Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionFebruary 15th, 2016
  • Antigua a été la deuxième capitale du Guatemala, après Tecpan (1524 – 1527). Si Tecpan fut complètement oubliée (la ville existe toujours mais ne présente que bien peu d’intéret), Antigua reste l’une des principales destinations touristiques du Guatemala. Elle resta la capitale jusqu’en 1773, quand une série de tremblements de terre a plus ou moins rasé la ville. À son apogée, elle était le centre du pouvoir espagnol en Amérique Centrale, comptant 38 églises, une université, des imprimeries, etc…

    Suite aux tremblements de terre, la capitale fut transférée à Guatemala Ciudad. La ville fut officiellement fondée le 27 septembre 1775 par décret du roi d’Espagne Charles III. La Nueva Guatemala de la Asuncion s’installait donc dans la vallée de la Ermita, sur le site de l’ancienne cité maya de Kaminajuyu. Les habitants d’Antigua, ou plutot de la « muy noble y muy leal Ciudad de Santiago de los Caballeros de Goathemala » comme on la nommait à l’époque, eurent ordre d’abandonner la ville. Celle-ci fut pillée pour réutiliser les matériaux de construction, et il ne resta pas grand chose de la ville. Elle ne fut pas pour autant complètement abandonnée et le boom du café au 19e siècle permit à celle que l’on appelait désormais « la Antigua Guatemala » (l’ancienne Guatemala) de connaitre un nouvel essor, et de nombreux édifices furent rénovés. Au 20e siècle, le président Ubico déclara la ville « monument national » et les rénovations reprirent de plus belle.

    La ville était en bonne voie de retrouver sa splendeur passée quand un tremblement de terre en février 1976 la frappa de nouveau. Il fit des milliers de mort et anéantit une grande partie des travaux de rénovations. Pourtant, en 1979, la ville fut inscrite au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, lui permettant de connaitre un nouvel essor.

    Earth Lodge se situant à deux heures de marche de la ville, nous avons décidé de nous y rendre à pied, en prenant notre temps. Profitant du paysage et d’une route assez tranquille. Nous avons découvert la ville par le belvédère de Cero de la Cruz.

    Nous découvrons les lieux de la meme façons que nous conduisons nos discussions. Nous avons un sujet directeur, une idée de où nous voulons aller, mais il y a toujours une façade qui nous fait prendre une autre rue, ou une association d’idées qui nous fait faire un détour. Nous avançons avec la même non linéarité, aussi bien dans nos paroles que dans nos pas.

    Voilà un moment maintenant que je voulais voyager avec Lilou. Il y a dans le fait de voyager avec quelqu’un un défi. Une nouvelle façon de vivre une amitié. De partager une relation. C’est une expérience enrichissante, parfois difficile à vivre. Si je me demande comment tout cela va se passer, je n’ai pas vraiment d’inquiétude. Une belle complicité, une sensibilité partagée, une façon identique de voir les choses, et une ouverture à l’autre suffisent généralement à ce que tout se passe pour le mieux.

    La ville d’Antigua est magnifique. Rues pavées, façades colorées, maisons basses. Exemple parfait du « style colonial ». L’impression que le manuel d’architecture a été appliqué à la lettre. Et le résultat est de toute beauté.

    La ville s’oriente autour du Parque Centrale, une grande place qui marche le centre de la ville. Les boutiques sont plutôt orientées pour les touristes. Tout comme les restaurants et les hotels bien évidemment. On reproche souvent à Antigua d’être trop touristique. Il est vrai qu’en ces lieux, je n’ai aucun problème à l’idée de me balader avec l’appareil photo en bandoulière. Alors j’en profite !

    Je retrouve les façades magnifiques qui me plaisaient tant au Mexique. Les couleurs, les textures, les compositions graphiques. Véritable régal pour les yeux.

    Les touristes ne nous gènent pas plus que ça. Pourtant, nous cherchons quelque chose d’un peu plus authentique. D’un peu plus « Guatemala ». Et d’un peu moins colonial. Nous nous éloignons donc de la place centrale, pour nous diriger vers le marché. Les touristes disparaissent alors que nous pénétrons dans les étales ombragées. Les passages sont étroits. Le marché n’est pas très dynamique, mais il y a beaucoup de couleurs et d’odeurs. On nous regarde passer avec curiosité. Les touristes ne viennent pas trop par ici. Pour autant, on ne dérange pas.. Les appareils photos sont rangés, et nous sourions à tout le monde. On explore un long moment ce labyrinthe, en quete de nourriutre. Au bout du marché se trouve le marché « maya ». Nous avons quitté l’univers des ladinos. Les fruits et légumes sont étalés à meme le sol. L’ambiance n’est plus la même. Les regards non plus. Nous comprenons vite que nous ne sommes plus vraiment à notre place… et faisons donc demi-tour.

    À force d’explorer, nous arrivons à la foire alimentaire. De nombreux « comedor » (petit restaurant n’offrant qu’une ou deux options de nourriture). Nous sommes attirés par le même, et nous posons donc quelques minutes, le temps de manger.

    [Les photos présentées ici sont celles des marchés pour touristes. J’évite / nous évitons au maximum les photos dans les marchés traditionnels] 

    Le ventre plein, nous quittons le marché pour continuer notre exploration des rues de la ville. Nous marchons encore un long moment, fascinés par ces enchainements de façades colorées, régulièrement interrompus par des ruines impressionnantes.

    Nous retournons vers le Parque Central, pour nous poser quelques temps et regarder les gens. Puis une navette nous récupère, pour nous sortir du Guatemala et nous ramener dans l’univers protégé de Earth Lodge. Cet univers protégé est agréable le temps d’atterrir. Le temps de se caler. Mais ce n’est pas ainsi que nous comptons découvrir le Guatemala. Prendre la route nous convient parfaitement !

    Un commentaire

    1. Commentaire de Kaly

      Toujours le même plaisir à te lire, et à admirer les belles photos.

      Nous venons de rentrer pour notre part, essayant d’atterrir aussi bien de l’avion que de notre séjour, en particulier la visite de l’Alhambra – forcément !

      C’est très curieux de te lire en revenant d’Espagne, vu certaines similitudes non surprenantes, mais pas que, bien sûr.

      Bonne continuation !

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