Pas de soucis, je sais où on peut dormir
Pour ce qui est du couchage, je n’ai pas vraiment d’inquiétude. Je me souviens de plusieurs départs de route et de petits parkings sympas quand j’étais venu la première fois. On opte pour le parking à côté du lac Pyramide. Comme ça, on aura une très jolie vue en prime au réveil. À l’entrée, il y a une barrière, et un panneau « aire d’utilisation diurne seulement ». On hésite, et puis on décide de s’installer quand même. Le van est monté, tout est installé. On discute un peu, je monte me coucher. Moteur de voiture qui approche. Ça n’est pas très bon signe. À moins, peut être, que ce soit quelqu’un qui ait les mêmes motivations que nous. J’ai quand même un pressentiment. Je redescends. Girophare. Oups. Là, ça s’annonce moins bien.
Le garde frappe à la porte du van. J’enlève les rideaux, et sors.
– Vous savez qu’il est interdit de dormir en dehors des campings dans les parcs nationaux ?
– Ah bon ?
– Oui. Vous devez aller dans un camping. En plus, là, je venais fermer la barrière. Le camping le plus proche est (…) .
– D’accord, désolé, on savait pas. Donnez nous deux minutes, le temps de replier tout ça.
– Bien sûr, pas de problèmes.
Le garde est vraiment sympathique. On en reparle un peu plus tard avec Virginie. C’est l’une des raisons pour laquelle j’aime mon Pourquoi Pas ?. Je suis persuadé qu’il attire la sympathie des gens. Un van noir à petits pois verts, on ne peut pas vraiment être des méchants. Juste des jeunes bien cool et fauchés. Je me dis que si le garde était tombé sur un VR/autobus à 500 000 $, il n’aurait peut être pas eut le même comportement. Toujours est il que, note pour plus tard : quand il y a des barrières, ils les ferment la nuit, et ils viennent vérifier avant de fermer. Très mauvais endroit où dormir donc. Juste avant de partir, je redemande confirmation au garde. Dans tout les parcs nationaux, le campings est autorisé uniquement sur les sites aménagés. Ok. Il y a sans doute une tolérance assez grande pour les vans noirs à petits pois verts, vu que jusqu’à présent, on n’avait jamais eut de problème.
En attendant, on doit se trouver un autre endroit où dormir… ni Virginie ni moi n’avons envie de payer le camping. Mais si on retombe sur un garde, le même ou un autre, ça pourrait être problématique. Je pense à une autre alternative : le parking de l’auberge de jeunesse. On pourra toujours prétendre que l’on est arrivé tard, que l’accueil était fermé, et qu’on a dormi dans le parking, n’ayant pas le choix…
On se dirige donc jusqu’à l’auberge de jeunesse. La route de nuit nous permet de croiser un cerf aux bois magnifiques, et trois jeunes caribous. Le parking de l’AJ est un peu en retrait, c’est relativement discret. Mais pour ne pas attirer trop l’attention (une fois ça suffit) on décide de ne pas ouvrir le toit. Ce soir, on dormira tout les deux au rez-de-chaussée. C’est plutôt étroit, mais ça devrait suffire.