Les Oubliés

Le temps d'une dernière petite virée dans l'Ouest.

La suite du voyage…

Bien que rentré à Montréal, le voyage n’est pas vraiment fini, puisque je quitte à nouveau Montréal 48h après. Nouvelle destination, nouveau voyage, nouveau blog. Dans une formule légèrement modifiée. La suite, donc, se déroule sur Routes de France.

Sur le chemin du retour

Je n’aime pas me lever tôt. Encore moins me lever au milieu de la nuit. 4h15, c’est une heure pour se coucher, pas pour se réveiller. Mais bon… une fois de temps en temps, c’est quand même agréable de traverser une ville quand presque tout le monde y dort encore.

IMG_6665.jpg

Je retrouve mon sac à dos très lourd, et le plaisir de marcher en l’ayant sur le dos. Dix minutes plus tard, je peux le poser pour attendre le bus. Transfert pour le tram, qui m’amène à l’aéroport. Il est petit et sympathique l’aéroport de Portland. Il me plait bien.

IMG_6666.jpg

Et surtout, j’y vois pour la première fois des douaniers américains avec le sens de l’humour, souriant, et faisant des blagues aux passagers ! Ça, franchement, j’avoue que ça surprend !

Le retour est classique. Attente. Avion. Avion. Avion. Atterrissage. Attente. Attente. Avion. Avion. Atterrissage. Attente. Attente.

3670 photos plus tard, 2554 kilomètres à conduire, un nombre inconnu en stop, en bus, en avion, en bateau et en train, je suis de retour

Assis à Montréal à attendre mon sac, je me demande combien d’heures de ma vie j’ai bien pu passer à regarder défiler des bagages sur un tapis roulant. Une valise noire. Une valise noire. Une valise noire.

Oui, ça serait sans doute intéressant de compter.

Oh, tiens, une autre valise noire.

L’Ombre du vent

Commencer un nouveau livre, c’est comme attaquer un nouveau voyage. Il y a deux façons de le faire : en sachant exactement ce qui nous attend, ou en préférant garder une surprise complète. Je n’avais absolument aucune indication en commençant « L’ombre du vent », si ce n’est Iris, me disant que c’était un très bon livre.

Je me suis jeté dessus, sans chercher la moindre information supplémentaire. Il était hors de question, par exemple, de lire la quatrième de couverture. Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture. C’est un peu comme regarder des photos d’un endroit avant d’y aller. Ça enlève l’effet de surprise.

J’ai attaqué ce voyage en sachant que l’île de Vancouver, comme Seattle, étaient des endroits à voir absolument. Mais sans chercher à avoir aucune information supplémentaire. J’ai attaqué la lecture du livre au même moment, et les deux se sont retrouvés intimement liés.

Et puis finalement, tout c’est mélangé. J’ai commencé à lire dans le bus qui m’amenait à l’aéroport, et j’ai tourné le livre à la toute dernière page. Des images de Barcelone dans les années 50 se sont superposés à celles de la Colombie Britannique, de Washington et de l’Oregon. Un mix des plus intéressants.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à continuer sur Barcelone j’imagine ! Quand à l’ombre du vent, si jamais vous avez l’occasion de le lire, plongez dedans. Les yeux fermés, en ne sachant pas ce qui vous attend. Laissez vous entraîner par la plume de Carlos Ruiz Zafón. Il vous tiendra compagnie, vous enlaçant dans une froideur des plus chaleureuse. Aussi surprenant que cela puisse paraître.

Une dernière journée à Portland

C’est la dernière… le temps a passé vite, comme prévu. J’ai envie de savourer Portland une dernière fois. De me promener encore un peu dans ses rues. De ressentir encore une fois le « Keep Portland Weird » qui caractérise la ville.

La voiture doit être ramenée pour 10h. Le temps de se réveiller, de ranger, vider, nettoyer, préparer, on est de retour à l’agence à 11h. La bonne nouvelle, c’est que l’on rend la voiture dans un parking souterrain. Alors forcément, il sera plus dur de voir les nombreuses petites rayures sur le bas de caisse, récupéré à l’occasion des nombreuses excusions sur petite route. Du coup, même si je trouve un peu mesquin le 7,50$ pour l’heure supplémentaire, je ne dis rien. Le montant final est des plus raisonnables, même en ajoutant les assurances.

La voiture rendue, il est temps de partir au hasard dans les rues de Portland.

IMG_6540.jpg IMG_6543.jpgIMG_6541.jpg IMG_6542.jpg IMG_6544.jpg

En fait, peut être pas si tant au hasard que ça. Danielle veut m’amener voir la librairie Powel. Elle fait tout un coin de rue, et est l’une des plus grandes (la plus grande ?) aux États Unis.

IMG_6548.jpg IMG_6549.jpg IMG_6550.jpg

On reste un long moment à errer dans les rayons. Que ce soit dans les livres rares, les livres neuves, les livres usagés… je reste un long moment à contempler une vieille édition des dragons de Pern, me forçant à me persuader que mes bagages débordent déjà. Le pavé est magnifique, mais énorme !

Nagé, c’est bien connu, ça creuse. Que ce soit dans l’eau, ou dans les livres. Et Portland est assez connue pour ses petites cabanes à bouffe. Il y en a plein au centre ville. L’une des nombreuses preuves de la pauvreté omniprésente à Portland.

IMG_6552.jpg IMG_6553.jpg IMG_6555.jpg

En fait, il y en a tellement que le choix devient trop compliqué à faire. Au final, l’argument « buffet » pour 2$ de plus que les cabanes l’emporte, et on se retrouve, confortablement installé, devant une assiette pleine d’indiennerie. Ah pis tiens… pourquoi pas une deuxième après tout !

IMG_6556.jpg

Le ventre bien plein mais les lèvres relativement brulantes, on repart à l’aventure dans les rues de Portland.

IMG_6559.jpg IMG_6560.jpg IMG_6561.jpg IMG_6563.jpg IMG_6565.jpg  IMG_6566.jpgIMG_6562.jpg IMG_6567.jpg IMG_6568.jpg

On découvre un magnifique mini golf souterrain et fluorescent, sur le thème des pirates, avec une déco super.

IMG_6572.jpg IMG_6576.jpg IMG_6578.jpg

Et je m’offre une autre petite visite de parking.

IMG_6585.jpg IMG_6589.jpg IMG_6592.jpgIMG_6590.jpg IMG_6591.jpg IMG_6587.jpg

On marche beaucoup, mais on digère aussi, et ça fatigue. On se dirige vers le bord de l’eau, où je m’offre une mini sieste des plus méritées.

IMG_6593.jpg IMG_6594.jpg IMG_6595.jpg

Cette dernière journée, plus relaxe, plus tranquille, me fait du bien. J’aime Portland, un peu comme Montréal. Pas pour la ville, qui n’est pas particulièrement belle, mais pour l’atmosphère qui s’en dégage, pour la façon dont les gens l’habitent. Le mot qui me vient le plus régulièrement à l’esprit pour décrire Portland, c’est « vintage ». La ville semble avoir un peu mal vieilli. Elle s’est décolorée avec le temps, à l’image du ciel gris, si souvent présent. Mais les gens l’aiment. Ils l’habitent et la font vivre, et ça paraît. Et c’est ça que j’aime, à Portland comme à Montréal. C’est l’interaction qui existe entre les gens et leur ville. En comparaison, Toronto et Vancouver ressemblent plus à des coquilles sans âmes -belles, assurément, mais artificielles et tristes. Ici, la ville colle à la peau, et il est facile de s’en imprégner, de la ressentir, de la vivre, et de la comprendre. Allongé dans l’herbe, je suis particulièrement bien.

IMG_6602.jpg IMG_6603.jpg

On a traversé la rivière. Danielle devait aller à son entrepôt, de l’autre côté, pour gérer un ou deux trucs. De mon côté, j’avais bien envie de profiter du point de vue que l’on peut avoir sur la ville depuis l’autre rive. Ce faisant, on passe juste à côté de là où c’étai tenu la décompression Burning Man. Là où, par hasard, j’avais rencontré Danielle en octobre dernier. Les lieux sont désespérément vide. Quand il n’y a pas de gens bizarres et de lance flammes pour les occuper, il s’agit d’une simple et banale friche industrielle sans intérêt.

La balade le long de la rivière longe malheureusement une autoroute. C’est la mode de mettre des autoroutes là où il faudrait plutôt avoir des grands parcs. Pour l’occasion, Portland a quand même fait un effort. L’autoroute était initialement sur le bord de l’eau. La promenade a été ajouté par après, pour permettre aux habitants d’avoir quand même un accès. La prochaine étape, raser complètement l’autoroute, ne semble malheureusement pas au programme.

IMG_6605.jpg IMG_6608.jpg IMG_6611.jpg IMG_6613.jpg IMG_6614.jpg IMG_6617.jpg IMG_6618.jpg IMG_6621.jpg IMG_6622.jpg

Aujourd’hui, c’est le « first thursday ». Le premier jeudi du mois quoi. J’ai appris par hasard (merci couchsurfing !) que dans le quartier Pearl, tout les premiers jeudis du mois, les galeries d’art ouvrent grandes leurs portes au public, et offrent souvent des animations musicales et/ou des boissons et/ou à manger.

Notre balade sur le bord de l’eau, on saute donc dans un tram (gratuit dans le secteur du centre ville) qui nous amène directement là où se passe l’action, et on rentre dans une première galerie, au hasard. Je ressors un peu déçu de l’ambiance, beaucoup trop guindée, dans une place beaucoup trop snob à mon goût, et où le vin est vendu au verre et hors de prix. Par contre, j’en profite pour noter une excellente idée pour présenter des oeuvres d’art, à base d’aimant et de vitre. Je garde ça dans un coin de ma tête pour ma prochaine expo tient !

C’est la première fois que je viens me promener dans Pearl. Je regrette de ne pas être venu plus tôt. Je viens de trouver le quartier un peu plus branché. Un mélange entre St Roch et le Plateau Mont Royal saupoudré de canal Lachine. Une grande partie du quartier était occupé par une gare de triage, et par des entrepôts. Quasiment tout a été détruit. Je n’en connais pas la raison. S’il s’agissait juste d’un magnifique projet d’urbanisme audacieux, ou si il y avait d’autres motivations en arrière. Quoi qu’il en soit, il en résulte un quartier très vivant, plutôt moderne, et où il est vraiment agréable de se promener. Typiquement le genre de quartier où j’aime vivre.

IMG_6631.jpg IMG_6632.jpg IMG_6634.jpg IMG_6638.jpg IMG_6639.jpg IMG_6640.jpg IMG_6641.jpg IMG_6642.jpg IMG_6643.jpg IMG_6644.jpg IMG_6645.jpg IMG_6646.jpg IMG_6647.jpg IMG_6648.jpg IMG_6649.jpg

Anecdote : c’est l’histoire d’un technicien responsable des aiguillages. Un technicien qui adore peindre, et qui est fasciné par la Grèce antique. Ce technicien travaille la plupart du temps sous un viaduc, où les trains de marchandises on a manoeuvré et, souvent, à attendre que la voie se libère. Alors le technicien en profite pour monter sur les wagons, et peindre les colonnes qui l’entourent. Avec le temps, les chauffeurs ont pris l’habitude d’attendre que l’artiste ai fini ce qu’il était en train de faire avant de repartir, même si la voie s’est libérée un peu plus tôt. Il en a résulté une douzaine de colonnes, dont quelques unes sont exposées en hommage.

IMG_6630.jpg IMG_6629.jpg IMG_6628.jpg

On enchaîne les galeries d’art. Le quartier est très prospère à ce niveau là, c’est impressionnant. Si je suis sorti déçu de la première, l’ambiance est plus sympa par la suite. En fait, il n’y a pas juste les galeries qui jouent les portes ouvertes. Une banque, par exemple, fait étalage d’oeuvre d’art un peu partout dans ses bureaux, en offrant fruits frais, biscuits, et limonades. Dans cette galerie, il y a deux musiciens, qui jouent de la harpe et de la flûte à bec. Là, on nous offre un peu de fromage, et dans cette bijouterie, un verre de mousseux. Il est très clair que l’on aura pas besoin de manger ce soir !

Les visites s’enchaînent. Ça me plaît beaucoup. J’aime l’atmosphère que ça crée dans le quartier. Les gens viennent y déambuler, intrigué, découvrant des places qu’ils ne connaissaient pas, se rendant d’une galerie à une autre. Les oeuvres sont très variées, et dans l’ensemble, j’accroche moyennement avec ce qui est exposé. Quand il y a des photos, je passe un peu plus de temps à regarder. Je me dis que Brasier aurait eut sa place ici, sans doute. Par contre, le prix de la plupart des oeuvres m’énervent considérablement. Deux ou trois miles dollars, ça fait cher pour un tableau ou une photo…

On s’arrête un peu sur le bord d’une fontaine pour se reposer les pieds. Pas longtemps. On entend une foule enthousiaste pas très loin, et on se décide à aller voir, pour tomber sur un petit concert en plein air, gratuit.

IMG_6650.jpg IMG_6651.jpg IMG_6656.jpg

La musique est bonne, on en profite pendant un moment. On en profite également pour attraper une bière. Une IPA de la Hopsworth Brewery. La HUB comme on l’appelle généralement. La brasserie même où l’on s’était arrêté pour prendre une bière, la veille de notre départ de Portland, en octobre. Je trouve la coïncidence amusante.

L’heure avance tranquillement. On reste un moment à écouter la musique puis, quand les musiciens prennent une pause, on reprend la route. Il commence à se faire tard, et je dois me lever relativement tôt demain pour être à l’aéroport vers 6h…

On visite encore une ou deux galeries avant de sauter dans le bus qui nous ramène chez Danielle.

Ça fait dix ans que je suis en Amérique du Nord. Je me rappelle encore, lors de mon tout premier voyage au Québec, de cette petite cordelette jaune qu’il faut tirer pour demander au chauffeur de s’arrêter. Je découvre, fasciné, que dix ans après, j’ai toujours autant de plaisir à tirer sur la petite cordelette pour demander l’arrêt. Allez savoir d’où vient cette fascination, je n’en ai pas la moindre idée de mon côté !

IMG_6664.jpg

Hug Point Panoramique

pano_hug.jpg

On admire des roses, on mange du fromage et du poisson et on dit au revoir à l’océan

On a beau être plus confortablement installé, il semblerait que l’on ai prit certaines habitudes. Comme celles de se réveiller tôt. Mais aujourd’hui, on est en mode relaxe. Il n’y a pas d’urgences, le programme est relativement bien établi, on va donc en profiter en prenant notre temps. Ça, ça veut dire « crêpes jambon fromages » pour le petit déjeuner. Ça continue à bien démarrer les journées !

Puisque l’on n’a pas réussi à rejoindre le jardin de roses à pied, et que nous avons un magnifique ciel bleu aujourd’hui, on s’oriente sur l’option facile, consistant à se rendre en voiture. Facile, facile, c’est vite dit… les panneaux routiers sont un peu aléatoire, et ça reste bien compliqué de s’y retrouver, mais on y arrive. Et c’est vrai que le jardin de rose en octobre, c’est moyennement inspirant, mais par contre, en plein mois de juillet, c’est autre chose ! Mes parents me diront sûrement qu’il en va de même pour le Charbinat. Ça tombe bien, vu que le Charbinat cet été est aussi dans mes plans !

IMG_6320.jpg IMG_6325.jpg IMG_6327.jpg IMG_6331.jpg IMG_6332.jpg IMG_6335.jpg IMG_6336.jpg IMG_6337.jpg IMG_6339.jpg IMG_6341.jpg IMG_6342.jpg IMG_6343.jpg IMG_6344.jpg IMG_6345.jpg IMG_6346.jpg IMG_6359.jpg IMG_6360.jpg IMG_6361.jpg IMG_6362.jpg IMG_6364.jpg IMG_6366.jpg

Et nous voilà finalement en direction de la côte. Puisque mon but est de découvrir de nouveaux paysages et de nouveaux horizons, on s’essaie par une route que je n’ai pas encore eut la chance de prendre. Je réalise un peu trop tard, par contre, que ce n’était peut être pas une bonne idée. En fait, la route va de ville de banlieue en ville de banlieue, avec tout ce qu’il faut de désagréable. Zone commerciale bien laide, lumières, trafic…

Je finis par craquer, et à partir sur une petite route presque au hasard. Presque, parce que j’ai quand même la carte pour m’indiquer un peu où on s’en va. Ça aide. Le paysage devient tout de suite beaucoup plus intéressant, et on fini rapidement par se perdre dans les bois ce qui, il faut bien le dire, est pas mal plus agréable que des banlieues sans intérêt !

IMG_6377.jpg IMG_6378.jpg IMG_6380.jpg IMG_6381.jpg IMG_6382.jpg IMG_6383.jpg IMG_6384.jpg IMG_6385.jpg IMG_6388.jpg IMG_6389.jpg IMG_6391.jpg IMG_6393.jpg

Mais il est vrai aussi qu’au bout d’un moment, les petites routes qui tournent, ça fini par être pénible. Ils sont beaux ces arbres, mais nous on veut de l’océan pour changer !

Un observateur attentif aura sans aucun doute remarquer que sur l’avant dernière photo de route, la ligne blanche de gauche et les deux lignes jaunes centrales sont toutes belles, alors que la ligne blanche de droit est quasiment invisible. Oui, heureusement que j’ai des lecteurs attentifs pour remarquer ce genre de détails ! C’est parce que nous avons eut la chance de vivre une grande péripétie : nous avons croisé un camion qui peint les lignes au sol. Je me demandais comment c’était fait, j’ai désormais la réponse : il passe dans un sens pour faire trois lignes, puis passe dans l’autre pour faire la quatrième. J’ai bien l’intention d’utiliser ça comme indice dans le prochain roman policier que j’écrirais !

On rejoint la 101, la route côtière, à l’un des rares endroits où elle n’est pas côtières. On descend donc d’une quinzaine de kilomètres vers le sud, pour récupérer la magnifique petite route, que je connais déjà et que j’aime bien, qui longe la côte à ce niveau. L’océan est enfin là, il était temps ! Il est livré avec nuages et vents froids, mais on fera avec !

IMG_6394.jpg IMG_6397.jpg IMG_6398.jpg

Nous sommes à Pacific City. La ville de la brasserie du Pélican. J’ai une envie de poisson ou de fruits de mer. Il me semble qu’avoir passé autant de temps sur la côte ouest sans avoir mangé quelque chose qui vienne de la mer (exception faite de fish and chips, pas sûr que ça compte) est limite scandaleux.

Après tout, j’écrivais il y a quelques mois que quitter la côte ouest sans voir un dernier couché de soleil sur l’océan était impensable. Je suis pas mal dans le même état d’esprit aujourd’hui, surtout en sachant que la prochaine fois, sur le Pacifique, je regarderais des levés de soleil ! Alors admirer ce magnifique océan pour une dernière fois en dégustant un excellent poisson, il me semble aussi que ça tombe sous le sens.

On jette un oeil au menu de la brasserie, mais celui-ci n’est pas assez inspirant pour moi. On repart donc à l’aventure.

Les souvenirs me reviennent à la mémoire sans le moindre effort. Je me suis arrêté, j’ai fait cette balade là, je me suis fait réveillé par les deux gentilles madame parce que j’avais pas le droit d’être garé dans ce petit chemin…

IMG_6401.jpg IMG_6402.jpg IMG_6403.jpg IMG_6405.jpg IMG_6406.jpg IMG_6410.jpg IMG_6412.jpg IMG_6414.jpg IMG_6416.jpg IMG_6421.jpg IMG_6423.jpg IMG_6424.jpg IMG_6428.jpg IMG_6430.jpg IMG_6431.jpg

Redécouvrir une région où l’on a déjà voyagé est, finalement, un sentiment qui me plait. Il y a tellement de choses magnifiques à voir partout qu’à une époque, je ne pensais pas revenir à ces endroits que je connaissais déjà. En réalité, je me rends compte que prendre le temps de (re)découvrir des endroits que l’on connait déjà est sans doute aussi important que d’en découvrir de nouveau. C’est un sentiment qui me plait. Et qui est d’autant plus agréable quand il y a la possibilité de faire découvrir la région à d’autres personnes. Je l’avais fait avec Virginie dans les rocheuses l’année dernière, ou avec Fannie à San Francisco. Et puis je l’ai fait si souvent à Montréal avec des couchsurfers…

Aussi, quand je me rappelle, avec un bref instant de retard, le mini phare et l’arbre octopusse qui se cachent au bout de la route que l’on vient de dépasser, je fais demi tour sans la moindre hésitation. Je sais qu’aussi bien le phare que l’arbre plairont à Danielle. Pour ma part, je n’irais voir que le phare. Je me repose un peu dans la voiture pendant que Danielle va voir cet arbre aux nombreux rejets.

IMG_6433.jpg IMG_6434.jpg IMG_6436.jpgIMG_6432.jpg IMG_6437.jpg IMG_6438.jpg IMG_6442.jpg IMG_6444.jpg IMG_6445.jpg

On avance, mais on ne trouve toujours pas de restaurants inspirants. L’heure avance également, et on commence à avoir faim un petit peu. Heureusement, je sais très bien ce qui nous attend un peu plus loin. Un petit snack rapide et gratuit, à base de dégustation de fromages !

IMG_6446.jpg

Bon, en terme de fromages, la qualité n’a pas vraiment changé. On parle toujours de cheddar, plus ou moins vieilli, et une ou deux versions avec épices. Sans grand intérêt, mais ça nourrit quand même un peu. Par contre, en cet après midi d’été, les lieux sont pas mal plus visités. Il y a même une file d’attente pour la dégustation, qui nous oblige à la faire un peu plus rapide que prévue. Mais on arrivera à ne succomber à aucune tentation, et on reprendra la route sans rien acheter.

Je suis en train d’envisager une autre alternative : s’arrêter dans une épicerie, acheter un bon morceau de saumon fumé, et déguster ça assis sur une plage. Je suis en train d’envisager cette option quand, justement, au détour d’un virage apparaît « la crique des pirates ». Restaurant qui semble directement sorti de mes attentes. Très belle vue sur l’océan semble relativement classe, c’est juste parfait. J’ai quand même une petite mini hésitation devant les prix. C’est un peu cher. Mais en même temps, je n’arriverais pas à trouver ce que je cherche à un prix raisonnable. Et puis je me dis que ça sera ma façon de fêter le fait que j’ai finalement trouvé un acheteur pour mon piano à la toute dernière minute. Un acheteur qui ne négocie même pas les prix ! J’en suis fort aise.

IMG_6454.jpg IMG_6456.jpg IMG_6457.jpg IMG_6458.jpg

Oui oui, c’est bien la vue que l’on a depuis notre table ! Et le menu est d’autant plus sympathique que l’origine des différents poissons est indiqué. C’est d’ailleurs ce qui fait que je ne prendrais pas les crevettes, même si elles sont très inspirantes. Des crevettes de Floride, je trouve ça un peu bête sur la côte ouest. À la place, je prendrais la sole grillée dans sa croute d’amande. Danielle prend un saumon farcis. Avec de la crème de palourdes en entrée. Le tout accompagné d’un excellent gewurstraminer… de Californie ! Certes, le vigneron s’appelle Dennis Martin (oui, Denis anglicisé avec l’ajout d’un deuxième N). La crème de palourdes laisse présager une excellente suite, et le vin est excellent. La suite, en effet, est excellente. Même si j’ai une petite préférence pour le saumon de Danielle, ma sole est succulente également, tout comme la purée. Les asperges sont juste craquantes comme il faut. Je me régale.

IMG_6461.jpg IMG_6464.jpg IMG_6465.jpg

Le repas est excellent. Je n’ai plus faim, avant d’avoir terminé mon assiette. Mais du coin de l’oreille, j’ai entendu « cheesecake au chocolat » à un moment pendant le repas. Alors quand la serveuse vient nous demander si on veut du dessert, on éclate de rire. Avant de lui expliquer la raison. Mais la maison fait ça bien, alors on a le droit à un aperçu des différents choix avant, pour être sûr que l’on se trompe pas.

IMG_6466.jpg IMG_6467.jpg IMG_6468.jpg

Le cheesecake est magnifique lui aussi, mais je n’en peux plus. Je craque à 3 bouchées de la fin. Danielle également. C’est trop pour nous. On demande une petite boîte pour ramener ça en souvenir pour notre petit déjeuner demain.

Au moment de payer la facture, j’ai une agréable surprise : en Oregon, il n’y a pas de taxes de vente. À moins qu’elle soit déjà inclue dans les prix, mais je crois bien qu’il n’y a pas de taxes. Quand au service, il est coutume de laisser seulement 10% là où on laisse 15% au Québec. Je laisse quand même plus que ce que veux la tradition, mais au final, je me retrouve avec un repas moins cher que prévu, et aussi bon qu’espéré. Ça fait plaisir !

Le soleil va bientôt se coucher. Je sais exactement où j’ai envie d’être pour le voir disparaître. La voiture nous y conduit assez rapidement, pendant que le soleil décline tranquillement à l’horizon, approchant dangereusement d’une barre de nuages qui traine malheureusement au mauvais endroit.

IMG_6471.jpg IMG_6472.jpg IMG_6475.jpg IMG_6477.jpg IMG_6479.jpg IMG_6482.jpg

Hug Point. Je m’y étais arrêté une première fois, de façon imprévue, pour y faire une rencontre très sympa autour d’un thé. Je m’y étais arrêté une deuxième fois, avec Danielle. On avait alors découvert la petite cascade cachée. Ça me paraît l’endroit idéal pour dire au revoir à l’océan et à la côte ouest.

On se promène un peu, on fait des photos, on discute. J’aime toujours autant l’endroit. Je me souviens de Tofino. Il n’y a définitivement aucune comparaison possible. Je veux bien que Tofino soit un bel endroit, mais ça n’a rien à voir avec Hug Point et la côte de l’Oregon.

IMG_6484.jpg IMG_6485.jpg IMG_6486.jpg IMG_6487.jpg IMG_6488.jpg IMG_6489.jpg IMG_6490.jpg IMG_6491.jpg IMG_6508.jpgIMG_6507.jpg IMG_6510.jpg IMG_6514.jpg IMG_6517.jpg IMG_6521.jpg

Le soleil est parti se cacher derrière les nuages. Il n’y aura donc pas de couché de soleil ce soir. Seulement la beauté des lieux, qui me suffit parfaitement.

IMG_6528.jpg

La nuit fini par tomber. Cette fois ci, j’ai mon pied photo. J’explique le principe du light painting à Danielle, qui comprend tout de suite.

IMG_6529.jpg IMG_6530.jpg IMG_6536.jpg

Et moi, je m’offre un petit classique de fin de voyage :

IMG_6523.jpg

Il fait nuit noire. Il ne nous reste plus qu’à remonter dans la voiture. La route qui nous ramène jusqu’à Portland se fait bien. Il n’y a pas grand monde, la route est belle, et on est vite rentré !

On se perd chez les étrangers, on se perd dans le noir, on voit des cascades et on se retrouve à Portland

L’avantage de dormir sur des haltes routières, c’est qu’en général, le lendemain la journée commence tôt ! La nuit n’a pas été si pire. Il n’y a pas tant de circulation que ça dans la région.

IMG_6061.jpg

Oui, je me suis senti inspiré par le petit restaurant routier qui était là également. Un peu -beaucoup- déçu par le rapport qualité prix, mais bon. Un petit déjeuner consistant, ça commence quand même bien une journée. Surtout qu’aujourd’hui, on s’en va chez les étrangers du nord ! On traverse le fleuve, direction l’état de Washington. En fait, je ne sais pas trop trop quoi faire de cette journée. Je ne sais pas trop où aller, mais je me dis qu’aller jeter un oeil au mont Adams et au mont St Helens pourrait être une bonne idée.

IMG_6066.jpg IMG_6067.jpg IMG_6071.jpg IMG_6072.jpg IMG_6073.jpg IMG_6078.jpg IMG_6081.jpg IMG_6083.jpg IMG_6084.jpg IMG_6086.jpg IMG_6087.jpg

La route qui suit le fleuve pendant un moment est magnifique, et pas juste à cause des points de vues qu’elle offre sur le mont Capuche. Étrange quand même. Si on parle du mont Hood, ça en fait une montagne assez majestueuse et dominante. Parler du mont Capuche, par contre, transforme ça en petite colline pittoresque à l’image du mont Patichou à côté de chez mes parents !

On quitte la rivière à White Salmon, pour s’orienter vers le nord. Le mont Adams prend la place du mont Hood dans le pare brise. Même si celui-ci culmine 2000 pieds plus haut (600 m) je le trouve moins impressionnant, et moins inspirant.

IMG_6089.jpg IMG_6096.jpg IMG_6103.jpg IMG_6106.jpg IMG_6110.jpg IMG_6112.jpg IMG_6116.jpg IMG_6119.jpg IMG_6122.jpg

On essaie de s’en approcher en empruntant une route au hasard. La route se transforme en chemin de gravel. On continue pendant un moment, mais la montagne ne semble pas vouloir se rapprocher. De dépit, on fini par se décider à faire demi tour, pour revenir vers la route qui devrait -d’après moi- nous amener au mont St Helens.

Dans nos errements à tendance légèrement aléatoires, on voit un panneau indiquant des ponts naturels. Comme d’habitude, je suis toujours preneur d’une excuse intéressante pour arrêter de rouler et faire quelques pas à la place. Après une petite route particulièrement en mauvais état (ce qui n’est pas peu dire considérant les nids d’autruches que l’on a déjà rencontrés à plusieurs reprises) on arrête la voiture sur un petit bout de parking. Un panneau nous explique que ce sont des tunnels de lave qui se sont effondré. Faut dire que l’activité volcanique dans le coin est pas mal à la mode avec tout ces volcans !

IMG_6124.jpg IMG_6125.jpg IMG_6127.jpg IMG_6131.jpg IMG_6132.jpg IMG_6134.jpg

La pause fait du bien. Le soleil est intense, et mon bras gauche commence à avoir un peu trop chaud. Pas de coup de soleil en perspective, mais je commence à faire un peu plus attention.

On retrouve la voiture pour arriver, un peu après, à une intersection qui ne me dit absolument rien qui vaille. Par chance, juste avant il y a un plan de l’endroit où l’on se trouve. Je passe un long moment à le contempler, à essayer de comprendre, de savoir vers où il faut s’orienter maintenant. Mais le mont St Helens n’apparaissant nul part, je vois vraiment pas quel chemin prendre.

On décide de faire demi tour, pour revenir au point d’information du parc, espérant que l’on ait plus d’informations.

Pendant que je regarde les papiers, il y en a un qui attire mon attention. « À propos du Rainbow Gathering ». Ah bin oui, tiens, c’est vrai. On en est pas loin ! Il y a des explications pour les gens qui y vont, mais aussi pour les gens qui n’ont pas prévu d’y aller, pour leur éviter d’étranges surprises. J’ai un petit pincement de déception. Après tout, ça m’aurait quand même bien tenté… mais en même temps, je suis bien content de ce petit tour d’Oregon un peu impromptu. Je ne pense pas que j’aurais été au Rainbow dans le bon état d’esprit. Peut être une autre année. Ou sur un autre continent. Qui sait !

Une des rangers nous indique la route à suivre. Elle précise « si jamais vous ratez cette intersection, vous vous en rendrez compte rapidement : la route est bloquée par la neige un peu après ». Encore de la neige ? Ça me manquait…

On ne ratera pas l’intersection, et la neige se contentera de rester sous forme de petite banc ayant oublié de fondre sur le bord de la route. Tant mieux !

Un peu après, il y a écrit « reposez vous » à la craie sur la route. Le message me plait, je trouve qu’il arrive à point nommé. Puis juste après le virage, « reposez-vous ici ». Avec un petit parking, et surtout un accès à une magnifique petite cascade.

IMG_6143.jpg IMG_6145.jpg IMG_6146.jpg IMG_6147.jpg IMG_6148.jpg IMG_6154.jpg

Une fois de plus, la route est vraiment mauvaise. J’attrape des nids de poules impressionnants à plusieurs reprises. Il y a aussi des parties juste en gravier avec des trous énormes, et parfois même des éboulements au milieu de la route. Le paysage est assez joli, même si c’est un peu une répétition de sapin à l’infini, et la condition du revêtement ne pousse pas à la rêvasserie. Bref, ça commence à devenir un peu lassant au niveau de la conduite.

IMG_6157.jpg

Quand je vois un parking avec un départ de sentier vers « Middle Falls », je regarde sur la carte généreusement fournie par la ranger, histoire de voir si ça vaut la peine. Mais la balade n’y apparaît pas. On hésite sur la démarche à suivre, arrêté sur le bord de la route. Une voiture de rangers s’arrêtent, et demande si tout va bien. J’explique qu’on se demandait si la balade est longue pour aller voir les cascades. Le ranger répond « 4 miles ». Ça ne m’inspire pas de rouler autant. Mais Danielle, elle, me dit qu’elle a compris « un quart de miles », ce que je trouve beaucoup plus raisonnable. Et en l’occurrence, je fais beaucoup plus confiance à Danielle pour comprendre qu’à moi quand il s’agit de cette langue étrange et bizarre où ils utilisent même pas les mêmes mots que nous !

Et ça valait la peine ! Sous la fraîcheur des arbres, on est vraiment bien. On peut marcher en prenant notre temps, admirer le paysage, se relaxer. Et voir une jolie cascade.

IMG_6159.jpg IMG_6160.jpg IMG_6163.jpg IMG_6165.jpg IMG_6166.jpg IMG_6167.jpg IMG_6168.jpg IMG_6170.jpg IMG_6174.jpg IMG_6175.jpg IMG_6176.jpg IMG_6178.jpg

Plutôt que faire demi tour, je propose qu’on tente notre chance en continuant un peu plus loin, toujours en suivant le sentier, qui semble peut être bien motivé à faire une boucle. Ça sera l’occasion de profiter d’une deuxième jolie cascade.

IMG_6179.jpg IMG_6182.jpg IMG_6186.jpgIMG_6185.jpg IMG_6187.jpg IMG_6188.jpg

Le chemin rejoint la route, qu’il suit un petit peu, le temps de nous ramener à la voiture. Une autre petite balade, des plus simples et des plus agréables. Ça fait du bien de faire des pauses de conduite !

IMG_6189.jpg IMG_6191.jpg IMG_6193.jpg

Des pauses, on s’en offre une petite dernière juste après être entrés dans la zone de risque volcanique. J’aime énormément le panneau, qui se veut des plus rassurant. Un petit dix minutes sur le bord de l’eau (les pieds dans l’eau dans le cas de Danielle, plus courageuse).

L’étape d’après nous amène aux « Ape Cave ». Les plus longs tunnels creusés par la lave, connus en Amérique du Nord, et ouvert à la visite. On gare la voiture. On va jusqu’à l’entrée des tunnels. On revient à la voiture, récupérer une lampe. Ça peut être mieux pour marcher dans le noir !

IMG_6195.jpg IMG_6196.jpg IMG_6199.jpg

Notre superbe voiture de location a une superbe option que probablement seulement 1% des utilisateurs doivent connaître : il y a une lampe de poche cachée dans le plafond à côté de la lampe qui sert à éclairer le coffre. C’est l’avantage de dormir dans la voiture, on peut en observer les moindres recoins ! Par contre, on découvre très rapidement que cette lampe est loin d’être suffisante si on veut s’éclairer dans la grotte. On ressort donc, on retourne à la voiture, où cette fois je prends mon manteau, et où Danielle prend sa lampe à elle, pas mal plus efficace. Et on part à l’aventure, pour de vrai.

Les lieux sont assez touristiques, mais la quantité de gens restent assez raisonnables. Les gens s’étalent rapidement dans les tunnels, et il est donc possible de se retrouver dans le noir, sans entendre ni voir personne.

IMG_6200.jpg IMG_6201.jpg IMG_6203.jpg IMG_6204.jpg IMG_6206.jpg IMG_6221.jpg IMG_6225.jpg IMG_6226.jpg IMG_6234.jpg

Pour les photos, je triche un peu en utilisant – une fois n’est pas coutume – le flash que, d’habitude, je me refuse à employer. Mais bon, dans une grotte, il n’y a pas vraiment de choix. On profite quand même de l’obscurité complète pour faire quelques petites expériences photos, qui ne sont pas vraiment concluantes.

Au final, on passera une bonne heure à se balader dans le noir. La plus part du temps, ma lampe est éteinte. Je me contente du peu de lumière que diffuse la lampe de Danielle. J’aime marcher de la sorte, dans un noir presque complet. Comme à chaque fois, ça me rappelle des épisodes de courses en forêt dans le noir, à deux, avec juste une lampe de poche pour s’éclairer. Que du bonheur !

Après une longue marche, le plafond du tunnel commence soudainement à baisser. On se penche de plus en plus. L’idée de ramper ne me tente pas. De toutes façons, je ne pense pas que ce soit le but. Certes, il y a eut des courants d’air à plusieurs reprises, il doit donc y avoir une autre sortie, mais on n’est pas là pour ça ! On fait donc demi tour, suivant le même chemin. Difficile de se perdre dans un couloir !

Le retour à l’air libre est un peu déstabilisant. On se réhabitue à la température extérieur (mon index gauche, celui qui avait le contrôle de l’interrupteur de la lampe), commençait à avoir vraiment froid et est bien content de ce retour dans des températures plus normales. Les yeux se réajustent également, et on continue notre visite éclair des lieux en roulant jusqu’au « Lava Canyon ». On fait ça un peu en aveugle. Je n’ai qu’un petit guide pas très précis sur la montagne, alors on ne sait pas trop à quoi s’attendre. On est sur le versant sud. C’est le côté nord qui a explosé. De notre côté, donc, la montagne est intacte. J’aurais bien aimé faire le sommet, mais c’est un 1400 mètres de dénivelé, et il faut compter une bonne journée. Ça sera donc pour une autre fois. J’essaierais de me rattraper cet été, parce que pour le moment, tout cela manque de grande randonnée et de sommets à la vue imprenable !

IMG_6236.jpg IMG_6238.jpg IMG_6240.jpg

« Lava Canyon » nous offre une autre promenade des plus sympas. Un beau paysage, un canyon assez impressionnant sculpté par la lave, une belle petite chute d’eau et même un pont suspendu comme mon père adorerait !

IMG_6243.jpg IMG_6244.jpg IMG_6245.jpg IMG_6247.jpg IMG_6248.jpg IMG_6251.jpgIMG_6252.jpg IMG_6253.jpg IMG_6254.jpgIMG_6250.jpg IMG_6255.jpg IMG_6263.jpgIMG_6259.jpg IMG_6267.jpg IMG_6271.jpg IMG_6272.jpg IMG_6273.jpg IMG_6274.jpg IMG_6278.jpg

De retour à la voiture une fois de plus, la journée est des plus avancée. En fait, le soleil commence à décliner.

J’ai réalisé un peu plus tôt que ce soir, on pourrait dormir à Portland, ce serait le plus simple (et surtout le plus confortable). Il y avait juste les chutes de Multnomah que j’avais envie de revoir une dernière fois. Pour ça, il faut donc retourner vers le sud, la civilisation, et l’Oregon. Quand au sommet du Mont St Helens que l’on laisse derrière nous, il s’ajoute au Mont Hood et au Mont Rainier dans la liste des sommets que j’aimerais avoir l’occasion de faire sur la côte ouest.

La route qui nous ramène vers les gorges de Columbia nous fait passer juste à côté du site où se tient le Rainbow Gathering. D’ailleurs, il est assez facile de deviner les voitures qui en reviennent. Couvertes de poussière, avec des jeunes avec des têtes de hippies allumés à l’intérieur.

Je roule assez tranquillement : en raison du Rainbow, les forces de police dans la région sont renforcés, soit disant pour une sécurité accrue. En réalité, leur but est de mettre le plus de contravention possible, pour dissuader les gens de participer au rassemblement. Une politique pratiquée depuis plusieurs années, sans le moindre succès.

En terme de sécurité accrue, on verra 4 voitures de police sur toute la journée ; toute dans le même secteur en effet. C’est intense comme surveillance…

On retrouve finalement les gorges, après une route des plus mouvementées en terme de virages ! L’éclairage sur les falaises est magnifique, même s’il ne ressort pas très bien sur les photos prises en conduisant !

IMG_6291.jpg IMG_6293.jpg IMG_6298.jpg IMG_6299.jpg IMG_6300.jpg IMG_6301.jpg

Et finalement, les chutes sont là ! Aussi grandioses que dans mon souvenir, avec le petit pont elfique pour pouvoir les admirer à mi hauteur.

IMG_6303.jpg IMG_6305.jpg IMG_6308.jpg IMG_6309.jpg IMG_6315.jpg IMG_6319.jpg

Encore quelques minutes à les admirer, avant de retrouver la voiture pour une dernière fois aujourd’hui. Celle-ci nous ramène bien sagement jusqu’à la maison de Danielle. Je suis crevé. La journée a été longue, et une fois de plus, j’ai beaucoup conduit. La chaleur n’a pas aidé non plus…

Je m’endors très peu de temps après être arrivé !

Aujourd’hui on tourne, on mange des collines, on tourne, et on cherche où dormir

Deux bonnes nuits de sommeil de suite, je pourrais y prendre goût, je devrais me méfier ! À part quelques inquiétudes au moment de m’endormir ( « sommes nous dans une zone à ours ? c’est quoi donc ce bruit que j’entends ? ah, ok, tout va bien, c’est juste le voisin trois emplacements plus loin qui ronfle dans son camping car » ), la nuit s’est très bien passée. Peut être que le petit chocolat chaud au baileys de la veille au soir a aidé ! Peut être aussi que dormir dans une tente plutôt que dans une voiture, ça fait vraiment du bien !

Tout est rangé assez rapidement, et en plus la tente est sèche cette fois. Que du bonheur ! On reprend la route, en direction des « painted hills » et du projet secret qui nous attend là bas !

IMG_5771.jpg IMG_5773.jpg IMG_5774.jpg IMG_5776.jpg IMG_5777.jpg IMG_5780.jpg IMG_5782.jpg IMG_5785.jpg IMG_5788.jpg

Alors pour ceux qui se posent la question, je trouve aussi la réponse à l’importante question « pourquoi John Day fossile etc… ». Alors évidemment, les lieux s’appellent John Day parce que la rivière s’appelle John Day. Ce qui nous avance énormément ! Et pourquoi la rivière s’appelle John Day, demanderont les esprits les plus curieux ?

Il y a un groupe de gens, qui ont décidé d’installer un post de fourrure dans les environs. Il y a eut chicane dans le groupe, qui s’est divisé. Puis redivisé, puis encore redivisé. Ils se sont retrouvés deux dans le groupe de John. Si on peut encore appeler ça un groupe. Et puis ils se sont fait attaquer par des indiens. Ils se sont fait tout volé, y compris leurs vêtements. Ils ont finalement été sauvés, et on réussi à rejoindre Astoria (à l’embouchure du fleuve Columbia). Tout ça c’est passé à l’endroit où une rivière sans nom se jetait dans le fleuve. Les gens se sont mis à appeler le lieu « là où John Day… ». De là à appeler l’embouchure, puis finalement la rivière, « John Day River » il n’y avait qu’un pas. Alors forcément, ça fait beaucoup moins winner comme nom ! Mais bon, toute topographie ne peut être uniquement basé sur des héros ! Il n’y a qu’à voir la Kicking Horse river en Colombie Britannique !

Bref… cela étant, nous sommes finalement arrivés aux Painted Hills. Il y en a d’abord quelques unes, sur le bord de la route, puis tout un groupe, un peu plus loin.

En novembre dernier, on s’était arrêté avec Danielle dans Black Rock Desert, pour essayer de faire un clip pour sa chanson « Thirsty Fish ». On ne connaissait pas les techniques et les subtilités à l’époque, et ça n’avait pas vraiment marché. On a donc décidé de se réessayer. Si tout se passe bien, la vidéo devrait finalement être disponible d’ici une ou deux semaines sur le site de Danielle : www.danielleraecomstock.com . On verra bien !

Toujours est il qu’après un certains nombre de péripéties (incluant habillage, maquillage, éclairage, horde de touristes, complications, etc…) on revient finalement aux premières collines pour faire tout ça. Elles sont belles, déjà, celles là, de collines.

IMG_5793.jpg IMG_5795.jpg IMG_5796.jpg IMG_5798.jpg IMG_5803.jpg IMG_5806.jpg IMG_5807.jpg IMG_5808.jpg IMG_5815.jpgIMG_5809.jpg IMG_5810.jpg IMG_5812.jpg IMG_5827.jpg IMG_5829.jpg IMG_5830.jpg

C’est la journée des complications on dirait bien ! Donc je découvre un peu trop tard que mes cartes mémoires sont toutes les deux pleines. En plein soleil, l’ordinateur a du mal à être efficace. La chaleur semble le ralentir. On décide donc de retourner à une aire de pique nique, à l’ombre et plutôt fraiche, histoire de manger, faire de la place sur les cartes mémoires, et se reposer un peu.

IMG_5861.jpg

Opération délicate mais finalement réussie. Et puis un peu de verdure, ça fait quand même du bien ! Un peu rafraichi, et rassasié, et on retourne s’essayer à la vidéo, dans un endroit qui, au final, se révèle beaucoup plus intéressant !

IMG_5863.jpg IMG_5864.jpg IMG_5865.jpg IMG_5871.jpg IMG_5874.jpg IMG_5876.jpg IMG_5886.jpg IMG_5887.jpg IMG_5888.jpg

Avec un appareil photo posé sur un pied, et l’autre dans la main, les gens regardent interpelés. Plusieurs nous demandent ce que l’on est en train de faire, se renseigne. Un ou deux écoute un peu. L’un des deux rangers chargés de l’accueil vient nous voir, intrigué. Il nous propose même son aide, que nous déclinons poliment. On a la situation bien en main ! Mais les quelques échanges que l’on aura avec les gens sont très sympas. Danielle récupère même une ou deux infos qui pourrait lui être utile.

Évidemment, on fait tout ça en plein soleil, et à la longue, ça tape un peu. Enfin, au final on a quelque chose qui nous plait. À priori. Il restera à visualiser tout ça, faire quelques montages… je ne m’ennuierais sans doute pas dans les avions qui m’attendent !

J’ai repéré au loin un petit point bleu. Il se trouve qu’un des chemins semblent s’y diriger. Même sans tremper les pieds dans l’eau, un peu d’air frais ferait le plus grand bien ! À défaut d’arriver jusqu’au lac, qui est sur un terrain privé, on arrive à une autre petite balade qui serpente entre des mini collines. En fait, rendu à ce stade, j’en viens à me demander s’il ne s’agit tout simplement d’un tas de terre récupérer sur un chantier. Parce qu’à la limite, il me semble qu’on pourrait presque trouver le même genre de décors à la carrière Périn, pas loin de chez mes parents ! Mais, évidemment, dans un contexte différent qui change beaucoup de choses ! En tout cas, la palette de couleurs, avec le bleu du ciel et du lac, est magnifique !

IMG_5894.jpg IMG_5895.jpg IMG_5896.jpg IMG_5897.jpg IMG_5899.jpg IMG_5900.jpg IMG_5901.jpg IMG_5902.jpg IMG_5903.jpg IMG_5904.jpg IMG_5905.jpg IMG_5910.jpgIMG_5908.jpg IMG_5922.jpg IMG_5923.jpg

Danielle trouve tout ça des plus appétissant. Elle ne cesse de répéter qu’elle veut réussir à faire un gâteau ressemblant aux « painted hills ». J’ai fait du désert comme dessert. La blague marche aussi bien en français qu’en anglais, c’est génial !

Et puis finalement, on se décide à dire au revoir à ce joli désert, et on reprend la route. Il nous reste la troisième section du parc à voir, et à trouver un endroit où dormir par la suite. Et en plus, on se retrouve sur une magnifique route, joyeusement tournante, dans tout les sens. Une fois de plus, ça fait vraiment du bien de pouvoir conduire pour de vrai !

IMG_5930.jpg IMG_5932.jpg IMG_5934.jpg IMG_5938.jpg IMG_5940.jpg IMG_5943.jpg IMG_5945.jpg IMG_5952.jpg IMG_5957.jpg IMG_5964.jpg IMG_5967.jpg IMG_5971.jpg IMG_5972.jpg IMG_5978.jpg IMG_5983.jpg IMG_5984.jpg IMG_5987.jpg IMG_5991.jpg

La région est très vallonée, et je la trouve particulièrement belle. Une fois de plus, j’ai ce sentiment que les pionniers ne sont pas loin. Qu’ils viennent juste d’arriver et de s’installer. Par contre, malgré la présence de plusieurs petites rivières, le paysage est particulièrement aride.

On arrivera finalement, à force virages, à la troisième partie du parc de John Day : la palissade. Assez bien nommée en l’occurrence. Une fois de plus, on a un peu l’impression de se retrouver dans le sud de l’Utah avec ces colonnes de pierres sculptées de façon si impressionnante par l’érosion.

IMG_5998.jpg IMG_6002.jpg IMG_6006.jpgIMG_6003.jpg IMG_6011.jpg IMG_6005.jpg IMG_6010.jpg IMG_6012.jpg IMG_6013.jpg IMG_6014.jpg IMG_6017.jpg IMG_6016.jpg IMG_6018.jpg IMG_6019.jpg IMG_6020.jpg IMG_6024.jpg IMG_6026.jpg

On se s’éternisera pas. La journée a déjà été bien remplie, et il nous reste à trouver un endroit où dormir. Ça semble s’annoncer un peu plus compliqué que les autres soirs, vu que pour la première fois on se retrouve dans une région sans « National Forest ».

IMG_6030.jpg IMG_6036.jpg IMG_6038.jpg IMG_6043.jpg IMG_6044.jpg IMG_6045.jpg

La tâche s’annonce encore plus compliqué que prévue : tout les terrains sur le bord de la route sont clôturés, avec des pancartes « privé, accès interdit ». Nous sommes dans une infinité de rien. À perte de vue, il n’y a que ces prés qui n’en sont même pas, où rien ne pâture. On pourrait dormir n’importe où, ça ne dérangerait absolument personne j’imagine. Mais je n’ai pas envie de me faire réveiller par un propriétaire terrien mécontent.

Alors on continue de rouler, en espérant que finalement, on finira par trouver. Et puis j’ai une pensée soudaine, juste avant de franchir un sommet : on devrait bientôt revoir les volcans des Cascades ! Ces montagnes géantes, qui dominent le paysage avec tant de majesté…

Il suffisait d’y penser pour qu’on les voit apparaître. Le Mont Adams. Le Mont Hoods. Les Trois Soeurs. Ils se découpent discrètement à l’horizon. La lumière de fin de journée font que l’on a du mal à les distinguer avec précision. Mais au moins, ils sont là !

IMG_6046.jpg IMG_6049.jpg IMG_6050.jpg IMG_6051.jpg IMG_6053.jpg IMG_6054.jpg

Et nous, et bien on continue de rouler, sans plus de succès. Le soleil se couche, nous offrant un spectacle magnifique.

IMG_6055.jpg

J’aimerais vraiment trouver un endroit pour nous installer par ici. Le ciel doit être superbe, et je n’ai pas encore fait de photos d’étoiles.

Malheureusement, on restera bredouilles. On ignorera un mini parc à RV au milieu d’une mini ville. Vraiment pas inspirant. On laissera également faire un petit parc sur le bord de la route. Il n’y a pas de panneaux interdisants de passer la nuit, mais on est vraiment pas certains. Autant dormir n’importe où avec le Pourquoi Pas ? n’était pas vraiment un problème, autant c’est plus compliqué avec la voiture qui nécessite de déplacer pas mal de bordel pour se faire de la place.

On rejoindra finalement les gorges du fleuve Columbia. Il y a là une halte routière. À défaut de mieux, on dormira donc sur un parking. Je suis tanné de rouler et, fidèle à mon habitude, je veux éviter de rater le paysage en roulant la nuit.

On a déjà vu mieux comme endroit où dormir, mais j’ai déjà dormi dans des endroits bien pire également !

Une route magnifique, des fossiles, des paysages lunaires et on se perd dans les bois.

Notre présent à nous est tout aussi simple, et commence relativement tôt. Après ma première vraie bonne nuit de sommeil, chose particulièrement appréciable ! La routine de transformation de la voiture se fait tranquillement mais rapidement. Certaines habitudes se prennent vite.

IMG_5440_2.jpg IMG_5444_2.jpg IMG_5446_2.jpg IMG_5449_2.jpg IMG_5453_2.jpg IMG_5455_2.jpg

La première pause se fera peu de temps après, alors qu’une silhouette étrange se dessine un peu en retrait de la route. Un chemin permet d’y accéder. C’est parfait.

IMG_5457.jpg IMG_5459.jpg IMG_5460.jpg

Ce silo, en tout cas si ça en est un, semble sort tout droit d’un délire cyberpunk. Après une petite exploration rapide des environs, je reviens admirer cette magnifique structure, des plus inspirantes.

IMG_5465.jpg IMG_5466.jpg IMG_5467.jpgIMG_5458.jpg IMG_5461.jpg IMG_5476.jpg IMG_5477.jpg IMG_5478.jpg IMG_5479.jpg IMG_5480.jpg IMG_5484.jpg

Il semblerait que je ne sois pas le seul, d’ailleurs, à être inspiré !

IMG_5481.jpg IMG_5485.jpg IMG_5486.jpg

Pendant quelques temps, la route me laisse un peu la possibilité de conduire, en m’offrant quelques petits virages qui justifie même que j’enlève le cruise contrôle. Mais ça ne durera pas.

IMG_5488.jpg IMG_5491.jpg IMG_5493.jpg IMG_5494.jpg IMG_5496.jpg IMG_5497.jpg IMG_5498.jpg IMG_5499.jpg IMG_5501.jpg

On s’arrêtera sur une petite aire de repos des plus mignonnes. L’idée initiale était juste de manger, mais l’une des personnes de l’entretient nous dit que ça vaut la peine de faire la petite balade qui suit la rivière John Day. Le repas est l’occasion de ressortir -enfin !- les traditionnelles « pasta with cheese » que ça faisait bien longtemps !

IMG_5506.jpg IMG_5507.jpg IMG_5511.jpg IMG_5512.jpg IMG_5513.jpg IMG_5514.jpg

Et c’est vrai que la balade juste après, et à la fois très tranquille et très belle. Le soleil tape, mais pas autant que la veille. Je travaille mon bronzage pour quand je reverrais Iris ! On admire des jolis coquelicots, la rivière, un joli étang, et on remonte dans la voiture, bien au chaud.

IMG_5518.jpg IMG_5521.jpg IMG_5522.jpg IMG_5523.jpg IMG_5526.jpg IMG_5527.jpg IMG_5528.jpg IMG_5529.jpg IMG_5532.jpg IMG_5533.jpg IMG_5534.jpg IMG_5536.jpg

La route qui suit revet un certains classicisme, mais comme toujours, ça me plaît. On quitte à nouveau la 395. Le segment parcouru n’aura pas été très long, mais chaque partie que j’en découvre me plait.

IMG_5543.jpg IMG_5546.jpg IMG_5549.jpg IMG_5551.jpg IMG_5552.jpg IMG_5555.jpg IMG_5556.jpg IMG_5558.jpg IMG_5560.jpg

On arrive enfin à portée de notre objectif du jour : John Day Bed Fossile Monument. Oui, ça fait plutôt long comme nom, mais c’est très prometteur en terme de paysage. On commence par un petit aperçu en hauteur qui confirme les promesses.

IMG_5561.jpg IMG_5562.jpg IMG_5563.jpg IMG_5566.jpg IMG_5567.jpg IMG_5568.jpg IMG_5565.jpg

Oui, c’est bien la route qui disparaît entre les montagnes que nous sommes supposés prendre. Derrière se cache le premier des trois parcs qui constituent John Day Bed Fossile Monument. On aime bien son nom, il est facile et rapide à écrire. Bref… il y a quelques années de cela, il y a eut un gros boom. C’était la mode dans les environs. Les volcans s’envoyaient en l’air à ne plus savoir qu’en faire.

À priori, ce volcan a pris les habitants de l’époque (des mammifères en tout genre) pas mal par surprise. On y a récupéré pas mal de magnifiques fossiles, de spécimens en tout genre. À priori toujours, il y a d’autres raisons qui font qu’il y a plein de magnifiques fossiles.

À vrai dire, les fossiles ne m’intéressent pas plus que ça. Les paysages, par contre, c’est autre chose. On embarque sur la toute qui disparaît entre les montagnes.

IMG_5569.jpg IMG_5571.jpg IMG_5572.jpg IMG_5573.jpg IMG_5574.jpg IMG_5576.jpg IMG_5579.jpg IMG_5580.jpg IMG_5581.jpg

Un bref arrêt au centre d’informations nous permet d’admirer quelques uns des magnifiques spécimens de fossiles locaux, mais nous permet surtout d’avoir plus de détails sur ce qu’il y a à voir. Au programme pour ce parc là : deux marches très courtes, et une petite randonnée.

IMG_5586.jpg IMG_5587.jpg IMG_5588.jpg IMG_5591.jpg IMG_5592.jpg IMG_5593.jpg IMG_5595.jpg IMG_5596.jpg IMG_5602.jpg IMG_5603.jpg IMG_5604.jpg IMG_5607.jpg

De la toute première balade, je serais surtout marqué pardeux arbres, même si la résumer à ces deux solitudes serait sans doute un peu exagéré.

IMG_5611.jpgIMG_5610.jpg IMG_5613.jpg IMG_5614.jpg IMG_5616.jpg IMG_5617.jpg IMG_5618.jpg IMG_5620.jpg IMG_5624.jpg IMG_5625.jpg IMG_5623.jpg

Le deuxième arbre a un côté « Petit Prince » ou autre poésitude du genre.

On enchaîne tout de suite sur la deuxième balade, qui part du même point, et qui est tout aussi courte.

IMG_5631.jpg IMG_5632.jpg IMG_5633.jpg IMG_5635.jpg IMG_5636.jpg IMG_5637.jpg IMG_5638.jpg IMG_5640.jpg IMG_5641.jpg

Danielle exprime tout haut ce que je pensais tout bas : il y a un petit côté « Utah » dans tout ça. Ce côté lunéro-marsien directement importé d’une autre galaxie ne trompe pas ! Je retrouve aussi un peu les hoodoos de Drumheller en Alberta.

IMG_5642.jpg IMG_5643.jpg IMG_5644.jpg IMG_5645.jpg IMG_5647.jpg IMG_5649.jpg

La dernière balade s’annonce un peu plus longue, mais quand même raisonnable, avec ses 5 kilomètres et 200 mètres de dénivelés. Pourtant, en plein soleil bien chaud, ça augmente considérablement l’intensité de la marche, ce qui me fait réaliser un détail que je n’avais pas pris en compte quand je pensais au GR20. C’est que la météo de la Corse, parfois, quand elle veut être chaude, elle peut l’être ! Et ça augmente considérablement la difficulté d’une randonnée !

IMG_5653.jpg IMG_5656.jpg IMG_5659.jpg IMG_5661.jpg IMG_5663.jpg IMG_5664.jpg IMG_5666.jpg IMG_5670.jpg IMG_5671.jpg IMG_5675.jpg IMG_5679.jpg IMG_5681.jpg IMG_5682.jpg IMG_5685.jpg IMG_5687.jpg

Il faut bien le reconnaître : certes, nous souffrons, mais la vue au sommet en vaut vraiment la peine !

IMG_5688.jpg IMG_5691.jpg IMG_5700.jpg

Et puis il y a un petit vent des plus rafraichissant qui souffle là haut !

IMG_5695.jpg

On attaque la descente plein d’entrain.

IMG_5703.jpg IMG_5704.jpg IMG_5706.jpg IMG_5711.jpg IMG_5713.jpg IMG_5714.jpg IMG_5718.jpg IMG_5722.jpg IMG_5725.jpg

Et c’est avec grande joie que l’on revient à la voiture !

On a fait un aller retour dans cette partie là du parc, afin de continuer plus vers l’ouest pour rejoindre le suivant. « Painted Hill » semble le plus prometteur, et on l’attend avec impatience. Par contre, le panneau « pas d’essence avec 80 miles » refroidit un peu nos ardeurs. Parce que la ville qui se trouve dans 80 miles n’est pas vraiment sur notre chemin. Demi tour. On revient de 15 kilomètres en arrière, on fait le plein d’essence, on remplit les bouteilles d’eau, et on repart.

IMG_5727.jpg IMG_5729.jpg IMG_5730.jpg IMG_5732.jpg IMG_5735.jpg IMG_5736.jpg IMG_5740.jpg IMG_5743.jpg IMG_5745.jpg IMG_5746.jpg IMG_5748.jpg IMG_5752.jpg IMG_5753.jpg IMG_5755.jpg IMG_5756.jpg

Sur la carte, j’ai repéré une petite route qui s’éloigne de la route principale, pour se diriger vers une autre National Forest. C’est parfait. On arrive même à ne pas la rater. Route à voie unique, où il est recommandé de rouler prudemment.

Après dix kilomètres, on arrive à un camping, où on hésite à s’arrêter. On décide de continuer notre aventure. On roule dans une petite route, qui semble vouloir devenir de plus en plus petite. Les lieux nous plaisent, nous inspirent, alors on continue. J’applique la bonne vieille technique du labyrinthe : à chaque embranchement, je tourne à droite. La route arrête d’être goudronnée. Puis arrête d’être gravelée.

IMG_5760.jpg IMG_5763.jpg IMG_5764.jpg IMG_5766.jpg IMG_5769.jpg IMG_5770.jpg

Le camping est à une vingtaine de kilomètres, et il doit passer une voiture tout les six mois. Dans ce contexte, je préfère éviter de faire n’importe quoi. Bloquer la voiture parce que j’ai raté mon demi tour sur le bord d’une route assez passante, c’est pas trop grave. Mais la perspective de devoir parcourir 20 kilomètres à pied pour aller chercher de l’aide m’enchante guère. Ça rend d’ailleurs la conduite plus stressante. Pas très grave, comme stress, mais quand même.

Enfin… quand la route devient trop mauvaise, déçus que nous sommes, on fait demi tour. On hésite… on roule un moment Et puis finalement, on décide de revenir au camping. Je me dis que si c’est pas trop cher, on peut bien s’offrir ça. Je sais pas pourquoi, j’ai envie d’avoir des voisins pas trop trop loin pour une fois.

On arrive au camping ; tout semble indiqué que c’est gratuit. C’est encore mieux comme ça. J’ai même une table pour m’installer confortablement pour la mise à jour de mon blog. Et pour fêter ce magnifique confort, on installe même la tente… que j’avais repliée mouillée il y a plusieurs jours. Enfin, c’est pas si pire. Elle sèchera rapidement, et nous on sera bien plus confortable pour une nuit !

Ce soir, c’est flûte + didgéridoo. Et peut être même baileys pour fêter ça !

De l’Oregon réelle, et de la Californie rêvée.

L’Oregon est une finalité en soit. Quand on s’y promène, on a l’impression que les gens viennent juste de s’y installer. C’est particulièrement vraiment dans l’est. Il suffit de fermer les yeux pour imaginer le grincement des roues des charrettes des colons. À vrai dire, je suis persuadé que les voitures ne sont que des façades, utilisées pour camoufler la réalité aux touristes. Mais dès que les touristes tournent le dos, les charrettes et leurs grincements recommencent à hanter les routes. Cette ferme, ici, à droite, donne l’impression que l’occupant vient juste d’arriver et de réclamer son lopin de terre. Des lopins de terre, il y en a partout. La plupart semble encore attendre que quelqu’un prétende y habiter. Immenses infinités vides et inoccupées. Parfois, c’est le contraire. Une vieille cabane complètement délabrée témoigne que toutes les terres ne sont pas bonnes à prendre. Beaucoup sont arrivés, mais beaucoup sont aussi repartis. Un peu plus vers l’ouest. Un peu plus au bout. Jusqu’à l’océan s’il le faut. L’océan et ses côtes douloureusement déchiquetées. Il est impossible d’aller plus loin. L’Oregon est une finalité…

Les gens qui y habitent semblent ancrer dans la réalité. Le quotidien les absorbe tout entier. Ils vivent dans un présent qu’ils ont accepté et appris à aimer. Et c’est là, je pense, l’énorme différence qui distingue la Californie de l’Oregon. Un peu plus dans le sud, les gens vivent dans le rêve. Refusant d’accepter le présent, ils aspirent à un meilleur avenir. Los Angeles, Hollywood, et l’emblème absolu de ce monde auquel les californiens aspirent. Montagnes gigantesques, arbres sans limites de hauteur ni d’âge, tout est désespérément trop grand. L’Oregon a les deux pieds bien ancrés dans le présent et dans le réalisme. Et c’est ce qui me plait temps. Vivre le présent, tout simplement.

FireStats icon Powered by FireStats