Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionOctober 20th, 2020

Dans le Chamion, j’ai un lit une place en mezzanine. Le lit deux places s’obtient en agençant les banquettes, pour transformer deux canapés en un lit. L’opération est relativement rapide et pas trop compliquée. Mais elle implique de faire/défaire le lit tous les jours ; c’est une opération dont je ne suis pas fan. Avec la première maison (mon Pourquoi Pas ? deuxième du nom), je n’avais pas de lit permanent. Je devais faire/défaire mon lit au quotidien. Ou simplement accepter d’utiliser mon lit comme banquette en laissant les draps dessus, ce que je faisais la majorité du temps. Ça a fini par me peser, et c’était l’une de mes principales exigences dans les plans du Chamion : un lit une place en permanence.

Le lit double en permanence est devenu la base de ma réflexion pour Warum. Évidemment, avoir un lit deux places permanent quand la surface au sol est de 1m90 x 3m70, ça relève presque de l’impossible : un petit lit deux places (1m90 x 1m20) représente le tiers de la surface au sol de la maison… hors de question que ce lit permanent soit au sol, donc. Reste l’option mezzanine. Le lit dans le sens de la longueur (comme sur le Chamion) n’est pas envisageable avec un lit deux places, la mezzanine étant beaucoup trop basse (et pour ne pas avoir une maison beaucoup trop haute, pas possible de faire une mezzanine à 1m80 du sol, avec en plus la possibilité de s’asseoir quand on est dans le lit) ; et le lit dans la largeur… là aussi, côté hauteur, c’est trop juste si on ne veut pas avoir l’impression de dormir dans un cercueil. D’autant plus que, pour me compliquer la vie, j’ai opté pour un toit à deux pans. Mais pourquoi donc, alors qu’un toit mono-pente serait plus simple ? À cause du soleil. Je m’explique : à l’avant de la maison, il y a la cabine. Donc aucune ouverture de ce côté là ; aucun ensoleillement direct. Ce qui en fait, assez logiquement, le côté à orienter vers le nord, autant que possible, quand le camion est à l’arrêt. Par opposition, c’est à l’arrière qu’il y a le plus de vitrage, vu que c’est orienté vers le sud. Et donc, si installation de panneaux solaires, il faut qu’ils soient installés sur un toit incliné vers l’arrière pour une meilleure exposition. Sauf que par contre, d’un point de vue aérodynamisme pour la conduite du camion, il me faut un toit plutôt incliné vers l’avant pour éviter une trop forte prise au vent. Bref, le toit à double pente est optimal (sauf d’un point de vue «mezzanine ». Voilà, je sais que des fois j’écris un paragraphe complet juste pour expliquer pourquoi j’ai opté pour un double toit… mais je me dis que ça reste intéressant d’expliquer le pourquoi du comment…

Et donc, pour mon lit, que je ne peux mettre ni en bas, ni en haut, il ne me reste que l’option Schrödinger : le lit qui est ni en haut ni en bas. Et tout comme « Pythagore » est beaucoup plus simple à écrire que Nietzsche, « Poulies » est beaucoup plus simple à écrire que « Schrödinger ». Je parlerai donc plutôt de lit à poulies.

Je n’y connais rien du tout en poulie. J’ai déjà fait une installation avec une poulie dans ma vie : chez mes parents, pour monter et descendre le garde-manger dans lequel mes parents font vieillir les fromages. Et alors même que je ne suis pas un expert en poulie, mon petit doigt me dit qu’un lit, c’est plus compliqué à monter/descendre qu’un garde-manger. Et j’ai eu beau chercher sur internet, j’en suis arrivé à cette situation classique où on trouve des tas de gens qui demandent « mais comment on fait » mais personne qui explique. Soit… dans ma tête, ça a l’air plutôt simple. Ça doit pouvoir se gérer avec huit poulies. Quatre sur le sommier. Quatre au plafond. Et à partir de là, on improvise !

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Les premiers tests, s’ils ne sont pas concluants, sont encourageants. Ce qui est tant mieux. J’ai bon espoir de réussir à mettre en place mon système. Le premier problème se résout assez facilement : la cordelette passe son temps à se bloquer dans les poulies. Mais en remplaçant la drisse par une vraie corde un peu plus épaisse, le problème est résolu. Ensuite, je me rends compte que ça force dès qu’il y a un peu d’angle. Il faut que les poulies soient le plus possible à la verticale les unes des autres. Ce sera donc ajusté aussi. Si la plus part de mes poulies sont des poulies fixes, j’ai deux poulies qui peuvent pivoter au niveau où ma corde n’a pas le choix de faire un angle à 90° (à l’avant). Ça aide beaucoup !

La dernière problématique se trouve au niveau de l’équilibrage des poulies : le lit ne monte pas à l’horizontal. La charge ne s’équilibre pas d’elle-même comme j’aurai pensé qu’elle le ferai naturellement. En réalité, après recherches, il semblerait qu’il faille rajouter une corde perpendiculaire pour forcer à l’équilibrage. Chose que je ne peux faire : j’ai une démultiplication au niveau des poulies (pour que la charge soit plus légère à monter) et il faudrait donc que mes poulies soient installées dans le sens de la longueur, plutôt que dans la largeur comme elles le sont actuellement. Pas possible, à cause du peu de marge latérale dont je dispose.

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Ok… pas facile d’expliquer un mécanisme de poulies quand soit même on ne le comprend pas vraiment. J’arrive pourtant à un système qui me convient, avec deux cordes séparées, qui nécessite que l’équilibrage soit fait à la main : en gros, avec une main, on tire sur la corde (pour faire monter) ou on laisse glisser la corde entre les doigts (pour faire descendre) et avec l’autre main, on retient le sommier pour que ça monte/descende à l’horizontal. Ce n’est pas fatigant. Ça nécessite juste un peu de pratique. Mais après quelques petites montées descentes, ça se fait bien.

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Et oui, vous en profitez pour découvrir que l’électricité aussi fonctionne ; ce qui est plutôt bien !

J’ai donc un lit qui monte et qui descend. Et surtout -très important !- le lit monte et descend quand les poignées de fenêtres sont installées. Parce que oui, tout mon projet pouvait s’effondrer si les poignées de fenêtres ne coopéraient pas : 1m93 disponible en intérieur. 1m88 de sommier. Ça laisse 5 cm pour les poignées de fenêtre, en vis à vis, de chaque côté du lit. Bonne nouvelle, il existe des poignées de fenêtre extra plate qui font 2,5 cm. Bref, tout combiné, ça passe. Ça implique une petite gymnastique d’équilibrage pour le passage du lit, mais là aussi ça se fait. Ouf. Le lit, c’est bon ! Et pendant ce temps, en plus du lit, y a plein d’autres choses qui ont avancées.

Par exemple, toute l’installation électrique est fonctionnelle. Je n’ai pas grand chose à dire sur la question. L’installation est classique ; un panneau de fusible, des fils souples (nécessaires pour l’homologation) et toutes les boîtes de dérivation visible (c’est la moindre des choses). Je devais aussi vous reparler de la question de la pompe : les pompes à dépression (qui se déclenche dès qu’il y a baisse de pression, donc à l’ouverture d’un robinet) ne s’arrêtent pas de tourner quand les cuves à eau sont vides (vu qu’elles n’ont plus d’eau pour refaire la pression…). Sur le Chamion, la problématique a été réglée assez facilement : la pompe à eau a son interrupteur. Si jamais il n’y a plus d’eau, je coupe l’interrupteur. Ce qui est, somme toute, assez logique. Pour Warum, j’aurai pu faire exactement la même chose. Mais le seul endroit logique où installer l’interrupteur étant à côté du tableau à fusibles, j’ai dédié un fusible à l’installation eau. Sur ce fusible est connecté le chauffe-eau et mon convertisseur 220/12 qui permet à mes deux pompes de fonctionner. Si plus d’eau, je coupe tout en même temps. Simple et efficace (et un peu radical).

Je suis aussi passé au travers de l’installation gaz. Pour la première maison, j’avais fait l’installation avec des flexibles. Pour le Chamion, vu que l’objectif était l’homologation, j’ai fait intervenir les talents de soudeur d’un ami. Pour Warum, j’ai décidé de tester une autre option : si dans les normes de constructions françaises, les raccords olive (ou bi-cônes) sont interdits, les normes européennes autorisent leur utilisation dans l’aménagement de camping-car. Et donc, l’objectif étant de construire une maison selon les normes d’homologation de véhicule (donc européenne) je peux utiliser des raccords bi-cônes. Et à ma grande surprise, alors que je me préparai psychologiquement à me taper la tête sur les murs pendant trois jours, avant d’appeler à l’aide et de finir tout ça à coup de soudure (il faut dire que pour la partie eau, lors de la première mise en eau, 75% de mes raccords fuyaient… c’est une tradition chez moi : l’eau m’en veut !) l’installation a été faite en quelques heures à peine. Trois fuites sur des raccords pas assez serrés, un coup de clé, et hop, une installation gaz entièrement fonctionnelle.

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La chose est claire : ma prochaine (oui, alors prochaine mais pas tout de suite non plus, faut pas exagérer !) installation eau, je ne la fais pas en souple, je la fais en rigide, tuyaux apparents, et raccords olive ! En plus, c’est joli !

L’observateur notera la présence de trois vannes sur mon circuit gaz. La première, vous le savez déjà, c’est le chauffe eau.

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La deuxième, c’est la plaque de gaz :

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Parce que oui, l’aménagement de la cuisine a bien avancé lui aussi ! Et les habitués reconnaîtront la même plaque de cuisson que dans maison 1 et maison 2. Parce que franchement, elle est super, elle marche très bien, elle est belle, et je ne vois aucune raison d’en changer pour un autre modèle ! (note aux fabricants : vous voyez, quand vous faîtes des produits de qualité, ils ont tendance à bien se vendre !).

Et la troisième vanne, donc ? La troisième vanne, c’est pour un chauffage !

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Oui, je sais, c’est scandaleux ! Le Chamion n’a pas de chauffage alors que le Warum en a un ! Ça fait quatre ans que le chauffage de mes maisons mobiles me tracassent. Au final, j’ai une solution qui me convient. Un petit chauffage Truma, hors de prix… parce que Truma ils ont le monopole des chauffages gaz pour véhicules aménagés. Donc ils font des tarifs hors de prix. Bon, par contre c’est plutôt bien conçu, et pas trop compliqué à installer. Et maintenant que j’ai pu tester, je vais remettre à l’étude l’installation d’un chauffage gaz dans le Chamion. Mais ça implique beaucoup de transformation… alors je sais pas si ça se fera.

Et donc les meubles prennent forme. Notamment un grand plan de travail dans la cuisine qui me rend jaloux lui aussi !

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Les banquettes à l’arrière se concrétisent, avec les coffres de rangement. Quand c’est droit, c’est facile :

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Quand c’est tordu, on se débrouille :

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Pour ne pas perdre d’espace, sans se compliquer la vie, il suffit de faire des tiroirs avec des formes personnalisées !

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Petit à petit, les éléments prennent vie. Des portes et des tiroirs apparaissent. Et c’est quand même une chouette transformation ! Une option simple et efficace pour fabriquer des portes : le tour en latte à volet ; les panneaux intérieurs en frisette (légèrement rabotée pour tenir dans les rainures des lattes).

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Il y a de plus en plus de petits détails ; ça avance de moins en moins vite ; ça fignole… le coin salon/lit se précise :

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Je n’ai pas précisé précédemment que le lit ne restait pas suspendu au plafond pour la nuit. Il se pose sur des renforts, installés un peu partout en dessous. Des petites cales en chêne, pour que le sommier ne bouge pas, et pour qu’il ne marque pas le bois. Avertissement visuel aussi pour l’utilisateur : quand le lit descend, c’est là qu’il se pose. Ne pas entreposer de téléphone portable ou tout autre objet qu’il serait mieux d’éviter d’écraser sous le lit…

Ca commence à ressembler à quelque chose, non ?

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Et puis il y a toujours ces petits points de vue que l’on aime bien :

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Bref… ça ressemble un peu à une fin de chantier tout ça ! Tout n’est pas encore terminé, il y a quelques ajustements encore, quelques ajouts… mais dans l’ensemble, même si ça ne se voit pas forcément dans les photos partagées ici, la maison est proche d’être finie. Je sais que je n’ai pas encore montré la salle de bain… pas grand chose à dire à son sujet et j’avais pas vraiment de photos sous la main… de toutes façons, je me réserve un dernier post, qui ne sera presque que photographique, je pense, dans le but de vraiment présenter la maison dans ses moindres détails. Vu qu’après tout, il me faudra bien me faire à l’idée que je dois la vendre… Il est temps de lui organiser un beau shooting photo !

Total cumulé :
Temps de travail : 321h (+137)
Nombre de vis : 2340 (+500)
Nombre d’agrafes : 1000
Nombre de clous : 660 (+200)

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