La chèvre de montagne
On a finalement quitté les gros éboulis, pour continuer sur de la petite pierraille. Le paysage est grandiose ; le chemin devant nous m’inquiète un peu, par contre, parce que je connais pas trop mes limites sur ce genre d’endroits. On devine le sentier, sur le flanc de la montagne, dans les cailloux. De loin, ça a l’air impressionnant. Pas sûr de vouloir jouer les chèvres de montagnes.
On a le droit à quelques zones d’escalade/désescalade. Juste monter/descendre de deux mètres, c’est pas grand chose, mais ça fait changement. Je continue à prendre un plaisir fou à faire cette randonnée. Pour une fois, j’ai vraiment l’impression de quitter les sentiers battus, et de m’engager dans de la randonnée difficile et de haut niveau. C’est bête, mais ça fait du bien. Ça fait une éternité que je voulais faire ça !
Le passage à flan de montagne qui m’inquiétait un peu de loin se passe en fait sans le moindre problème. Je bénis à quelques reprises mes chaussures, qui sont un vrai bonheur. Elles me tiennent super bien les chevilles, elles ne glissent jamais, je suis super confortable.
On contourne une nouvelle arrête. Cette fois, c’est toute la vallée de Banff qui s’offre à nos yeux. Je me rends compte que finalement j’avais juste chatouillé le bout des orteils du ciel lors de la randonnée à Lake Louise. Là, le ciel, j’y suis vraiment. La température baisse graduellement, mais on est encore très bien. Une magnifique arche de neige a survécu à l’été, et nous attend. On nettoie la surface, on en mange un peu. Ma première bouteille est vide ; je la remplis de neige, histoire de laisser tout ça fondre tranquillement et d’en ramener à Virginie.



































