Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJune 1st, 2019
  • La Twingo nous a ramené dans le Nord Isère. Le stop nous a fait revenir au Chamion quelques jours plus tard. De retour à la ferme du Caroire, à côté de Azay le Ferron. Avec dans l’idée de rester deux nuits, et de reprendre la route histoire de recommencer à avancer un peu. Deux jours, parce que l’on attendait de faire une rencontre historique…

    Gaëlle est en vacances ; j’ai décidé d’attendre quelques temps avant de recommencer à travailler. Histoire de profiter de ma maison, de ses roulettes, et de l’été. Travailler moins pour vivre plus. Je crois qu’il faudra que je trouve un coin de chamion pour rajouter cette pensée supplémentaire… nous faisons donc passer le temps tranquillement. Il fait beau, la ferme est super agréable… quel plaisir de se promener dans les champs, d’entendre le chant des oiseaux et le bourdonnement des insectes. Marcher à côté d’une prairie en fleurs en entendant ce petit buz constant qui ne s’arrête pas. Se dire que les chèvres, quand même, ici, elles sont bien. Les vaches aussi. Et honnêtement, ça se sent dans le fromage. On s’est régalé… pour la petite anecdote, la ferme de la Caroire est l’une des trois fermes à l’origine de l’AOC Pouligny Saint-Pierre (j’ai découvert au hasard d’une carte que nous étions à 10 kilomètres de ce village au nom si inspirant). Pouligny Saint Pierre, c’est la toute première AOC de fromage de chèvres. Et oui, la pyramide est arrivée avant la buche traversée d’une paille à Sainte Maure de Tourraine. Aujourd’hui, la ferme ne fait plus de Pouligny. Ils ont plutôt varié leur production. Ce qui nous a permis de tester les buches, les pyramides, les pavés, les bouchons… pourquoi se priver ?

    Et puis finalement, à force de ne rien faire, notre rendez-vous tant attendu est arrivé !

    livingston

    Il y a un peu plus de deux ans, Jonathan a eu l’idée un peu folle de partir faire le tour du monde en emmenant sa maison avec lui. Il a donc commencé à auto construire sa micro-maison, la Livingston (la bien nommée). Iouna l’a très vite rejoint dans son projet. Deux ans plus tard, ils ont finalement pris la route emmenant avec eux une micro-maison à l’aspect unique en France (et sans doute l’une des plus connues du pays). J’ai suivi un peu ses aventures sur internet (sur youtube ou sur facebook) ; je crois qu’il a fait un peu pareil avec celles du Chamion. Et puis dans la communauté assez petite des micro-maisons françaises, on s’est retrouvé assez régulièrement à échanger (directement ou indirectement) des conseils. Donc quand j’ai appris qu’ils partaient pour faire Bordeaux-Paris alors que nous partions faire Nantes-Lyon, nous avons décidé d’essayer de nous croiser. Ce n’est pas une mince affaire d’organiser une rencontre entre un attelage de 10 mètres de long qui fait du 50 de moyenne et un chamion de 3,5 tonnes qui fait du 52 de moyenne ; surtout quand leur départ a été retardé par un petit soucis technique. Nous partions avec une avance confortable, à peu prêt sûrs d’avoir traversé la Touraine (où nous nous étions plus ou moins donné rendez-vous) avant qu’eux même n’arrivent.

    C’est là que nous avons eu la bonne idée de perdre une roue, de prendre du retard, de faire notre aller-retour dans le nord Isère, et de revenir juste à temps pour les croiser.

    Je voyage depuis longtemps maintenant. J’ai l’habitude d’aller chez des gens. D’être accueilli quelque part ; de rester un certains temps, et de repartir. L’habitude de me débrouiller avec mon sac à dos, ce qu’il contient, et au besoin d’improviser. Depuis quelques temps maintenant, je voyage avec ma maison à roulettes. Je connue d’être accueilli chez des gens, mais c’est un peu différent. Même si je passe du temps chez quelqu’un, quand le soir arrive, je traverse la rue / le parc / le parking, et je suis rentré chez moi. Je ne m’invite plus chez les gens de la même façon qu’avant ; la nuit, je leur rends leur chez eux, et je retourne dans ma bulle. Et s’il manque quelque chose, plutôt que d’improviser, je retraverse la rue / le parc / le parking pour récupérer chez moi ce qu’il me manque. Une toute autre façon de voyager et de vivre l’espace. Une autre façon de vivre la colocation aussi : un espace partagé (un terrain) ou chacun à sa bulle privative. Une approche de la vie en communauté qui me parle… même si mes expériences de colocation passées m’ont beaucoup plu et n’ont jamais été source de problème ou de tension, j’aime vraiment beaucoup cette idée de partager un bout de terrain pendant quelques temps… avant de continuer vers de nouvelles aventures. J’ai discuté de cette façon de vivre avec un certains nombre de personnes (vivant avec des roulettes) et c’est vrai que je retrouve là encore une belle opportunité de liberté…

    Nous nous sommes très bien entendus avec Jonathan et Iouna. Et comme ils ont dans leur maison un tiroir de jeux presque aussi rempli que celui que j’ai dans le chamion… nous avons reporté le départ à plusieurs reprises. Un endroit tranquille, des hôtes adorables, du fromage de chèvre délicieux, et des voisins joueurs… pourquoi se presser après tout alors que nous avons aucune raison de nous dépêcher ? Nous sommes donc restés le temps que nous avions envie de rester. Avancer au rythme qui nous fait envie ; repartir quand on le décide, et non pas quand une deadline nous oblige. Profiter des gens que l’on croise sur sa route ; discuter, échanger, partager.

    Récupérer aussi quelques conseils techniques. Se dire que finalement, la shower-loop dans le chamion, c’est trop compliqué et pas jouable ; que la récupération d’eau de pluie, ça sera pas très simple non plus, mais peut être envisageable. Trouver la solution pour une table qui me plait enfin. Et, au moment de reprendre la route en direction de la Brenne, profiter que Jonathan a un drone pour faire quelques images du chamion vu du ciel ! Ça, on vous le montre dès que possible !

     

    Un commentaire

    1. Commentaire de Kaly

      Et dire que j’ai cru que tu n’aimais pas les colonnades !
      Vu de drone, ton chamion mesure à la louche la moitié de la longueur de la Livingston (en comptant la voiture bien sûr, dans un déplacement, c’est la longueur totale qui compte).
      Bon, eh bien profitez bien des chèvres, des vaches, du paysage et de vos vacances !

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