Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionOctober 23rd, 2014
  • J’ai déposé Laurie au bus. J’ai déposé le carrosse chez le loueur. Je me suis déposé dans un café. Le temps de prendre un chocolat chaud. De faire le point. Je viens de passer une dizaine de jours vraiment superbes avec Laurie, qui a été une compagne de voyage particulièrement agréable. Nous avons quelques autres projets communs. Peut être en partagerons nous certains. Nos routes se recroiseront sûrement. J’en serais en tout cas ravi. Mais me voilà de retour dans ma petite bulle de voyageur solitaire. Voyager avec Laurie a été facile ; mais des fois, voyager seul, ça fait aussi du bien. Et là, tout de suite, j’ai besoin d’une immersion complète dans Portland, tout seul avec moi même et quelques objectifs bien précis. J’ai un livre à écrire, et une série (plus ou moins précise) de lieux à découvrir. Bref, je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer. Je finis de boire mon chocolat chaud assez rapidement. It’s time to start!

     

    Powel Library

    Je commence par un petit détour par la librairie Powel. Parce que c’est vraiment un lieu qui m’inspire, avec ses immenses rangées de livres, et son choix qui semble n’en jamais finir. D’ailleurs, je trouve la suite de la trilogie que je suis en train de lire. Des livres de Anne Mc Caffrey que je n’avais encore jamais lus ! Et qui, sauf erreur de ma part, ne sont peut être même pas traduits en français. Alors j’achète les tomes deux et trois. Je regarde par la fenêtre, et m’installe pour quelques temps sur une chaise confortable. Le seul problème de mon plan découverte, c’est que la météo n’est pas forcément encline à me supporter là dedans.

     

    Il est très clair que le temps ne s’améliorera pas. Il est très clair que mon livre est excellent. Mais je me décide quand même à bouger un peu. Je repasse rapidement par le Whole Food qui est juste à côté pour me prendre un petit quelque chose à grignoter. Jacy, la fille qui nous avait conseillé la veille, est là. Elle me reconnaît. Me demande si on est allé sur Mississippi, et si ça nous a plus. Je la remercie, parce qu’on a vraiment apprécié le Bar bar. On discute un peu. Elle rêve d’aller en France depuis un moment. Elle voudrait savoir si j’ai des conseils à lui donner. Je me retrouve tout naturellement à lui proposer que l’on se retrouve le lendemain après son chiffre pour en discuter.

    C’est là, je crois, que j’ai mis le doigt sur ce qui me plait le plus en Oregon. Enfin… il y a énormément de choses qui me plaisent énormément. Mais plus que tout, ce sont les gens, et à quel point le contact est facile avec eux. Combien de fois j’ai croisé le regard d’un(e) inconnu(e) dans la rue, alors que j’étais tout souriant, et que j’ai eu un sourire en retour. Combien de fois je marchais tranquillement, perdu dans mes pensées, et un inconnu a croisé mon regard pour me faire un grand sourire. Combien de fois je me suis retrouvé à parler à des inconnus, comme ça, sans raison. Juste parce que nous étions au même endroit, au même moment. Je passerais le reste de la semaine à Portland à porter mon pantalon préféré. Des pantalons vraiment très amples, qui ont l’habitude de voler tout autour de moi quand je me déplace. Chaque jour, au moins deux personnes, et jusqu’à quatre ou cinq, m’arrêteront pour m’en parler. Pour me dire qu’ils les trouvent vraiment chouettes. Ces interruptions entrainant souvent des petites discussions impromptues mais oh combien agréables. L’expérience a tenté est évidente. Il est temps que je me promène dans Lyon avec les mêmes pantalons, mon même sourire heureux, et voir. Peut être que ça marchera aussi. Je suis intrigué. Curieux de voir…

    En attendant de continuer mes expérimentations, je pars en direction du Pearl District. Là où habite Jasmine. Là où le narrateur a garé le Pourquoi Pas ?. Il est temps que j’aille voir s’il a bien choisi ou non…

     

    Je me suis abandonné à Portland. Et portland m’a absorbé. J’ai réussi mon paris. Ce paris un peu fou de découvrir la ville autant que je pouvais. En découvrir certains quartiers, certains bars, certains clubs. Quelques brasseries. Des lieux inspirants, des rues qui me plaisent. Des endroits que j’ai envie de voir et de revoir. Des endroits où j’ai désormais des souvenirs, et où je pourrais m’en inventer d’autres.

    J’ai retrouvé la Portland que je connaissais. Ou peut être que je soupçonnais d’exister. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé tellement de lieux, échanger avec tellement de monde… j’en suis presque venu à me demander si Portland allait me laisser partir.

    Le soleil ne s’est pas montré de la semaine, ou si peux. Mais c’est pas grave. J’ai eu plaisir à me promener, même avec un ciel gris, même avec un peu de pluie. J’ai marché des dizaines de kilomètres. Tout les jours. J’ai erré, j’ai exploré, et je n’ai pas arrêté de sourire une seule fois.

     

    Portland est séparée en quatre zone. La Willamette River sert de délimitation entre l’est et l’ouest. Burnside Street entre le nord et le sud. Il y a donc nord est, nord ouest, sud est et sud ouest. Les rues orientées nord sud sont numérotées (en partant de la rivière). Les rues est/ouest sont nommées. Il n’empêche : quand on regarde une adresse, il est important de bien noter le secteur. Parce que 7589 SW 81e avenue et 7589 NE 81e avenue existent toutes les deux. Mais si vous allez à l’un plutôt qu’à l’autre, vous faites une erreur de 25 kilomètres…

    La numérotation des maisons est relativement bien pensée aussi. Entre la 1ere et la 2e avenue, se sont les numéros entre 100 et 200. Entre la 2e et la 3e, les numéros entre 200 et 300. Etc. Ça aide énormément à repérér à quel niveau peut se trouver une destination. Par contre, ça ne marche que quand vous marchez d’ans le sens est/ouest ou ouest/est, vu que les rues “horizontales” sont nommées plutôt que numérotées.

     

    Il m’a fallu un petit moment -et beaucoup de marche à pied- pour comprendre que Portland fonctionne par tout petit quartier. Une ou deux rues assez sympas, assez vivantes, avec quelques restos, cafés et petites boutiques… Et puis pas mal de rues résidentielles ensuite. Il n’y a pas vraiment de rues commerçantes sans fin, comme Saint Laurent, Sainte Catherine ou Mont Royal. Ça donne presque l’impression d’un amalgame de tout plein de petits villages, collés les uns sur les autres. Petits villages que l’on peut explorer comme bon nous semble. Et puis on s’en va explorer une autre rue, un autre quartier, un autre endroit. L’un des problèmes, c’est que ces rues sont souvent assez éloignées. Donc ça tient quand même bien occupé de passer de l’une à l’autre. L’un des principaux défauts de Portland étant de ne pas avoir un réseau de bus bien efficace (alors que le tramway et le max fonctionnement bien) il n’y a pas beaucoup de lignes de bus, et la plupart s’arrête de circuler assez tôt. Alors il faut aimer marcher (sauf si vous êtes de ces humains étranges qui se déplacent en voiture en ville…

     

    Alors…. qu’ai-je donc découvert ?

     

    Pearl District 

    Situé prêt du centre-ville, dans la partie Nord Ouest, Pearl est un ancien quartier d’entrepôt. L’ancienne gare de triage a été entièrement rasée, laissant la place pour construire de magnifiques condos. Les entrepôts restants ont été convertis en lofts d’artistes et en lofts de luxe pour une partie, et en magasins plutôt sympas pour une autre. Galeries d’arts côtoient petits cafés sympas et restaurants gastronomiques. Assurément un endroit assez bobo (sans doute le plus bobo de Portland) mais sans que ce soit trop. On y trouve aussi la Bridgeport Brewery, magnifique entrepôt entièrement reconverti en brasserie où la bière est loin d’être mauvaise ! Le quartier est centré autour de la 13e nw avenue.

     

    Alphabet District

    Juste à l’ouest de Pearl, se trouve un autre petit quartier assez sympa : Alphabet District. Son coeur a lui, c’est la 21e nw avenue, entre Burnside et Lovejoy, et la 23e nw avenue, entre Northrup et Thurman. Quartier offrant un intéressant contraste entre les grandes maisons un peu luxueuses et les blocs d’appartements sans trop de prétention. Alphabet est séparé de Pearl par l’autoroute à l’est. À l’ouest commence Hillside. Une colline assez jolie, où l’on retrouve surtout des maisons luxueuses. Au milieu de ces deux quartiers relativement riches, Alphabet fait beaucoup plus modeste, beaucoup plus agréable, beaucoup plus familial. Et on y retrouve le magnifique Couch Park (là où le narrateur a garé le Pourquoi Pas ? donc), avec ses grands arbres. Du côté de la 21e avenue, quelques cafés sympas et invitants, à l’ambiance vraiment cosy, qui ne vous donne qu’une envie : vous poser pour prendre votre temps en dégustant un chocolat chaud. Une petite boulangerie toute aussi invitante, un pub irlandais, une épicerie dans la lignée de Whole Food, mais en mode beaucoup moins « tape à l’oeil ». Et avec des prix qui font un peu moins mal aux yeux également. Un chouette choix de restaurant, une épicerie fine avec sa petite fromagerie… et tout ça à quelque pas du centre ville.

     

    Burnside Ouest 

    Cette rue est un univers entier à elle toute seule. Je ne peux m’empêcher de lui trouver un petit côté Sainte Catherine, à cause de son côté changeant. Elle marque donc la séparation entre le nord et le sud. Entre Alphabet et Pearl au nord et le centre-ville au sud. Elle est plutôt agréable. Certes assez passante, mais avec quelques boutiques sympas et quelques jolis bâtiments. Il n’en reste pas moins un certains contraste dans les magasins, alors que l’on passe de la taverne de luxe et du Whole Food au magasin de costume d’Halloween, et à la friperie. Un ancien bâtiment historique, reconverti en restaurant et en bar par la famille McMenamins (je reviendrais là dessus un peu après). Et plus on se rapproche de la rivière, plus elle devient glauque. Quelques adresses plutôt « underground » : le Star Theater, le Roseland Theater ou encore le Dante. On retrouve aussi pas loin l’Armée du Salut, et une certaine concentration d’itinérants et de vagabonds.

     

    Le Rose Garden

    Portland, city of roses. La fleur est l’emblême de la ville. Et l’une des attractions les plus prisées de la ville est assurément son jardin de roses. Certes, je l’ai trouvé beaucoup plus coloré au mois de juin il y a quelques années. Et puis la vue sur le Mont Hood est magnifique quand les nuages ni sont pas… mais j’ai eu plaisir à y repasser. Il y a un côté très calme, très serin, dans cette roseraie. Je sais que j’y viendrais souvent pour me détendre et me ressourcer si j’habitais Portland…

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