Descente en ramasse
On regarde encore un peu, avant d’attaquer la descente. J’ai toujours une petite inquiétude. Liz part en riant « c’est le moment le plus fun » et en courant, se laissant glisser sur les pierres, faisant des enjambées démesurées. Deux neurones se connectent. Une image revient d’un lointain passé, pas complètement totalement oublié. Je suis avec mes parents et mon frère. On traverse un pierrier. Ma mère nous explique alors qu’avant, dans ce genre d’endroits, elle faisait de la descente en ramasse. Courir dans les éboulis, en se laissant glisser sur les pierres. Elle faisait alors des enjambées de plusieurs mètres. Ça m’avait impressionné… c’était resté, caché, quelque part au fond de ma tête. Des randonnées, j’en ai toujours fait, aussi loin que je me souvienne. Sans doute pour ça que trouver le meilleur chemin pour monter une montagne me paraît si naturel…
J’embarque dans la descente sans la moindre inquiétude. Certes, avec un peu moins d’enthousiasme que Liz. Mais je me laisse rapidement gagné par le plaisir procuré par la descente. Vu de dehors, ça paraît complètement incontrôlé. Quand on le fait, pourtant, on découvre qu’on décide quand même où l’on va dans l’ensemble (loin de la falaise, en fait, c’est tout ce qui compte). Une fois de plus, je remercie mes chaussures, qui me tiennent la cheville comme il faut. Je n’ai aucune crainte. Ça fly tout seul, comme on dit par chez nous à Montréal…