Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionNovember 25th, 2015
  • Les choses se sont mises en place tranquillement. J’ai pris mes petites habitudes, j’ai construit mon petit chez moi. Comme chaque fois. Comme partout. J’ai fait connaissance avec les autres volontaires. J’ai créé des liens, des amitiés. J’ai pris mon rythme. Me lever le matin. Préparer un thé. Ranger la cuisine pendant que l’eau chauffe. Boire mon thé. Commencer le ménage. M’interrompre un peu après pour prendre mon petit déjeuner… et profiter du reste de ma journée une fois que tout est fait. Écrire (oui, le livre avance toujours et il avance bien), envoyer des cartes postales, marcher dans la rue, discuter avec les gens. Vivre. Lentement. Simplement. Tranquillement. Être heureux. Faire quelques visites. Revenir.

    J’ai un saut rapide à Akumal, petite plage très jolie, pas très loin de Tulum. Endroit privilégié pour voir les tortues, et faire du snorkeling. Je suis donc parti avec mon masque, mon tuba, et des palmes empruntées à l’auberge.

    akumal_pano

    La plage, en effet, est très jolie. Mais pleine de monde. Intelligent que je suis, je me dis que la meilleure option pour voir les tortues, c’est de s’éloigner de tout ces gens attroupés. Je pars donc nager vers le large. M’éloigne. Vois des beaux récifs. Fais un peu d’apnée. Admire des poissons magnifiques. Et me fais même un ami. Un joli petit poisson argenté, qui me suis pendant un moment. Quand je m’arrête, il fait demi-tour pour revenir me chercher. Nous nageons ensemble. Je l’accompagne sous l’eau. J’ai vraiment l’impression qu’il veut me guider. M’amener quelque part. Mais le récif dans lequel il veut me faire entrer, je ne tiens pas dedans. Alors je laisse tomber. J’attends un moment en surface, mais il ne veut plus jouer avec moi. Ou alors, il m’a amené là où il voulait, et il est déçu que je ne le suive pas.

    Ça fait trois quart d’heures que je nage, que j’explore dans tous les sens. Je n’ai vu aucune tortue. Ça ne devait pas être la bonne journée. Je reviens donc vers la plage. Et là, petit attroupement à 3 mètres du bord. Une tortue. Magnifique. Pas loin d’un mètre de long, je pense. Nous sommes trois nageurs à la suivre pendant un bon moment, alors qu’elle s’éloigne vers le large. Je plonge souvent pour la voir au fond. Elle est magnifique. On trouvera une deuxième tortue un peu plus tard, mais les deux partant dans des directions différentes, je reste avec la première. Je la suis encore un long moment, seul sur la fin, avant de la laisser continuer son chemin tranquille.

    Pour les photos de la tortue, il suffit de demander à Boulette. C’est elle qui les a sur sa gopro.

    La Team Lapinoute a été reconstituée. Pour ceux qui ne suivent pas, il y a trois teams. Il y a la team Lapinoute, composée de Lapinou (moi) et Lapinoute (Laurie). Il y a la team princesses (Laurie et Boulette) et il y a la team Princess Extended (Laurie, Boulette, et moi). J’ai rejoint Laurie à Playa del Carmen pour son anniversaire. Puis elle est descendue à Tulum pour quelques jours. Elle a garé son van devant l’auberge de jeunesse. Je lui ai fait visité. En ayant l’impression de la recevoir chez moi. Et puis elle a décidé de tomber malade. Le même virus que j’ai eu à Mahahual. Les mêmes symptômes. Amusant d’observer la même chose, mais depuis l’extérieur cette fois.

    Et puis j’ai commencé à cuisiner. Parce qu’il y a toujours un moment où je commence à cuisiner. C’est d’abord John, qui a fait un repas commun, le jour de son départ. Et je me suis demandé pourquoi je ne l’ai pas fait avant. Un soir, je ne savais pas quoi manger. Alors j’ai demandé à Romina de quoi j’avais envie. Elle m’a répondu en rigolant « des lasagnes ». L’idée m’a plus. Le lendemain, je faisais des lasagnes végétariennes pour les volontaires qui voulaient (non, d’abord, ce n’est pas un pléonasme. Au mieux une maladresse de langage, et encore !). Ingrédient secret : la purée de frijoles. Délicieux ! Le lendemain, c’est Keith qui me préparait un petit déjeuner. Pour le remercier, j’ai décidé de recuisiner le soir. Et quitte à cuisinier pour Keith et Laurie, j’ai proposé à nouveau à qui voulait. De cinq, nous sommes passés à sept. Nouvelle contrainte, avec l’arrivée de Eva : végétarien, c’est trop facile. On passe au vegan.

    Challenge accepted.

    Gâteau de polenta aux olives, oignons, tomates séchés et mini maïs, accompagné de purée d’aubergines à la mangue et aux amandes, et de poivrons caramélisés. Et une demi figue, parce que c’est jolie comme décoration.

    Eva. Elle fait le chiffre du soir. De 20h à minuit. Je suis resté un petit moment à discuter avec elle. Les questions classiques. D’où tu viens (Slovénie). Où tu vas ? Ah oui ? Au Guatemala ? Moi aussi. Dans quel coin ? Rio Dulce. Euh, tu es sérieuse ? Pourquoi ? Où sur le Rio Dulce. Attends, je te montre sur la carte.

    On regarde. On mesure. On calcule. Eva sera à l’Hotelito Perdido, à partir du 4 décembre. Je serais dans un centre spirituel, à partir du 8 décembre. La distance à vol d’oiseau ? Deux kilomètres. La distance en kayak ? Pareil. On a du mal à y croire. De la petitesse du monde…

    J’ai passé un long moment à discuter avec elle. On s’entend bien. C’est chouette de savoir que je vais avoir une personne avec qui je m’entends bien comme voisine de jungle !

    Et puis Eva, elle aime bien cuisiner elle aussi. Du coup, on décide de remettre ça. Retour aux fourneaux, mais à deux cette fois. Je décide pour la première fois d’expérimenter les galettes de céréales en version vegan. L’ingrédient secret pour remplacer les oeufs ? Vous avez deviné. On est au Mexique. Purée de frijoles. Ça ne s’effrite pas, et le résultat est excellent. Avec un peu de lait de soja, de maïs en grain et de jus de tomates, c’est parfait ! Content de transformer une recette végétarienne en recette vegan, tiens, ça peut toujours servir. À côté de ça, purée de pommes de terre et sautés de légumes (ail, gingembre, oignons, courgettes, côtes de blette et mélanges de graines séchées). Nous sommes six autour de la table. Six à trouver le résultat délicieux. Parfait !

    J’ai réalisé un truc. Depuis que Laurie est là, je pourrais simplement remercier Kyle (le proprio de l’auberge, cette fois, c’est son vrai nom) et retourner dormir dans le van. Mais je suis bien dans l’auberge. J’aime l’ambiance. J’ai plaisir à y faire le ménage le matin, à commencer ma journée tranquillement ici. À connaître les gens, à construire des amitiés. Certaines temporaires, au moins une qui, je pense, durera. Hey, c’est pas tous les jours que l’on rencontre des futurs voisins de kayak !

    Il me reste encore quelques jours par ici. Je planifie une boucle dans la péninsule, puis la descente vers le sud. Pour bientôt. Peut-être un peu trop bientôt à mon goût. Les auberges de jeunesse sont différentes les unes des autres. Mais je pense que quasiment toutes ont le même point commun : ce sont des lieux hors du monde. Ici, je ne suis pas au Mexique. Je suis un peu partout. Je discute avec des anglais, des australiens, des français, des canadiens, des allemands… je discute avec tout ce qui passe. Je discute aussi en espagnol, un peu. Avec Alvarez. Ou avec des espagnols de passage. J’ai eu ma première soirée trilingue. À sauter du français à l’anglais à l’espagnol. Forcément, ça bafouille et ça ne va pas très loin en espagnol, mais ça me plait. Je m’amuse. Je suis bien. Et fidèle à moi même, je suis heureux.

    5 commentaires

    1. Commentaire de Kaly

      C’est ki ki a dit “l’éducation est l’arme la plus puissante que tu peux utiliser pour changer le monde” ? C’est Koko ? Eh bien Koko a parfaitement raison !

      “Dober dan” pour Eva. “Kako ste ? Moje ime je Kaly. Me veseli, da sva se sre?ala.”

    2. Commentaire de Eva

      Pozdravljena Kaly! Tudi mene :) Jaz sem odlicno, pa vi? Mimogrede, vasa slovenscina je pohvale vredna. Lep pozdrav iz Mehike

    3. Commentaire de Kaly

      Pozdrav iz Francije !

      Séb, tu veux bien expliquer à Eva que le dictionnaire slovène-français s’est révélé plus efficace que le dictionnaire roumain-français… Stupide distraction de ma part.

    4. Commentaire de fred

      Hello le grand voyageur !
      un blog qui me fait toujours autant rêver moi le voyageur immobile !Et je suis stupéfait de découvrir ta nouvelle et longue chevelure ! mazette ! ça pousse ! Et sympa les idées recettes !
      Bonne route à toi !

    5. Commentaire de Sébastien Chion

      @Fred: content de te revoir par ici. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu tes commentaires :) La preuve : mes cheveux ont poussé depuis, en effet ;)

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