Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

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Le chantier et le train

On arrive alors dans une magnifique section, pleine de chantiers, et de circulation en alternance sur une seule voie. En parfaits touristes que nous sommes, on se gare à un point de vue pour admirer le paysage en attendant que ce soit notre tour d’avancer. La vallée est grandiose, et le train qui apparaît alors à l’horizon rajoute au cachet des lieux. On attend bien sagement qu’il approche, et je fais un certains nombre de photos en me demandant combien de demande d’agrandissements je vais recevoir de mon père.

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La route jusqu’à Lilloett

Ce matin ressemble aux autres, sauf que l’on mange avant de partir. Il y a pas mal de route à faire aujourd’hui, donc on va essayer de ne pas trop s’éterniser. Je connais déjà la région que l’on va traverser. J’ai pas vraiment hâte de revoir Lilloett, cette ville que j’avais si peu aimé la première fois. En fait, le paysage devrait être magnifique, mais pas insitatif à la promenade. Le genre d’endroit où il fait bon rouler en prenant des photos par la fenêtre, et en s’arrêtant de temps en temps sur le bord de la route. Mais sinon, on devrait avancer asssez vite.

Pourqoui Pas ? avance tout seul, pendant qu’on discute et qu’on regarde les paysages. Comme prévu, c’est beau, mais ça s’apprécie très bien par la fenêtre. La température a considérablement monté dehors. On a du gagné pas loin d’une trentaine de degré depuis Jasper. Ça fait quand même du bien de ressortir les sandales, les shorts et les manches courtes. On fait une petite pause dans la ville de Clinton le temps de refaire le plein d’essence, puis un peu plus loin dans un autre Marble Canyon le temps de manger un peu.

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Pas de visite de coyottes pour cette fois

Ça fait longtemps que je n’avais pas pu profiter d’une nuit aussi calme. Certes, il y a encore une rare voiture de temps en temps sur la route, mais les passages sont tellement rares qu’ils sont presque anecdotiques. En fait, la seule chose qui perturbera mon sommeil, c’est le chant d’un groupe de coyotes quelque part, pas très loin. À Banff, j’étais quasiment sûr d’avoir entendu un loup. Là, les hurlements sont différents. Et surtout, beaucoup plus nombreux. Et peut être pas si loin que ça. Je me rappelle en avoir entendu lors de mon récent voyage en Californie. À ce moment là, j’étais dans une tente. C’est fou comment on se sent mieux dans une grosse cage en métal ! Quand je les entends la deuxième fois, j’ai l’impression qu’ils se sont beaucoup rapprochés. J’ai un peu du mal à les replacer dans l’espace, mais ils ont l’air d’être de l’autre côté du van. Peut être sont ils passés très proches en effet. Je dézippe ce qui me sert de fenêtre dans ma chambre en mezzanine et jette un oeil dehors. Je me demande comment j’aurais réagis si je voyais une quinzaine de coyotes tourner autour de Pourquoi Pas ?. Mais je ne vois rien. Je suis un peu déçu. J’avais même l’appareil photo à portée de main au cas où.

La petite journée tranquille

Ce sera également le doux murmure des camions qui accompagnera notre réveil. Une chose est claire, le trafic diminue un peu pendant la nuit, mais pas tant que ça. Ça paraît que l’on a changé de zone géographique. Toujours dans les montagnes, certes, mais ce matin il ne fait pas froid. Il fait toujours aussi humide par contre.

On replie Pourquoi pas ?, et on roule pas longtemps après. Il est seulement 9h. Le réveil s’est fait relativement naturellement, mais beaucoup plus tôt que ce que l’on pensait !

Pas vraiment d’objectif pour aujourd’hui, si ce n’est avancer. Une route plus ou moins repérée la veille, histoire d’éviter Kamloops, et quitter la 5 le plus rapidement possible. Le paysage est beau, mais pas exceptionnel, et il y a surtout énormément de trafic.

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On trouve une aire de repos un peu plus loin pour prendre le petit déjeuner, sans s’éterniser, avant de continuer jusqu’à Clearwater, avec juste quelques petites pauses photos, dont une pour prendre un aigle magnifique, qui nous attend sagement au sommet de son arbre.

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Clearwater, c’est l’entrée de Wells Gray Park. J’y avais jeté un oeil l’année dernière, et ça ne m’avait vraiment pas convaincu. Cette fois, on fait juste s’arrêter à l’office du tourisme. Comme on n’a pas grand chose à faire aujourd’hui, on cherche un petit café sympa -genre celui de la veille- pour passer un peu de temps sur internet. Malheureusement, le seul endroit où il y a internet dans le coin, c’est la station service. L’accès est gratuit, mais limité à une heure. En même temps, dans la voiture sur le parking, on n’a pas nécessairement envie de rester plus.

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Les quelques nouvelles que je reçois sont bonnes. Un contrat qui devrait s’en venir dans deux semaines (juste après Burning Man) et peut être un autre assez gros contrat qui débouchera peut être également. Vu mon niveau de vie actuel et mes dépenses, ça s’annonce plutôt bien. Si je pouvais avoir les deux, ça serait parfait. Et puis j’en ai un troisième qui est en standby, mais qui devrait débloquer sous peu. Parfait donc. Tout semble se goupiller parfaitement, ça me met de bonne humeur. Et puis le muffin aux framboises que j’ai acheté était non seulement géant, mais en plus délicieux !

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Après Clearwater, on quitte assez rapidement la 5, pour prendre une petite route (la 24) en direction de Lone Bute. Petite pause sur le bord d’un lac magnifique pour le repas de midi, avant d’arriver à Lone Bute. La ville porte bien son nom : il y a, à l’entrée, une butte, toute seule. Elle serait magnifique si il n’y avait pas deux antennes cellulaires dessus…

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On reprend ensuite vers le sud. On cherche un endroit où dormir prêt de Green Lake. Et on trouve. Tout se fait tout seul. Il n’est même pas 17h quand on a fini de s’installer. C’est parfait : j’ai quelques contrats à avancer, et deux trois petites choses en retard que je voulais faire également. Le retard au niveau professionnel et rattrapé ; au niveau personnel, un peu aussi. Le lac est magnifique, la lune est pleine, nos ventres aussi. Les batteries des ordis, par contre, sont vides. En même temps, vue l’heure à laquelle on s’est levé ce matin, se coucher à 21h30 avec un bon livre, ça me paraît totalement raisonnable !

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Valmount

J’arrive en même temps que Virginie, qui est un peu surprise de me voir déjà là. Je ne devais pas arriver avant deux trois heures en principe. Enfin… il est 5h, c’est parfait, on peut reprendre la route un peu tôt comme ça ! Dans le guide du routard (Virginie voyage avec) ils disent qu’il y a un petit café-internet sympa à Valmount, une vingtaine de kilomètres d’ici. Et au centre d’accueil de Robson, ils nous disent qu’au même Valmount, il y a une causerie sur les saumons, tout les soirs à 19h. C’est parfait. Ça nous laisse juste le temps de remplir le réservoir d’eau de Pourquoi Pas ?.

Je sais qu’on quitte les hautes montagnes. Ça m’attriste un peu. En même temps, je suis supposé en revoir d’autres très bientôt.

La route jusqu’à Valmount se fait sans problème. On s’installe sur le parking juste à côté de la rivière, le temps de manger rapidement, puis on rejoint un groupe, avec une madame qui donne plein d’informations sur les saumons. C’est impressionnant ces petites bêtes ! C’est bien. Ça ne dure pas longtemps, ça permet de garder les informations dans le minimum intéressant. Plus, je suis pas sûr que j’aurais accroché. En arrière plan, on voit des spécimens magnifiques qui se foutent sur la gueule et essaient de remonter le courant.

Un chocolat chaud, moi ça me tente bien. Jeter un oeil sur internet, pourquoi pas. On suit donc les conseils du routard, pour arriver devant un truc qui ne nous convainc mais alors pas du tout. Et puis qui est accessoirement fermé. On va voir un peu plus loin dans le village, pour découvrir une place beaucoup plus sympathique. Et qui, étrangement, ressemble beaucoup à la description du routard. Aurait-il inversé deux noms ? Peut être.

Le chocolat chaud est délicieux. Les nouvelles pas nombreuses, ni bonnes, ni mauvaises. Le café, par contre, est des plus sympa. On reste pas trop longtemps, juste le temps d’aller à l’essentiel. Et puis on remonte en voiture. L’idée, c’est de trouver rapidement un endroit où installer Pourquoi Pas ? pour la nuit. On est juste à côté de la ligne de changement d’heure. Du coup, à 21h il fait déjà nuit noir. Je repère un certains nombre de chevreuils suicidaires sur le bord de la route. Ça ne me donne pas envie de rouler, ni vite, ni longtemps. En plus, il y a beaucoup de trafic. Bref, tout ce qu’il faut pour rendre la conduite désagréable.

Enfin… on finira quand même par trouver un petit bout de parking, sur une route abandonnée, en contrebas de la route principale. Ce soir encore, on pourra s’endormir bercés par les camions !

Je suis une brute

Je reprends la route, toujours en pleine forme. Juste devant moi, un couple dans la cinquantaine part également. Ils me sèment assez rapidement. Ils sont impressionnants à voir !

Un peu plus tard, je croise un coureur. 44 kilomètres, c’est une belle distance à parcourir à la course. Je n’aime pas courir ; je ne comprends pas le plaisir que l’on peut ressentir en courant. Ce n’est pas confortable, ce n’est pas agréable. Si j’ai besoin de me déplacer vite, par moi même, je prends des rollers ou un vélo. Pourtant, si je comprends pas les coureurs, c’est très clair qu’il est dans un cadre magnifique pour se dégourdir les jambes !

Je regarde l’heure à nouveau, sans trop y croire. Ça me donne envie de pousser un peu moi aussi. Après tout, ça descend… ça avance tout seul ! Je rattrape le couple au niveau de la première cascade. Ils ont du faire une petite pause je pense. Mais ils repartent juste comme j’arrive, et me laisse en arrière à nouveau.

Dernière petite descente, me voilà de retour au premier lac. Je reprends un peu de mon retard sur le couple. Je marche vite, mais ils tiennent vraiment bien la route ! Je les rattraperais finalement un peu plus loin. On échange quelques mots. Eux sont des habitués. Habitant à trois cent kilomètres d’ici, ils viennent souvent faire la balade. Je comprends parfaitement. Ils profitent d’une pause photo pour me dépasser à nouveau, mais je les rattraperais lors de leur pause chocolat. Sympathiques, ils m’en proposent, mais je refuse, sans trop savoir pourquoi en fait.

Depuis quelques kilomètres, il y a des bornes pour savoir quelle distance il reste à parcourir. Je m’amuse à calculer. Je fais les 8 derniers kilomètres à environ 6 kilomètres heure. En fait, je trouve le même défaut à cette randonnée que la première fois : les 4 premiers kilomètres sont, à la limite, de trop. Et quand on vient d’en faire 40, ils sont juste ni agréables, ni intéressants.

À deux kilomètres, j’entends le couple qui me rattrape. C’est très bête, je sais, mais je presse un peu le pas. Je veux pas me faire dépasser dans le dernier kilomètre. Ça marchera, mais pas de beaucoup. Ils arrivent au panneau de départ juste après moi. Je regarde ma montre. Je suis une brute. Je viens de marcher 44 kilomètres en 10 heures très exactement, en comptant les pauses photos et la petite demi heure du repas. J’ai les jambes un peu raides, mais c’est pas si pire.

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Exodus

Burning Man commence dans une semaine. J’ai décrété que pour moi, le voyage commençait aujourd’hui. C’est au milieu de ce paysage aussi grandiose, au milieu de nul part, à 22 kilomètres de la voiture, que je commence mon exode personnel vers Black Rock City.

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Berg Lake Panoramique

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Berg Lake

Un bruit sur le côté me fait sursauter ; je manque écraser une marmotte qui traverse le chemin juste devant moi.

Arrive ensuite le champ de galets. La dernière fois, c’était exactement pareil. Sauf que rendu au bout, il n’y avait rien que des galets, et du blanc. Cette fois, il y a un grand lac. Bleu. Magnifique. Un glacier juste avant, un deuxième qui se jette juste devant. Je regarde l’heure. J’avais prévu de me rendre jusque là. J’ai déjà fait 20 kilomètres, j’ai presque l’impression de ne pas m’en être rendu compte. J’ai du temps devant moi, et ça a l’air beau plus loin. Vous connaissez le truc : en montagne, ça a toujours l’air beau, plus loin.

Alors je continue mon chemin le long du lac, sans m’arrêter de prendre des photos. À force de continuer, j’arrive finalement au bout du lac. Je pourrais continuer encore, et encore, et encore… mais la suite, je ne la connais pas. Je la garde pour une autre fois. Une autre fois ? Peut être, qui sait… je me posais la question de savoir si ça valait la peine de refaire la randonnée… la réponse est oui, sans la moindre hésitation. C’est assurément l’un des plus beaux paysages que je n’ai jamais vu. L’un des endroits les plus beaux, les plus tranquilles, les plus paisibles. À peine un glacier qui éclate de temps en temps. Sinon, rien. Le silence. Le vide. Personne, ou presque. J’aimerais, en effet, refaire cette randonnée. Mais sur plusieurs jours. J’aimerais rester quelques jours sur le bord de Berg Lake, à admirer le paysage, à visiter les environs… peut être une autre fois.

Pour aujourd’hui, je suis rendu au point le plus loin ; 22 kilomètres depuis mon point de départ. Je m’assoie sur le bord du lac pour manger. Le ciel bleu est désormais au rendez-vous, et je continue de faire des photos sans fin. Sur le lac, un mini iceberg se promène.

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Le chemin jusqu’à Berg Lake

Les souvenirs me reviennent au fur et à mesure que j’avance. Robson est pour le moment caché dans les nuages, et il y a pas mal de brume autour, mais j’ai confiance que ça va finir par se lever à un moment. Le premier lac apparaît très rapidement, puis le premier camping. Il y a quelques campeurs à moitié réveillés qui me regardent passer en buvant leur café. Je ne m’arrête pas.

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La première montée arrive un peu après ; je continue à avancer à un rythme soutenu, sans avoir l’impression de me fatiguer. C’est étrange de redécouvrir ces paysages, de refaire la même randonnée, en sachant ce qui m’attend. En sachant aussi qu’il n’y aura pas de neige à l’arrivée.

Je croise quelques marcheurs, mais les lieux sont extrêmement calmes, ce qui me convient parfaitement. Je n’ai pas vraiment envie de remonter un flot de touristes. Le paysage est très légèrement différent. Il me semble voir une ou deux cascades qui n’étaient pas là avant. En même temps, je remonte la vallée des milles cascades, alors une de plus, une de moins, ou une oubliée, tout est pas mal possible.

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Je passe le petit pont de singe ; deuxième camping, première vraie grosse cascade de proche. C’est la partie difficile qui commence ; on monte presque tout ce qu’il y a à monter sur les quelques prochains kilomètres. Je grimpe pourtant ça sans me poser de question. Ça paraît limite trop facile. Je m’inquiète presque de ne pas m’inquiéter plus. Je regarde l’heure de temps en temps, surpris par la vitesse à laquelle j’avance. Fatigue ? Non, vraiment aucune.

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White Falls, Fall of the Pool et Emperor Falls se succèdent puis restent derrière. Ça veut dire que j’ai déjà fini l’ascension. L’année dernière, j’avais commencé à marcher dans la neige à partir de là. Cette fois ci, le chemin est parfait. Le paysage n’a rien à voir. C’est un petit coin de paradis là haut. Je remonte tranquillement la rivière, attaque le petit éboulis. Est-ce que le chemin était aussi bien marqué la dernière fois ? Je ne suis pas sûr. Peut être.

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