Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJanuary 4th, 2017
  • J’ai décidé de placer ces quelques jours de voyage et ma célébration du nouvel an sous le signe de l’improvisation et du hasard. Après tout, 24h avant mon départ, je ne connaissais pas encore ma destination… Pyrénées, Espagne, Côte Atlantique, Bretagne… c’est un peu une décision de dernière minute qui m’a emmené ici. Tout comme ma décision d’aller en Andorre.

    Ayant sous la main une carte de France, j’ai passé un moment à la regarder. Avant de décider que j’irai dormir à Carcassonne. Sans raison particulière autre que c’était plus ou moins sur un itinéraire Andorre – Lyon. Et que j’avais bien envie de revoir la cité médiévale. Dans mes souvenirs, elle avait la classe quand même !

    J’ai laissé Andorre derrière moi, et j’ai attaqué une route magnifique, traversant les Pyrénées Ariégeoises. Je me suis arrêté un minuscule instant à Ax-les-Thermes, espérant -dans mon innocence encore entière- trouver de belles sources chaudes. Il y avait là un grand centre thermal. Pour 14 euros, on pouvait accéder à la piscine. Mais pas avant 14h. Et il était midi. Comme de toutes façons, je n’avais ni envie de payer une fortune ni d’attendre deux heures, j’ai repris la route.

    Le Château de Montaillou 

    C’est un panneau à un croisement qui m’a fait dévié de mon itinéraire. « Château cathare de Montaillou ». Les châteaux cathares, je connais bien. Je suis fan de Queribus, Peyrepertus et Puylaurens. Sans oublier Montségur bien évidemment. Mais Montaillou, jamais je n’en avais entendu parler. Je comprends assez vite pourquoi. De Montaillou, il ne reste pas grand chose. Mais c’est pas grave, parce que ce petit morceau de tour reste quand même magnifique !

    Montségur

    Il ne m’a pas fallu rouler beaucoup plus pour changer à nouveau mes objectifs. Toujours un panneau sur le bord de la route. Cette fois-ci, on annonçait le château de Montségur… ah… Montségur, les cathares, le trésor des templiers, les néphilims, les complots obscurs et tout le reste… je l’avais déjà visité une fois, mais réalisant la relative proximité de l’endroit, j’ai décidé d’y retourner. J’ai donc tourné à gauche. Peu après, je traversai le village de Puivert. Et un autre château -Cathare- magnifique. Puisque j’allais à Montségur en faisant un aller-retour, j’allais repasser par ici. Je visiterai donc Puivert un peu plus tard. Mais lui aussi semblait valoir le détour !

    Montségur, la Citadelle du Vertige, se repère plus d’une dizaine de kilomètres à l’avance. Loin, là-haut, sur son piton rocheux. Et même de loin, il en impose.

    Quelques dizaines de lacets plus tard, j’étais au pied du château. Il ne me restait qu’une petite marche à faire. Et 200m de dénivelés. Je demande quand même à une dame qui redescend si le château est ouvert. Elle me confirme que non seulement il est ouvert, mais en plus l’accès est gratuit. Ah, bin c’est très bien ça ! Alors je grimpe… et je me retrouve à partager Montségur avec personne d’autre que ma flûte et mon didgeridoo…

    Un couple finira par venir envahir ma petite bulle. Mais c’est pas grave. J’ai pu jouer un peu de musique, profiter des lieux et admirer la vue… ça me va. Je redescends.

    pano_montsegur

    Le Val des Neiges

    J’avais envisagé un instant de passer la nuit dans le village. Mais il est très petit, et tout est fermé. Il y a bien un espace gratuit pour le camping… mais il n’est pas si tard que ça, et je décide donc de reprendre la route. Ce qui me fait retraverser ce mini lieu que j’avais adoré à l’aller. Et qu’au retour, je décide de baptiser « le Val des Neiges ». Première fois, il me semble, que je vois un tel endroit. Et j’avoue que la configuration me plait !

    Puivert

    Un peu plus tard, je suis de retour à Puivert. Le soleil vient de se coucher. Je fais du repérage gratuit. Le terrain de camping municipal est fermé. Ça ne me surprend pas plus que ça… mais en même temps, ça ne m’arrange pas. Je monte jusqu’au château, pour jeter un oeil… et avoir confirmation que j’ai vraiment envie de le visiter le lendemain. Il faut donc que je reste à dormir dans le secteur.

    Je suis donc confronté à un double problème : trouver un endroit où dormir et un autre où manger. Et là, une pensée m’effleure. « Ah, si j’avais ma maison avec moi, je n’aurai à me soucier d’aucun de ces deux problèmes. Peut-être est-il temps que j’attaque la construction ! ». Parce qu’il est vrai, la perspective de dormir dans la twingo ne me motive que moyennement. Surtout pour une question de confort à vrai dire. Mais s’il faut passer par là, je passerai par là.

    Et puis en me promenant un peu dans le village, je vois un petit panneau « gite d’étape à moins de 100 m ». Je suis le panneau, intrigué. On sait jamais. Il y a là une grande maison. Un garage. Ouvert. Je rentre en disant bonjour. J’ai l’impression d’arriver dans la caverne d’Ali Baba. Des morceaux de poupées un peu partout, un peu dans la pénombre. Et un homme, au bout, penché sur son établis.

    – Bonsoir, c’est bien ici le gite d’étape ?
    – Oui oui, c’est là.
    – Et il vous reste de la place ? (j’ai appris la leçon en Andorre !)
    – Ouh la… si il nous reste de la place, pour sûr qu’il nous en reste. Mais va savoir si le ménage a été fait. Je suis pas sûr du tout, en cette saison.
    – Vous savez, je suis pas trop regardant. Je pensais dormir au camping, mais il est fermé. J’ai mon sac de couchage. J’ai pas besoin de grand chose.
    – Allez, on va voir ce qu’on peut faire.

    Il me montre une chambre. Deux lits simples, un lit double en mezzanine, une très chouette salle de bain avec une douche. Et un radiateur !

    – Ça vous irait ?
    – Euh… c’est parfait, mais c’est combien ?
    – Bin… si c’est juste pour une nuit avec votre sac de couchage, je peux vous faire ça à 18 euros.
    – Ah bin… merci beaucoup ! Vous prenez la carte ?
    – Ah par contre non.
    – Le distributeur le plus près ?
    – À 10 km de là…
    – Bin je crois que je vais faire l’aller-retour. Toutes façons, il faut aussi que je me trouve de la nourriture pour ce soir.
    – Alors c’est très bien. Je serai sans doute pas là quand vous reviendrez. Mais laissez l’argent sur le bureau. Oh, attendez, je vous montre le salon et la cuisine. Voilà, les clés sont là.

    Et puis il m’a souhaité une belle soirée. Et il est parti, me laissant assez éberlué mais ravis de cette rencontre. Il m’a aussi laissé une carte. Oui, forcément, le Gîte des Marionnettes, le nom paraît assez adapté au garage !

    Je suis retourné à ma voiture. Je suis allé au village d’après. Retirer de l’argent. Passer m’acheter un bout de bain à la fromagerie. Et un peu de charcuterie chez le boucher. Un gars sympathique, agréable, souriant, joviale…

    De retour dans ma chambre, je me suis dit que si j’avais voyagé avec ma maison, j’aurai raté deux très chouettes rencontres…

    Le lendemain, après une bonne nuit chaude et confortable, j’ai laissé un billet de 20 euros sur la table (je n’avais pas de monnaie) et j’ai repris la route. En me disant que j’aimerai revenir dans ce gîte. Ou peut être donner envie à des gens d’y aller…

    Je suis monté au château de Puivert que j’ai pris le temps d’explorer dans tous les sens malgré le froid et le vent.

    Carcassonne 

    Et j’ai repris la route. Une petite escale à Limoux, pour acheter de la blanquette, parce que j’aime encourager le commerce locale. Et un peu après, j’étais à Carcassonne, retrouvant la cité médiévale, aussi majestueuse que dans mes souvenirs. Mais beaucoup plus froide et venteuse ! J’ai visité. Rapidement. Le plaisir de voir les lieux avec presque aucun touristique durement attaqué par le froid et le vent !

    J’étais allé en Espagne chercher un peu de chaleur et de soleil. Et j’en ai trouvé au Cap de Creus. Le soleil était bon. Doux et agréable. Du genre à vous laisser rouler la fenêtre ouverte. Du genre à vous réchauffer agréablement. Le fait de me retrouver dans ce vent froid calme mes envies de voyage et d’aventure. Du moins pour le moment. Pour un court moment. Pour un très court moment…

    Je décide donc de rentrer dormir au chaud dans mon chez moi du moment. Là où mon futur chez moi attend d’être construit. Je reviendrai chercher la chaleur un peu plus tard. J’ai fêté mon nouvel an et mon début d’année comme j’en avais envie. Je peux rentrer tranquille et souriant, la créativité débloquée !

    Laisser un commentaire

    -->
    Parce qu’il y a toujours une route, un chemin ou une sente qui, quelque part, m’attend, Rue du Pourquoi Pas ? rassemble carnets de route,
    photos de voyages, conseils et pensées vagabondes d’un photographe, musicien, écrivain, conteur et parfois graphiste. [En savoir plus]