Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

De Xela à Atitlan, jour 3">
Écrit par : Sébastien ChionFebruary 11th, 2016
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    Comme prévu, la nuit a été courte. Si je me suis endormi sans aucun problème, un chien voisin (et sans doute errant) passera une bonne partie de la nuit à aboyer. Nous serons plusieurs à le maudire le lendemain…

    Réveil groupé vers 4h. Tout le monde se lève, et se prépare sans protester. Il y a toujours une ambiance particulière dans des moments comme ça. Dans un groupe de personnes à moitié endormi, à moitié motivé à partir à l’aventure. Peu après, le petit groupe en question se retrouve sur la route. Nous avons une quarantaine de minutes à marcher sur le goudron, puis une quinzaine sur un petit chemin de terre, qui nous amènera à un magnifique point de vue sur le lac.

    Il fait encore nuit. Certains ressortent les sacs de couchage et les matelas, pour une attente plus confortable. Nos guides, toujours à prendre soin de nous, commence à faire chauffer de l’eau pour le petit déjeuner. De mon coté, je me déplace d’un point à un autre, pour faire de la photo des étoiles d’abord, puis de l’aube naissante.

    Après un moment, Ben, Andrew et Jamie nous annoncent que l’eau chaude est disponible. Le petit groupe revient à la vie lentement. On recommence à bouger, à s’activer. Le temps d’attraper une tasse de thé, de café, ou de chocolat chaud. Si j’ai trouvé le chocolat plutot moyen le premier matin à Xela, je l’ai trouvé bien agréable le deuxième jour, et ce matin, il est encore meilleur. C’est l’une des choses que j’aime avec la randonnée. La façon dont, assez vite, tout est meilleur. Et en plus, on peut manger plus, sans culpabiliser…

    Gruau, confiture, granola et beurre de cacahuète accompagnent le petit déjeuner. C’est parfait. Tout cela sous l’oeil attentif des volcans, bien sûr. Et bien sûr, Elle en profitera pour chanter un peu ! Les lieux, sans surprise, l’inspire !

    Le soleil finit par sortir de sa cachette ; elle l’accueille avec joie. Regarder le soleil se lever me manquait. Cela faisait un moment, ayant raté plusieurs occasions à la Iguana… Fuego crache quelques panaches dans le lointain.

    Pour rappel, de gauche à droite : petit au fond, c’est Agua. Juste à coté, le double, c’est Acatenango (à faire). La belle pointe, c’est Fuego (à voir de plus près). Le double d’après, c’est Toliman. Un autre joli cône ensuite, le Atitlan (à faire) et pour finir, une partie du San Pedro (fait).

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    Le lac s’offre désormais à nous dans toute sa splendeur. Un nouvel angle de vue, qui me plait bien.

    Nous attaquons la descente peu de temps après. La journée d’aujourd’hui est plus tranquille. Et beaucoup plus courte. Nous n’avons plus qu’à descendre sur San Juan. Et puisqu’il est important de travailler son intellect autant que ses jambes, nous en profitons pour vérifier nos connaissances de géographie en listant tous les pays par ordre alphabétique. Ça nous prendra un moment pour les 7/8 personnes qui participons, mais nous y arrivons.

    Un dernier arrêt au point de vue qui domine San Juan, pour quelques photos supplémentaires, avant de terminer la descente et d’arriver en ville.

    À San Juan, nous faisons un petit détour par une coopérative produisant du café. Je me commande un espresso. Parce qu’après tout, j’aime ça le café. J’ai juste pas envie de trop en boire. Mais etre au Guatemala, dans une coopérative produisant du café et ne pas en boire me parait aussi stupide que de ne pas manger du Beaufort à Beaufort, de la poutine à Montréal ou un Big Mac sur Time Square (bon, mettons que je n’ai pas dit le dernier). Et comme le café est très bon, je ne regrette d’autant moins !

    Lors de l’ascension du San Pedro, le guide nous avait rapidement expliqué que pour finir de préparer le grain de café, il faut une dizaine de jours de soleil et environ une demi heure au four par la suite.

    La dernière étape de l’aventure peut commencer. Nous n’avons plus à marcher. Non, un pickup passe nous récupérer pour nous amener à San Pedro. Guatemalan’style. D’abord on empile les sacs, ensuite on empile les gens. Deux personnes à l’avant (avec le chauffeur) les 15 autres à l’arrière. Facile. N’ayant pas envie de nous entasser dans la partie « fermée » nous sommes trois à rester debout sur le pare-choc arrière. Le challenge : descendre à chaque ralentisseur et remonter ensuite. Parce que bon, on fait quand même un peu de poids à l’arrière tous ensemble ! La question du jour : en cas d’accident, est-ce que je suis dans un transport en commun (couvert par les assurances) ou en sport extrême ? N’empêche, je ne peux m’empêcher d’imaginer les gros titres dans les journaux. « Collision entre deux pick up, 34 morts ». Pfiouh ! Mais non, nous arriverons sains et saufs au restaurant.

    Il est 11h du matin. Voilà un moment, déjà, que l’on est réveillé ! On s’installe à la terrasse d’un restaurant. Commande le repas de midi, qui nous sera servi un peu plus tard. Un dernier petit moment tous ensemble. Échange d’adresses email, dernières discussions sur les plans de chacun. Certains retournent à Xela, d’autres restent sur le lac.

    poisson

    Et puis finalement, tout le monde se dit au revoir, et le petit groupe se sépare. Moi, je m’en retourne rejoindre mon Iguana pour ce que je pensais être ma dernière soirée. Mais finalement, si je peux aussi faire le matin le lendemain, ça serait bien. Et bien pourquoi pas ? Après 42 kilomètres de marche en trois jours, après m’être levé à 4h du matin, je me couche à 23h30. Pour me réveiller à 7h le lendemain matin. Facile !

     

    Et attaquer pour de vrai, cette fois, ma dernière journée à la Iguana.

    6 commentaires

    1. Commentaire de pascale

      Magnifique ! ces paysages donnent envie d’aller faire un petit tour là bas……………….dans une autre vie peut être ! Merci !

    2. Commentaire de La Feuille

      Beau périple que tu nous racontes là dans ces trois billets. C’est vrai que la beauté des paysages que tu nous montres contraste avec la laideur du monde que nous présentent les actualités du jour. Ici, comme disent les optimistes, on fait un gros effort pour que les nappes phréatiques se rechargent. Les pessimistes eux, se disent que ça fait autant d’occasions de belles balades en moins.
      Il y a un truc bizarre sur la dernière photo, dans l’assiette, au fond, ça se mange ?

    3. Commentaire de Kaly

      Moi aussi je voulais te parler de l’assiette ! Dans le sens des aiguilles de la montre, à neuf heures, on commence par du riz ou une autre céréale. Puis poisson, frites, ensuite sont-ce du guacamole ? Et d’abord, ça existe au Guatéméla le guacamole ? Puis du citron, des carottes, et le truc qui m’intrigue, c’est rouge et c’est posé sur la feuille de salade. Bon, perpendiculaire au citron, y’a aussi comme une frite bien trop blafarde.

      Si tu veux éclairer ma lanterne et mes connaissances en cocina guatémaltèque, je t’en remercie !

      Bon, et puis la rando, superbe en effet ! Merci de nous faire partager par l’intermédiaire des photos !

    4. Commentaire de Meghann

      Salut les photos et le récit! C’était un réel plaisir de faire ta connaissance et de t’entendre jouer de la flûte (ta blonde a réellement du talent haha).

      Au plaisir et continue d’écrire et de publier.

      Meg

    5. Commentaire de Sébastien Chion

      @pascale : et pourquoi pas dans celle ci :) ?

    6. Commentaire de Sébastien Chion

      @Kaly: riz, puis poisson, puis frites, puis guacamole en effet. Ça existe beaucoup, et c’est très bon. Faut dire que les avocats ne traversent pas la moité du monde avant d’etre mangé. Il y a ensuite un citron, des carottes, et un bout de pastèque. Les deux frites trop blafardes, m’en rappelle pu. Peut etre du choux, ou du quiskil.

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