Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionNovember 20th, 2011
  • Après un séjour d’un peu plus de trois semaines à Bali, j’ai décidé de faire ce mini guide pratique qui en intéressera sans doute quelques uns. Si vous voulez un aperçu du voyage au complet, vous pourrez le trouver par ici.

     

    La conduite

    Je n’ai conduit que 570 kilomètres en 10 jours. C’est à la fois peu, et beaucoup, si l’on considère qu’on a fait le tour de la moitié de l’île. Malgré les commentaires négatifs de certains voyageurs, je trouve que la voiture est un excellent moyen de transport, y compris à Bali. Par contre, il est vrai que cela demande une certaine préparation. Surtout psychologique.

    • Avant tout, il faut quand même savoir que les balinais ne sont pas plus suicidaires que les autres habitants de la planète. Ils conduisent de façon un peu imprévisible, mais on finit par s’y faire. Le scooter qui déboite juste devant vous ne veut pas mettre fin à ses jours. C’est sa façon de faire et, en règle générale, ils ont l’air de savoir ce qu’ils font.
    • Pour avoir le droit de conduire à Bali, il faut passer le code. Ça se passe dans un poste de police. Si jamais vous avez raté l’examen, vous pouvez quand même l’obtenir pour une petite somme d’argent. Autant dire qu’il n’y a pas de code de la route à Bali. Quelques panneaux, mais ils sont bien rares. Ils vont vous indiquer -parfois- la limite de vitesse, un sens unique, ou l’autorisation de tourner à gauche aux feux rouges. Ce que vous verrez le plus souvent, c’est des pancartes/signes/barricades « hati hati ». Ça veut dire « attention ». À vous de devinez à quoi il faut faire attention. En général, c’est un énorme trou sur le milieu/bord de la route
    • La route, justement, est un espace public. À ce titre, il appartient à tout le monde, et vous pourrez y trouver toute sorte de chose. On pourrait classer ça de la façon suivante : 70% d’obstacles mobiles, 30% d’obstacles immobiles. Dans ces choses qui se déplacent, on peut trouver des scooters (60%), des voitures (20%), des vélos (5%), des piétons (5%), des carrioles tirées par des chevaux (5%), des animaux (5%). Parfois dans le bon sens, parfois à contre sens. Côté immobile, vous aurez le droit à des gens assis sur le bord/milieu de la route (40%), des tas de sables/cailloux/terre (30%), des pancartes « hati hati » (15%), des véhicules qui manoeuvrent (10%), des trous (5%). Bref, partez du principe que vous ne saurez jamais trop ce qui va apparaître, et que le meilleur endroit pour un Balinais pour s’arrêter discuter, c’est en plein dans un virage.
    • Il y a toujours plus lent que vous. Alors surtout, ne soyez pas pressés, soyez zen, et prenez votre temps. Comptez une vitesse moyenne dans les 30 à 35 kilomètres heures maximum. Et ne vous compliquez pas trop la vie à essayer de doubler. Quand vous allez enfin avoir une zone sécuritaire, le véhicule devant vous va lui aussi vouloir faire un dépassement d’un autre véhicule encore plus lent.
    • À Bali, il est important d’avoir en permanence une main sur le volant, une sur le levier de vitesse, une sur le clignotant et une sur le klaxonne. Une main sur la manette pour faire des appels de phares peut aussi être une bonne idée. Il est aussi important de toujours avoir un oeil devant et un oeil derrière. Vous serez en permanence doublés par des véhicules (en général des scooters) qui se moquent bien que vous ayez mis vous même votre clignotant à droite pour faire un dépassement.
    • Sur la route, ça klaxonne beaucoup, et c’est une bonne habitude à prendre. En scooter, klaxonner me faisait un peu l’effet d’un sonar de dauphin. Le son du klaxonne du scooter me permettait de me situer dans la masse de véhicule. En voiture, klaxonner permet de prévenir que vous changez de file (le clignotant est généralement ignoré) ou que vous vous apprêtez à effectuer un dépassement (les rétroviseurs sont généralement ignorés).

    Voilà pour un petit résumé pratique. Conduire à Bali reste très souvent stressant et demande beaucoup de concentration, surtout en zone urbaine. Dans les endroits plus isolés, il y a moins de véhicules, et moins de gens sur la route, c’est quand même plus agréable. Même si la conduite à Bali n’est pas impossible, je conseillerais quand même :

    • Ne pas louer une voiture en arrivant. Au moins les trois ou quatre premiers jours, faites vous transportez. Les bemo et les taxis ne sont vraiment pas chers. Ça vous permettra de vous habituez, et d’observer comment ça fonctionne.
    • Pour conduire à Bali, il faut être sûr de ce que vous faites : ne pas hésitez à s’engager sur une route avec beaucoup de trafic ; personne ne s’arrêtera pour vous laisser une chance. Ne pas non plus avoir peur de forcer un peu un passage, ou de doubler un peu serré. La conduite est assez nerveuse, même en même temps, le chauffeur doit rester tout le temps parfaitement calme.
    • J’ai beau être un grand amateur de boîte à vitesses automatique, pour l’occasion, je déconseille plus que fortement. De toutes façons, je ne pense pas que l’on puisse en trouver.

    Enfin, n’oubliez pas que vous n’êtes pas chez vous. Vous êtes un touriste, et vous êtes riches. Alors forcément, en cas d’accident, vous serez en tord et on vous demandera de débourser de l’argent. Ça aussi, ça fait partie du jeu. Gardez le en tête ; si vous n’êtes pas prêt à accepter de payer alors que vous êtes aucune responsable, peut être que vous êtes mieux d’éviter de conduire, pour éviter les mauvais souvenirs.

     

    Les gens

    J’ai eut un peu de mal lors des premiers contacts avec les balinais. Je les ai tout de suite trouvé extrêmement souriants, sympathiques, agréables… et toujours avec quelque chose à vendre ensuite ; c’est venu assez rapidement altérer la vision que j’en avais. C’est bien d’être souriant et sympathique, mais si c’est dans le seul but de vendre quelque chose…

    Et puis finalement, on s’y habitue tranquillement. On se rend compte que c’est naturel pour eux d’être comme ça. Beaucoup ont des choses à vous proposer, en effet, mais ils ne se déguisent pas en vendeur souriant. Ils sont, en effet, naturellement souriant. Les services à proposer, les objets à vendre, ne sont que secondaires, et même si vous n’achetez rien, le sourire restera.

    Nos échanges avec les balinais ont malheureusement été limités. Nous n’avons pas eut le temps/patience/courage/motivation pour apprendre l’indonésien, et si beaucoup parle anglais, ça reste un anglais assez basique et utilitaire. Tout comme l’aurait été notre indonésien vu le peu de temps dont on disposait. La barrière linguistique, du coup, a quand même limité les échanges ; pas de grandes discussions philosophiques, ou de sujets un peu poussés. Juste des discussions « pratiques » ce qui est quand même un peu dommage.

    Le sourire reste un élément prépondérant des échanges avec les gens. On nous l’a dit à un moment : « les gens vont peut être vous regarder bizarrement dans les endroits moins touristiques ; souriez leur, ils verront que vous êtes de la famille, ils vous souriront en retour, et vous serez les bienvenus ». Ça a été vérifier. Les sourires ont toujours trouvé réponse. Une réponse sincère, chaleureuse, et accueillante. Les balinais sont définitivement accueillants. Que ce soit dans les hôtels ou les restaurants, on vous réservera (à quelques rares exceptions) un accueil chaleureux. Si vous répondez avec enthousiasme et sourire, la réaction en face ne sera que plus sympathique. Plus j’ai souri aux gens, plus l’interaction était agréable. Et puis sourire, ça fait tellement du bien après tout.

    Un autre trait commun, c’est une honnêteté assez omni présente. À part une mauvaise expérience à la consigne de l’aéroport de Bali, que je déconseille du coup fortement, nous n’avons eut aucun problème. Le coup du bateau sur Gili Trawangan n’était pas une escroquerie mais un malentendu. Et une mauvaise anticipation de ma part. Nous avons toujours eut ce que l’on nous a promis (cascades magnifiques, hôtels pas chers…). Évidemment, ça ne veut pas dire de ne pas faire attention. Je pense que les balinais pratiquent plus ou moins volontairement le mensonge par omission. Mais si quelque chose est dit, en général, c’est vrai.

     

    Le marchandage

    Bali est un pays où tout les prix se discutent. Et même si jamais il pouvait vous arrivez d’oublier, on va vous le rappeler : « c’est le prix que je vous propose ; mais vous, vous demandez moins maintenant ». Marchander un prix, ça n’a jamais été vraiment mon truc. Surtout quand, à la base, les prix sont déjà pas chers. Mes débuts ont donc été un peu aléatoire et peu fructueux. Je savais pas trop comment faire, ni quoi dire. J’y allais donc un peu au hasard. Pas évident non plus de négocier le prix de quelque chose dont vous ne connaissez pas la valeur. Du coup, notre premier achat a été un fiasco total, et notre vendeuse a du bien rigoler ; comme avec tout les touristes qui passaient chez elle. Parce qu’un sarong, tout le monde vous dira qu’il faut absolument en acheter un, mais on ne vous dit pas combien vous allez le payer. Alors comme je suis quelqu’un de bien, sachez qu’un sarong ça peut se trouver dans les 30,000 roupies quand vous vous éloignez de Sanur/Jimbaran/Kuta. Pour le reste, vous verrez rapidement les prix qu’on vous propose, et comment ça peut évoluer.

    Après un moment, je me suis rendu compte que négocier juste pour payer moins cher ne m’intéressait pas. Mon but était de décider quel prix je voulais payer, et essayer de l’atteindre. J’ai vu des gens négocier de façon très agressive. Dire un prix sans sourire, refuser d’en changer, et faire baisser les prix ou partir. Cette approche ne me plait pas. Considérant que ce que l’on achetait était déjà pas cher, j’ai préféré l’approche où je visais un prix, mais où j’étais prêt à quand même payer un peu plus. En faisant tout ça avec le sourire, j’ai eut des bons résultats, et des échanges des plus agréables.

    Les vendeurs utilisent régulièrement l’expression « for luck » (pour la chance) : après que vous ayez dit votre prix, ils vont le remonter un tout petit peu, en ajoutant « for luck ». Le petit billet supplémentaire est supposé leur porter chance, et ils l’apprécient énormément. N’hésitez pas à leur donner ! Je me suis moi même mis à le faire sur le tard : après avoir négocié un prix, donner juste un peu plus en leur disant que c’est pour leur porter chance ; on vous remerciera d’un sourire à vous faire craquer ! Après une négociation un peu longue au cours de laquelle j’ai réussi à forcer une dernière fois la vendeuse à baisser son prix, je lui ai finalement donner le dernier prix qu’elle demandait plutôt que celui que j’avais obtenu. Je pense qu’il est vraiment important de ne jamais oublier que deux euros, si pour nous ça n’est rien, pour eux c’est un repas complet.

    Négocier, avec un peu de temps, devient une forme d’échange agréable si vous le fait avec le sourire et en respectant la personne en face. C’est l’une des formes d’interaction les plus présente. Mon seul regret ? Ne pas avoir appris les chiffres en indonésiens. Je pense que ça aurait rendu les échanges encore plus sympa !

     

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