Les aventures du Pourquoi Pas ?

Sur les routes d'Amérique du Nord, à bord du Pourquoi Pas ?

Première tempête de sable


Et puis tous se termine ; trop rapidement. Les bâtiments s’effondrent les uns après les autres, les flammes diminuent, le brasier se calme tranquillement. Je n’attendrais pas la fin complète. J’en ai assez pour aujourd’hui. Je remonte sur mon petit vélo, et tente de rentrer au camp.

Tente, parce que le vent se lève tranquillement. De plus en plus. Des nuages de poussière remplissent le ciel nocturne. C’est con : je m’étais habillé léger ce soir. Je n’ai ni le masque, ni les lunettes, alors que je me retrouve dans ma première vraie tempête de sable. En fait, c’est exactement la même chose qu’une tempête de neige, sauf qu’on ne risque pas de mourir de froid, et qu’après, on ne peut pas faire de bataille de boules de neiges. Il y a des gens un peu partout, mais ils disparaissent rapidement dans le sable. C’est comme la musique : on l’entend, mais comme il y a de la musique absolument partout, difficile de savoir où l’on va. Bref, il n’y a pas vraiment de points de repères. La plus part des lumières, se sont des véhicules qui se déplacent, donc…

J’avance au hasard, suivant la masse de gens dans un premier temps, puis me retrouvant de plus en plus tout seul. Je pense que la plupart du monde s’est arrêté pour attendre que ça passe. Moi je continue bravement (bêtement ?). Je me dirige au jugé, essayant de garder la direction que je pense être la bonne. Man, qui pourtant est un repère extrêmement efficace, est invisible. J’en ai plein les yeux, c’est pas agréable. En même temps, j’ai aucune inquiétude : je me dirige vers un demi cercle ; les chances que je rate la ville sont à peu prêt nulles. Et une fois que j’aurais rejoint les bâtiments, je retrouverais le camp sans problème. L’expérience n’en reste pas moins intense, et je suis très content quand Man réapparaît. Je me suis pas complètement planté au niveau de l’orientation, mais je ne pensais pas arriver ici quand même. Avec mon nouveau point de repère, je retrouve la ville puis le camp assez rapidement. Celui-ci est vide. Je passe devant un miroir, me regarde. Explose de rire. Je prends quelques photos pour immortaliser mes 75 ans.

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