Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionAugust 9th, 2026
  • Et donc, j’ai récupéré ma maison. Que j’ai garée 2 minutes plus tard, sur un parking gratuit, pas trop loin du centre-ville. Pour aller explorer – à nouveau – Pampelune. Pampelune dont je ne me souviens de rien… la carte indique pourtant une citadelle centrale, mais même ça… ah si, ça me revient ! D’abord la promenade sur le bord de l’eau. J’avais trouvé que les lieux n’étaient pas très verts à l’époque. Certes, c’était en janvier… au mois d’août, les arbre sont couverts de feuille, et c’est vraiment agréable. Et en voyant les murs de la citadelle, les souvenirs de ma balade précédente me reviennent. J’avais garé le Chamion ailleurs, mais j’étais monté en ville par le même chemin.

     


    Je me promène un moment. Admirant un parc que je ne me rappelle pas avoir vu. Je pense que j’étais resté côté vieilles rues tortueuses. Vieilles rues où je finis par me retrouver.

    Et soudain, je vois ma première coquille. Ça aussi, je l’avais sorti de ma mémoire. Pampelune est l’une des étapes du chemin de Compostelle. Et forcément, on en voit plein, qui se baladent l’air très sérieux, avec leur petit sac à dos léger, avec la coquille accrochée. Celui-ci est magnifique. Tout de blanc vêtu, tout propre, chatoyant. J’ai l’impression qu’il a acheté un costume complet sur monpremiercompostelle.com ou un truc du genre. Enfin… j’ai déjà suffisamment critiqué Compostelle par le passé… je vais pas m’y remettre. Y’a quand même un souvenir qui me revient. Une discussion. Je crois que c’était avec Gaëlle et mes parents. Comment montrer que l’on ne fait pas Compostelle quand on fait de la randonnée dans le secteur ? En accrochant autre chose qu’une coquille. Par exemple, quelque chose qui mange les coquilles Saint-Jacques. Bon… j’avais complètement oublié cette idée, donc je ne me suis pas préparé, et j’ai pas amené d’étoile de mer pour attacher à mon sac à dos. Une prochaine fois.

    En attendant, je fais surtout très attention à aller toujours à l’opposé des panneaux qui indiquent le pèlerinage. Ça va être compliqué de n’avancer que vers l’est alors que dans l’idée, je cherche quand même à avancer vers l’ouest. Je trouverai une solution !

    En attendant, et après avoir profité d’une petite viennoiserie et d’un chocolat chaud bien mérité, je continue mes déambulations aléatoires. Je reconnais certains endroits. Certaines places. J’ai plaisir à me promener. Ça fait une petite étape agréable. Mais je ne m’éternise pas plus que ça non plus. Je retourne à la voiture en suivant le bord de l’eau.

    J’ai en effet la suite du programme qui m’attend : un océan à retrouver ! Direction Irun et la côte basque espagnole ! J’ai marché deux trois heures, j’embarque dans ma fourgonnette. Mon GPS me dit tout quoi faire. Et me voilà finalement en chemin. La route jusqu’à Irun se passe bien. Assez tranquille, à sillonner entre les montagnes. Je roule tranquillement. J’ai tout mon temps. Et j’apprends à connaître mon nouveau véhicule. Ce sera fait en 5 kilomètres. C’est confortable, avec plein de vitesses, pas mal de reprises, un bon freinage, et une direction assistée. Même une caméra de recule. Je vis dans le luxe !

    Guadalupe

    L’arrivée sur Irun est marquante. Après les petites vallées peu habitées, on retombe sur les grandes routes et les voitures partout dans tous les sens. J’ai prévu d’aller dormir au phare d’Higer, mais le GPS essaie de me faire passer par des chemins étranges, et je n’ai aucune confiance. Je reste plutôt sur la route principale, et me retrouve sur un immense parking, envahi par les voitures et les campings cars. C’est le sanctuaire de Guadalupe. Ça m’a l’air très bien. Je regarde un peu, y a des départs de balade, c’est confortable (comprendre plat). Me semble que pourquoi pas ?

    Je regarde un peu les différentes balades disponibles. C’est possible de se rendre jusqu’au phare. Sauf que c’est une balade d’une douzaine de kilomètres, avec 500 mètres de dénivelé. Mais y a plein de balades dans tous les sens, donc je peux faire le début et changer d’avis en cours de route. Mais pour une fois, j’anticipe : je remplis mon camelback (trois litres d’eau) et je prends deux sandwichs avec moi. Après tout, il est 15h, et ma tresse royale au chocolat et mon chocolat chaud du petit déjeuner commencent à être un peu loin !

    Et je pars donc marcher ! Évidemment, comme je pars de tout en haut, ça commence par descendre. Mais c’est sous les arbres, c’est frais, c’est agréable. Et c’est beau !

    Jusqu’à ce que, quand même, celui que je venais voir est là : l’océan. Une première crique/plage pleine de gros cailloux et de gens. C’est beau ! Je me dis que je vais continuer de longer la côte en direction du phare. Je suis quand même bien tenté de me rendre jusqu’au bout. Alors je continue d’avancer sur la côte, qui est toujours aussi magnifique. Mais avec pas mal moins d’arbres. Le soleil tape bien, mais la température a bien baissé. Elle est passée sous la barre des 30, et c’est très appréciable !

    Je sens la fatigue dans mes jambes, comme si j’avais marché déjà deux (presque trois) heures ce matin. Mais jusqu’au phare, il faut juste suivre la côte. C’est « plat ». Mouais…

    Et puis j’arrive finalement au phare. Accessible en voiture, évidemment. C’est la foire d’Empoigne côté stationnement. Autant mon parking à Guadalupe est pas si mal, autant ici, c’est le chaos, avec des voitures dans tous les sens. Clairement, je n’aurai pas passé la nuit ici. Devrais-je remercier mon GPS d’avoir fait n’importe quoi ?

    J’ai mal aux jambes. Beaucoup. Dans ma tête, depuis Pamplune, je mangeais mes sandwichs au phare. Et j’y dormais. Mais l’endroit est vraiment pas agréable. Alors je continue de promener mes sandwichs. La marche retour se fait sur une route presque tout le temps asphaltée. En temps normal, j’aime pas. Mais pour l’occasion, j’ai besoin d’une marche un peu plus calme. Parce que mes jambes souffrent de plus en plus.


    En fait, c’est seulement à ce moment là que mon cerveau se rappelle que j’ai fait déjà deux trois heures de marche ce matin, et que j’aurai peut être dû prendre ça en considération. Parce que bon, même si ça fait un moment que j’ai pas marché et que je me suis pas entraîné, normalement je suis pas épuisé après 12 kilomètres. Par contre, après 20, c’est plus compréhensible !

     

    Je suis quand même bien content de revenir à ma fourgonnette. Je regrette de ne pas avoir un magnifique Chamion tout confort qui m’attend. Je dois me contenter d’une caisse en métal. C’est quand même pas aussi charmant. Mais c’est pas si mal que ça non plus ! J’observe le parking s’ajuster. Les voitures s’en vont, et sont remplacées par de plus en plus de camping-car. Une ville complète finit par s’installer. J’ai arrêté de compter. Peut être pas une centaine, mais pas loin…

    Mais plus que le parking, c’est le ciel que je regarde. Avec ces gros nuages noirs, et ses éclairs. Troisième journée, troisième orage. J’admire, je m’émerveille, c’est parfait. Ça me plait ! Et puis l’orage passe. Le soleil ressort. Et Jesus fait son coming out.

     

    Une belle fin de journée, moi je vous dis ! Et une deuxième nuit toute tranquille à bord.

    Je me réveille plutôt bien reposé le lendemain matin, même si j’ai eu un peu froid sur la fin de la nuit. Si si, je vous assure, en Espagne, la nuit, il fait froid !

    Je commence ma journée tranquillement, en prenant mon temps. En observant les gens. En marchant un peu aussi, pour me détendre les jambes, un peu lourde. Et puis finalement, je décolle pour San Sebastian. L’objectif étant d’y arriver à un moment dans la journée. Et surtout, de continuer sur les petites routes bucoliques et sympathiques. Pendant que je pars, j’observe le parking transitionné à nouveau. Les camping-car s’en vont, les voitures reviennent. Balais incessant !

    Jaizkibel

    Je ne roule pas très longtemps avant de m’arrêter à nouveau. Un autre parking, beaucoup plus petit, mais tout aussi plein de camping-car. Et surtout, un magnifique départ de balade qui me fait de l’oeil. Aucune idée de comment elle s’appelle cette balade, mais pour me réveiller et me détendre les jambes, elle sera parfaite. Elle fait parti d’une portion du chemin des coquilles que j’avais envisagé de faire : Irun – San Sebastian (mais j’avais prévu de la faire d’ouest en est évidemment). Mais finalement, ça fait parti des plans qui ont été mis à jour à cause de la Gironde. Je suis quand même content d’en faire quelques extraits !

    Et donc, ça fait du bien, comme prévu. Je repère là d’où je viens. Là où je vais. Je crois que c’est vraiment une des choses que j’aime le plus en montagne. La façon dont elle connecte passé-présent-futur. J’en avais beaucoup parlé quand j’avais exploré le moindre centimètre carré des montagnes au nord de Huesca. Chaque promenade connectait mes promenades précédentes avec celles que je prévoyais faire. Souvenir : https://pourquoi-pas.info/wp-content/uploads/2022/04/carte_huesca-scaled.jpg

    C’est peut être l’une des choses que je reproche à la mer. C’est plat. On ne sait pas d’où on vient, on ne sait pas où l’on va. C’est trop identique. Pas possible de faire la différence.

    Mais dans cette petite balade là, alors que je ne connais pas vraiment la région, je devine quand même un peu où je m’en vais. Je me projette aussi, par exemple dans ce parasol étrange, que je n’aurai d’autre chose choix que d’aller voir au sommet de sa petite bosse.

    Aussi, de retour à ma camionnette, je m’arrête à nouveau juste après pour aller voir mon parasol. Qui n’en est pas un du tout.


    Puis de reprendre la route à nouveau, pour me retrouver à San Sebastian. À l’air de camping car, qui déborde dans tous les sens. En fait, tous les stationnements dans les environs sont remplis de camping car. C’est le quartier de l’université. Plutôt tranquille en été j’imagine. Mais c’est juste… beaucoup trop ? enfin, je ferai parti du problème, en me stationnant avec tout le monde. Prêt à aller découvrir San Sebastian.

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