Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionSeptember 12th, 2014
  • Le lecteur régulier et attentif (et peut être même les deux lecteurs, si ça se trouve, vous êtes plusieurs !) aura noté une faille spatio-temporelle, la journée du 10 septembre ayant disparu. Il faut croire que j’avais hâte de vous parler de la neige ! Toutes mes excuses pour cet oubli qui est désormais réparé. Si vous revenez deux posts en arrière, vous aurez toutes les explications de comment je suis passé des Badlands aux Black Hills !

    Devils Tower

    J’ai beau être arrivé de nuit, il y avait quand même la lumière de la lune. J’ai donc pu admirer la silhouette sombre et majestueuse de la tour, se découpant sur un ciel un peu plus clair. Et j’ai pu choisir mon emplacement de camping pour avoir un bon point de vue sur la tour depuis la voiture.

    Je me suis réveillé juste après le lever du soleil. J’ai pu attraper quelques lumières orangées sur la tour, mais le ciel était encore assez nuageux, alors les photos n’étaient que moyenne. J’ai quand même eu le courage de sortir, malgré les 2 ou 3 degrés ambiants. Pour faire quelques photos. Et surtout pour admirer la tour. Il y a encore des nuages, mais d’après les prévisions météo, ceux-ci devraient se lever petit à petit.

    Ma journée commence très tôt. C’est parfait. Direction : le centre d’information, et la balade qui permet de faire le tour de la tour. Sans oublier de faire quelques petites pauses photo sur la route. Il continue à faire froid, mais j’ai bon espoir que le soleil sorte de derrière ses nuages et que ça commence à se réchauffer un jour. Idéalement, aujourd’hui. Idéalement, ce matin.

    Elle me plait vraiment beaucoup cette tour. Je profite du centre d’information pour en apprendre un peu plus. Comme son vrai nom, par exemple. Pour les indiens, c’était « la tanière de l’ours ». Dont j’ai bêtement oublié de noter le nom original… dans les légendes, des guerriers (ou des jeunes filles) se sont réfugier au sommet du rocher, qui a alors granit, pour les protéger d’un ours géant. Ce sont les traces des griffes de l’ours, essayant de monter, que l’on voit sur tous les côtés de la tour.

    La température a légèrement monté. Pas beaucoup. Je me décide à partir marcher. La balade est tranquille, et permet de faire une circumnavigation autour du monolithe (à bien y réfléchir, je pense que je préfère l’option moins pédante : « le tour de la tour »). Chaque face est différente. Elle évolue. En fonction de l’exposition au soleil, je pense : la sud -soumise à plus de variation de température- est la plus abimée. La nord, au contraire, est en très bon état. La face sud, c’est également celle qu’on choisit plusieurs grimpeurs pour se lancer dans l’ascension. Parce que oui, ça s’escalade un truc pareil (petite pensée pour Marilyne et pour Aude). Ça reste un lieu sacré pour beaucoup d’indiens, qui tiennent des cérémonies importantes, notamment en juin. Il est donc demandé de ne pas escalader en juin. Il n’y a aucune interdiction. Juste une demande de respecter le lieu sacré. Un peu comme à Uluru… et comme à Uluru, certains le font, d’autres ne le font pas.

    Moi j’ai presque fini de faire le tour. Les nuages sont de moins en moins là, et le soleil de plus en plus chaud. Alors je finis par m’asseoir au soleil, et joue un peu de flûte. Oui, je l’ai emmené avec moi. Je savais que j’aurais plaisir à en jouer à cet endroit… je ne me trompe pas. L’inspiration vient facilement, les notes trouvent parfaitement leur place. Je suis heureux.

    De retour au centre, je m’enquiers de la météo prévue pour la nuit prochaine. « Ciel complètement dégagé, sans nuage ». Ça me parait parfait. Je décide donc de rester dans la région, de faire une petite boucle touristique, et de revenir m’installer là le soir. Avec l’appareil photo en mode « pause longue durée ».

    Black Hills National Forest – North

    Dans une ville, j’aime énormément quand une tour se démarque des autres, par son style, mais aussi par sa taille. Tour du CN à Toronto, Space Niddle à Seattle ou encore l’hôtel Shangri La à Vancouver. À chaque fois, les tours deviennent des points de repère, immanquables à l’horizon. C’est exactement la même chose ici. On s’éloigne, et pourtant, la tour est toujours là. Je fais quelques détours, vais me perdre en forêt, revient… et puis finalement elle disparaît.

    La « Black Hills National Forest » dont j’ai exploré un peu la partie sud hier a également une partie nord, où je me trouve. Et la route 24 permet de la découvrir. Malgré le soleil magnifique, je regrette de ne pas trouver de belle opportunité de balade. Alors je me contente de rouler. C’est pas grave. Ça me plait.

    Je suis de retour à la 90. L’autoroute qui m’a amené à la tour hier. Il est encore tôt. Trop tôt, il me semble, pour rentrer. Alors je décide de m’offrir une deuxième boucle, qui me fait revenir un peu en arrière dans le Dakota du sud.

    Le détour m’amène à « Belle Fourche ». Parce qu’il y a là deux rivières qui se rencontrent, et que l’embranchement est joli. D’ailleurs, la rivière s’appelle « Belle Fourche » à partir d’ici. C’est cette même rivière qui coule au pied de la Devils Tower. Cette même rivière qui l’a sculptée. Mais ce n’est pas ça que je viens voir. Belle Fourche est une petite ville sans aucun intérêt. Ou presque. Parce que oui, Belle Fourche est au centre du monde ! Pardon, au centre des États-Unis ! Je croyais ce centre plus au sud, dans le Kansas. Pas trop loin de où j’étais passé, quelques années plus tôt, avec Danielle. En réalité, dans le Kansas, c’est « l’ancien centre ». Celui qui ne prend pas en compte l’Alaska et Hawaï. Donc voilà. J’ai traversé les États-Unis plusieurs fois de part en part… et je me suis tenu en plein centre du milieu. N’empêche… je trouve ça chouette que ce soit dans une ville qui porte un nom français. Non pas pour un quelconque chauvinisme. Mais simplement parce que les français sont quand même pour beaucoup dans l’exploration et la colonisation des États-Unis, et c’est un clin d’oeil qui me plait.

    Black Hills National Forest – South

    Bon, je ne m’éternise pas non plus dans mes pensées philosophiques, et reprend la direction du sud. Je me retrouve à Spearfish. Spearfish, c’est dans le nord de la partie sud de la « Black Hills National Forest ». C’est vrai que des fois, rajouter un petit bout de carte, ça pourrait être utile pour s’y retrouver… mais il est vrai que de mon côté, ça complique pas mal la préparation des posts…

    Quoi qu’il en soit… je suis venu ici, parce qu’il y a un canyon à visiter (en voiture) et que j’avais eu un très bon aperçu de la région la veille, je voulais bien en revoir un peu plus. Et je ne regretterais pas. Je remonte la 14-alt, qui me fait découvrir un paysage absolument superbe, ainsi que quelques petites cascades, l’une après l’autre. Je m’offre encore un autre détour, tout petit celui là, parce qu’un panneau disait « à 2 miles, lieu de tournage de “danse avec les loups” ». Ça fait une éternité que je ne l’ai pas vu. Du coup, je ne reconnais absolument pas ce petit bout de forêt perdu. N’empêche… j’ai vu à plusieurs reprises des références au film. A priori, il a été tourné dans le Dakota du Sud. Du coup, ça me donnerait même envie de le revoir. Quand j’aurais 3 heures de temps libre !

    Et puis soudainement, la route qu’elle était belle rejoint l’une des artères principales qui traverse la région. La veille, j’avais déjà fait un peu le rapprochement avec Niagara Falls… une attraction importante (ici le mont Rushmore) qui fait venir les touristes par dizaine de milliers, mais qui ne suffit pas pour les garder sur place très longtemps. Alors il faut créer tout un univers artificiel autour. Pour garder le touriste le plus longtemps possible. Labyrinthes, musées, spa, casinos… tout est bon pour encourager le touriste à rester. Avec moi, ça ne marche pas. Au contraire, ça me fait fuir ! Autant la forêt est magnifique dans l’ensemble, autant il faut vraiment s’éloigner des villes et villages !

    Black Hills National Forest – North

    La journée est bien avancée désormais. Il est temps pour moi de rentrer au camping. D’après mes calculs, je devrais être juste à temps pour le coucher de soleil. Et je me dis que la tour sur fond de coucher de soleil, ça peut être plutôt beau à voir ! Alors je me dépêche un peu. D’autant plus que j’ai repéré une petite route, qui permet d’accéder au point culminant de la région. Un peu plus de 2000 mètres, ça devrait être parfait.

    Je monte, donc, assez rapidement. De loin, je découvre qu’il y a même une tour de guet au sommet ! Je suis tout enthousiaste. En plus, j’ai de l’avance. Le soleil est loin d’être couché ! Je gare la voiture au pied de la tour. Le vent souffle super fort. J’attrape mon appareil photo, et me lance à l’escalade. Il fait horriblement froid, et une chance que je pense plus à monter qu’à regarder sous mes pieds, parce que sinon, je ne suis pas sûr que je monterais… l’accès à la plateforme de la tour est fermé. C’est pas grave. Je suis quand même assez haut. Je regarde un peu partout. Et ne voit pas ma tour, qui doit être caché par un peu de relief. De toutes façons, j’ai trop froid. Quelques photos à toute vitesse, avant de redescendre, trouver un autre point de vue.

    Je retourne à la voiture. J’ai encore pas mal de temps. Je décide de continuer un peu sur la route où je suis, voir où elle va. Un kilomètre plus loin, je vois enfin la tour. Et je réalise que je suis un peu stupide… elle n’est pas si grande que ça en réalité. Je suis beaucoup trop loin, beaucoup trop haut, et surtout, plus au sud qu’à l’est. Bon, c’est pas grave. Je fais demi-tour et décide de chercher un point de vue plus classique. Je redescends de ma montagne, retourne sur la route principale. J’avance en admirant le paysage (que je n’avais pas vu la veille), en admirant les couleurs, et en slalomant entre les chevreuils. C’est un peu l’heure de pointe pour eux !

    Finalement, je n’arriverais pas vraiment à avoir un bel éclairage et un beau point de vue. C’est pas grave. Je me suis fait plaisir quand même !

    Je retourne au camping. Me trouve un nouvel emplacement, qui me parait encore mieux que celui de la veille. Quand il fait suffisamment noir, je fais quelques photos. D’abord avec l’appareil dehors. Puis avec l’appareil dedans. Parce qu’il fait vraiment beaucoup super très froid ! Mais une fois de plus, je suis bien heureux du résultat, et c’est tout ce qui compte ! Il est 23h quand finalement je me décide à m’arrêter et à envisager de dormir un peu. La journée a été longue !

     

    Un commentaire

    1. Commentaire de La Feuille

      Je viens de terminer plusieurs polars de Craig Johnson (les enquêtes du shérif Walt Longmire) qui se déroulent dans la région où tu évolues… Enfin un peu plus à l’Ouest, dans le Wyoming. Il parait que pas loin il y a une curiosité assez célèbre “Hole in the Wall”, qui servait de refuge au bandit Butch Cassidy. Ce lieu mystérieux apparait dans “enfants de poussière”, le livre que je viens de ranger dans la bibliothèque.
      Bref, un voyage en parallèle au tien en quelque sorte, mais dans le fauteuil !

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