Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionSeptember 21st, 2014
  • Upper Geyser Basin

     

    Old Faithful Geyser

    Mon plan de match était simple : se réveiller, et décoller. Éventuellement dire « au-revoir » à Old Faithful, si jamais il avait une éruption programmée pour dans pas longtemps… et comme il y’en a une, je décide d’en profiter ! Il y a quand même quelque chose de fascinant à voir tout ces volutes de vapeur s’élever à l’horizon… tout ces panaches de fumées qui, dans n’importe quel autre parc, sèmeraient la panique à l’idée de ces nombreux foyers d’incendies un peu partout. Mais ici, c’est tout à fait normal. Ça fait parti du paysage.

     

    Riverside Geyser

    Et puis de retour au centre, je jette juste un coup d’oeil au cas où… et je me dis que j’ai eu raison : Riverside est programmé pour dans une heure et quart. Plus ou moins 45 minutes. Sachant qu’il faut une petite demi heure pour se rendre, s’il ne se fait pas trop désirer, je pourrais peut-être arriver juste à temps. Je ne suis pas allé le voir hier, et je trouvais ça quand même un peu dommage. Et puis bon, marcher une dernière fois au milieu de ces sources chaudes, de ces geysers, de ces trucs qui font bloup, flouch, brout, ça me tente quand même bien. À vrai dire, être en temps moins compté, je pense que j’aurais passé au moins une autre journée à chasser les geysers. Parce qu’en fait, c’est une activité qui me plait beaucoup ! J’arrive à Riveride, que je trouve bien situé, et j’attends… il se fait désirer. Encore. Et encore… et encore… les gens regardent l’heure. On commence à être nombreux. Ça fait plus d’une heure que j’attends, mais ça ne me dérange pas. C’est une attente agréable. Assis, à regarder couler la rivière, à penser à mille choses et à aucune en même temps. À voir passer un couple d’élans en arrière plan à un moment. Et puis quelqu’un finit par dire « il ne lui reste plus que trois minutes s’il veut être dans les temps ». A priori, le message est passé : deux minutes après, il entrait en éruption. Par dessus la rivière. Dans un spectacle de toute beauté, avec la pluie qui retombe sur l’eau !

     

    Morning Glory Pool 

    La veille, je l’avais snobée. En réalité, je la pensais un peu plus loin que ça, alors qu’elle n’était qu’à 5 minutes à pied de Daisy. Mais hier, j’avais envie de rentrer. Aujourd’hui, en découvrant qu’elle est si proche, je me décide à aller lui rendre visite. C’est, après tout, une des attractions du coin. Et je comprends facilement pourquoi ! Elle est très belle, cette Morning Glory ! Il parait qu’elle aussi l’une des plus détériorées. Les Ranger la vident une fois par an, pour enlever tous les déchets que l’on retrouve à l’intérieur. Extérieurement, ça ne semble pas trop se voir… en réalité, les déchets bouchent le siphon, entrainant le refroidissement du bassin et la mort des bactéries. Donc un changement de couleur. Pour simplifier : plus l’eau est chaude, plus elle est bleue. Plus elle refroidit, plus elle est brune…

     

    Grant, Behive et Castle Geyser

    Je m’en reviens tranquillement à la voiture, à peu près convaincu que cette fois, je vais partir. Comme Riverside s’est fait attendre, il est un peu plus tard que prévu, ça peut être une bonne idée que je parte…

    Je passe donc devant Grant Geyser. Jette quand même un oeil, juste au cas où, mais l’éruption est au mieux dans trente minutes, au pire dans deux heures. Je préfère donc continuer. Par contre, quand je repasse devant Castle, et que je vois qu’il pourrait cracher n’importe quand à partir de maintenant et d’ici une heure, je me dis que quand même, ça serait dommage de le rater… je l’avais vu la veille, et l’avais trouvé magnifique. Ça me donne envie d’attendre. Ça serait un bel au-revoir je trouve.

    Je m’assoie à l’ombre et j’attends patiemment. Dix minutes après, un geyser démarre. Mais ce n’est pas celui qui était prévu. C’est Grant, en arrière plan et en avance. Je l’admire de loin, fait quelques photos, et me dit que c’est sympa de les voir de loin aussi. Ça aide à bien réaliser la hauteur du jet…

    Il se termine pour laisser la place, une dizaine de minutes après, à Behive. Lui, il rentre dans les imprévisibles, que l’on a de la chance quand on le voit. Lui aussi il est loin, mais c’est pas grave. J’aime admirer le spectacle de ces geysers qui, chacun à leur tour, me disent au-revoir.

     

    Quand Behive se termine, je devine au travers des arbres Old Faithful, qui rentre à nouveau dans la danse. Oui, c’est vraiment ça. Ils se relaient, chacun à leur tour, pour me dire au-revoir. Castle sera le dernier, dans une éruption impressionnante, comme il sait si bien les faire.

     

    Et cette fois-ci, je me décide à décoller. Ils m’ont tous dit au-revoir. Je n’ai pas compté combien d’éruptions j’ai pu voir en deux jours, mais je ne peux m’empêcher de me considérer chanceux. Amusant, quand je pense que deux jours avant j’avais l’impression de rater une partie du spectacle en arrivant pas au bon moment, et comme maintenant j’en ai eu plein les yeux. Je sais que les photos ne rendent pas justice au spectacle. Dès que la fumée s’épaissie un peu, il devient difficile de discerner vapeur d’eau et jet d’eau. Et surtout, il n’y a pas le bruit. Ni ce petit quelque chose de magique et d’inexplicable. Voir le pouvoir de la Terre, dans toute sa grandeur et dans toute sa splendeur. Ces choses que l’on ne peut pas prévoir, pas anticiper, pas contrôler. Ça me plait !

     

    Grand Canyon of the Yellowstone

    J’ai un peu plus de 160 kilomètres à faire pour me rendre jusqu’à Grand Tetons. De quoi m’occuper un moment, donc, vu que la vitesse autorisée est de 65 km/h (bon, je poserais le cruise contrôle à 75 histoire d’avancer quand même un peu). Nous sommes dimanche, le ciel est magnifique, comme la veille.

    L’un des gros défauts de Yellowstone, c’est le trafic. Tant que l’on se déplace pas beaucoup pour aller d’un point à un autre, tout va bien. Par contre, quand on a une longue route à parcourir pour faire un énorme détour parce qu’une partie est fermée, c’est une autre affaire. Mais dans l’ensemble, ça roule quand même plutôt bien, et la musique me tient compagnie. Je roule sans m’arrêter, parce que j’ai déjà tout vu. J’ai envie de tout revoir. De m’arrêter à chaque fois. Mais il faut que j’avance un peu si je veux rendre la voiture dans les temps, c’est à dire après demain. Je pourrais évidemment prolonger un peu la location, mais j’ai envie de recommencer le stop. D’avancer un peu. Je sens que la côte approche. Que l’Oregon n’est pas loin…

    Je ferais quand même un arrêt à Grand Canyon. Parce qu’il y a toujours ma cascade que je ne suis pas allé voir. J’ai fait une croix sur mon sommet. Je ne doute pas que la vue y soit magnifique, mais là encore, il faut faire des choix. Si on me pose la question, je dirais que Yellowstone en moins de 5 jours, ça n’est pas envisageable. En 7, comme je l’ai fait, c’est limite. Je dirais que l’idéal serait 11 ou 12. Voir même 13 ou 14, parce que comme ça, on peut se cacher dans une grotte et hiberner pendant les 48 heures du week-end où il y a trop de monde. Et encore, je n’ose pas imaginer hors saison…

    Silver Cord Cascade 

    Bref, je m’arrête à Grand Canyon, pour une petite balade aller retour de 3,5 kilomètres. Vous vous souvenez de Silver Cord Cascade ? La chute que j’étais allé voir depuis l’autre rive, et que forcément je n’avais pas vu, vu que je suis arrivé en haut ? Cette-fois ci, je suis arrivé en face. Et même si elle n’a pas beaucoup d’eau, je lui trouve énormément de majesté, alors qu’elle tombe quand même de 370 mètres de haut, faisant d’elle la cascade la plus haute de Yellowstone.

     

    Yellowstone South Entrance

    Ma petite balade aura été vite faite, et il est encore tôt quand je retourne à la voiture. Je roule à nouveau un long moment sans m’arrêter, repassant là où je suis arrivé… il y a seulement six jours ! C’est étrange comme je perçois les lieux aujourd’hui, avec le recul. Comment je vois les choses autrement. Comment je sens le parc autrement. Je suis arrivé en me disant que quatre ou cinq jours seraient bien assez… je me rends compte en partant que quatre ou cinq jours, c’est à la limite ce qu’il m’a manqué !

    Je repasse devant ces endroits où je me suis arrêté sans ressentir le besoin de ralentir. Cette partie là du parc est la moins intéressante, je trouve. Idéal, donc, pour commencer la découverte tranquillement, étape par étape. Un peu comme une cascade. Que l’on devine un peu de loin au début, et que l’on saisit de mieux en mieux en s’approchant, avant de finir complètement émerveillé…

    La route du sud n’est pas très animée. Il y a un peu de trafic, mais pas trop. La plupart des touristes ne doivent même pas venir par ici… il y a bien deux trois choses à voir quand même. Notamment, on passe enfin la Continental Divide ! Puis-je me considérer enfin sur la côte ouest désormais ? Après tout, toute l’eau que je vois à partir de maintenant s’en va vers le Pacifique… en fait, le plus impressionnant c’est de se dire que tout ce que j’ai vu jusqu’à présent s’en va vers l’Atlantique, alors même que nous sommes tellement dans l’ouest. Comme quoi, la barrière des Rocheuses est efficace ! Et puis je continue à avancer. Parlant d’eau, il y a le magnifique Lewis Lake. Je pense savoir de quel Lewis il est question, mais il n’y aucun panneau d’information pour expliquer l’origine et la raison du nom. Juste après, les Lewis Falls (sur la Lewis River) méritent aussi que l’on s’arrête quelques minutes pour les admirer. Suivront un peu plus loin les Moose Falls, qui n’ont pas besoin d’être très hautes pour avoir beaucoup de charme. Et puis finalement, ce panneau qui nous annonce que l’on quitte Yellowstone…

     

    Grand Teton National Park

    De Grand Teton, je ne sais à peu près rien. C’est le petit voisin de Yellowstone, souvent négligé à cause de son imposant grand frère. Il doit son nom à la chaîne des Tétons. Et oui, le nom s’orthographie bien avec un accent, et l’origine du nom est bien celle à laquelle on peut penser.

    L’arrivée dans le parc est très belle, le lac qui nous accueille est majestueux, les montagnes en arrière de toute beauté. Mais je me demande un peu ce que je vais faire ici. Sans doute un peu de randonnée… la journée est trop avancée aujourd’hui pour que j’ai envie de faire quoi que ce soit, si ce n’est récupérer quelques informations. J’ai toute ma journée de demain, par contre. Et peut être aussi un peu d’après demain. On verra bien.

    Le centre d’information touristique me fournit de quoi me documenter un peu, et répondre à toutes mes questions. Il faudra que je prenne le temps de lire tout ça. Et puis le restaurant d’à côté me fournit une connexion internet, une prise pour brancher mon ordinateur, une salade, et une bonne IPA locale. Alors, c’est plutôt une chouette façon d’arriver ! Du coup, je rattrape un peu le retard des mises à jour de mon blog, et je commence un peu à essayer de planifier la suite du programme.

    Laisser un commentaire

    -->
    Parce qu’il y a toujours une route, un chemin ou une sente qui, quelque part, m’attend, Rue du Pourquoi Pas ? rassemble carnets de route,
    photos de voyages, conseils et pensées vagabondes d’un photographe, musicien, écrivain, conteur et parfois graphiste. [En savoir plus]