montréal, mais fait des grands yeux ronds quand je dis que c’est une capitale gastronomique. Encore une qui s’est contenté d’aller manger de la poutine à la banquise… et puis finalement, le gars rajoute une couche « on était surpris, on pensait que les québécois étaient plus accueillants ; l’image des canadiens, qui vivent dans leur cabane, et qui accueille tout le monde avec le sourire ; on pensait que les gens allaient nous parler dans la rue ». Je commence à expliquer que Montréal c’est une capitale économique ; qu’ils auraient pu aller en Gaspésie ou au Lac St Jean s’ils voulaient un contact plus humain. C’est pas au milieu de la deuxième plus grande ville francophone du monde qu’ils allaient voir des cabanes. Enfin… ils ne restent pas longtemps, et ça m’évite d’avoir à les jeter par dessus la barrière. Ça aurait fait pas beau dans le parc après !

Stéphane et Armelle sont encore là, et on discute encore un peu. Le contact avec eux est beaucoup plus agréable ! On parle encore un peu boutique avec Stéphane, et on échange nos coordonnées. Armelle, de son côté, doit être à Montréal début décembre. Elle repart donc elle aussi avec mon adresse email, si elle a besoin d’un guide touristique. Ça lui évitera de terminer à la banquise. Grrrrr !

C’est bête, mais ça fait du bien de parler français un peu. Je sais que l’une des raisons qui me donnent envie de rentrer à Montréal, c’est de pouvoir recommencer à parler français. Je répète depuis bien longtemps que l’anglais n’est plus un problème pour moi, et c’est de moins en moins le cas, surtout avec Danielle. On a de longues discussions philosophiques ensemble, sur la création, sur les personnages de livres qui ont leur vie propre au détriment de l’auteur, sur la difficulté d’expliquer un processus créatif à des non créatifs, etc… bref, non, l’anglais n’est plus un problème. Mais le français reste ma langue maternelle, celle que je maîtrise parfaitement (sauf à l’écrit, diront certains lecteurs !) ; et le parler régulièrement avec des gens intéressants me manque !

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D’en haut, on voit une balade qui permet d’aller se balader en bas. Pas trop longue (4 kilomètres aller retour), ça nous fait quand même bien envie, et on se décide donc à jouer un peu les sportifs. Histoire de voir de plus prêt ces magnifiques formations rocheuses. La balade est l’occasion d’une autre longue discussion philosophique sur la créativité, et j’en profite aussi pour transmettre à Danielle quelques rudiments de français. Une façon très intéressante de découvrir à quel point ça peut ne pas être évident d’apprendre une langue à quelqu’un d’autre ! Par où je commence « je m’appelle Sébastien » ? Ou « je tu il elle on nous vous ils ? ». Ou peut être la conjugaison des verbes du premier groupe ?

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Un peu plus loin, c’est un suisse qui nous dit « bonjour ». Oui, trahit par le van. Et encore après, quand Danielle pose une question à un groupe de personnes qui lui répondent d’un regard ébahis, elle enchaîne par un « do you speak french » qu’ils comprennent et acquiescent rapidement. Bref, si vous êtes en manque de français, il semblerait que Bryce Canyon soit un bon endroit pour en trouver ! Surprenant, parce qu’à Zion, il n’y en avait quasiment aucun…

Si la balade dans l’amphithéâtre valait vraiment la peine, la suite nous laisse un peu plus sceptique. C’est beau, c’est très beau même. Je ne chercherais pas à dire le contraire. Mais c’est un peu trop « la même chose », et surtout, ça ne rivalise pas avec le premier aperçu. Il y a énormément de point de vue, alors on s’arrête régulièrement, on fait quelques photos, et on repart. Le parc ne semble pas attendre autre chose de nous. Les autres balades ne sont pas aussi prometteuses, et comme on est déjà en haut, on a un aperçu d’ensemble… alors ça permet de faire tout ça un peu rapidement, ce qui n’est pas plus mal non plus.

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On croise à nouveau Stéphane, au dernier point de vue. On rediscute un peu. Il en profite pour me demander de faire une photo de lui, avec son matériel, et fait une photo de nous en échange. Quand il voit l’état de ma lentille, il hallucine complètement. Oui, ma bien aimée lentille a quand même beaucoup souffert de passer une semaine dans le désert, incluant une tempête de sable. Enfin, c’est un canoniste lui aussi alors il en profite pour utiliser une de ses lentilles à la place. J’admets, elle a un beau piqué la 17-40 de Canon ! Ça pourrait presque être une…. ah ! non, j’ai rien dit. Je remplacerais probablement ma 17-50 par une autre 17-50. Un jour.

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Il se fait tard. On reprend donc la route avec Danielle. J’hésitais à faire le détour par Arche, mais vu les commentaires de Stéphane, on va aller jeter un oeil. On n’est parfaitement dans les temps sur le planing de fou qui nous attend de toutes façons, c’est donc parfait.

On roule un peu, mais pas très longtemps. Le soleil se couche déjà, ce qui n’empêche absolument pas le paysage de rester magnifique !

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On est rendu dans Giant Staircase National Monument. Je suis pas tout à fait sûr que les permissions de camping soient les mêmes dans un National Monument quand une National Forest, mais mon instinct me dit que c’est pareil. Alors quand on trouve un petit chemin qui s’éloigne un mini peu de la route, on s’y engage. Ça sera parfait pour la nuit.

Au moment de garer le van, je réalise quelque chose qui, je l’avoue, me fait quand même assez plaisir. Même si je ne suis pas fan des aires d’autoroute, je pense que c’est notre dernière nuit au milieu de nul part. En principe, à partir de demain, on devrait dormir sur des aires d’autoroute, ou chez des gens (amis et famille de Danielle, amis de moi, couchsurfing, etc…). J’aime énormément dormir au milieu de nul part comme ça, mais il n’en reste pas moins que j’ai du mal à ne pas m’imaginer encore à Happy Camp… une aire d’autoroute me paraît plus tranquille !

L’autre bonne nouvelle, c’est que ce soir, il fait moins froid, et le chauffage remarche parfaitement bien. On devrait être bien confortable toute la nuit. Ouf !

Alors pour faire changement, on termine par une petite soirée tranquille à discuter / écrire / bloguer / lire / dessiner / travailler. Tâches réparties en fonction des spécialités de chacun !

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