Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionDecember 29th, 2019
  • J’ai finalement repris la route. J’étais bien, sur mon petit bord de plage, mais j’ai fait le tour de ce que j’avais à voir à portée de pied (à savoir, quand même pas grand chose). Cinq nuits à dormir dans un petit endroit tranquille, à être bien, à aller à mon rythme, comme il se doit. Comme à la maison donc…

    La Cathédrale de Maguelone, je l’ai repérée sur google map. Fidèle à mon habitude, j’aime bien regarder les plans et les cartes pour me donner de l’inspiration pour avancer. Pour décider de où aller. Je ne croyais pas trop à la possibilité de dormir là bas, mais au moins, c’était la promesse d’une belle petite balade. Peu de temps après être parti, je traversai donc Palavas les Flots -sans m’arrêter, l’endroit ne donnant pas du tout envie- et juste après, je garai le Chamion sur un parking, entre l’Étang du Prévost et la mer.

    La Cathédrale de Maguelone est située sur une petite île, entre différents étangs, et juste à côté du canal de Sète au Rhône. Canal que je ne suis pas très sûr de comprendre, vu qu’en gros, il se contente surtout de traverser des étangs. J’imagine que c’était surtout histoire de créer un canal à profondeur régulière, pour être sûr de pouvoir faire circuler des bateaux sans racler le sol en même temps. En tout cas, donc, la cathédrale est plutôt bien située. Et, je dois bien le reconnaître, assez belle. Du coup c’est plutôt chouette d’en faire le tour.

    À la base, je n’avais pas prévu de visiter les intérieurs (annoncés payants) mais comme tout était ouvert et que personne ne demandait quoi que ce soit, j’ai aussi fait un petit tour, que je ne regrette pas. Il me semble bien que c’est la première fois que je vois une cathédrale à deux étages. Sympa pour faire tenir plus de monde à la messe et vendre plus de places !

    Je continue ma balade, m’éloignant un peu de la cathédrale, pour aller voir le canal, la porte de Maguelone, et la petite passerelle qui permet de passer par dessus le canal (seulement aux heures d’ouvertures, de 9h à 17h – le reste du temps, c’est à la nage), avant de rentrer tranquillement au Chamion.

    Sans surprise, par contre, les lieux ne sont pas propices au stationnement nocturne. À vrai dire, ils ne sont de toutes façons pas plus inspirants que ça. Je reprends donc la route en direction du col de la tortue, là aussi repéré en avance sur internet.

    J’arrive dans un grand parking, pas trop en bordure de la route. De nombreuses voitures, un peu de forêt… un panneau de départ en balade. C’est très prometteur ! Je me trouve sans problème une zone bien horizontale pour la maison, et m’installe confortablement. Tout cela s’annonce bien pour plusieurs nuits à dormir sur place !

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    Et le lendemain, je suis donc parti pour une petite balade de 14 km, histoire de fêter ça !

    Il y a cinquante ans, l’endroit était plus ou moins rase. Les moutons déambulaient dans les collines, et du coup, il n’y avait pas beaucoup d’arbres… il y a cinquante ans, l’ONF s’est retrouvé à gérer la région dans le but de replanter. Depuis, des arbres un peu partout, une belle couverture forestière, et pas mal de chemins pour les VTT (électriques, soyons modernes) et les randonneurs. Comme l’endroit est propice aux incendies, des citernes sont installées un peu partout dans les bois pour simplifier le travail des pompiers en cas d’intervention. Pour sept de ces citernes, des grapheurs ont été invités pour les décorer, histoire de mieux les intégrer au paysage. Il s’en suit une balade (de 14 kilomètres), qui permet de faire le tour de ces citernes. Oeuvres d’art à ciel ouvert, c’est toujours très sympa.

    La balade est agréable, très bien aménagée. La température est parfaite. Il ne fait pas trop chaud, le soleil est doux, et j’avance avec grand plaisir.

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    Et il est vrai que les paysages se prêtent assez bien à quelques prises de vues panoramiques.

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    Surtout quand la mer finit par se laisser voir, au bout d’une piste d’atterrissage pour petits avions (oui, il y a une piste d’atterrissage au sommet de cette colline, au milieu des bois, et je n’ai pas la moindre idée du pourquoi du comment).

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    Occasion également de voir au loin Palavas et la Grande Motte, et de regarder un TGV dans son habitat naturel.

    La balade continue encore. Ça monte, ça descend, ça remonte… je ferai un détour pour aller me rendre au pied d’une tour d’observation, qui permet d’avoir un bel aperçu sur les environs. Qui permet même de voir le Chamion, de loin. De très loin. Sur la cinquième photo, pour ceux qui ont de bons yeux.

    Je rentre à la maison les jambes un peu lourdes, mais ravis de ma balade. Le soir, c’est la lune qui se donne en spectacle.

    Un peu plus tard dans la soirée -suffisamment tard pour que mes deux voisins en camping-car soient endormis- j’entends des bruits répétitifs qui m’interpèlent. Comme une porte que l’on claque plus ou moins régulièrement. Intrigué, je fini par me décider à pousser un rideau pour jeter un oeil dehors. Et voir de magnifiques flammes, d’où jaillissent de temps en temps des feux d’artifice. Je regarde un peu le brasier, devinant assez vite de quoi il s’agit. Vue la taille des flammes, et vu qu’il y a quand même quelques risques dans un endroit comme celui-ci, j’appelle les pompiers. Je leur explique qu’il y a une voiture en train de brûler. Ils me disent qu’ils envoient une équipe. Comme je n’ai rien d’autres à faire, je sors mon appareil photo… bin oui, pourquoi pas !

    La gendarmerie arrive une quinzaine de minutes après. Je vais les voir, pour les prévenir que c’est moi qui ai téléphoné. Je réponds à leurs questions. Et puis retourne au Chamion. Les pompiers finiront par arriver, une vingtaine de minutes après mon appel. La voiture brûle encore, mais plus pour très longtemps…

    Quand j’ai demandé aux gendarmes si cela arrivait souvent, ils m’ont répondu, limite surpris « bin oui, vous savez, on est juste à côté de Montpellier, c’est fréquent dans la région ». Ah bin je savais pas que c’était un sport régional. Peut-être pour remplacer la tauromachie ?

    Même si je sais que je ne risque absolument rien -il s’agit bien de voitures volées- je ne dors pas très très bien la nuit suivante. Mais cela me permet de prendre une décision : j’hésitai à dormir une nuit de plus sur place, je vais plutôt passer mon tour. Même si je ne risque rien, l’endroit a perdu un peu de son attrait ! Gaëlle arrive le lendemain à Montpellier. Je décide donc de me diriger vers la ville dès aujourd’hui. Un peu plus tard, je suis garé dans le centre-ville de Lattes, sur une petite place très sympathique, à cinq minutes à pied du terminus de tram. Tram dans lequel je monte un peu plus tard, pour aller passer la soirée en ville. Le hasard faisant bien les choses, mes déambulations finissent par m’amener à côté d’une charmante brasserie, plutôt sympathique tant par l’apparence que par sa série de bières pression. Une heure plus tard, je suis rejoins par deux amis (qui eux même habitent à Montpellier) et un ami à eux. Petite soirée tranquille, entre amis, avec de la bonne bière. Des fois, ça fait du bien !

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