Rue du Pourquoi Pas



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Acatenango en solo : guide pratique !">
Écrit par : Sébastien ChionApril 5th, 2016
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    Il y a trois options pour ceux qui veulent gravir l’Acatenango qui, avec ses 3976m et sa vue unique sur Fuego, est le volcan le plus populaire du Guatemala.

    La première consiste à passer par une agence de voyage ou un hôtel à Antigua. Il vous en coutera un minimum de 350Q (45 euros), mais les prix peuvent être bien plus élevés que ça, dépendant des services offerts, et de la qualité des dits service. Absolument tous les hôtels à Antigua vous proposeront la promenade, et demandez à n’importe qui dans la rue, il connaitra quelqu’un pour vous emmener.

    La deuxième consiste à se rendre à la Soledad (le village au pied de l’Acatenango) de trouver un guide directement sur place. Compter un minimum de 250Q (35 euros). Un peu plus complexe à gérer, vu qu’il vous faudra vous rendre sur place, et trouver un guide une fois rendu (demandez à n’importe qui, on vous renseignera, les Guatemaltèques sont adorables). Point positif : votre argent directement au guide et aidera l’économie locale. Plutôt que d’enrichir une agence de voyage.

    La troisième option est celle qui me plaisait le plus. Faire l’Acatenango en solo. Pour n’avoir aucune contrainte de temps. Pour pouvoir partir quand je veux, passer le temps que je veux en haut, et redescendre quand j’en ai envie. Très très peu documentée (c’est pour ça que je prends le temps de le faire) c’est une option très simple, très agréable, et super économique (budget total : 74Q + nourriture).

    Je déconseille à quiconque n’a pas beaucoup d’expérience de randonnée de partir sur ce trek sans guide. Pas parce que c’est compliqué, mais parce que c’est dur. Je le déconseille également si vous n’avez jamais fait au moins une fois un 1000 mètres de dénivelés sur une journée, ou si vous n’avez jamais franchi la barre des 3500 mètres d’altitude auparavant. Dans ces conditions, je vous recommande fortement de partir avec un guide. L’Acatenango est LE VOLCAN LE PLUS DUR que j’ai gravi au Guatemala (du plus facile au plus dur, selon ma propre expérience : San Pedro, Santa Maria, Tajumulco, Acatenango). 

    Étape numéro 0 : se préparer

    À 3976 mètres d’altitude (le sommet), il fait froid. Jamais au dessus de +10C, et parfois jusqu’à -5. Il y a du vent. Beaucoup de vent. Si vous commencerez l’ascension en tshirt, vous la terminerez avec quelques couches en plus. Amenez de quoi résister au froid, d’autant plus si vous pensez camper au sommet plutôt qu’au base camp (voir plus bas). Une tente est évidemment de mise. Il est possible d’en louer à Antigua, mais les prix sont assez prohibitifs. Sans oublier, bien sûr, sac de couchage, matelas de sol…

    Côté nourriture, prévoyez au moins un gros repas, un bon petit déjeuner le lendemain, et des barres de céréales ou autre produits énergétiques (vous ne les regretterez pas !). Trois litres d’eau par personne et par jour est un minimum acceptable.

    Vous aurez besoin de bonnes chaussures de marche, et vous serez heureux sur la fin si vous avez un bâton de marche. Il est possible d’en acheter un pour 5Q au début du trail.

    Personnellement, ayant le temps, j’ai paqueté pour deux jours, au cas où.

    ÉVITEZ AU MAXIMUM LE MOINDRE KILO INUTILE !

    Je suis doué pour voyager lourd, et trimbaler plein de choses en trop dans mon sac. Bon, d’accord, c’était chouette de jouer du didgeridoo au sommet de l’Acatenango. Et si j’avais dormi au camp de base, sans vent et un peu plus chaud, j’aurais aussi utilisé mon bâton de feu. Et j’avais de la nourriture pour deux jours au cas où. Mais le sac de 17 kilos, je m’en suis voulu un peu sur la fin quand même !

    Étape numéro 1 : se rendre à la Soledad. 

    Comme pour presque tous mes déplacements au Guatemala, je n’ai pas planifié comment me rendre à la Soledad. Je vais au terminus de bus, et je verrais bien. Il n’y a que très peu de bus direct (aucun le dimanche). À l’aller, j’ai eu un changement à Dueñas (4Q pour le premier segment, 10Q pour le deuxième segment). Compter environ deux heures de trajet.

    Étape numéro 2 : trouver le début du sentier 

    Dîtes au chauffeur que vous voulez faire l’Acatenango, il devrait vous poser au bon endroit. Sinon, demandez à n’importe qui dans la rue. Sinon, sachez simplement que le chemin commence à côté du cimetière à l’entrée de la ville, qu’il y’a quelques stands sur le bord de la route, et qu’il est absolument impossible à manquer.

    Étape numéro 3 : le sentier jusqu’au Y presque en haut 

    La plupart des petits groupes avec guide privé attaque la montée vers 10h. La plupart des agences attaquent la montée vers 10h30/11h. À vous de voir si vous voulez un peu de compagnie ou non !

    debut

    D’ici, le sommet ne parait pas si difficile à atteindre. C’est normal. Ce n’est pas l’Acatenango. Votre objectif se cache en arrière. 

    Le sentier est on ne peut plus simple à suivre. Il commence à travers champ, montant tranquillement. Il n’est pas vraiment possible de se perdre à aucun moment durant la montée. Après une petite heure de marche, vous arriverez à la guérite d’accueil. C’est le dernier point si vous avez envie d’acheter une bouteille d’eau supplémentaire. Il vous faudra aussi vous acquitter des droits d’entrée de 50Q par personne. Vus la propreté du site, les petits aménagements en route et la qualité du sentier, ce n’est vraiment pas cher payer. Vous êtes à 2772 mètres ; on vous promet entre 3 et 5 heures de marche. Sans préciser s’il s’agit du camp de base ou du sommet. Vu le temps que j’ai mis, je dirais que c’est pour le camp de base…

    À partir de là, vous continuerez de grimper régulièrement dans les arbres, changeant tranquillement d’écosystème au fur et à mesure que vous montez. Il y a des cabanes avec des panneaux d’explications tous les 200 mètres (verticaux !) environ (un peu plus d’une demi heure à mon rythme).

    Vous rencontrerez trois croisements qui peuvent porter à confusion. Le premier est un peu après la cabane qui parle des dégâts faits par les insectes. À ce croisement, prenez à droite. Le deuxième est un peu après la dernière cabane (3351 mètres) ; celle avec une photo panoramique des volcans que vous pouvez voir. À celui-ci, vous pouvez prendre aussi bien à droite qu’à gauche. Les deux chemins se retrouveront un peu plus tard dans la montée. Peu après le point où ces deux chemins se rencontrent, se trouvent un troisième croisement. Devant vous, des mini clairières plus ou moins aménagées en terrasse. À gauche, le chemin monte un peu raide, à droite il part plutôt à l’horizontal. Si vous allez à gauche, vous vous dirigerez directement vers le sommet. Si vous vous dirigez à droite, vous irez au camp de base.

    right

    À droite : la promesse d’une arrivée prochaine, de plat, et de tranquillité.

    left

    À gauche : encore trois cent mètres à monter !

    Plutôt sommet ou camp de base, alors ? 

    – le camp de base est à 3700 mètres d’altitude environ. Du carrefour, il n’y a presque plus de dénivelé.

    – le sommet est à 3976 mètres d’altitude. Encore presque 300 mètres à grimper, donc, et ce sont poins d’être les plus faciles. Les 100 derniers mètres sont raides, dans de la petite roche qui glisse sans arrêt. Avec plus de 1200 mètres dans les jambes déjà, j’ai souffert (j’ai mis une heure pour monter ces 100 derniers mètres).

    -> oubliez le sommet si vous n’avez plus de jambes ! 

    – le camp de base a une très belle vue sur Fuego, et il est à l’abris du vent

    – le sommet a une vue panoramique sur Fuego, vous le verrez d’en dessus, mais vous serez en plein vent !

    -> si vous avez peur d’avoir froid, préférez le camp de base. Si vous voulez les points de vue les plus majestueux, choisissez le sommet. En plus, vous serez aux premières loges pour le lever de soleil. 

    view

    – tout le monde dort au camp de base. J’ai croisé une cinquantaine de personnes qui montaient le dimanche matin. J’ai croisé autant de personnes qui montaient le lundi matin. Il y aura donc du monde !

    – personne n’est assez stupide pour grimper 300 mètres de plus pour dormir en plein vent au sommet. Du coup, j’ai eu l’Acatenango pour moi tout seul.

    -> d’humeur sociale ou tranquille, à vous de voir ! 

    S’il est possible de dormir sur la crête du cratère, comme je l’ai fait moi même, cette option est à considérer avec beaucoup de précautions : à 4 000 mètres, les rafales de vent peuvent être extrêmement violentes, et plusieurs personnes sont mortes quand le vent à emporter leur tente. N’oubliez pas que passer 3 000 mètres, vous êtes dans les conditions de la haute montagne, et que cela inclue changements de météo violents et rapides. Si vous tenez absolument à dormir au sommet, le cratère, à l’abri du vent est plus sécuritaire que la crête.

    Étape numéro 4 : plus que 300 mètres ! 

    Beaucoup de gens vont au camp de base pour profiter de la vue sur Fuego, mais ne vont pas au sommet. C’est une énorme erreur ! Qui est parfaitement compréhensible si vous avez mal aux jambes ou mal à la tête à cause de l’altitude.

    Mais si vous êtes en forme, allez jusqu’au sommet ! Il est beaucoup plus facile de faire le sommet le deuxième jour : vous dormez au camp de base, et le lendemain, vous grimpez jusqu’en haut avec votre sac en mode léger. Pour le lever de soleil si vous aimez vous lever tôt, ou juste pour la vue, parce qu’elle vaut la peine !

    Le sentier jusqu’au sommet (depuis le Y) est facile à suivre. Quand vous arrivez à la Cumbre, le plateau du presque sommet, si vous êtes dans la même situation que moi (perdu dans les nuages !), sachez qu’il faut prendre le chemin qui va à droite. À gauche, vous aurez sur un autre sommet, plus petit, sans vue sur Fuego.

    Comme je le disais, les 100 derniers mètres (verticaux) sont difficiles. Un bâton est le bienvenu. Surtout si vous avez votre sac à dos complet !

    fin

    Étape numéro 5 : redescendre 

    Si vous avez le temps, prévoyez de passer deux nuits sur l’Acatenango. Dormez au camp de base la première nuit, prenez la deuxième journée tranquille en montant et descendant au sommet et en courant dans la roche. Et surtout en admirant Fuego et le paysage tout autour. Et gardez la descente pour le troisième jour.

    J’ai beaucoup hésité… et finalement je suis redescendu le lendemain. J’ai pas très bien dormi tout au sommet, il y avait beaucoup trop de vent, je n’étais pas assez bien équipé, j’ai eu un peu froid, je n’avais pas envie d’une deuxième nuit pareille. Et j’étais quand même un peu serré par le temps. J’ai hésité, en me disant que ça serait sans doute moins pire de dormir au camp de base (ce que l’on m’a confirmé, notamment pour l’absence de vent). Bref, je sais que j’y retournerai de toutes façons. En prenant mon temps cette fois !

    La redescente se fait assez vite. Comptez 3 heures environ. Voir même moins si vous êtes du genre à aimer courir dans la roche (j’ai mis 6 minutes pour redescendre la dernière portion qui m’avait pris une heure à monter la veille).

    Il y a un chicken bus qui vous ramènera à Antigua à 11h, avec correspondance à Parramos. Il vous en coûtera 10Q (7Q pour le premier segment, 3Q pour le deuxième). Il y en a d’autres dans l’après midi aussi. Sans doute des pickups s’arrêteront aussi, si vous leur faites signe.

    Les autobus des agences ont parfois des sièges supplémentaires. Par curiosité, j’ai demandé à un chauffeur… qui m’a dit que l’agence demandait 50Q par passager. C’est donc possible, mais je déconseille évidemment, vu le prix demandé. Peut être que d’autres demandent moins cher, mais j’ai un très gros doute là dessus.

    [Je reviendrai éditer tout cela dans quelques mois quand j’aurai fait l’Acatenango en trois jours et que je pourrai parler plus du camp de base]

    sommet

    Une belle raison de dormir au sommet, quand même, non ? 

    8 commentaires

    1. Commentaire de Iris

      Très très bien ton encart sur les recommandations aux gens quelque peu inexpérimentés sur ce type de randonnées (je me range d’ailleurs dans cette catégorie). Après une petite discussion sur les randos solo avec Fred ce week-end à Lyon (qui t’envoie le bonjour d’ailleurs, on a parlé de toi!), je rajouterais un petit conseil : quand on part seul, on prévient au minimum deux personnes et on laisse un maximum d’infos sur le jour de départ et de retour envisagés. Voilà, “just my two cents” :) Bises

    2. Commentaire de Sébastien Chion

      Bon point, en effet :) j’avais laissé un tit mot à ma logeuse sur le thème « normalemente, regressara en lunes. Pero no te preocupas si no me vees en lunes. tengo bastante comida par dos dias, y tal vez voy a quedar dos noches sobre el volcano. » ou un truc du genre ;)

    3. Commentaire de Boulette

      Que tu fasses le con à dormir tout en haut du cratère au lieu du camp de base, c’est ton problème… Que tu laisses traîner ici l’idée que c’est faisable, ça devient celui de tes lecteurs qui seraient (à tort) tentés de le faire ! Si personne ne dort en haut, y’a une raison: c’est dangereux.

      On t’avait peut-être pas précisé, mais on est montées un jour de (grand ?) vent. Déjà au camp de base ça soufflait à mort, mais t’imagines même pas la difficulté qu’on a eue pour atteindre le sommet. Laurie a fini à quatre pattes et j’ai rebroussé chemin avant le sommet, même si on avait pas de sac. Si le vent se lève en pleine nuit, t’as beau lester ta tente, PAF tu t’envoles ! Y’a eu des accidents mortels sur le sentier entre le camp de base et le sommet, répondant au doux nom d’hypothermie… Ca te dit quelque chose ?
      Ce serait peut-être judicieux de préciser une deuxième fois que…
      NE DORMEZ PAS TOUT EN HAUT DE CE PUTAIN DE SOMMET !

    4. Commentaire de Maman

      Merci Boulette pour ces précisions. Le fiston il est pas raisonnable – mais il va dire que je profite de la situation.

      D’un autre côté, il te dira qu’il n’est pas un guide de voyage, même si le titre de cette chronique laisse entendre que. Ceci pour qu’il ne me fasse pas la tête !

      ;-)

    5. Commentaire de Bruno

      Bravo, je suis à Livingston et c’est là que je m’en vais … M’étais dit que j’allais passer un peu de temps à chercher ma route ben voila, en 12 secondes c’est réglé.

      Merci à toi

      Cordialement

      Bruno

    6. Commentaire de Bruno

      N’hésites pas à me contacter tu veux des infos sur Pico Orizaba le plus haut sommet du Mexique à 5600m, je l’ai fait seul, ça passe ( une partie du moins j’ai arrété à 300/400 m du sommet, faut quand même un piolet et une paire de crampons pour rester un peu en securité, j’étais un peu juste avec mes chaussures de course à pieds )

    7. Commentaire de Sébastien Chion

      L’Acatenango est très clairement pas adapté aux chaussures de course… je recommande très fortement les chaussures de marche sur ce coup là !

    8. Commentaire de Aurelien

      Merci pour tous ces conseils. Nous revenons tout juste de l acantenango en solo. C était magique je le conseille à tous ceux qui voyagent au Guatemala. Juste une petite précision, au départ de la randonnée à environ 1 km du départ, il y a un un hangars au milieu des champs, suivez le chemin qui longe le hangars sur la gauche.

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