En me réveillant ce matin, j’ai vu tout le monde autour du bus. Ils finissaient tranquillement le rangement. Ils partent aujourd’hui, mais ne sont pas pressés. La route les attendra de toutes façons. Je reste un moment à discuter avec eux, avant de le dire au revoir. Je sers Tassa dans mes bras une dernière fois. J’ai peur de ne pas la revoir. Je trouverais ça dommage que nos routes ne se recroisent pas… elle a toutes les informations pour me contacter. Elle sait que je serais de retour dans le nord de la Californie aux environs du 12-13 octobre. À partir de là, tout est entre ses mains.

Pourquoi Pas ? a hérité de quelques sourires en fin de semaine. La poussière est tenace, tant qu’il ne pleut pas, les souvenirs resteront.

_MG_8812.jpg _MG_8811.jpg

D’après le (i) que je peux voir en dessous de happyness, il semblerait que l’orthographe correct soit « happiness ». Ça me paraît étrange, mais possible. À vérifier à un moment.

Je fais un dernier babaille à tout le monde par la fenêtre. Une fois de plus, je me sens vide. Peut être aurais-je du leur proposer ma compagnie quelques temps de plus. Ou peut être pas… La voix grave et reposante de Leonard Cohen m’accompagnera une bonne partie de la journée. Je ne suis pas d’humeur à grand chose aujourd’hui. La première idée était de m’arrêter à la première « grande » ville venue, pour faire réparer les freins. Mais en même temps, j’ai besoin de m’éloigner un peu. Juste avant que je parte, Clam expliquait sa théorie sur la « géo-solution » : les problèmes restent toujours là où on les laisse. Partir permet de se débarrasser de bien des problèmes. Ce n’est pas tout le temps une solution, mais je suis quand même assez d’accord avec lui. Et j’avoue que c’est un peu dans cet optique que j’ai envie de rejoindre l’océan ce soir. Mettre pas mal de kilomètres entre Umquat Hot Spring et moi même. La carte me confirme que je trouverais là bas aussi des villes pour faire réparer Pourquoi Pas ?. Je compte sur la roue pour ne pas s’en aller tout de suite.

Je refais les 25 kilomètres jusqu’au magasin et au téléphone pour la troisième fois. Cette fois, par contre, j’en profite pour m’arrêter devant ce rocher magnifique.

IMG_8815.jpg IMG_8813.jpg

Je ne roule pas très longtemps avant de tomber sur une nouvelle cascade. Oui, la route est définitivement parfaite pour les amateurs de chutes d’eau.

_MG_8825.jpg _MG_8823.jpg

Une fois de plus, le chemin n’est pas très long, mais passe dans des endroits magnifiques. Ce sera ma seule pause de la journée. Après ça, je reprends la route, direction l’océan. À l’entrée de l’autoroute, je reconnais tout de suite la fille qui attend, avec son chien. Pixi ; elle faisait partie du campement. Elle va vers le sud. Je ne peux pas l’avancer beaucoup, mais on fait quelques kilomètres ensemble. Je l’abandonnerais un peu après, dans un relais routier. Moi je m’arrêterais un peu dans le parking d’un Mc Donald, histoire de prévenir tout le monde de mes derniers changements de planning. Après tout, j’étais attendu à Chicago, Albany (couchsurfing) et Montréal ! Ça m’occupe un bon moment à nouveau. En fait, j’ai hâte d’être libéré de mes dernières obligations. J’ai envie de m’éloigner d’internet pour un moment ; je me demande si je vais vraiment y arriver. Ça reste à voir.

Le reste de la route est magnifique, encore et toujours. On est plus très haut en altitude, et l’automne recommence à disparaître. Le ciel est gris, mais il ne pleuvra pas (je ne compterais pas les 9 gouttes qui ont touché le pare brise comme de la pluie). En fait, ma dernière vraie pluie remonte à Jasper. Ça fait un certains bail maintenant ! Et puis le ciel se dégage soudain, et j’arrive sur le bord de l’océan sous un ciel qui aurait été presque tout bleu si le soleil n’était pas couché. Je roule encore un peu. Trouve un parking pour m’arrêter, avec vue sur la mer. À priori, je n’ai pas le droit d’être là. Mais on est lundi soir, j’ai envie d’être sur le bord de l’eau, j’ai envie du bruit des vagues, je prends une chance. Au pire, j’ai mon argumentation de prévue. J’espère juste qu’on me laissera dormir demain matin. J’ai l’impression qu’un peu de repos m’aidera à me sentir moins vide !