Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJanuary 12th, 2013
  • Il m’aura fallu du temps pour mettre le doigt dessus. J’aime l’énergie qui se dégage de Prague. Il y a une atmosphère qui flotte sur cette ville qui me plait. Une atmosphère dans laquelle je me sens bien.

    Je ne sais plus quel soir c’était. Le troisième je crois. Je marchais dans les rues, magnifiquement éclairées. Les pavées, humides, renvoyaient la lumière des lampadaires, créant une ambiance onirique. Je regardais les façades, sentais le froid en moi. J’ai regardé cette rue, un peu tortueuse, qui montait tranquillement.

    Au cours de mes errances, Prague m’a rappelé plusieurs lieux que j’avais visités. Certaines ressemblances avec Munich sont assez explicables (mais que les parents de Marie se rassurent, Prague est bien plus belle). Les façades majestueuses de certains bâtiments m’ont rappelé Bordeaux, mais en version un peu moins « snob ». Certaines rues de la vieille ville m’ont fait penser au quartier de la place aux herbes, à Grenoble. D’autres rues, les traboules qui les relient, la rivière, la colline sur la rivière, et même le petit funiculaire pour monter au sommet, les nombreux restaurants, Lyon n’est décidément pas loin non plus. Mais il y avait encore autre chose, et ça m’a soudainement frappé. Oui, j’avais bien l’impression d’errer dans les rues de Québec. La belle Québec, la vieille Québec. « La ville de Québec, est à mi chemin entre l’Amérique et l’Europe ». Je n’avais jamais accepté la comparaison entre Québec et la France. Oui, bon, quelle erreur, aussi, d’entendre « Europe » et de penser « France ». Mais là, ici, dans les rues de Prague, je ressens Québec tout autour de moi. Je ne serais même pas surpris de voir le château Frontenac au détour de la prochaine rue. Mais non. C’est Pražský hrad ; le château de Prague, qui joue le même rôle ici.

    Et juste après avoir mis le doigt sur cette comparaison qui me parait désormais évidente, j’ai réalisé que ce n’est pas seulement les rues qui se ressemblent. C’est l’atmosphère général de l’ensemble. Prague et Québec sont des villes joyeusement nostalgiques. D’autres, je pense, préfèrerons dire « romantique »…


    Ce « romantisme », on le retrouve fortement dans l’architecture des bâtiments. Préroman, roman, gothique, baroque, rococo, art nouveau, cubisme… tout se mélange dans un ensemble des plus agréables. Certaines façades d’églises (notamment la cathédrale Saint Guy) ou le Pont Charles sont de magnifiques exemples d’architecture gothique et, je dois bien le reconnaître, ont réussi à me laisser plus que rêveur.

    Rêveur, aussi, je me suis retrouvé devant les rues et les façades de Prague. Chaque coin de rue demande une pause. On regarde les enfilades de bâtiments. J’admire pendant un moment. Tant de couleurs, tant de beautés. Les perspectives sont magnifiques. On ne sait jamais s’il faut tourner à droite, à gauche, ou aller tout droit. Alors je tourne en rond. J’explore, je me perd complètement. Je m’oublie dans les rues de Prague. J’erre. Et j’aime ça !

    On regarde la rue dans son ensemble. Et puis on avance un peu, et on se laisse saisir par la beauté des bâtiments. De toutes ces façades, absolument uniques.

    Est-ce à cause des nuages qui n’ont jamais vraiment laissé sa place au soleil, est-ce que c’est à cause de ma fatigue (d’avoir beaucoup marché, tout les jours, dans le froid), est-ce à cause de toute cette beauté, ou est-ce simplement l’énergie qui se dégage de la ville, je ne sais pas trop… mais je n’ai pas pu m’empêcher, donc, de sentir une certaine nostalgie à l’ensemble. Les gens sont souriants, enthousiastes, mais c’est comme s’il manquait toujours un petit quelque chose dans leur regard. Évidemment, le swing n’est pas forcément la plus joyeuse de toutes les danses, mais quand je regardais les danseurs, je ne pouvais pas m’empêcher de entrouvre une certaine réserve. Comme si les gens étaient heureux, mais ne voulais pas le montrer complètement. N’arrivait pas à laisser entièrement exprimer cette joie de vivre. Comme s’il y avait quelque chose qui pesait sur eux, sans pour autant que ce soit négatif. Étrange impression, donc, et qui m’a permis de mettre le doigt sur ce que je ressentais, en me promenant dans les rues de Québec…

    J’ai aussi pu constater que Prague était une ville relativement jeune. En terme de population, on s’entend. Dynamique, active, et quand même joyeuse. Bref, j’ai vraiment adoré m’y promener. Marie m’a amené dans des endroits suffisamment insolites pour me donner un petit aperçu de ce que pouvait être la vraie vie de Prague. Tout cela m’a donné envie d’en voir un peu plus. De sortir de la ville, de voir le reste du pays. Tout cela m’a aussi donné envie de revenir me promener, dans des rues un peu plus chaudes, un peu plus ensoleillées.

    Fidèle à mon habitude, je n’ai pas pu m’empêcher de me poser la question « aurais-je envie de vivre ici, d’y trouver un travail, et de m’y installer quelques temps ? » la réponse est un « oui », sans la moindre hésitation.

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