Les Oubliés

Le temps d'une dernière petite virée dans l'Ouest.

Une dernière journée à Portland

C’est la dernière… le temps a passé vite, comme prévu. J’ai envie de savourer Portland une dernière fois. De me promener encore un peu dans ses rues. De ressentir encore une fois le « Keep Portland Weird » qui caractérise la ville.

La voiture doit être ramenée pour 10h. Le temps de se réveiller, de ranger, vider, nettoyer, préparer, on est de retour à l’agence à 11h. La bonne nouvelle, c’est que l’on rend la voiture dans un parking souterrain. Alors forcément, il sera plus dur de voir les nombreuses petites rayures sur le bas de caisse, récupéré à l’occasion des nombreuses excusions sur petite route. Du coup, même si je trouve un peu mesquin le 7,50$ pour l’heure supplémentaire, je ne dis rien. Le montant final est des plus raisonnables, même en ajoutant les assurances.

La voiture rendue, il est temps de partir au hasard dans les rues de Portland.

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En fait, peut être pas si tant au hasard que ça. Danielle veut m’amener voir la librairie Powel. Elle fait tout un coin de rue, et est l’une des plus grandes (la plus grande ?) aux États Unis.

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On reste un long moment à errer dans les rayons. Que ce soit dans les livres rares, les livres neuves, les livres usagés… je reste un long moment à contempler une vieille édition des dragons de Pern, me forçant à me persuader que mes bagages débordent déjà. Le pavé est magnifique, mais énorme !

Nagé, c’est bien connu, ça creuse. Que ce soit dans l’eau, ou dans les livres. Et Portland est assez connue pour ses petites cabanes à bouffe. Il y en a plein au centre ville. L’une des nombreuses preuves de la pauvreté omniprésente à Portland.

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En fait, il y en a tellement que le choix devient trop compliqué à faire. Au final, l’argument « buffet » pour 2$ de plus que les cabanes l’emporte, et on se retrouve, confortablement installé, devant une assiette pleine d’indiennerie. Ah pis tiens… pourquoi pas une deuxième après tout !

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Le ventre bien plein mais les lèvres relativement brulantes, on repart à l’aventure dans les rues de Portland.

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On découvre un magnifique mini golf souterrain et fluorescent, sur le thème des pirates, avec une déco super.

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Et je m’offre une autre petite visite de parking.

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On marche beaucoup, mais on digère aussi, et ça fatigue. On se dirige vers le bord de l’eau, où je m’offre une mini sieste des plus méritées.

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Cette dernière journée, plus relaxe, plus tranquille, me fait du bien. J’aime Portland, un peu comme Montréal. Pas pour la ville, qui n’est pas particulièrement belle, mais pour l’atmosphère qui s’en dégage, pour la façon dont les gens l’habitent. Le mot qui me vient le plus régulièrement à l’esprit pour décrire Portland, c’est « vintage ». La ville semble avoir un peu mal vieilli. Elle s’est décolorée avec le temps, à l’image du ciel gris, si souvent présent. Mais les gens l’aiment. Ils l’habitent et la font vivre, et ça paraît. Et c’est ça que j’aime, à Portland comme à Montréal. C’est l’interaction qui existe entre les gens et leur ville. En comparaison, Toronto et Vancouver ressemblent plus à des coquilles sans âmes -belles, assurément, mais artificielles et tristes. Ici, la ville colle à la peau, et il est facile de s’en imprégner, de la ressentir, de la vivre, et de la comprendre. Allongé dans l’herbe, je suis particulièrement bien.

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On a traversé la rivière. Danielle devait aller à son entrepôt, de l’autre côté, pour gérer un ou deux trucs. De mon côté, j’avais bien envie de profiter du point de vue que l’on peut avoir sur la ville depuis l’autre rive. Ce faisant, on passe juste à côté de là où c’étai tenu la décompression Burning Man. Là où, par hasard, j’avais rencontré Danielle en octobre dernier. Les lieux sont désespérément vide. Quand il n’y a pas de gens bizarres et de lance flammes pour les occuper, il s’agit d’une simple et banale friche industrielle sans intérêt.

La balade le long de la rivière longe malheureusement une autoroute. C’est la mode de mettre des autoroutes là où il faudrait plutôt avoir des grands parcs. Pour l’occasion, Portland a quand même fait un effort. L’autoroute était initialement sur le bord de l’eau. La promenade a été ajouté par après, pour permettre aux habitants d’avoir quand même un accès. La prochaine étape, raser complètement l’autoroute, ne semble malheureusement pas au programme.

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Aujourd’hui, c’est le « first thursday ». Le premier jeudi du mois quoi. J’ai appris par hasard (merci couchsurfing !) que dans le quartier Pearl, tout les premiers jeudis du mois, les galeries d’art ouvrent grandes leurs portes au public, et offrent souvent des animations musicales et/ou des boissons et/ou à manger.

Notre balade sur le bord de l’eau, on saute donc dans un tram (gratuit dans le secteur du centre ville) qui nous amène directement là où se passe l’action, et on rentre dans une première galerie, au hasard. Je ressors un peu déçu de l’ambiance, beaucoup trop guindée, dans une place beaucoup trop snob à mon goût, et où le vin est vendu au verre et hors de prix. Par contre, j’en profite pour noter une excellente idée pour présenter des oeuvres d’art, à base d’aimant et de vitre. Je garde ça dans un coin de ma tête pour ma prochaine expo tient !

C’est la première fois que je viens me promener dans Pearl. Je regrette de ne pas être venu plus tôt. Je viens de trouver le quartier un peu plus branché. Un mélange entre St Roch et le Plateau Mont Royal saupoudré de canal Lachine. Une grande partie du quartier était occupé par une gare de triage, et par des entrepôts. Quasiment tout a été détruit. Je n’en connais pas la raison. S’il s’agissait juste d’un magnifique projet d’urbanisme audacieux, ou si il y avait d’autres motivations en arrière. Quoi qu’il en soit, il en résulte un quartier très vivant, plutôt moderne, et où il est vraiment agréable de se promener. Typiquement le genre de quartier où j’aime vivre.

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Anecdote : c’est l’histoire d’un technicien responsable des aiguillages. Un technicien qui adore peindre, et qui est fasciné par la Grèce antique. Ce technicien travaille la plupart du temps sous un viaduc, où les trains de marchandises on a manoeuvré et, souvent, à attendre que la voie se libère. Alors le technicien en profite pour monter sur les wagons, et peindre les colonnes qui l’entourent. Avec le temps, les chauffeurs ont pris l’habitude d’attendre que l’artiste ai fini ce qu’il était en train de faire avant de repartir, même si la voie s’est libérée un peu plus tôt. Il en a résulté une douzaine de colonnes, dont quelques unes sont exposées en hommage.

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On enchaîne les galeries d’art. Le quartier est très prospère à ce niveau là, c’est impressionnant. Si je suis sorti déçu de la première, l’ambiance est plus sympa par la suite. En fait, il n’y a pas juste les galeries qui jouent les portes ouvertes. Une banque, par exemple, fait étalage d’oeuvre d’art un peu partout dans ses bureaux, en offrant fruits frais, biscuits, et limonades. Dans cette galerie, il y a deux musiciens, qui jouent de la harpe et de la flûte à bec. Là, on nous offre un peu de fromage, et dans cette bijouterie, un verre de mousseux. Il est très clair que l’on aura pas besoin de manger ce soir !

Les visites s’enchaînent. Ça me plaît beaucoup. J’aime l’atmosphère que ça crée dans le quartier. Les gens viennent y déambuler, intrigué, découvrant des places qu’ils ne connaissaient pas, se rendant d’une galerie à une autre. Les oeuvres sont très variées, et dans l’ensemble, j’accroche moyennement avec ce qui est exposé. Quand il y a des photos, je passe un peu plus de temps à regarder. Je me dis que Brasier aurait eut sa place ici, sans doute. Par contre, le prix de la plupart des oeuvres m’énervent considérablement. Deux ou trois miles dollars, ça fait cher pour un tableau ou une photo…

On s’arrête un peu sur le bord d’une fontaine pour se reposer les pieds. Pas longtemps. On entend une foule enthousiaste pas très loin, et on se décide à aller voir, pour tomber sur un petit concert en plein air, gratuit.

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La musique est bonne, on en profite pendant un moment. On en profite également pour attraper une bière. Une IPA de la Hopsworth Brewery. La HUB comme on l’appelle généralement. La brasserie même où l’on s’était arrêté pour prendre une bière, la veille de notre départ de Portland, en octobre. Je trouve la coïncidence amusante.

L’heure avance tranquillement. On reste un moment à écouter la musique puis, quand les musiciens prennent une pause, on reprend la route. Il commence à se faire tard, et je dois me lever relativement tôt demain pour être à l’aéroport vers 6h…

On visite encore une ou deux galeries avant de sauter dans le bus qui nous ramène chez Danielle.

Ça fait dix ans que je suis en Amérique du Nord. Je me rappelle encore, lors de mon tout premier voyage au Québec, de cette petite cordelette jaune qu’il faut tirer pour demander au chauffeur de s’arrêter. Je découvre, fasciné, que dix ans après, j’ai toujours autant de plaisir à tirer sur la petite cordelette pour demander l’arrêt. Allez savoir d’où vient cette fascination, je n’en ai pas la moindre idée de mon côté !

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