Comment est-ce que je construis mes itinéraires si je me renseigne jamais sur les endroits où je vais ? Comment je fais pour choisir mes escales, mes étapes, mes routes ? Comment je fais pour ne rien rater ?
Déjà, ça fait longtemps que j’ai admis que j’allais rater des choses. Plein de choses. Beaucoup de choses. Il y a beaucoup trop de choses à voir pour pouvoir tout voir. Alors dans un certains sens, ne pas savoir ce qu’il y a à voir, ça aide. Ça évite de penser à tout ce que l’on va rater. Et ça permet de se concentrer sur tout ce que j’ai la chance de découvrir.
Ensuite, ça m’arrive quand même de me renseigner un peu. Pas beaucoup. Et en général, c’est en regardant des cartes. Je regarde les noms, les routes, les détails que je peux saisir. Les monuments à voir. Les points d’intérêts. Par exemple, je suis présentement à Burgos. Je dois me rendre à Madrid. Lors de la préparation de ce voyage, alors que je regardais sur une carte ce qu’il y avait à voir dans les environs de Madrid, j’ai repéré la ville de Ségovia (à cause de son joli aqueduc) et le village de Coca (à cause d’un joli château). J’ai aussi repéré le mont Peñalara. Tout ces points étant plus au moins alignés dans le nord ouest de Madrid, ça me faisait mon angle d’entrée sur la ville. Ça a aussi fait que je me suis posé beaucoup de questions alors que je préparais ce voyage et que je réfléchissais encore à la location de véhicule. Si je restais sur mon plan initial (voiture louée pour une boucle depuis San Sebastian, avant de descendre en train sur Madrid), comment est-ce que j’allais faire pour aller voir ces trois endroits ? Louer une autre voiture à Madrid ? C’est comme ça que je me suis fait à l’idée, petit à petit, de ne pas rendre la voiture là où je l’avais louée.
Depuis Burgos, en regardant dans les environs, j’ai repéré le « parc naturel de Sabinares del Arlanza ». Et j’ai vu la photo d’une gorge absolument magnifique. Une seule. Pas besoin de plus. Ça m’a suffit pour ajouter les gorges de la Yecla sur mon itinéraire. À partir de là, une dernière hésitation, puis je me suis décidé d’aller à Valladolid. Parce que Valladolid, j’ai déjà visité. Enfin, le pendant mexicain. Et donc, l’itinéraire se dessine bien : Burgos Valla, Valla-Ségovia, Ségovia-Madrid. Ça me laisse trois nuits à Madrid. Mon itinéraire commence à se préciser. C’est pas si mal considérant qu’il ne me reste pas beaucoup de jours !
Et donc, je prends la route en direction du sud un peu est. Après un peu de route, je me gare comme un sauvage sur le bas côté. Je sors mon appareil photo et le télé objectif, et je fais quelques photos de pigeons en train de picorer dans un champ.
Un peu plus loin, je m’arrête pour aller visiter le village de Covarrubias, présenté comme un des plus beaux villages de Castilla y Leon. Moi, dans ma tête, je ne peux pas m’empêcher de les appeler Coronarrubias. Pis je m’en veux un peu. Mais pas trop. Parce qu’en vrai, même si c’est joli, je ne le mettrais pas dans mon classement de mes jolis villages à moi !
Et je reprends la route, jusqu’à un autre village, un peu plus loin. Village fort célèbre, car c’est là que l’on retrouve Sad Hill Cimetery. Ça vous dit rien ? C’est le cimetière où se joue la scène finale de « le bon, la brute et le truand ». Où y’en a un qui a une pelle, et l’autre qui a un flingue. Donc y’en a un qui creuse. Et pas l’autre.
Ça fait une éternité que j’ai pas vu ce film ; je n’en garde pas un mauvais souvenir, mais j’ai pas forcément envie de le revoir (Clint Eastwood n’a pas forcément super bien vieilli, on va dire…). Et donc, je ne ressens aucun désir particulier de marcher 3 km sous le soleil pour aller voir ce cimetière. Je me contenterai d’un tour du village. Qui est très fier d’être le village de Sad Hill Cimetery.
Et je reprends la route vers mes gorges qui m’attendent, pas loin du tout. On commence par traverser les gorges en voiture (en se demandant qui a eu l’idée de faire passer une route par là). Le départ se fait plutôt de l’autre côté. Un grand parking, pas grand monde, c’est parfait.
Et puis je pars remonter les gorges. Ouf ! C’est étroit. Ça a beau être aménagé, y a des moments tu n’as pas le choix de te pencher, de te tourner, de passer de profil… mais c’est vraiment superbe. Les points de vue changent à chaque pas, et ici aussi ils ont des pigeons. Qui bavassent en faisant vraiment du bruit !
Et le retour ? Tout aussi sympa !
Je reprends la route. Roule encore un peu en direction du sud. Le paysage commence à s’aplatir un peu. Les herbes à jaunir. Je fais un dernier petit tour de village (en voiture). Surtout parce que je suis très curieux par toutes ces petites battisses, collées les unes aux autres, dont je ne comprends pas la raison d’être.
Et puis j’oblique vers l’ouest, pour rejoindre Valladolid. Et pour une fois, je dois bien reconnaître que la route est plate est sans intérêt. Étrangement, ça correspond aux images que j’avais initialement de l’Espagne. Plutôt plat, plutôt sec, avec pas grand chose. Un château de temps en temps. Un domaine viticole… bref, une route qui se fait assez rapidement. Et ça me va, je commence à avoir hâte d’arriver à Valladolid !
Et me voilà garé dans Valladolid. Je n’avais aucune attente sur cette ville. Et pour une fois, mon absence d’attente rencontre mon absence d’intérêt. C’est la fin de journée, je me demande combien de temps je vais passer ici. Juste la soirée ? Ou une partie de demain ? Je passe devant l’office du tourisme juste avant la fermeture. La madame me donne une carte et me recommande « ici, vous avez l’église de, puis le cloitre de, puis le couvent de, l’église de, le temple de, l’église de, la cathédrale de, l’école religieuse de, ». Ok, j’ai visité une cathédrale hier, mais ma passion pour les édifices religieux n’est pas si grande que ça ! Je pars marcher dans une ville que je trouve pas très vivante, et plutôt ennuyeuse. Avec, en effet, beaucoup d’églises de. Je finis par trouver la Plaza Mayor. Où il y a un peu plus de monde. Mais je trouve que la ville manque de charme et d’intérêt. Bon. L’escale sera courte. Ça me convient aussi.
Bon, la Plaza Mayor mérite quand même bien son panoramique. Mais le ciel y est pour beaucoup !
Le temps de dormir, et de repartir le lendemain matin.






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