Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionAugust 18th, 2026
  • Burgos. Burgos… Burgos……

    Je ne connais absolument rien de cette ville. C’est loin d’être nouveau pour moi, de débarquer dans des endroits dont je ne connais absolument rien. Ça permet de se garder des surprises. Je suis venu ici, parce que demain j’ai rendez-vous avec la copine de l’ancien prof d’histoire italienne de la fille d’une ex-collègue de travail. Si si, c’est tout à fait vrai ! Bon, il pourrait y avoir un lien relationnel beaucoup plus simple, mais c’est beaucoup moins drôle à raconter !

    J’ai jeté mes affaires importantes dans ma chambre d’hôtel, et je suis remonté dans ma bdc pour aller explorer la ville. J’ai regardé rapidement un plan de la ville, pour voir où je pourrais envisager de me stationner. Sur le plan, j’ai vu « cathédrale » et j’ai vu « citadelle ». Parfait, Un peu de repérage ce soir, une petite promenade vespérale, et on verra bien !

    Burgos est traversée par une rivière. Première constatation : les habitants de la ville ont accès à la rivière. Les berges n’ont été transformées ni en parking, ni en voie express, ni en je sais pas trop quoi. Sur les berges, un grand parc, la isla, qui s’étale sur… beaucoup ! Des arbres, de la verdure, des aménagements… c’est beau, c’est simple, c’est agréable ! Autre constatation : si les berges sont artificialisées (pas trop le choix en ville…) la rivière elle même reste totalement naturelle. Les arbres y poussent librement. La nature fait un peu ce qu’elle veut. Et ça, en ville, c’est rare !

    Et puis soudain, on arrive sur la porte de la ville. Une toute petite ouverture, toute simple, toute modeste.

    Mais si la porte surprend par sa simplicité et sa modestie, la cathédrale, qu’on se prend en pleine face juste après, surprend encore plus !

    Non, assurément, j’étais pas prêt. J’avais prévu de voir une cathédrale, mais j’avais pas prévu quelque chose d’aussi énorme. La ville de Burgos, après tout, n’est pas si grande que ça ! Très vite, je surnommerai la cathédrale « la grosse madame » (avec beaucoup d’affection, cela va sans dire). Je trouve que ça lui va bien !

    Deuxième constatation sur Burgos (troisième, vu que j’ai constaté la grosse madame) : la ville est agréable. Il y a beaucoup de touristes, mais pas tant que ça non plus. Beaucoup de gens dans les rues. C’est vivant. Et surtout, surtout, des bancs. Partout. Des vrais bancs. Pas de l’architecture hostile. Pas du mobilier anti SDF. Des bancs, au pied de la cathédrale, où l’on peut s’associer, et contempler. Même les restaurants ne semblent pas tant être des pièges à touristes. Ça fait du bien !

    Je fais le tour de la grosse madame ; difficile de s’en éloigner. Une histoire de gravité et d’attraction je crois. Vue sa taille, ça se tient ! De toutes façons, même quand on s’en éloigne un peu pour aller explorer les rues avoisinantes, on continue à la voir un peu partout.

    Quatrième constatation sur Burgos : la vieille ville est vraiment belle. Contrairement à San Sebastian que j’avais trouvé « too much » (un peu à l’image de Bordeaux tient : la ville est belle, mais à un moment, faut aussi savoir être raisonnable sur les façades ; trop, on se retrouve saturé). Bref, je déambule avec grand plaisir dans ses rues!

    Cette ville a quelque chose. Ce petit quelque chose que j’aime ressentir, et que je suis incapable d’expliquer. Pourquoi je me sens si bien ici, pourquoi les touristes ne me fatiguent pas ? Tout semble juste dans un équilibre tout comme il faut. Et cette balance fait vraiment du bien.

    Je m’en retourne à ma bdc. Non pas pour dormir cette fois, mais pour me ramener à ma chambre. Et c’est quand même pas déplaisant de se coucher sur un vrai matelas, dans des vrais draps !

    J’aime bien prendre mes réveils calmement. Et la petitesse de la chambre s’y prête bien. Je n’ai réservé qu’une seule nuit. J’ai aucune idée de mon planning de journée, à part que je dois retrouver Elisabetta (oui, je vais pas réécrire à chaque fois « la copine de l’ancien prof d’histoire italienne de la fille d’une ex-collègue de travail » ; d’ailleurs, je viens de le copier-coller) en milieu fin d’après-midi. D’ici là, ça me laisse le temps pour une…

    Oh ! Le petit déjeuner est inclus ? Bon, bin ça me laisse le temps pour un petit déjeuner… et découvrir que c’est seulement 35 euros la nuit. Décidément !

    Bref, le petit déjeuner inclus dedans mon estomac, je retourne en ville, pour explorer. Je sais que Elisabetta et Thibault n’auront pas beaucoup de temps (iels sont sur leur retour de voyage de leur côté, donc étape rapide). Je me dis qu’il y a donc des choses que je peux continuer d’explorer pour les attendre. Je regards ma bdc dans le même secteur que la veille, et pars à l’ascension de la citadelle, dont je ne sais absolument rien de plus que son existence.

    Et soudain, je découvre la citadelle.

    What ? bon, je vais admirer le paysage (et en profiter pour faire un panoramique) et après je vais observer ça de plus près.

    Et quitte à observer les choses de plus près, je fais aussi quelques gros plans de la cathédrale.

    El Cid ? Comme Le Cid ? Mais oui, lui-même. Absolument ! Nous sommes dans la ville du Cid. Dont je ne sais absolument rien, si ce n’est grâce au sketch des inconnus, où ils partirent 500 et par un prompt renfort, ils arrivèrent pas mal plus nombreux. La culture, chez les jeunes de nos jours, c’est scandaleux. Mais je n’ai pas le temps pour la culture. J’ai une citadelle en fils de fer à explorer.

    Et en effet, la cathédrale est toute en métal. Elle a été rasée il y a longtemps. Quelqu’un a eu l’idée de s’inspirer des œuvres d’un artiste (dont j’ai oublié de noter le nom) pour la recréer. Et l’effet, est absolument superbe. On comprend les proportions, l’emplacement, les chemins de circulation. On voit tout en même temps. Sans perdre le paysage. Et d’un point de vue photo, évidemment, c’est vraiment fun !

    On notera les infos sur le puits, construit tout en haut de la colline, et creusé donc jusqu’à tout en bas pour aller chercher de l’eau en cas de besoin. Pour la petite anecdote, la forteresse a été en partie (re)construite par les français. Alors que tonton Napoléon s’en allait au Portugal, c’est devenu un arrière poste important pour le ravitaillement des troupes. Pendant que les espagnols regardaient les armées françaises défilées pas vraiment d’un bon œil. Puis Wellington est arrivé (oui, celui-la même qui a donné son nom à la rue où j’habite à Verdun, que le monde est petit). Il a commencé à repousser les troupes françaises en dehors du Portugal. Et les espagnols ont encore moins aimé avoir des anglais sur leur sol. Arrivé à Burgos, Wellington a voulu prendre la citadelle. À la place, il s’est pris une claque. Et les forces françaises ont pu recommencer à progresser vers l’ouest. Si j’ai tout bien compris du panneau lu rapidement à la sortie de la citadelle.

    Et donc, pendant que Wellington se replie, moi je redescends en ville. Nouvelle balade dans le quartier historique. Je m’entraîne pour pouvoir faire guide expérimenté pour Elisabetta et Thibault. Et surtout parce que cette ville est vraiment superbe. Avec sa grosse madame partout ou presque.

    J’en profite aussi pour visiter une magnifique librairie vraiment superbe !

      

    Et puis le retrouve finalement la copine de l’ancien prof d’histoire italienne de la fille d’une ex-collègue de travail et l’ancien prof d’histoire italienne de la fille d’une ex-collègue de travail, devant les grosses portes. Ce qui est bien, c’est que quand on a dit « devant les grosses portes » on s’est tout de suite compris ! Je pense que c’est un peu comme les escaliers de la Fnac à Grenoble pour les rendez-vous. Mais en plus classieux.

    Et donc, on s’en va visiter la cathédrale. Parce que Thibault adore visiter les vieux monuments (t’sais, là, les profs d’histoire). Pendant qu’il écoute l’audio-guide (et nous résume les choses importantes) je discute avec Elisabetta de toutes les églises, cathédrales, monastères et autres édifices religieux qu’ils ont visité ces derniers jours. Tout en nous émerveillant quand même sur les intérieurs de la grosse madame. Ok… dans ce contexte, c’est peut-être un peu bizarre de l’appeler la grosse madame…

    Et oui, en effet, elle n’en fini pas cette cathédrale ! Elle est immense. On s’offre aussi une petite visite virtuelle, assez sympa. Mais ça, évidemment, vous ne le verrez pas en photos !

    On finit par ressortir de la cathédrale.

    En voyageurs beaucoup plus préparés que moi, Elisabetta et Thibault savent tout ce qu’il y a à voir sur Burgos. Et donc, notre étape d’après, c’est le musée de l’évolution. Que j’ai repéré un peu plus tôt, et où je peux donc les guider sans trop de problèmes. Après tout, je suis arrivé hier. Je suis un spécialiste de la ville désormais (et de la courbe de Donig Kruger) !

    Pas très loin de Burgos, on a retrouvé des restes humains (on n’incluant pas la personne qui écrit). Enfin d’ancêtres des humains. Une branche pas vraiment connue et pas mal localisée géographiquement. Il n’en fallait pas moins pour construire un magnifique musée sur l’évolution. Comme commentera Thibault, ils ont deux spécialités à Burgos : une cathédrale et un musée de l’évolution. Et entre les deux, coule une rivière. C’est peut être pas plus mal ! Le musée est assez sympa, mais après deux heures de cathédrale, c’est un peu intense comme enchainement. Dans la catégorie évolution, ils présentent aussi un Mac Classique. Dire que ça a sa place dans un musée alors que mes parents en ont un qui fonctionne encore. Et même un Apple II tout aussi fonctionnel !

    On se fait mettre dehors du musée. Après tout, il est 20h. On se pose un moment sur un banc pour discuter de la suite du programme : déambuler jusqu’à trouver un resto qui nous inspire. On trouvera ça au pied de la cathédrale. Parce que oui, on peut manger avec vue sur la cathédrale, en terrasse, pour un budget tout à fait raisonnable. Alors on en profite !

    Et moi, j’en profite pour prendre un peu de vin. Après réflexion, j’ai décidé que ce soir, je ne conduirai pas. La bdc garée dans la rue, elle est très bien là. Elle dérange personne. Et surtout, elle est 100% incognito. Un mini-van de location, ça passe aperçu absolument partout. Ça fait parti des avantages !

    On se dit donc au revoir. Elisabetta et Thibault seront de retour en France le lendemain. Moi, le lendemain, je m’offre encore quelques pas dans Burgos. Parce que vraiment, j’aime cette ville et son énergie. Je n’ai pas l’impression que je m’y plairais sur le long terme. Un peu trop petit. Mais pour quelques jours, pour visiter, pour profiter, pour se reposer, c’est parfait !

    En attendant, moi je peux attaquer la dernière partie de mon voyage : la route vers le sud, et vers Madrid où, parait-il, un avion m’attend.

    Laisser un commentaire