Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Archive for the ‘[Australia – Tasmania]’ Category

Retour sur le continent


Dix heures de ferry. À nouveau. Mais ça passe quand même assez vite. Surtout quand on a dix jours de voyage à réécrire ! Avec une petite pause, à un moment, le temps de dormir en regardant Wall_E. La fatigue a eu rasons de moi. Et 42 secondes consacrées à admirer le magnifique balais des dauphins, tout là bas loin là bas. N’empêche, c’était beau.

On est de retour à Melbourne. On retourne chez Jesse. On a enfin des nouvelles de Virginie et Sébastien. Un plan commence à se dessiner. On dormira encore dans le van cette nuit. Après avoir rangé les bagages et discuté un peu avec Jesse, on s’offrira une nouvelle nuit de repos bien mérité !

Il me reste encore à faire un debriefing général sur la Tasmanie, parler d’Hobart, et tout le reste… mais on revient sur le continent le coeur heureux de revenir à Melbourne… mais un peu lourd, aussi, de quitter ce petit coin de paradis !

Rufus

Le circuit du Mont Rufus. 18,5 kilomètres, 680 mètres de dénivelé. Vu comme ça, ça paraît quand même beaucoup. En l’occurrence, quand on commence à marcher, les jambes sont lourdes. Eliza n’est pas si loin derrière. Ni toutes les autres avant… alors on commence tranquillement. On grimpe. Un peu. Pas beaucoup. Le dénivelé est à peu prêt le même que celui que l’on a fait pour aller voir « Bishop and Clerk ». Certes, la distance est plus importante. Mais il me semble quand même que ça devrait monter plus. J’ai pas envie de me retrouver avec un énorme mur à grimper sur les cent derniers mètres, ou une mauvaise surprise du genre. Mais ça ne semblait pas être le cas, pourtant, quand on regardait depuis en bas…

Tout le début de la balade se fait sous les arbres. On ne sait pas trop où on va. On n’est pas sûr de ce qui nous attend… et puis soudainement, on sort des arbres. On voit le sommet, là haut, et le chemin pour y aller. Oui, ça grimpe un peu, mais ça reste tranquille tout le long. C’est exactement ce qu’il nous faut. Alors on continue de monter. Rendu au col, le vent se met de la partie. Des belles rafales, assez violentes. mais heureusement plutôt chaudes. On évite donc de finir congeler.

On grimpe encore un peu. Il y avait un piège. Le sommet n’est pas là. Il est en arrière. Un peu plus loin. C’est juste un peu de marche supplémentaire à faire. Ce n’est pas plus raide, à ça se fait sans problème. On arrive au sommet quelques temps après. On admire rapidement. Loin, là bas, au sud, on voit l’énorme panache de fumée de l’incendie de la veille. Il semble encore plus gros et plus impressionnant. Le vent ne se calme pas. Au contraire. Alors on se met à l’abris derrière une pile de cailloux, et on mange tranquillement.

Deux sandwichs plus tard, quelques gorgées d’eau, et un petit 5 minutes supplémentaires parce que bon, quand même, on peut bien se reposer un peu, on attaque la descente. Le vent de face n’est vraiment pas agréable. Il faut luter pour avancer, mais on y arrive.

On se retrouve à côté d’une jolie série de formations rocheuses, où on s’amuse un peu à faire quelques photos.

Un peu après, dans un mini vallon qui semble être un paradis à wombats (herbes rases et nombreux terriers), on a presque l’impression de visiter un jardin botanique. Il ne manque plus que les petits panneaux pour nous donner le nom des plantes.

On est tout enthousiasmé par le côté très agréable et très beau de la descente. Mais celle-ci finit par devenir un peu moins intéressante. On traverse une grande prairie avec rien à voir, avant de se retrouver sous les arbres avec à nouveau rien à voir, si ce n’est un joli lac à un moment. L’enthousiasme baisse. La motivation aussi. Les jambes sont lourdes.

On dit qu’en montagne, le temps peut changer très vite. C’est encore plus vrai en Tasmanie. Le magnifique ciel bleu que l’on avait deux heures avant et maintenant complètement gris. On a même le droit à quelques goûtes de pluie. Ça dure une vingtaine de minutes, avant que le ciel bleu ne revienne. On est rendu sur le bord du lac, à un endroit qui s’appelle « Platypus Bay ». Mais d’ornithorynque, nous ne verrons pas.

Les deux derniers kilomètres se font un peu en trainant la patte, mais on retrouve finalement le van. La journée est loin d’être finie.

Pour rejoindre Devonport (on prend le ferry demain matin), il y a deux options. La toute droite, qui devrait nous y amener en deux heures, via des paysages pas forcément intéressants, et la moins droite, qui devrait prendre 4 heures environ, dans des paysages beaucoup plus inspirant, avec au moins un superbe point de vue et une jolie cascade sur la route. Après hésitation et discussion, on prend finalement la deuxième option. Pourquoi faire simple, après tout ?

La route repart donc dans les montagnes, tournant, tournant, et tournant encore. On monte, on descend. C’est un peu pénible à conduire, mais c’est vrai que c’est beau. On s’arrête une première fois au point de vue panoramique, qui demande quand même 30 minutes de marche aller-retour pour en profiter. Mais ça en vaut parfaitement la peine. Et ça permet de découvrir, loin là bas, le magnifique « Frenchman Caps ». La falaise semble particulièrement impressionnante vue d’ici. Une randonnée de trois quatre jours pour l’atteindre. Il est temps que j’arrête de noter toutes les balades que j’aimerais faire en Tasmanie !

Et puis au moment de jeter un oeil au panneau, pour attraper le nom des sommets, mon oeil est attiré par une citation. Ou plutôt par la signature qui va avec. « John Muir ». J’ai passé nom temps à croiser sa route sur la côte ouest américaine. Les séquoias géants lui doivent beaucoup. Les parcs nationaux également. Du coup, je ne suis pas particulièrement surpris de trouver une citation de lui ici. Il convient parfaitement. « Nervermore, however weary, should one faint by the way who gains the blessings of one mountain day; whatever his fate, long life, short life, stormy or calm, he is rich forver ». Si j’en comprends parfaitement l’essence, je suis incapable de trouver une traduction correct de la première partie. Mais l’idée, c’est que quiconque a eut la chance de passer une journée dans les montagnes, quelque soit son destin par la suite, qu’il ai une vie calme ou tumultueuse, longue ou courte, il sera riche à jamais. Difficile d’être en désaccord. Retrouver John Muir ici, au milieu de ces montagnes, vient me toucher d’une façon que je n’explique pas. Un peu comme si d’un seul coup, ce panneau créait un lien entre mes précédents voyages sur la côte ouest, et ce nouveau voyage ici…

Je retourne au van le coeur et les jambes plus légères. On reprend la route, pour s’arrêter une nouvelle fois, un peu après, pour admirer les « Nelson Falls ».

La nuit commence à tomber. Il n y a plus vraiment de pause au programme. Juste de la route. Pas mal de route. Moi, ça ne me dérange pas. J’aime rouler. Même quand il s’agit de conduire un gros van.

J’avais demandé à quelqu’un, Bernd je crois, si la région de Queenstown était belle. Sa réponse ressemblait à « si tu aimes les montagnes dévastées par les pluies acides, ça peut te plaire ». Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec une introduction comme ça… et pourtant, on comprend vite. Même dans la pénombre de la fin de journée, on découvre les sommets entièrement dégarnis. Avec quelques brins d’herbe et un petit buisson de temps à autre, qui survivent comme ils peuvent. La terre est de toutes les couleurs. C’est à la fois beau et laid… je ne m’essaie pas à la photo, sachant que ça ne rendra rien. Il y a quelque chose de fascinant là dedans. Sans doute est-ce la preuve directe des conséquences que peuvent avoir les activités humaines sur l’environnement…

La ville de Queenstown fait un peu peur elle aussi. Il est même pas 21h, mais il n’y a plus une seule lumière partout. Tout est fermé. Déprimant. Ça fait peur. On s’arrête juste 5 minutes. On doit retrouver Virginie et Sébastien à Melbourne, le lendemain. Mais ça, c’est juste la théorie. Parce que dans la pratique, on n’a absolument aune nouvelle. Iris renvoie un mail, et on repart.

On arrivera trois heures plus tard à Devonport, sur le parking du ferry. Il est juste un peu après minuit. Il est définitivement plus rapide de traverser la moitié de la Tasmanie que la moitié du Kansas ! La route nous a fait passer devant chez Sarah. La boucle bouclée. La Tasmanie est finie. Pour le moment. Ou définitivement. On ne sait pas.

 

En direction du lac Saint Clair

Une autre journée de changement. Avec un côté « dernière ligne droite à Hobart » un peu définitif. En fait, ça fait cinq ou six jours qu’une question nous taraude. « Et si on restait plutôt en Tasmanie ? ». On est bien ici. Tout les deux. On y trouve des choses différentes, mais qui nous conviennent à tous les deux. Moi j’ai toujours ces envies de longues randonnées sur une semaine. C’est quand même tentant… après, on a cette relocation qui nous attend, et Virginie et Seb qui arrivent bientôt à Melbourne. Donc c’est sûr que l’on n’a pas le choix de rentrer. Mais on pourrait sauter dans un avion juste après, et revenir. À cause de ça, on envisageait fortement de laisser une bonne partie de nos bagages à Hobart. On en discutait depuis quelques jours, mais on se rend compte ce matin que c’est extrêmement compliqué à gérer. On a quand même un doute sur les perspectives d’emplois à Hobart, et il est très clair que nous devons tout les deux nous mettre au travail. Melbourne semble offrir de meilleurs perspectives à ce niveau là. Après une dernière réflexion, on finit par en conclure que si jamais on revient à Hobart, on paiera tout les deux les 16$ de supplément bagages, qui sont loin d’être tant que ça !

Il fait un grand ciel bleu magnifique. Il est tôt. On a mal dormi, comme il se doit dans un dortoir d’auberge de jeunesse. C’est pas pour rien que l’on évite ça autant que possible ! On a juste envie de partir d’ici le plus tôt possible. La météo nous encourage dans notre projet d’aller voir le mont Wellington avant de partir.

Le mont Wellington, c’est un peu comme le mont Royal à Montréal, ou la bastille à Grenoble. En un peu plus haut : 1250 mètres environ ; si on considère que Hobart doit être dans les 20 à 80 mètres d’altitude, c’est la garantie d’un joli point de vue. Évidemment, il est possible de marcher jusqu’au sommet… mais il est également possible d’y conduire. Et j’avoue que si j’adore les défis que représentent un sommet, je ne vois pas du tout l’intérêt de grimper juste pour grimper. Si je peux y aller en voiture, je n’ai pas envie d’y aller à pied.

S’il ventait un petit peu en bas, en haut ça souffle vraiment intense ! Du coup, on se retrouve avec le tour un peu rapidement. De toutes façons, on n’avait pas beaucoup de temps… je pense que beaucoup de gens commence leur séjour en Tasmanie par une visite au mont Wellington. Ce n’était pas du tout calculé, mais je pense qu’en fait, c’est une erreur, et qu’il vaut mieux le garder pour la fin. Pourquoi cela ? Parce que le Wellington fait parti de ces sommets d’où « on voit tout ». Alors en fin de séjour, on peut regarder de tous les côtés, et se dire « on a été là, et là, et là ». Maria Island et Tasman Peninsulae nous font de grands coucous. Je suis presque sûr que le sommet que l’on voit là bas c’est Mount Field West. Et l’autre, loin là bas au fond, serait Rufus, qui nous attend sagement. On a rendez-vous avec lui demain… la vue du sommet nous permet aussi de voir tout ces sommets que l’on n’a pas encore fait. Tout ce qu’il nous reste à faire. La petitesse de la Tasmanie me fait rêver…

Mais le vent nous encourage à ne pas rester ! La redescende se fait assez rapidement. On croise pas mal de vélos, dans les deux sens. Bel entraînement !

Nous, on continue la route direction l’aéroport. On gare la voiture devant l’agence de location pour le van. Je signe les papiers. Je commence à avoir l’habitude. Ça y’est, j’ai récupéré le van. La voiture est garée à côté. On vide le contenu de l’une dans l’autre. C’est bien la première fois que je me retrouve à avoir deux véhicules de location à mon nom ! Certains pourraient se demander l’utilité de la chose. j’avoue que je me le demande aussi. N’ayant plus d’utilité pour la voiture, je la ramène au bâtiment d’à côté. Je rends les clés. Revient au van.

Le changement est assez radical. Passer d’une Mazda 3, avec une boîte manuelle à 6 vitesses, qui annonce fièrement un 260 au compteur, et qui doit pouvoir s’amener facilement à 200 (ailleurs qu’en Tasmanie, certes) à un gros van diesel, boîte automatique, et petit moteur un peu poussif. Je me rends compte avec une toute petite fierté pas du tout excessive que je n’ai absolument aucun problème à passer d’un véhicule à un autre. Changer de moyen de transport me pose aucun problème. Tout comme rouler à gauche. J’étais déjà bilingue du clavier qwerty/azerty, serais-je maintenant bilingue de la conduite droite/gauche ?

On fait une dernière pause chez Bernd, pour lui rendre sa tente qui nous aura vraiment bien servie ! Les au-revoir se font sans le moindre problème. C’est un peu étrange. Je suis arrivé ici il y a prêt de 6 semaines. J’ai passé énormément de temps ici, mais sans jamais vraiment créé un contact particulier. Bernd a des qualités indéniables, tout comme il a des manies parfois un peu difficile à supporter… j’ai passé un séjour très sympa chez lui, mais en même temps j’ai eu l’impression qu’il y avait toujours quelque chose qui manquait…

Une dernière pause à l’épicerie, histoire d’avoir de quoi à manger, et cette fois, on prend la route pour de bon. On dit au revoir à Hobart. Sans savoir si c’est un « à tout de suite », « à bientôt », « à la prochaine » ou « adieu ». Sentiment assez étrange au final…

Le début de la route qui va jusqu’à Lake St Clair, on l’a fait à plusieurs reprises, et il se fait sans problème. Puis à un moment, on va tout droit, au lieu de tourner à gauche en direction de Mount Field et de lake Gordon. La suite de la route ressemble pas mal… à l’exception de cette énorme panache de fumée. Le thermomètre indique 41 degrés. Il fait horriblement chaud. Le vent souffle tant qu’il peut. Temps parfait pour partir un énorme incendie. Quand on passe sous le panache, la lumière devient rougeoyante. L’éclairage est superbe. Je ne peux m’empêcher de trouver ça horriblement magnifique, et terriblement triste à la fois…

La route continue. On fait un petit détour quand un panneau annonce un point de vue et un village historique. Le point de vue sera en fait sur une installation hydre électrique certes impressionnantes, mais qui n’aurait pas forcément justifié le détour… quand au village historique, celui-ci semble tout droit sorti de « Edouard aux mains d’argent ».

On roule encore. Ça commence à être un peu long ; la route est un peu pénible, surtout quand on conduit un gros van. On s’habitue vite aux petites voitures sportives… mais on finit quand même par arriver à Lake St Clair, où l’on recroise trois français, rencontrés la veille sur le mont Eliza. Ils sont surpris de nous revoir là, en apprenant qu’on est repassé par Hobart entre temps. Eux sont juste en petite pause rapide, par contre. Ils repartent tout de suite. Encore des qui essaie de faire le tour de la Tasmanie en 10 jours j’imagine…

On repère notre balade pour le lendemain, puis on va poser le camping car dans le camping. Voilà bien longtemps que l’on a arrêté de se soucier de payer les campings dans les parcs nationaux. On se posait la question… les tasmaniens sont ils horriblement laxistes ? Extrêmement confiants ? À force de discuter à droite à gauche, on a eut un début de réponses… les campings dans les parcs nationaux sont devenus payant suite à la pression des propriétaires de camping privés. C’est vrai que face à un concurrent gratuit, il est relativement difficile de faire le poids. D’un autre côté, il y a énormément d’australiens qui paient le prix fort pour faire faire un aller retour à leur van sur le ferry (compter environ 500$ pour un aller-retour, juste pour le véhicule) et qui n’ont pas envie d’avoir en plus à payer les campings après, alors que tout ce dont ils ont besoin, c’est d’un rectangle de 3 mètres de larges sur 15 mètres de long (oui, ils sont gros les campings cars). Alors les villes, à leur tour, se sont mis à mettre à disposition des endroits gratuits. Les touristes affirmant que de toutes façons, l’argent qu’ils ne dépensaient pas en camping, ils le dépenseraient en visites, en restaurant, en café… bref, un équilibre semble s’être fait. Les campings dans les parcs nationaux sont désormais payants, mais les rangers ne vérifient pas et ne mettent pas d’amande. Ce qu’en même temps, je comprends assez bien… si je bossais dans un parc national, ça serait pour informer les gens, les conseillers, les guider, et s’assurer qu’ils ne balancent pas leurs poubelles n’importe où. Pas pour leur balancer des amandes parce qu’ils ont oublié de payer le camping… j’y vois également une autre logique : offrir ces zones plus ou moins gratuites, c’est la garantie que la plupart des gens vont s’installer au même endroit. Avec les facilités nécessaires. Poubelles, toilettes, etc… il est plus facile de jeter ses ordures à la poubelle quand on a une poubelle à côté. Quand on dort dans un endroit sans service, la canette de bière va rester là, parce qu’il est compliqué de a remettre dans le van, pour la jeter plus tard… au final, ça me donne l’impression que tout le monde est heureux et gagnant là dedans. En tout cas, nous on est bien heureux de ne pas avoir à payer !

Le van bien installé, on s’offre une petite balade sur le bord du lac, histoire de faire un peu de repérage. Rufus est là haut. Il nous attend. 640 mètres de dénivelés, mais sans aucune difficulté. Pas de passages raides, pas d’éboulis, ça devrait bien se faire.

On rentre au van ; on fait un peu de rangement, et puis je me mets à la cuisine. Ça fait du bien d’avoir un frigo et un peu plus de confort pour préparer le repas. Du coup, ce sera soirée crêpes (jambon + fromage + béchamel) et bière. La vie est belle aussi quand on voyage en van !

Mount Anne et Mount Eliza

Sur Elizabeth Street, dans le centre ville d’Hobart, il y a un magasin qui s’appelle « Tasmanians Map ». Un magasin de cartes. Quand je l’ai vu pour la première fois, j’y suis rentré avec un sourire gigantesque. Un magasin de cartes, pour moi, ça a un petit côté paradis. Un peu comme une bouquinerie avec ses vieux livres. Un monde de rêves et d’imagination sans fin… l’équipe y est absolument adorable. J’y suis retourné à plusieurs reprises, n’y ai trouvé que sourires et gentillesse… Lors de cette première visite, j’ai commencé à regardé les cartes de randonnées. Chaque Parc National a une carte topographique très détaillée, qui est juste parfaite pour découvrir le parc. Et puis j’ai parlé un peu randonnée avec la vendeuse. Elle m’a dit que le mont Anne était à faire absolument. L’un des sommets les plus réputés de Tasmanie. J’ai commencé à me renseigner, et à hésiter. Le sommet culmine à 1450 mètres. C’est l’un des plus hauts sommets tasmans. Mais l’atteindre demande de franchir 1450 mètres de dénivelé. On commence par monter le mont Eliza, on redescend un peu, et on remonte de l’autre côté. Les derniers mètres du sommet sont réputés comme étant particulièrement difficile, et à la limite dangereux. Ce qui, personnellement, a quand même tendance à me refroidir…

Quand je suis repassé à la boutique, quelques temps plus tard, j’ai discuté avec le patron. J’ai reparlé du mont Anne. Il m’a confirmé la difficulté de l’ascension, mais à ajouter que Eliza, juste avant, était déjà un beau défi, et offrait une vue absolument grandiose. Anne, c’est plus pour le plaisir de la difficulté.

Notre objectif, ce sera donc Eliza. C’est déjà un bon 900 mètres de dénivelé ; ce quoi bien se casser les jambes ! Si on atteins le sommet, on sera heureux. De là, on verra ce que l’on se sent de faire.

La grimpette commence après seulement 5 minutes de plat. Et elle commence tout de suite raide, sans vraiment s’adoucir. Par contre, on monte du côté du lac, sur un versant où il n’y a pas un seul arbre. Alors chaque pas est un vrai moment de bonheur. Chaque mètre de gagné, c’est une vue un peu plus magnifique qui s’offre à nous. On découvre sans arrêt. Le regard porte de plus en plus loin. On domine le paysage… grimper dans ces conditions, même si ça monte beaucoup, est un vrai bonheur.

On monte quand même assez bien, et se retrouve rapidement à la « Hut ». Une petite cabane, qui a été construite ici il y a quelques temps maintenant, et qui peut servir de logis d’étape pour les personnes voulant prendre leur temps sans s’encombrer d’une tente. On fait juste le plein d’eau, et on reprend la grimpette.

À partir de la hutte, par contre, on passe de « raide » à « raide ». Les deux cents derniers mètres de dénivelé sont gagnés en grimpant dans les rochers. Des courtes portions d’escalade. Mes jambes suivent sans aucun problème. Le souffle aussi. Iris grimpe tout aussi bien. Et c’est finalement un superbe spectacle à 360 degrés qui s’offre à nous alors que l’on atteint le cairn marquant le sommet. Pas trop fatigué, mais heureux.

Et puis on voit Anne, qui nous attend là bas. Impressionnante. Ça justifie d’aller voir de plus prêt ce que l’on peut en faire.

La promenade sur le plateau est des plus agréable. Ça monte un peu ; ça descend un peu ; tout cela dans un paysage qui fait très irlandais, avec son herbe courte, ses pierres, et ses petites marres. Il suffit d’oublier les montagnes qui semblent s’étaler à l’infini.

On prend une petite pause pour manger. On découvre que la boîte de thon nécessite un ouvre boîte. Je ne redescendrais pas à la voiture pour le chercher. À la place, je me débrouille avec un bâton de marche et une cuillère à soupe. Comme quoi, l’ouvre boîte est une invention bien superflue !

Le temps est quand même bien passé. Il faut être réaliste : Anne ne sera pas faisable aujourd’hui. D’ailleurs, quand je vois la forme du sommet, je me demande si j’aurais simplement envie de le faire… ça semble impossible sans matériel d’escalade. À la place, je jette mon dévolu sur un petit sommet à côté. Un petit éboulis à grimper rapidement, qui devrait permettre d’avoir un très bel aperçu de l’autre côté du paysage. Iris préfère m’attendre en bas. Je grimpe donc assez rapidement, en profitant pour voir si les jambes tiennent le coup. Rendu en haut, je ne regrette pas du tout ce petit dénivelé supplémentaire.

Et j’en profite pour faire des photos d’Iris en cachette.

Je redescends tout aussi rapidement, et on attaque finalement le demi tour. On anticipe un peu le début de la descente, mais ça se passe très bien. On retrouve la hutte assez rapidement, que l’on laisse aussi derrière nous. La dernière heure est longue. Très longue. Ça commence à tirer vraiment beaucoup sur les jambes. On est particulièrement heureux d’arriver à la voiture !

Reste un dernier petit détail à régler. Dans mon optimisme, lors des dernières courses, j’étais persuadé que l’on trouverait une épicerie dans la seule ville des environs. Il n’y en avait pas. Nous n’avons donc rien à manger. On décide donc de revenir jusqu’à Mount Field, en espérant trouver un endroit où acheter de la nourriture en chemin. Mais le problème de se promener au milieu de nul part, c’est que les quelques magasins qui vendent de la nourriture ferment avant même d’ouvrir. On pourrait bien manger le reste de pain, mais ça n’est que moyennement inspirant. Alors on craque, et on roule jusqu’à Hobart.

On se simplifie l’hébergement en attrapant une auberge de jeunesse. Ça faisait longtemps… ça ne me manquait pas particulièrement. On simplifie aussi la question de la nourriture avec un restaurant chinois. Ce soir, c’est fête !

Un peu d’internet pour s’assurer que le monde va bien, et un gros dodo. Encore une grosse journée en perspective demain !

Gordon Lake et Gordon Lake

L’une des premières choses que l’on voit en se réveillant, c’est cette adorable petite fille qui traverse le camping, avec magnifique chapeau sur ces cheveux roux, et un sourire de bonheur au visage. Elle marche joyeusement, en toute simplicité, en tétant son petit carton de lait. Elle répond à mon coucou de la main par un salut identique, et un sourire encore plus grand. Elle semble juste animée par la joie.

La bouteille de gaz a rendu l’âme la veille. On décide donc d’utiliser les barbecues pour faire bouillir l’eau de notre thé matinal. La petite fille est là, à prendre son petit déjeuner, avec sa mère. Elle est tout aussi souriante ; le genre de sourire qui est une invitation a entamé la conversation, ce que je n’ai aucune hésitation à faire. Quand je demanderais à la petite fille d’où elle vient, elle me répond « fairyland » (le pays des fées). Je n’ai aucun mal à la croire. On discute encore un peu, avant de finalement reprendre la route. Notre objectif : Gordon Dam.

Il y a, plus ou moins en plein centre de la Tasmanie, ces deux lacs gigantesques. Gordon et Pedder. Tout deux lacs de barrages avec, comme il se doit, de nombreuses et magnifiques montagnes tout autour. Aujourd’hui, il pleut. Aujourd’hui, c’est la journée relaxe, où on fait surtout de la route, et où on admire un peu le paysage. Demain, on s’attaque au Mont Eliza, et peut être au Mont Anne.

La route nous éloigne petit à petit de la civilisation. Il y a de moins en moins de voitures, de moins en moins de gens. Plus de maison. La route est encadrée par deux murs d’arbres, même si je me rends compte qu’en de nombreux endroits, la méthode québécoise est employée : on garde les arbres sur 20 mètres, le bord de la route, et on coupe derrière.

Le ciel est couvert ; pas vraiment d’éclaircies en perspectives. Quelques gouttes de pluies de temps en temps. On profite des points de vue quand on arrive à en attraper un. L’endroit est superbe. On se régale.

On fait une petite pause pour manger au seul restaurant de la seule ville de la région des lacs. On discute un peu avec la serveuse, demandant quelques informations sur les campings, et sur la météo. Ça devrait se dégager dans l’après midi en principe. Bonne nouvelle ! J’en profite aussi pour attraper quelques informations sur le barrage.

Le barrage, on s’y dirige juste après avoir mangé. La météo ne semble pas vouloir s’améliorer pour le moment ; il n’y a rien à faire dans le restaurant (qui est aussi le seul point d’intérêt de la ville) ; on reprend donc la route. Celle-ci se termine finalement, nous annonçant que nous sommes arrivés à destination. Il est là, il est magnifique. Et assez gigantesque. C’est le plus haut barrage australien. Il est vraiment impressionnant. Et surtout, chose qui me parait de plus en plus rare de nos jours, il est en accès libre. On peut aller se promener librement dessus, profiter de la vue, admirer la gorge superbe qui le termine. Tout cela toujours en jouant à éviter les gouttes d’eau.

On hésite un peu. La météo n’est pas du tout encourageante. S’il fait ce temps là demain, il est tout simplement hors de question de s’attaquer à Eliza. On y verra rien. Les prévisions météos sont encourageantes… on décide d’attendre le lendemain pour se décider. On fait donc demi tour ; pas trop le choix, puisque l’on est au bout de la route. Il ne nous reste plus qu’à revenir à l’Andrée de cette immense vallée où se trouve les deux lacs. De là, on prendra la deuxième route. Celle qui part vers le sud, et le départ de la randonnée.

 

L’optimisme des prévisions météo semble finalement l’emporter. Le gris laisse la place à un peu de bleu de temps en temps. Il nous arrive même de voir le soleil à quelques reprises. Le paysage se dévoile peu à peu devant nous. La vue porte de plus en plus loin, découvrant des montagnes encore plus grandioses.

La route nous emmène jusqu’au départ de la randonnée de demain. Eliza et Anne sont toujours dans les nuages, mais ça nous donne quand même un aperçu assez intéressant de ce qui nous attend pour le lendemain.

On continue encore, jusqu’au camping où nous passerons la nuit. On ne s’y arrête pas tout de suite. On veut aller à la fin de cette deuxième route. On voit les deux autres barrages – ceux-ci, beaucoup plus petit que Gordon Dam, ne servent qu’à retenir l’eau. Tout au bout de la route, il y a une table d’orientation parfaitement située, qui offre un excellent point de vue sur l’ensemble.

De là, on voit aussi la vallée part où part le chemin de randonnée qui permet de relier Port Davey. Port Davey, c’est de là que vous prenez l’avion quand vous avez marché six jours depuis South East Cape. En d’autres termes, vous pouvez partir par là bas, vous perdre pendant deux semaines, et arriver au bout du bout du monde. Où si vous avez un peu moins de temps, partir pour une semaine, et arriver à Hartz, où nous étions… hier ! Je recommence à rêver. À imaginer des « et si ». À me voir partir plusieurs jours avec mon gros sac à dos… pourquoi pas après tout. Depuis Melbourne, la Tasmanie n’est pas si loin… il va falloir réfléchir à tout ça !

Deux derniers points de vue sur la route qui nous ramène au camping. Et puis finalement, on installe la tente. Un quolle vient faire un petit tour sur le terrain ; ce sera notre premier sauvage. Bel animal !

Hartz National Park

La veille, Alia – charmante hippie tchèque- nous avait parlé de la toute petite balade qu’on pouvait faire autour de l’air de repos. Elle nous a parlé de la magie de l’endroit, et de la tristesse des arbres coupés. Nous sommes allés voir par nous même. L’endroit est magnifique, avec quelques arbres majestueux, souvent couverts de mousse. Il se dégage de l’endroit, non pas de la magie et des arbres tristes, mais plutôt une sérénité et une tranquillité teintée de nostalgie. C’est vraiment superbe.

On profitera des lieux encore quelques minutes, avant de remonter à bord de la voiture. Aujourd’hui, on grimpe. Notre objectif, le mont Hartz, se situe dans les 1400 mètres. Il fait parti des hauts sommets tasmaniens. Mais celui ci est relativement facile d’accès, alors que la voiture nous amène à 900 mètres environ.

On s’arrête très brièvement sur la route pour profiter d’un point de vue sur la vallée. Puis on attaque la grimpette vers le sommet. Le début se fait assez tranquillement, et on en profite pour admirer le paysage et prendre notre temps.

On enchaine ensuite sur une grimpette un peu raide, mais qui ne s’éternise pas. Elle nous amène jusqu’au col, où le vent nous attend. Un vent froid et mordant qui n’est pas des plus agréables. Le ciel est assez couvert. Le sommet est dégagé, et nous attend sagement. Mais la vue n’est pas aussi bonne qu’elle aurait pu l’être malheureusement .

Depuis le col, on grimpe encore, mais toujours assez tranquillement. Une dernière petite zone d’éboulis nous amène jusqu’au sommet. Même si le temps est relativement couvert, on arrive à voir assez loin de tout les côtés. On devine tout ces sommets magnifiques à gravir. De quoi nous occuper encore quelques mois si on veut tous les faire !

Nous sommes rejoins au sommet par un groupe de préados, qui -avec le vent toujours froid et les nuages qui ne bougent pas vraiment- nous incitent à attaquer la descente. La montée a été des plus agréable. La descente l’est tout autant. On s’offre un petit détour par un lac sur le chemin du retour. Un sommet assez facile d’accès, pas trop fatiguant, et qui offre pourtant un superbe point de vue !

Pour fêter ça, on complète les deux autres balades du parc. La première nous amène vers un autre petit lac de montagne, tout calme et tout paisible alors que la deuxième nous emmène voir une cascade. Toute simple et toute belle.

On remonte dans la voiture. On vérifie. J’ai fait toutes les randonnées possibles à Freycinet. Nous avons quasiment fait toutes les randonnées possible à Maria Island. Voilà un autre parc que l’on a fait au grand complet. En une grosse demi journée. Certes, celui-ci était plus facile. Mais il y a toujours ce petit plaisir de quitter un endroit en disant « ça, c’est fait ». Et puis il y a toujours ce projet secret, que j’essaie de faire avancer en cachette (normal, il est secret). Ça n’avance pas vite. Ça me prendra du temps. Mais ça se dessine tranquillement pas vite.

Notre objectif suivant est un peu plus loin, et nous oblige de faire un autre saut de puce. On profite un peu de la voiture pour multiplier les kilomètres. Il faut dire que l’on a rayonné un peu en stop autour d’Hobart. Forcément, il nous faut aller voir plus loin désormais. Et nous avons une escale parfaite où nous arrêter : Mount Field. Maintenant on connait, on sait que le camping est gratuit quand on ne veut pas payer. La distance est parfaite, l’étape qu’il nous faut. Et en plus, on sait qu’il y a là bas des barbecues au gaz disponible. Alors on en profite pour acheter un bon gros steak, de la crème, et du fromage bleu. On peut camper et prendre soin de soit, non ?

L’arrivée à Mount Field est assez impressionnante. Il y a beaucoup plus de monde que la dernière fois, série de van plus gros les uns que les autres, enligné au cordeau dans des emplacements tellement petit que même un parisien se sentirait au large.

Ça fait un moment que je n’ai pas écrit. Nos journées sont trop chargées, et je n’ai même pas le temps de prendre des notes pour bloquer plus tard. Je décide ce soir de prendre un peu de temps pour noter les faits importants des derniers jours, histoire de ne pas oublier. Coïncidence ? je n’ai pas écrit depuis notre derniers passages à Mount Field. J’écris rapidement. Et puis très vite je réalise « mais c’était hier ; mais c’était ce matin ». Il ne s’est même pas passé une semaine depuis que l’on a quitté Mount Field. Et il s’est passé tellement de choses. Le temps passe vite, parfois, en voyage.

Dans l’eau, sous terre, ou dans les airs ?

On voulait être sûr de ne pas rater la première visite du matin. Alors on s’est levé tôt. Et évidemment, on est arrivé beaucoup trop tôt. Mais la gérante était déjà là. Les grottes et les sources chaudes vont de paire. On peut faire l’un ou l’autre, ou les deux. La gérante accepte de nous laisser entrer plus tôt que prévu aux sources. Ça commencera tranquillement la journée, c’est parfait. Sauf qu’en fait de sources chaudes, l’eau est à 28 degrés. Il faut bien le reconnaître, ce n’est pas énorme. De là à dire que j’ai connu mieux… c’est quand même agréable, mais on y restera moins longtemps que ce que l’on pensait. On profite du temps qu’il nous reste pour faire une petite balade dans les bois avoisinants. Iris en profite, avec son oeil de faucon, pour détecter son deuxième platipus (oui, on se met à les appeler avec leur nom anglais, c’est beaucoup moins pénible). Faire une photo d’un truc brun sombre qui bouge sur fond brun réfléchissant, c’est pas évident du tout. Mais cette fois ci, j’y arrive, même si ce n’est pas la photo du siècle !

Quelques minutes plus tard, on se retrouve à l’entrée de la grotte. Visite groupée, forcément. Difficile d’y échapper pour ce genre d’exploration ! Le groupe est composé de 24 personnes. C’est un peu trop, je trouve. Au final, on se retrouve à devoir choisir entre faire des photos et écouter les commentaires. Ayant quand même quelques visites à mon actif, je décide de laisser faire les commentaires, et de me contenter de jouer de l’appareil photo. La grotte ne justifie pas à elle seule de venir « aussi loin » dans le sud. Mais il est vrai que du moment où on y est, faire un petit tour pour voir en vaut la peine. En passant, si vous voulez un moyen de vous rappeler qui est la “stalagmite” et la “stalactite” en anglais, c’est facile : la stalagMite Might eventually reach the ceiling. La stacTite is holding Tight to the ceiling. Et bin moi, personnellement, je préfère savoir que la stalagmite elle mite, alors que la stalactite, elle tite. C’est plus facile à différencier !

La baignade ayant finalement eut lieu avant la visite, on se retrouve avec un peu plus de temps que prévu pour cette journée. Il est midi à peine passer ; on reprend la route avec enthousiasme. Il n’y a pas de campings à Hartz Mountain, mais il y en a un pas très loin. À côté d’un endroit qui s’appelle « Air Walk ». Une passerelle au sommet des arbres, pour admirer la canopée et, à priori, profiter d’un beau point de vue sur une rivière. Le genre de chose qui ressemble à un attrape touriste. Mais on peut toujours aller jeter un oeil, pour voir si au cas où…

On manque s’étrangler quand on arrive finalement et que l’on voit le prix. Tant pis. On décide de juste aller se promener prêt de la rivière, histoire de ne pas être venu pour rien. On traverse le centre d’accueil, sans que personne ne nous dise rien. Et si… on décide de tenter notre chance. On se balade, on avance, on se dirige vers la passerelle. Personne ne surveille, personne ne nous demande nos billets. On décide d’aller jeter un oeil. On fera demi tour en s’excusant quand on nous demandera les billets. Ou on improvisera une excuse. Ou on tentera de négocier une visite gratuite. On verra bien. Au final, il n’y aura besoin de rien de tout ça. On fait le tour de la passerelle, on prend des photos, on admire. On aurait payé 5$ pour ça. Maximum. Pas les 24 demandés. Mais il faut bien reconnaître que gratuit, c’est encore mieux. Et ça les vaut bien.

On s’offre une autre petite balade rapide le long de la rivière, le temps de traverser la rivière, et de revenir au centre d’accueil. Où on décide de profiter de la connexion internet gratuite, juste le temps de rassurer un peu les gens. Ça fait quelques temps que l’on ne s’est pas connecté, mais nous sommes toujours en vie.

Et le camping à côté du centre alors ? On découvre que lui aussi est payant. Pas dans nos moyens non plus. On a déjà grugé pour la passerelle, on va éviter de trop prendre de chance. Je me souviens, plus tôt sur la route, d’une petite halte pique nique, qui avait l’air des plus sympathiques. On décide de revenir jusque là bas .

Quand on arrive, il y a déjà un van de garé, ainsi qu’une voiture, avec une tente à côté. On ne devrait pas trop dépareillé au milieu de tout ça. Je sors pour discuter rapidement, histoire de savoir à quoi m’attendre. Gens sympathiques avec qui on voudra passer la soirée ? Ou asociaux voyageurs que l’on ne dérangera pas ? Je suis accueilli par un charmant barbu avec qui je discute quelques minutes. Écossais à tête de Dieu (non, pas Le Dieu, juste Dieu. Celui que certains lecteurs connaissent, qui à une barbe blanche, qui fume la pipe, et grâce à qui j’ai eut l’occasion de goûter un Armagnac qui était beaucoup plus vieux que moi, mais la question n’est pas là). Un premier contact extrêmement sympathique et agréable. Je repère l’étui à guitare à côté du van. Qui ne contient pas une guitare, mais un banjo. Tout cela me paraît une très bonne raison pour sauter dans la voiture, et faire un aller retour rapide pour ramener quelques bières.

Au final, nous passerons une soirée vraiment très sympa, avec Ross et Jill (les écossais), Alejandro (un argentin) et Alia (de république Tchèque). Un mélange de pays relativement inhabituel. Qui se terminera par un mini jam de musique, tout aussi inhabituel : Ross au Banjo, Alejandro au didgéridoo, moi au deuxième didgéridoo, et Iris à l’harmonica. Expérience musicale particulièrement intéressante, qui me renvoie très longtemps en arrière, lors d’un jam au coin d’un feu en Colombie Britannique. Que le temps passe !

Le bout du bout du monde : South East Cape

Pour vous rendre au Australie, cela vous prendra un peu moins de 24 heures en avion, avec les correspondances. Puis, de Melbourne, si vous ne trichez pas, il vous faudra 10 heures de bateau par arriver au nord de la Tasmanie. Bienvenu au bout du monde.

Si vous prenez la route la plus courte, il faut compter environ 3 heures pour se rendre à Hobart. Toujours en prenant le chemin le plus rapide, ajouter presque deux heures pour vous rendre à Cookle Bay. Le bout de la route la plus au sud de l’Australie. Un panneau vous y informera que d’ici, vous êtes plus proche de l’Antarctique que de Cairn.

De là, votre calvaire est presque fini. Le temps d’admirer une sculpture de baleine par particulièrement belle, il ne vous reste plus qu’à marcher deux heures de plus. Vous voilà rendu à South East Cape. Le bout du bout du monde.

Il vous reste alors deux solutions. Vous pouvez faire demi tour, ou tourner à droite, pour vous enfoncer dans les immensités sauvages de la Tasmanie. Tout le sud ouest de l’île est absolument sauvage. Juste quelques petits sentiers de randonnées. Rien d’autres. Le gouvernement n’a jamais vu l’intérêt d’y construire des routes. Rien à aller chercher, beaucoup trop cher et compliqué. Et c’est très bien comme ça ! Si vous marchez pendant six jours, vous pourrez alors prendre l’avion pour revenir sur Hobart. Ou alors continuer une semaine de plus, pour retrouver la prochaine route où, avec un peu de chance, une voiture pourra vous ramener à la civilisation.

Ce fin fond de null part, complètement abandonné, accessible juste à pied, me fait rêver. Ces espaces quasiment jamais conquis, où la civilisation n’a pas vraiment sa place… ce genre d’endroits me paraît devenu bien rare sur terre. Où peut on marcher six jours, dix jours, douze jours, en ne croisant que quelques rares marcheurs, et jamais la moindre route ? Je garde ce petit rêve dans un coin de ma tête… qui sait… un jour peut être…

On revient à la voiture. Le sud est derrière nous. À partir de maintenant, on remonte. Il y a, pas très loin d’ici, des sources chaudes et une grotte qui semble vraiment valoir la peine d’être visitée. Ce sera donc notre prochaine étape.

On y arrive à 15h30, pour apprendre que la dernière visite est à 15h. Grosse déception. Hésitations. Réflexions sur toutes les options possibles. En même temps, c’est un peu dommage d’être venu ici sans en profiter. Et puis on a gagné une journée en n’allant pas chez Chris. Alors on remet finalement la grotte à demain. Mieux encore, on décide de se rajouter un autre parc à notre programme. Quitte à être des touristes motorisés, autant en faire le plus possible !

La journée se termine tranquillement sur le bord de l’eau. La météo est hésitante, mais on arrive à éviter la plupart des goûtes d’eau. Ça ne semble pas vouloir se dégager trop, mais pour visiter une grotte et barboter dans des sources d’eau chaude, ce n’est pas bien grave !

 

Direction : le bout du monde

Pour moi, aujourd’hui c’est un peu le début du commencement de la fin de la Tasmanie. On arrête le tourisme tranquille. On passe en mode plus rapide et intense pour les huit derniers jours. A savoir, avec un véhicule.

Le retour sur Hobart se fait assez rapidement, en quatre sauts pas trop espacés. Oui, nous sommes dans la région du houblon.

Un gars seul, un couple de vignerons qui nous explique être allés en France une seule fois, pour visiter Bordeaux et Paris, une mère et sa fille qui se renseigne sur les dates du tour de France (il paraît que regarder tout ces gens pédaler est une façon agréable de meubler les longues soirées d’hiver tasmanienne) et enfin un couple de petit vieux très sympathiques qui nous dépose en plein centre ville. C’est juste parfait. Une dizaine de minutes après, on est à l’agence de location. Un autre dix minutes, et me voilà au volant d’une Audi A3. J’avais réservé le plus petit modèle, mais pour cause de rupture de stock, je me retrouve upgradé de deux ou trois catégories. Boîte manuelle de six vitesses ; un véhicule sportif qui ne convient pas du tout aux routes de Tasmanie ! Pas grave. On fera avec.

Petit détour très rapide par chez Bernd, pour récupérer le reste de nos affaires, histoire de simplifier les prochains jours et surtout le retour sur le continent. J’avais contacté Chris pour passer l’après midi avec lui. La journée n’est pas idéale pour le surf, mais on aurait pu passer une petite soirée sympa tous ensemble. Seul petit soucis : je n’ai pas de nouvelles de lui depuis quelques jours, et pas vraiment de confirmations, de si on est attendu ou pas. On décide quand même de prendre une chance. On ramasse un auto-stoppeur sur le chemin, chose que je trouve très amusante. Faire du stop le matin, ramasser un auto-stoppeur l’après midi, la boucle est bouclée !

Il n’y a personne chez Chris. Je suis un peu déçu, mais ce n’est pas plus grave que ça. On décide de faire un petit tour rapide de Dodges Ferry, la ville où il habite. Une jolie petite plage, quelques jolis paysages. Après réflexion, on vote pour un changement d’emploi du temps. On part pour le sud aujourd’hui, plutôt que demain. Ça nous laissera une journée de plus.

Seul petit soucis : nous devons aussi passer chez Bruce et Lalita, où Iris est restée en mission Helpx pendant que j’étais chez Bernd. Elle aussi a quelques affaires à récupérer. Ils nous attendent le lendemain, mais on décide de prendre une deuxième chance. Cette fois-ci, par contre, la chance est de notre côté. Ils sont là, bien contents de revoir Iris malgré la visite surprise, et contents de me rencontrer également. On ne s’éternisera par contre pas très longtemps, car ils attendent de la visite. Des amis français… qui nous donnent envie de fuir à peine ils arrivent. Le modèle exact comme on n’aime pas.

On remonte dans la voiture. Direction le bout du monde, tout là bas, au sud. La route est belle, mais dure étonamment longtemps. Plus que prévu. Par contre, nous sommes particulièrement heureux de découvrir que « Eggs and Bacon Bay » n’était pas un délire de cartographe voulant faire une blague, mais bien le vrai nom véridique d’un endroit qui existe vraiment. Je suis quand même un peu surpris, vu qu’il ne me semblait pas que l’on devait passer par là…

On aura finalement l’explication un peu plus tard. Au lieu de prendre la route qui va tout droit, on s’est offert un gigantesque détour d’une heure et demi, en suivant la route qui longe la côte. Bon, certes, c’était beau et on est content d’y être passé, même si ce n’était pas prévu. Mais ça fait quand même beaucoup de route en plus qui n’était pas prévu.

J’ai vraiment envie de dormir au bout de la route cette nuit. Ce détour fait que l’on arrivera beaucoup plus tard… mais on finit par se rendre, assez fatigué. On monte rapidement la tente dans le noir, avant de disparaître dedans, épuisés.

Mount Field East

Personne ne nous a réveillé au milieu de la nuit. Personne n’est venue hurler sur le bord de la tente « vous n’avez pas payé, c’est scandaleux, allez en prison, et ne passez pas par la case départ ». C’est tant mieux.

La journée semble s’annoncer brumeuse. Les nuages sont assez bas. On décide de faire un petit détour par le centre d’informations, savoir quelles sont les prédictions de la journée. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de choisir le plus haut sommet des environs pour terminer dans la brume ? On nous confirme que la météo est loin d’être garantie. On décide donc de se rabattre sur un sommet alternatif. Moins haut, moins fatiguant. Moins de déception si jamais on termine dans la brume.

Le départ de la randonnée étant à une douzaine de kilomètres, on se pose sur le bord du chemin, levant joyeusement le pouce, et attendant sagement. On maudit les deux premières voitures qui ne s’arrêtent pas avant d’embarquer avec deux petits vieux très sympathiques.

La balade est bien sympa, mais se passera entièrement dans la brume. Le paysage s’y prête. Il y a un petit côté mystique à ces roches perdues dans le brouillard. Mais on regrette quand même un peu de ne pas voir un peu plus. Pas de vue d’ensemble sur le paysage. La balade que l’on suit fait une boucle, avec un petit crochet aller-retour par le sommet. Détour que l’on décide de ne pas faire. C’est assez raide, et complètement dans les nuages. Pas vraiment utile donc. Le retour est un peu long et pénible ; assez glissant à cause de l’humidité ambiante, mais on retrouve finalement la route.

Douze kilomètres à pied à faire, ça ne nous tente pas. On relève le pouce. La journée est bien avancée, il n’y a plus grand monde, mais une voiture s’arrête quand même pour nous ramener. On se prend la fin de journée bien tranquillement. Je retourne aux lucioles et à la cascade avec mon appareil photo, essayant d’attraper quelques jolies photos nocturnes, mais sans grand succès. Je rentre me coucher. La brume n’est que bien rarement l’amie des photographes.

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