[Rocheuses Canadiennes]

 

Monsieur le premier ministre

On August 11, 2010, in Carnet de route, Pensées, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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De la culture de nos voisins

Un couple discute à côté de moi, pendant que j’attends Virginie. À un moment, le gars me demande : « qui est le premier ministre du Canada déjà » ? Un peu surpris, je réponds à sa question. Par curiosité, je lui demande d’où ils viennent, m’attendant à des australiens ou des néo-zélandais. « Du Minesota ». Je me souviens, lors de mon précédent voyage dans les rocheuses, avoir rencontré des texans qui ne savaient pas où était Montréal. Considérant l’immense distance entre Montréal et le Texas, je n’avais pas été choqué plus que cela. C’était, éventuellement, compréhensible. Mais là, je reste vraiment sur le cul. Qu’un couple d’Américain, vivant dans un état frontière avec le Canada, ne connaisse pas le nom du premier ministre, j’hallucine complètement. Après tout, les États Unis ont seulement deux pays voisins. Le Canada et le Mexique. Et c’est pas comme si le Canada ne faisait pas parti du G8…

 

Première soirée à deux dans le Pourqoui Pas ?

On August 11, 2010, in Carnet de route, Photos, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Où comment réapprendre à occuper l’espace.

On retourne au van ; il y avait pas mal d’air à pique nique sur la route par laquelle on est arrivée. L’idée, c’est simplement de garer le van sur l’une d’elle. Il est 22h passée, il fait nuit, la recherche d’emplacement est donc un peu plus complexe. On va au plus simple. Finalement, on embarque dans un départ de chemin, s’éloigne un peu de la route, et on trouve un petit endroit tranquille. On s’installe.

Deux dans Pourquoi Pas ?, l’espace se fait pas mal plus petit. Ça prend un peu de temps pour tout déplacer et optimiser mais on y arrive finalement. Dehors, le ciel est magnifique. Ciel de nuit, en montagne, l’été. Des étoiles partout, dans tout les sens. Évidemment, je continue mes photos de tracées d’étoiles.

On s’assoie dans le van ; il fait un peu froid, mais un chocolat chaud nous réchauffe, pendant qu’on discute, tranquillement. Il est pas loin d’une heure du matin quand on va se coucher. Assis dans ma chambre à l’étage, j’écris un tit peu avant de finalement éteindre la lumière et dormir.

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Retour à Kootenay

On August 11, 2010, in Carnet de route, Photos, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Où l’on commence à (re)découvrir les parcs nationaux.

Je suis réveillé par le bruit d’une voiture qui s’arrête à côté du van. Comme chaque fois, quand je dors dans des endroits où je suis pas tout à fait sûr d’avoir le droit, l’arrivée impromptue d’une voiture a toujours un petit côté stressant. Je ne pense pas que rien de grave puisse arriver, mais c’est l’éventuel besoin d’expliquer négocier justifier la présence à moitié réveillé qui ne me tente pas. J’ouvre discrètement ma petite fenêtre à l’écart, jette un oeil. Une voiture avec une remorque et trois motos cross à l’arrière. Pas trop de soucis à se faire de ce côté là donc. La voiture a réveillé Virginie aussi. On se lève donc tranquillement, on se prépare, et on se met en route, en direction du parc du Kootenay.

Ils sont quatre parcs nationaux dans le coin. Banff, en bas à droite, Jasper au dessus, Yoho au milieu à l’ouest, et Kootenay, en bas à gauche. Tout ces parcs doivent leur existence à la construction du chemin de fer, ou de la route dans le cas de Kootenay. La route qui traverse le parc est la première à avoir reliée la côte ouest. Le Canada l’ayant construit à deux conditions : que la Colombie Britannique (où se trouve le parc) se joigne à la fédération, et qu’elle abandonne une vingtaine de kilomètres de chaque côté de la route pour la création d’un parc national. Je n’avais pas fait Kootenay lors de mon dernier passage, même si j’en avais déjà lu l’histoire à l’époque. Comme chaque fois, j’aime découvrir l’histoire de ces parcs, j’aime apprendre comment tout cela s’est fait.

Après une très brève pause épicerie, on repasse à l’entrée du parc. La veille, c’était gratuit, parce qu’on allait juste aux sources chaudes. Mais aujourd’hui, on paie l’accès à tout les parcs, où on prévoie de rester pour au moins une semaine. En fait, l’accès n’est pas très cher… dix dollars par jour, c’est raisonnable. Mais quand on est deux, et qu’on paie pour plus d’une semaine, ça fait un choc. Du coup, on prend un accès annuel à tout les parcs nationaux. Ça pourra toujours resservir !

On repasse dans le magnifique canyon qui marche l’entrée du parc ; s’arrête pour faire quelques photos puis reprenons la route, dans un paysage tout aussi magnifique que la veille. Les « c’est beau » sont toujours au rendez-vous ; rien n’est changé. On fait des pauses régulières, pour admirer, faire des photos, prendre notre temps, comme prévu, comme voulu. Ça fait un bien fou. Après les étapes de 600 ou 700 kilomètres par jour pour traverser les prairies, savoir qu’on roulera moins de 100 kilomètres aujourd’hui me convient parfaitement. Au programme, on nous a donné deux petites balades d’une vingtaine de minutes, et une randonnée de deux trois heures.

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Les pots de peintures

On August 11, 2010, in Carnet de route, Photos, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Ou « painting pot » comme on dit par ici.

Sur la route, avant la première balade :

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La première balade, c’est pour aller voir des « painting pot ». La terre est extrêmement argileuse dans le coin, et regorge de pigment qui lui donne une couleur ocre, utilisée comme pigment par les premières nations, puis par les premiers colons. Virginie en profite pour jouer à Pocahontas en se faisant plein de peintures de guerre. Je me contente de lire les panneaux et prendre des photos. À la vitesse où l’on va, prenant tout notre temps, s’arrêtant, regardant, les 20-30 minutes se transformer en une bonne heure.

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Marble Canyon

On August 11, 2010, in Carnet de route, Photos, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Où comment retrouver le petit village perdu d’à côté de son lieu de naissance à l’autre bout du monde

Quelques kilomètres plus tard, deuxième pause, au Marble Canyon. Le nom, à priori, est du à la forte présence de Dolomites. Quand je vois écris « dolomite » sur le panneau explicatif (qui dit parcs nationaux, dit fédéral, dit bilinguisme partout, même sur les panneaux explicatifs des parcs – en même temps, « dolomite », j’ai vérifié, se dit « dolomite » en anglais) j’ai un flash sur mes cours de géologie de terminale, et sur mon prof que je n’aimais pas du tout. Dolomite, ça vient de Dolomieu. Oui, le tit village pas loin de là d’où ce que je viens. Je ne sais plus si c’est également le nom du géologue qui a découvert la dolomite, ou si c’est parce qu’il y a beaucoup de dolomite à Dolomieu. Toujours est il que la dolomite est une roche ressemblant un peu au marbre (d’où le nom du Canyon) et que je trouve très amusant de retrouver un bout de mon petit coin d’origine de l’autre côté du monde.

La balade, à nouveau, est magnifique. On part de la fin du canyon, au niveau de la rivière, que l’on remonte tranquillement. Les falaises sont de plus en plus hautes, de plus en plus étroites. Au point le plus élevé, mais aussi le moins large, on a vraiment l’impression qu’il est possible de sauter d’un bord du canyon à l’autre. Et puis finalement, celui-ci se termine, sur une magnifique cascade. Ici, le canyon n’a pas encore été creusé. Sur le bord du chemin, des panneaux explicatifs nous font remonter dans le temps. Le tout premier panneau indique où se trouvait la cascade il y a 17000 ans. Panneau après panneau, le temps défile. 14000, 11000, 8000, 5000… je suis relativement impressionné par la vitesse à laquelle tout cela s’est fait.

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Steve

On August 11, 2010, in Carnet de route, Gastronomie, Pensées, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Les rencontres imprévues… du genre qui font travailler la mémoire.

On est de retour au van, où l’on s’installe cinq minutes pour discuter. Je suis sur le fauteuil passager, tourné vers l’arrière, la porte fermée. Virginie est assise à l’arrière, la porte ouverte. Un gars passe juste à côté du van et lance un « Pourquoi Pas ? », invitation très claire à commencer la discussion. J’ouvre la porte pour lui dire bonjour. Il me regarde. « On se connaît ». La phrase que je déteste. Il est très clairement québécois, très clairement francophone. Mais j’ai juste aucune mémoire des visages. Alors reconnaître quelqu’un au beau milieu des rocheuses, je vois juste pas comment y arriver. J’essaie, sans succès. Il sait que je suis de Montréal ; il décide à faire durer le jeu, de voir si je suis capable de le replacer. Un indice de temps en temps, mais c’est tout. On passe un bon moment à discuter tout les trois. Il est sympa, mais en même temps, il y a quelque chose qui me met mal à l’aise. Incapable de dire quoi. On en parlera avec Virginie le lendemain pour découvrir qu’on partage exactement les mêmes impressions. Il pourrait être tout à fait normal. Son jeu d’essayer de me laisser le replacer peut être tout à fait anodin, mais me laisse perplexe. Son visage, pourtant, me donne l’impression que je l’ai en effet peut être déjà vu.

On échange sur pas mal de sujets, notamment nos voyages en cours. Ce que l’on fait ici, pourquoi… malgré la petite appréhension, je le trouve sympa. Et je me dis que passer la soirée avec lui pourrait être agréable. Je pose une ou deux questions anodines ; il fait du camping, ce qui est parfait. Étrangement, je n’aurais pas envie qu’il dorme dans le van alors que je serais prêt à passer la soirée avec lui. J’hésite un peu ; théoriquement, je devrais consulter Virginie avant de proposer, mais je vois pas comment lui demander son avis… je prends donc une chance et lui propose de passer la soirée avec nous. Lui va vers le sud, nous vers le nord, mais si on trouve un emplacement discret, pas loin, ça pourrait le faire. Je regarde Virginie après avoir posé la question, ne voit aucun mouvement de panique, aucune tentative de me faire changer d’avis. Steve, puisque c’est son nom, accepte l’invitation. Par curiosité, je lui demande où est sa voiture. Car sur le parking, il n’y a plus qu’un gros camion blanc pas de remorques, et une vieille voiture un peu délabrée. Mon petit doigt me fait penser qu’il se déplace en camion. Il confirme. Sa tente est pas mal plus grosse que la notre ! Je me dis que ça peut être être un peu difficile de trouver un petit chemin tranquille, mais il n’a pas l’air de s’en faire. Comme il n’a pas vu le canyon, et qu’on lui a dit que ça valait la peine, il demande si ça nous tente de le refaire rapidement. Je décide d’accepter, histoire de pouvoir parler un peu plus avec lui, me sentir plus à l’aise. L’ambiguïté de ce que je ressens me perturbe énormément. D’habitude, j’arrive à me faire assez rapidement une première idée générale. Je suis déstabilisé par cette impossibilité.

On refait la balade, donc, beaucoup plus rapidement. En une vingtaine de minutes. Il est toujours aussi agréable de discuter avec lui, mais il n’arrive toujours pas à me convaincre. Je lui pose quelques questions, histoire de réussir à le replacer. Il continue à jouer à me donner des indices, très légers, sans conséquence. On se connaît grâce à une personne que ni lui, ni moi, ne connaissons vraiment, mais couchsurfing a à voir là dedans. On ne s’est vu qu’une seule fois, à la mi saison (le printemps ou l’automne, lui même ne le sait plus) ; c’était dans le centre ville, à l’extérieur. Tout cela ne m’aide pas.

De retour au van, et au camion, on commence à discuter de la démarche à suivre pour trouver un endroit sympa où s’installer pour la nuit. Du coin de la tête, j’indique le petit chemin qui s’éloigne du parking principal, avec le panneau « camping interdit » à l’entrée. « Dommage qu’on ne puisse pas camper ». On se regarde, on regarde le panneau. Il est vraiment petit, discret. Le petit chemin va vers un deuxième parking, caché depuis la route. Si on se parque là, on ne sera pas visible pendant la nuit. De jour, on ne sera visible que depuis le parking. Ça semble plutôt parfait. Dans le pire des cas, si un garde nous repère, on s’excusera disant que, de nuit, on n’avait pas vu le tout petit panneau.

On a donc juste 100 mètres à faire, ce qui convient parfaitement à tous. Virginie a même le droit à une promenade en camion. On rigole à plusieurs reprises avec Steve sur le fait qu’on ne le connaît pas, et qu’il pourrait très bien être un fou psychopathe. Après tout, comme je lui ai dit en rigolant -et pourtant en le pensant un peu en même temps- il aurait très bien pu prendre une chance en disant que je venais de Montréal. Il m’a expliqué que les camions sont barrés à 105 kilomètres heures, au Québec, pour des raisons de sécurité. Je lui dis donc, toujours sur le ton de la plaisanterie (et en ne le pensant pas vraiment cette fois) que ça ne sert à rien qu’il essaie d’enlever Virginie, le van montant à 110.

On gare les deux véhicules côte à côte, 100 mètres plus loin. Il nous offre une petite visite de sa maison à lui. C’est franchement grand et impressionnant à l’intérieur. Là aussi, tout est optimisé pour économiser la place. Mais de la place, il en a sans doute au moins autant que nous. Et puis lui peut se tenir debout à peu prêt partout. Il m’explique un peu les 13 vitesses du camion. On jase un peu technique. J’ai toujours un restant de passion pour les camions qui n’est jamais parti. Et puis après tout, chauffeur routier en Amérique du Nord, ça fait parti des métiers que j’aimerais faire. Pendant six mois. Pas plus. Comme pilote de train. Par contre, il n’a ni cuisinière ni eau courante. Et les fauteuils ne se retournent pas. On se retrouvent donc tout les trois dans le van, autour d’un plat de pâtes aux tomates, que l’on dévore avec plaisir. Il ne boit pas d’alcool ; ça ne nous empêchera pas, avec Virginie, de nous faire une tite vodka pomme en accompagnement. Et puis un petit morceau de fudge de Mackinac en désert, ça ne se refuse pas. Il ne m’en reste plus beaucoup, mais j’en ai encore un peu. Plaisir sans cesse renouveler. Un vrai délice. Il mérite largement sa réputation.

On discute jusque tard dans la nuit ; et puis à un moment, dans la soirée, mes deux neurones se connectent enfin. J’ai toujours adoré ce sentiment de savoir que la mémoire travaille en tache de fond, pendant que le cerveau continue à fonctionner normalement. J’imagine tout les neurones paniqués, courant à toute vitesse, dans tout les sens, essayant de retracer l’information. Je sors soudain « on a tout les deux accompagné Chelsea, une couchsurfeuse américaine qui cherchait quelqu’un pour lui faire découvrir Montréal. C’était au métro Mc Gill, on a mangé ensemble là bas, puis vous êtes partis de votre côté ». Bingo ! Mon ordi se rappelle de tout. J’ajoute donc : « c’était le 6 mars 2010 ».

Une partie de moi se trouve rassurée. Ce n’était pas du bluff ; il était exactement ce qu’il prétend. Je suis tout simplement impressionné qu’il m’ait reconnu, alors que l’on a passé juste quelques heures ensemble. Mais maintenant que je l’ai replacé, je reconnais son visage sans le moindre problème. Je me souviens même que, quand je l’avais vu à Montréal, il ne m’avait pas vraiment inspiré confiance. Comme quoi ! Certaines impressions ne changent pas. Il n’en reste pas moins que croiser dans un parking du parc Kootenay un montréalais que je n’ai vu que quelques heures… ça ne fait que confirmer une fois de plus la micropetitesse du monde.

Et puis finalement, on décide de se coucher. Il rebondit pourtant sur une remarque pour prolonger un peu la discussion encore, donnant l’impression qu’il n’a pas souvent l’occasion de rencontrer du monde et de discuter. Pour être routier, après tout, il faut quand même pas mal aimer la solitude !

On discute encore un petit dix minutes avec Virginie, histoire de réviser nos plans. Finalement, on n’aura même pas traversé le parc Kootenay. C’est la beauté des rencontres imprévues, et de voyager en prenant son temps. On se couche finalement, Pourquoi Pas ? tranquillement à l’abris du gros camion blanc.

 

Le glacier Stanley

On August 13, 2010, in Carnet de route, Photos, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Où les aventures de deux jeunes randonneurs perdus dans la tempête.

On se réveille à peu prêt tous en même temps. Vu l’heure, Steve doit finalement prendre la même route que nous, pour retourner à Calgary, récupérer son prochain chargement. Il s’en va ensuite au Texas. Mais il veut refaire le Marble Canyon avant de partir. On en profite pour partir un peu rapidement. On se sent un peu coupable ; on a passé une très belle soirée avec lui, mais il y a toujours ce petit côté malaise inexplicable. Et puis il y a aussi le fait qu’on veut un peu avancer.

Première étape, la balade de deux trois heures, que l’on n’avait finalement pas faite la veille. On commence par un petit gruau, pour nous donner des forces. On regarde le ciel ; il y a pas mal de nuages. Virginie prend un imper. J’hésite, mais en même temps, je n’en ai pas, donc l’hésitation ne dure pas trop. Le pire qui puisse m’arriver, c’est d’être mouillé au retour au van. Puisque j’ai tout ce qu’il faut dans le van, je me dis que ça ne sera pas si pire.

On attaque par une petite pente légère. L’objectif est de rejoindre une vallée surélevée par rapport à la vallée où se trouve la route, histoire de s’en éloigner pour aller voir le glacier Stanley. Dès qu’on s’engage dans la deuxième vallée, on perd la route, les voitures, et ça devient tout de suite beaucoup plus agréable. Le ciel est gris, mais on croise les doigts. On croise quelques promeneurs, mais dans l’ensemble, on n’est pas mal isolé. Comme d’habitude, on parle d’ours, on se demande quoi faire au cas où si jamais…

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On reçoit les premières goûtes de pluie quand on approche du fond de la vallée, mais ça ne dure pas trop. Petites averses ponctuelles, mais plutôt légères, qui ne nous mouillent pas vraiment. Un ou deux coups de tonnerre dans le très lointain… pas de raison de ne pas aller jusqu’au bout. La pluie augmente un peu d’intensité ; on fait encore quelques centaines de mètres, mais on n’est pas mal rendu au bout de toutes façons. Le fond de la vallée valait la peine de forcer un peu la pluie. Le ciel gris enlève un peu au paysage et aux photos, mais on apprécie quand même.

On rentre un peu plus rapidement que l’on a fait l’aller. La pluie ne s’arrête plus vraiment. Je suis un peu mouillé, mais tant que l’on continue comme ça, ça n’est pas grave… le vent se lèvre. L’orage gronde plus fort ; il y a bien 4 secondes entre les éclairs et le tonnerre, donc il est loin, et ne se rapproche pas. Mais il est vraiment qu’en montagne, le son qui se répercute à l’infini sur les montagnes est de toute beauté. En tout cas pour moi. Virginie, elle, aime un peu moins.

La pluie refroidie. De temps en temps, il nous semble voir un tit truc blanc au milieu des goûtes. De la grêle ? On dirait bien. Ouille. Aïe. C’est confirmé, on se retrouve soudainement sous une averse de grêle. Le chemin blanchit et devient boueux. On se protège comme on peu ; une chance, les grêlons sont pas trop gros. Moins d’un demi centimètre (1/4 de pouce). Mais ça fait mal quand même quand ça tape dans les jambes, sur la tête ou dans la nuque. Et c’est pas vraiment évident de protéger tout en même temps. En avance comme on peut, se demandant quoi faire si ça augmente. Enfin non, la solution est simple : en cocon accroupi, le manteau relevé sur la tête, le sac à dos sur le dos… mais on n’a pas besoin d’en arriver à ces extrêmes. L’orage se calme. On est gelé, trempée, sur un chemin boueux, et sous la pluie, mais on rigole bien quand même. On a survécu ! Et puis j’entends un crac au loin, sans y prêter trop attention. Quand on voit un arbre au milieu du chemin, on s’interroge pendant un moment, essayant de savoir s’il était déjà là à l’aller. On n’est vraiment pas sûr. Quand on en voit quatre entremêlés, par contre, on a confirmation que cela n’y était pas. Les arbres sont pas mal morts dans le coin, et c’est vrai qu’avec le vent, ils peuvent éventuellement tomber. On fait donc attention à ce qui nous entoure, continuant à rigoler. On était préparé aux ours et à la pluie, pas aux arbres et à la grêle.

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Petite pensée pour les parents inquiets

On August 13, 2010, in Pensées, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Mais on a survécu quand même !

On arrive à Pourquoi Pas ? pensant à nos parents inquiets d’imaginer leurs enfants perdus sous un orage de grêles et slalomant entre les arbres qui tombent avec un ours qui leur court après. Ça fait du bien ces petites balades en montagne ! Ça réveille et remet les idées en place ! On étend tout le linge un peu partout dans le van, on se change pour du sec. Ça fait du bien ! C’est l’avantage de voyager tout confort. On se fait une soupe bien chaude pour se remettre de nos émotions, et on reprend la route.

 

Un 2 1/4 dans la banlieue de Banff

On August 13, 2010, in Carnet de route, Photos, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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C’est mieux que rien !

On pensait faire Johnston Canyon après ça, mais vu la pluie, on change un peu nos plans. On décide d’aller directement à Banff. S’il fait le même temps le lendemain, on se fera une journée « pratique » : épicerie, lavage, internet etc… on a le droit au classique bouchon de circulation ; un élan magnifique broute sur le bord de la route. Il finira par partir quand un car de touristes arrive.

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Comme il est encore tôt, on veut repérer un endroit tranquille où installer le van, pendant qu’il fait jour. On trouvera un stationnement sur le bord de la petite route qui va à Vermillion Lake. Non seulement il n’y a aucun panneau d’interdiction, mais en plus il y a des toilettes. Notre appartement 2 se transforment en 2 1/4. Il ne manque plus que la douche pour nous rendre au 2 1/2 ! Et puis le coin est quand même plutôt joli :

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Un coucou venu du ciel

On August 13, 2010, in Carnet de route, [Rocheuses Canadiennes], by Sébastien
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Non, ce n’est pas Dieu qui me parle

Et puis pendant qu’on est arrêté sur le bord de la route, on entend un grand « coucou » provenant du ciel. Ça surprend toujours un peu. En fait, on est juste sous une aire d’arrêt de l’autoroute. Karine et ses amies viennent de s’arrêter, et nous ont repéré. « Bougez pas, on arrive ». Elles ne savaient pas si elles reviendraient à Banff le jeudi ou le vendredi. Pareil pour nous. Finalement, on est revenu le même jour, s’arrêtant quasiment au même endroit, à la même heure. Une fois de plus, le monde est vraiment petit, et les choses sont bien faites. On fait les présentations. Virginie, Karine, Maryse, Meggie, Marie-Jo. Je me retrouve à peu prêt dans les prénoms. Nos plans de soirée et de journée du lendemain sont différents, mais on se donne rendez-vous le vendredi soir, pour pique-niquer ensemble et ensuite aller faire la fête à Banff.

 
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