Il est temps, je pense, de faire une petite parenthèse historique.

En 1803, le président Jefferson rachète la Louisiane à la France. À l’époque, la Louisiane, c’est pas juste l’état autour de la Nouvelle Orléans. C’est probablement un peu plus du tiers des États Unis aujourd’hui (hors Alaska). Ça va de la Nouvelle Orléans au sud est jusqu’à la frontière canadienne, dans les Rocheuses, au nord ouest. La mini carte, en haut à droite de la photo, permet de bien se rendre compte :

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Jefferson a demandé au capitaine Lewis de mener une expédition pour trouver un nouveau chemin jusqu’au Pacifique suite à ce récent achat. Lewis a demandé à son ami Clark de l’accompagner. L’expédition regroupait une quarantaine d’hommes (essentiellement des soldats) dont la mission, en plus de trouver une route jusqu’à l’océan, était de cartographier le plus possible les lieux, repérer les ressources naturelles, et établir des contacts avec les autochtones. L’expédition a quitté Saint Louis le 14 mai 1804, et a suivi le tracé que l’on repère assez facilement sur la carte. Ils sont arrivés à l’embouchure de la rivière Columbia le 7 novembre 1805 (avec une pause pour l’hiver dans le Dakota du Nord). Ils ont fondé un certains nombre de forts sur leur route, le tout dernier étant par la suite devenu la ville d’Astoria, qui se mérite le titre de plus ancienne ville à l’ouest des rocheuses. Évidemment, on trouve des marques historiques du passage de l’expédition un peu partout. Et tout aussi évidemment, une fois rendus au bout, ils ont fait demi tour, en partant le 23 mars 1806, pour arriver le 23 septembre de la même année. Toujours sur la carte, on peut voir deux tracés plus léger. Ce sont des explorations faîtes sur le chemin du retour.

Je n’ai toujours pas commencé de lire le journal de l’expédition, mais j’imagine que ça se fera un jour ou l’autre. En fait, je préfère avoir fait le tour des environs, pour que les noms me disent déjà de quoi. J’ai l’impression que ça sera un peu plus inspirant et plus parlant dans ce sens là.

La ville d’Astoria, donc, se retrouve pas très loin de l’embouchure de la rivière Columbia. Je devrais évidemment dire le fleuve Columbia, mais l’anglais ne distingue pas « fleuve » et « rivière », ce qui est bien dommage. Le fleuve Columbia est le plus grand fleuve de la côte ouest. Et c’est vrai qu’au niveau d’Astoria, il est pas mal impressionnant.

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Le pont qui relie l’Oregon à l’État de Washington a été construit entre 1962 et 1966. C’était le dernier tronçon inachevé de la route 101, qui longe toute la côte ouest, du Canada jusqu’au Mexique. Cette même route 101 que, dans l’ensemble, je suis depuis un moment maintenant. C’est le plus long pont à trois sections continues au monde.

La ville d’Astoria, de son côté, est très jolie et bien sympathique. Le bord de l’eau a été réaménagé pour permettre la circulation d’un vieux tramway, qui ne roule malheureusement que la fin de semaine. Dommage, parce qu’à 2$ l’accès quotidien illimité, je me serais sûrement fait une petite promenade, juste pour le plaisir. Peut être une prochaine fois ! Alors à la place, je me contente de me promener plus ou moins au hasard des rues.

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Si ça peut vous rassurer, moi aussi j’essaie de comprendre pourquoi la prison du conté et le musée du film d’Asturia sont un seul et unique bâtiment (7e photo). Peut être que je trouverais la réponse un jour !

Si le centre ville est sur le bord du fleuve, la ville est construit sur le flanc d’une colline, selon le même principe que San Francisco : les rues sont droites, raides, et intenses. Tout en haut de la colline, il y a « la colonne d’Astoria ». Une construction qui n’est pas la plus haute du monde, certes, mais probablement l’une des moins chères à visiter (1$ à payer à l’accueil quand celui-ci est ouvert). 164 marches pour une magnifique vue à 360 degrés des environs.

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Entièrement rénovée il y a quelques années, des fresques ont été peintes tout autour pour rendre hommage à l’histoire des lieux. De loin, ça donne l’impression que la tour est toute rouillée, et c’est un peu bizarre. Mais de prêt, c’est très beau !

Bon, d’accord. D’en haut, c’est encore plus beau !

Commençons par « plus ou moins le nord » avec, tout simplement, le fleuve Columbia. On devine le pont à droite, la ville au milieu, et des bateaux qui font la file pour aller plus loin. Portland ? Sans doute.

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Si on tourne vers la droite, ça nous amène vers l’est et le sud sur qui je n’ai pas grand chose à dire.

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On peut ensuite compléter le 360, afin de voir ce que l’on peut de l’ouest, et avoir confirmation que le temps est toujours magnifique par ici !

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Avec tout ça, moi, je ne suis toujours pas décidé sur mes plans pour la suite. Le soleil va bientôt se coucher, ce qui veut dire qu’il ne me reste pas longtemps à rouler. Je pensais arriver à Portland vendredi en fin de journée, mais je n’ai toujours pas de nouvelles de Alex (le fils de Sarah) ; j’ai envoyé une demande de couchsurfing à une couchsurfeuse que j’avais contacté à une autre occasion, je viens d’avoir la réponse. Elle n’est pas disponible. L’événement de décompression Burning Man, c’est de samedi 15 heures à dimanche 15 heures. Puisque je n’ai personne pour m’héberger le vendredi soir, je réalise que je peux très bien arriver à Portland le samedi en début d’après midi. Ça me laisse une journée complète en plus avant de rebrousser chemin. Les hésitations s’envolent donc. Je continuerais ma route jusqu’à Port Angeles, au bout de la route 101, et m’offrirais donc toute la côte de Washington en plus. À un rythme légèrement plus rapide, mais qui devrait rester raisonnable quand même. Port Angeles ; le nom ne laissera pas indifférent les amateurs de la saga Twilight. C’est là où Bella achète son livre sur les vampires, ainsi que sa robe de finissante. Oui, finalement je vais aussi me faire ma petite visite ridicule au pays de Twilight. Je trouve ça amusant, bon !

Donc ça implique de traverser le pont, ce qui, accessoirement, me plaît bien aussi comme projet.

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Arrivée de l’autre côté, mon premier plan était de me rendre au parc du cap « disapointment ». Il y a là bas un camping, et j’envisageais même de payer. Quand j’ai découvert, en y arrivant, que c’était 21 $, ça m’a un peu refroidit, mais je me suis que pour une fois, éventuellement… et puis je suis allé me chercher un emplacement, et j’ai vu tout ces campings cars gigantesques, et tout ces gens, dedans, en train de regarder leurs petites télés. Ou bien les deux voisins, qui font chacun leur feu de camp, mais qui ne se parlent pas. Ça m’a fait passer l’envie. J’ai fait demi tour, et je suis revenu dans la petite ville de Ilwaco, un peu avant. J’ai décidé que cette nuit je testais les capacités de caméléon du Pourquoi Pas ? ! Passera-t’il inaperçu garé dans une rue parmi d’autres voitures, c’est la question que je me demande. Je m’imagine une voix à l’accent marseillais me sortir à 2 heures du matin « police municipale, papier du véhicule s’il vous plaît ». Bon, évidemment, les chances que je tombe sur un policier marseillais récemment muté sur la côte ouest sont relativement faibles. Mais… qui sait !