Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJanuary 3rd, 2017
  • J’ai toujours un peu de mal à dire du mal des endroits que je n’aime pas. Surtout quand je suis un peu véhément. Par exemple, j’ai toujours l’impression que les habitants de Los Angeles ou de Las Vegas pourraient mal le prendre quand je dis que le monde se porterait mieux si ces deux villes étaient rasées. Certains pourraient voir un extrémisme qui me ressemble peu dans ces propos. Il ne faut voir là, bien évidemment, qu’une simple constatation.

    Et donc, forcément, je me sens un peu coupable de qualifier l’Andorre de plus moins beau pays du monde. Après tout, avant de découvrir ce pays où je n’avais encore jamais mis les pieds, je ne pensais pas devoir faire un jour une liste des moins beaux pays du monde. Parce que normalement, tous les pays sont un peu beaux, non ? Certes, c’est le désavantage des micro pays, ils ont moins de chance de se rattraper. Malgré cela, le Liechtenstein -par exemple- reste un joli pays…

    Je suis entré en Andorre par le sud. Côté Espagne. Et ça n’a assurément pas aidé. Parce qu’après le passage frontière s’enchaîne un certain nombre de boutiques hors taxes et de super marché, dans une vallée relativement étroite. Les bâtiments sont en pierre sombres… tout est gris et triste, alors même qu’il y a du soleil. Et je ne peux pas m’empêcher d’avoir le sentiment que dans cette vallée encaissée l’air circule mal. Très mal. Le petit brouillard gris brun ne fait pas très envie non plus…

    Je pensais que ça irait en s’améliorant. Après tout, je me dirigeais vers un endroit nommé « Andorre la vieille ». Je m’attendais donc à une ville avec un certain cachet, avec un peu de charme et quelques jolies vieilles pierres… ce n’était pas vraiment ça. Les rues étant saturées de voitures, je me suis empressé de me garer (dans un parking sous-terrain payant, impossible de faire autrement). Et je suis parti explorer la ville un peu à pied. Avec une première mission : trouver un hôtel où passer la nuit. Parce qu’après deux nuits dans la voiture, j’avais envie d’un peu plus de confort. Et puis j’avais des choses à écrire. Je voulais me poser un peu pour la soirée. J’ai donc pris la direction de l’office du tourisme. Il ne m’a pas fallu longtemps pour ne pas aimer Andorre la vieille. La ville rappelle, sans que le moindre doute soit permis, un terminal d’aéroport. Les boutiques hors taxes se succèdent. Produits électroniques, parfums, cigarettes. Parfums, cigarettes, produits électroniques… le lieu ne fait pas envie. Mais je me dis que si, quand même, je vais dormir ici et prendre le temps d’explorer un peu.

    À l’office du tourisme, la dame m’accueille avec un agréable sourire, et me donne une brochure détaillant les hôtels et les campings de tout le pays. Soit, ce n’est pas si épais que ça au final. Elle me montre les quatre hôtels les moins chers de la ville. « Et pour laisser la voiture une nuit complète dans un parking, ça coûterait combien ? » « Ah, ça, je n’en ai aucune idée ! ». Bon, soit… elle m’a donné le guide, elle ne me propose pas d’appeler pour moi, savoir s’ils ont des chambres libres ou quoi que ce soit. Je prends donc mon guide, le plan qui va avec, et pars explorer les rues d’Andorre la vieille en quête d’un hôtel.

    Jeune homme optimiste que je suis, je me dis que les vacances scolaires françaises finissant aujourd’hui, la ville devrait être plus tranquille. Je n’avais pas compté sur les vacances espagnoles, qui elles durent encore ! Je fais donc un certains nombre d’hôtels, enchaînant les lieux complets et les lieux complets. La chambre la moins chère que je trouverai me sera proposé à 40 euros. Pour ce prix là, évidemment, il faut encore que je trouve un parking pour la voiture. Je décide donc de changer mes plans. La voiture n’est pas très confortable pour dormir, mais j’ai ma tente. J’y serai assurément très bien pour la nuit. Ça me coûtera moins cher, et ça devrait aussi régler le problème du parking de la voiture.

    Cette décision prise, j’ai déjà eu un petit aperçu de la ville, mais je décide de continuer à me promener. La nuit est tombée, l’heure de manger approche. J’ai repéré un restaurant qui m’inspire. Un restaurant à volonté, avec un prix raisonnable. J’aime l’idée du restaurant à volonté. Non pas dans le but de me goinfrer à n’en plus finir, mais plutôt dans l’idée de pouvoir goûter à pas mal de plats différents. Comme le service ne commence que dans une bonne demi heure, je pars découvrir la rue principale d’Andorre la vieille : l’avenue Meritxell. C’est là que l’on trouve toutes les boutiques et les magasins. Et en ce temps là de l’année, la rue est piétonne. Pendant trois quarts d’heure, donc, j’explore courageusement. Alors qu’il n’y a rien à voir…

    La ville commence à me fatiguer. Je n’aime pas déambuler dans les zones duty free d’aéroports… ce n’est pas pour faire la même chose ici ! Je reviens au restaurant. Pour apprendre que non, ce soir, ils sont complets. Ah… j’ai surtout l’impression que ma tête ne convient pas à l’endroit. Pas grave. J’ai repéré un autre buffet, un peu plus loin. Je fais demi tour. J’y retourne. Et bien non. Malgré les nombreuses affiches un peu partout, le buffet, c’est juste à midi. Je passe mon chemin. Je déambule encore un peu au hasard des rues, mais il n’y a absolument rien d’inspirant. Il faut comprendre que la cuisine traditionnelle andorrane ne semble pas exister. Pizzeria, restaurant à tapas ou à fondue, taccos… que de l’international. C’est normal, après tout, dans un aéroport… Je finis par me décider pour un petit restaurant sans prétention. Où je mangerai bien, pour pas trop cher, et avec un service agréable. Bon, c’est toujours ça !

    Je retourne à ma voiture. Frise la crise cardiaque, comme à chaque fois que je dois payer pour un parking souterrain. Je sais où je dois me rendre. Dans la ville suivante, à quelques kilomètres, il y a un camping. J’y arriverai un peu avant 22h. Par chance, le responsable est encore là. Il me regarde interloqué quand je dis que je veux camper. « Oui oui, vous inquiétez pas, je suis équipé » « mais il fait froid la nuit » « même pas peur ».

    Quelques minutes plus tard, la tente et montée. Je lis un peu, au chaud dans la voiture, avant d’aller m’enfermer dans mes sacs de couchage pour la nuit. C’est quand même plus confortable une tente qu’une twingo !

    C’est vrai que la nuit du 2 janvier, il fait froid en Andorre. Le responsable du camping me dira -10 le lendemain matin. Je suis assez enclin à le croire. Je ne suis pas mort de froid. J’ai plutôt bien dormi… mais c’était quand même un peu limite ! Le temps de me réveiller, de prendre un petit déjeuner, démonter la tente, et je suis reparti. Mon objectif du jour est clair et précis : je ne reste pas en Andorre plus longtemps. Je continue donc la route en direction du nord et du col vers la France.

    J’attrape un stoppeur (lui n’a pas essayé de voler ma voiture). Il ne va que quelques kilomètres plus loin. Il est originaire d’Andorre. Il vit et travaille ici. Il me demande comment je trouve. Je réponds poliment « je ne m’attendais pas à ça, je pensais que ça serait un peu plus sauvage ». Raté !

    Et soudain… soudain, là, sur le bord de la route, quelque chose de jolie ! Comme quoi, tout est possible. Comme quoi, tout arrive. De joie et d’enthousiasme, je me gare. Sur un parking gratuit, qui plus est !

    Elle ne m’aura pas occupé bien longtemps cette petite cascade, mais c’est toujours ça ! Juste avant, il y avait aussi un petit mini monastère. Ou quelque chose du genre. Comme je n’ai pas le choix de revenir un peu sur ma route (du fait du plan de circulation) je décide de m’arrêter aussi au mini monastère.

    monastere

    Et je reroule encore un peu. Pour m’arrêter de nouveau. Mais cette fois, c’est pour une bonne cause. Il y’a une distillerie. Et un magasin de produits régionaux. Qui proposent des dégustations gratuites ! Alors en plus d’une collection d’alambics assez sympas (mais pas si beau que ça, comparés à d’autres !) je déguste plein de fromages et de charcuterie. Et j’en profite pour repartir avec deux trois trucs. Allez… il faut bien ramener quelques souvenirs, quand même !

    Plus on avance vers le nord, plus le paysage est joli. La vallée s’élargit, on voit plus de hauts sommets… mais tout reste habité partout. Les boutiques hors taxes s’alternent désormais avec les chalets pour touristes. Oui, l’Andorre est l’enfant caché d’une station de ski touristique et d’une zone hors taxe d’aéroport. Avouez, ça fait rêver, non ?

    Je reconnais quand même, sur la fin, ça devient quand même un peu beau. Si on ignore la route juste derrière…

    pano_andorre

    Et puis finalement, je passe le col. Oui, vraiment, le paysage s’améliore grandement. Un dernier panoramique, deux petites photos, avant d’attaquer la descente.

    pano_col

    Retour en France. Nous sommes le 3 janvier. Troisième jour de l’année, j’ai déjà mis les pieds dans trois pays différents, dont un que je ne connaissais pas. Ça laisse présumer plein de belles choses pour 2017 ça, non ?

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