{"id":3850,"date":"2012-02-26T02:28:59","date_gmt":"2012-02-26T02:28:59","guid":{"rendered":"http:\/\/pourquoi-pas.info\/Tetenbas\/?p=3850"},"modified":"2012-03-08T02:39:55","modified_gmt":"2012-03-08T02:39:55","slug":"rufus","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pourquoi-pas.info\/Tetenbas\/?p=3850","title":{"rendered":"Rufus"},"content":{"rendered":"<p>Le circuit du Mont Rufus. 18,5 kilom\u00e8tres, 680 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9. Vu comme \u00e7a, \u00e7a para\u00eet quand m\u00eame beaucoup. En l&#8217;occurrence, quand on commence \u00e0 marcher, les jambes sont lourdes. Eliza n&#8217;est pas si loin derri\u00e8re. Ni toutes les autres avant\u2026 alors on commence tranquillement. On grimpe. Un peu. Pas beaucoup. Le d\u00e9nivel\u00e9 est \u00e0 peu pr\u00eat le m\u00eame que celui que l&#8217;on a fait pour aller voir \u00ab Bishop and Clerk \u00bb. Certes, la distance est plus importante. Mais il me semble quand m\u00eame que \u00e7a devrait monter plus. J&#8217;ai pas envie de me retrouver avec un \u00e9norme mur \u00e0 grimper sur les cent derniers m\u00e8tres, ou une mauvaise surprise du genre. Mais \u00e7a ne semblait pas \u00eatre le cas, pourtant, quand on regardait depuis en bas\u2026<\/p>\n<p>Tout le d\u00e9but de la balade se fait sous les arbres. On ne sait pas trop o\u00f9 on va. On n&#8217;est pas s\u00fbr de ce qui nous attend\u2026 et puis soudainement, on sort des arbres. On voit le sommet, l\u00e0 haut, et le chemin pour y aller. Oui, \u00e7a grimpe un peu, mais \u00e7a reste tranquille tout le long. C&#8217;est exactement ce qu&#8217;il nous faut. Alors on continue de monter. Rendu au col, le vent se met de la partie. Des belles rafales, assez violentes. mais heureusement plut\u00f4t chaudes. On \u00e9vite donc de finir congeler.<\/p>\nngg_shortcode_0_placeholder\n<p>On grimpe encore un peu. Il y avait un pi\u00e8ge. Le sommet n&#8217;est pas l\u00e0. Il est en arri\u00e8re. Un peu plus loin. C&#8217;est juste un peu de marche suppl\u00e9mentaire \u00e0 faire. Ce n&#8217;est pas plus raide, \u00e0 \u00e7a se fait sans probl\u00e8me. On arrive au sommet quelques temps apr\u00e8s. On admire rapidement. Loin, l\u00e0 bas, au sud, on voit l&#8217;\u00e9norme panache de fum\u00e9e de l&#8217;incendie de la veille. Il semble encore plus gros et plus impressionnant. Le vent ne se calme pas. Au contraire. Alors on se met \u00e0 l&#8217;abris derri\u00e8re une pile de cailloux, et on mange tranquillement.<\/p>\nngg_shortcode_1_placeholder\n<p>Deux sandwichs plus tard, quelques gorg\u00e9es d&#8217;eau, et un petit 5 minutes suppl\u00e9mentaires parce que bon, quand m\u00eame, on peut bien se reposer un peu, on attaque la descente. Le vent de face n&#8217;est vraiment pas agr\u00e9able. Il faut luter pour avancer, mais on y arrive.<\/p>\n<p>On se retrouve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une jolie s\u00e9rie de formations rocheuses, o\u00f9 on s&#8217;amuse un peu \u00e0 faire quelques photos.<\/p>\nngg_shortcode_2_placeholder\n<p>Un peu apr\u00e8s, dans un mini vallon qui semble \u00eatre un paradis \u00e0 wombats (herbes rases et nombreux terriers), on a presque l&#8217;impression de visiter un jardin botanique. Il ne manque plus que les petits panneaux pour nous donner le nom des plantes.<\/p>\nngg_shortcode_3_placeholder\n<p>On est tout enthousiasm\u00e9 par le c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s agr\u00e9able et tr\u00e8s beau de la descente. Mais celle-ci finit par devenir un peu moins int\u00e9ressante. On traverse une grande prairie avec rien \u00e0 voir, avant de se retrouver sous les arbres avec \u00e0 nouveau rien \u00e0 voir, si ce n&#8217;est un joli lac \u00e0 un moment. L&#8217;enthousiasme baisse. La motivation aussi. Les jambes sont lourdes.<\/p>\n<p>On dit qu&#8217;en montagne, le temps peut changer tr\u00e8s vite. C&#8217;est encore plus vrai en Tasmanie. Le magnifique ciel bleu que l&#8217;on avait deux heures avant et maintenant compl\u00e8tement gris. On a m\u00eame le droit \u00e0 quelques go\u00fbtes de pluie. \u00c7a dure une vingtaine de minutes, avant que le ciel bleu ne revienne. On est rendu sur le bord du lac, \u00e0 un endroit qui s&#8217;appelle \u00ab Platypus Bay \u00bb. Mais d&#8217;ornithorynque, nous ne verrons pas.<\/p>\nngg_shortcode_4_placeholder\n<p>Les deux derniers kilom\u00e8tres se font un peu en trainant la patte, mais on retrouve finalement le van. La journ\u00e9e est loin d&#8217;\u00eatre finie.<\/p>\n<p>Pour rejoindre Devonport (on prend le ferry demain matin), il y a deux options. La toute droite, qui devrait nous y amener en deux heures, via des paysages pas forc\u00e9ment int\u00e9ressants, et la moins droite, qui devrait prendre 4 heures environ, dans des paysages beaucoup plus inspirant, avec au moins un superbe point de vue et une jolie cascade sur la route. Apr\u00e8s h\u00e9sitation et discussion, on prend finalement la deuxi\u00e8me option. Pourquoi faire simple, apr\u00e8s tout ?<\/p>\n<p>La route repart donc dans les montagnes, tournant, tournant, et tournant encore. On monte, on descend. C&#8217;est un peu p\u00e9nible \u00e0 conduire, mais c&#8217;est vrai que c&#8217;est beau. On s&#8217;arr\u00eate une premi\u00e8re fois au point de vue panoramique, qui demande quand m\u00eame 30 minutes de marche aller-retour pour en profiter. Mais \u00e7a en vaut parfaitement la peine. Et \u00e7a permet de d\u00e9couvrir, loin l\u00e0 bas, le magnifique \u00ab Frenchman Caps \u00bb. La falaise semble particuli\u00e8rement impressionnante vue d&#8217;ici. Une randonn\u00e9e de trois quatre jours pour l&#8217;atteindre. Il est temps que j&#8217;arr\u00eate de noter toutes les balades que j&#8217;aimerais faire en Tasmanie !<\/p>\nngg_shortcode_5_placeholder\n<p>Et puis au moment de jeter un oeil au panneau, pour attraper le nom des sommets, mon oeil est attir\u00e9 par une citation. Ou plut\u00f4t par la signature qui va avec. \u00ab John Muir \u00bb. J&#8217;ai pass\u00e9 nom temps \u00e0 croiser sa route sur la c\u00f4te ouest am\u00e9ricaine. Les s\u00e9quoias g\u00e9ants lui doivent beaucoup. Les parcs nationaux \u00e9galement. Du coup, je ne suis pas particuli\u00e8rement surpris de trouver une citation de lui ici. Il convient parfaitement. \u00ab Nervermore, however weary, should one faint by the way who gains the blessings of one mountain day; whatever his fate, long life, short life, stormy or calm, he is rich forver \u00bb. Si j&#8217;en comprends parfaitement l&#8217;essence, je suis incapable de trouver une traduction correct de la premi\u00e8re partie. Mais l&#8217;id\u00e9e, c&#8217;est que quiconque a eut la chance de passer une journ\u00e9e dans les montagnes, quelque soit son destin par la suite, qu&#8217;il ai une vie calme ou tumultueuse, longue ou courte, il sera riche \u00e0 jamais. Difficile d&#8217;\u00eatre en d\u00e9saccord. Retrouver John Muir ici, au milieu de ces montagnes, vient me toucher d&#8217;une fa\u00e7on que je n&#8217;explique pas. Un peu comme si d&#8217;un seul coup, ce panneau cr\u00e9ait un lien entre mes pr\u00e9c\u00e9dents voyages sur la c\u00f4te ouest, et ce nouveau voyage ici\u2026<\/p>\n<p>Je retourne au van le coeur et les jambes plus l\u00e9g\u00e8res. On reprend la route, pour s&#8217;arr\u00eater une nouvelle fois, un peu apr\u00e8s, pour admirer les \u00ab Nelson Falls \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/pourquoi-pas.info\/Tetenbas\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/IMG_3098.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3851\" title=\"IMG_3098\" src=\"http:\/\/pourquoi-pas.info\/Tetenbas\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/IMG_3098-465x309.jpg\" alt=\"\" width=\"465\" height=\"309\" srcset=\"http:\/\/pourquoi-pas.info\/Tetenbas\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/IMG_3098-465x309.jpg 465w, http:\/\/pourquoi-pas.info\/Tetenbas\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/IMG_3098.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La nuit commence \u00e0 tomber. Il n y a plus vraiment de pause au programme. Juste de la route. Pas mal de route. Moi, \u00e7a ne me d\u00e9range pas. J&#8217;aime rouler. M\u00eame quand il s&#8217;agit de conduire un gros van.<\/p>\n<p>J&#8217;avais demand\u00e9 \u00e0 quelqu&#8217;un, Bernd je crois, si la r\u00e9gion de Queenstown \u00e9tait belle. Sa r\u00e9ponse ressemblait \u00e0 \u00ab si tu aimes les montagnes d\u00e9vast\u00e9es par les pluies acides, \u00e7a peut te plaire \u00bb. Je ne savais pas trop \u00e0 quoi m&#8217;attendre avec une introduction comme \u00e7a\u2026 et pourtant, on comprend vite. M\u00eame dans la p\u00e9nombre de la fin de journ\u00e9e, on d\u00e9couvre les sommets enti\u00e8rement d\u00e9garnis. Avec quelques brins d&#8217;herbe et un petit buisson de temps \u00e0 autre, qui survivent comme ils peuvent. La terre est de toutes les couleurs. C&#8217;est \u00e0 la fois beau et laid\u2026 je ne m&#8217;essaie pas \u00e0 la photo, sachant que \u00e7a ne rendra rien. Il y a quelque chose de fascinant l\u00e0 dedans. Sans doute est-ce la preuve directe des cons\u00e9quences que peuvent avoir les activit\u00e9s humaines sur l&#8217;environnement\u2026<\/p>\n<p>La ville de Queenstown fait un peu peur elle aussi. Il est m\u00eame pas 21h, mais il n&#8217;y a plus une seule lumi\u00e8re partout. Tout est ferm\u00e9. D\u00e9primant. \u00c7a fait peur. On s&#8217;arr\u00eate juste 5 minutes. On doit retrouver Virginie et S\u00e9bastien \u00e0 Melbourne, le lendemain. Mais \u00e7a, c&#8217;est juste la th\u00e9orie. Parce que dans la pratique, on n&#8217;a absolument aune nouvelle. Iris renvoie un mail, et on repart.<\/p>\n<p>On arrivera trois heures plus tard \u00e0 Devonport, sur le parking du ferry. Il est juste un peu apr\u00e8s minuit. Il est d\u00e9finitivement plus rapide de traverser la moiti\u00e9 de la Tasmanie que la moiti\u00e9 du Kansas ! La route nous a fait passer devant chez Sarah. La boucle boucl\u00e9e. La Tasmanie est finie. Pour le moment. Ou d\u00e9finitivement. On ne sait pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le circuit du Mont Rufus. 18,5 kilom\u00e8tres, 680 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9. Vu comme \u00e7a, \u00e7a para\u00eet quand m\u00eame beaucoup. En l&#8217;occurrence, quand on commence \u00e0 marcher, les jambes sont lourdes. Eliza n&#8217;est pas si loin derri\u00e8re. Ni toutes les autres avant\u2026 alors on commence tranquillement. On grimpe. Un peu. Pas beaucoup. 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