Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionFebruary 22nd, 2016
  • J’ai pris cette habitude il y a longtemps maintenant. Je ne sais pas d’où elle me vient exactement… mais j’aime découvrir une ville en me posant la question « est-ce que je me verrai vivre ici, et si oui, pendant combien de temps ». Les réponses varient d’une ville à l’autre. La plupart du temps, plus la durée est longue, plus cela signifie que j’aime la ville. Il y a quand même quelques cas particuliers. Mais par exemple, je me vois sans problème vivre à Portland, à San Francisco, à Melbourne ou à Berlin pendant au moins une année. Peut-être plus. Chicago, pendant six mois sans problème. Dresden et Vancouver aussi. Je donnerai trois mois à Toronto sans la moindre hésitation. Sans doute plus, d’ailleurs.

    Est-ce qu’il y a des endroits où je me vois devenir « un habitué » ? Est-ce qu’il y a des parcs où j’aurais envie de me poser et de regarder les gens ? Est-ce que je pourrai facilement fuir le chaos urbain ? Est-ce que j’arriverai à trouver facilement une source d’ingrédients pour la cuisine ? Y-a-t-il au moins un marché qui m’inspire ? Des micro brasseries ? Ai-je plaisir à simplement déambuler dans les rues sans but, et sans savoir où je vais ? La ville en elle même est-elle belle ?

    D’habitude, je me pose cette question de façon plutôt théorique. Je me pose la question pour le plaisir de me la poser. J’aime découvrir les villes comme un habitant plus que comme un visiteur ou un touriste. Mais pour l’occasion, la question est on ne peut plus sérieuse et d’actualité. Si je deviens volontaire pour Quetzaltrekker, il faudra que je réponde à la question : « serais-je capable de vivre à Xela pendant au moins trois mois ? ». Beau questionnement pour accompagner nos explorations.

    Le premier bref aperçu que j’avais eu avec Megan m’avait plu. Le deuxième bref aperçu que j’avais eu la veille avec Lilou m’avait plu.

    Il était temps de passer au stade après l’aperçu. De ressentir cette ville pour de bon. Il est 16h. Nous avons pris 1000 mètres de dénivelé positif hier, 200 de positif et 1200 de négatif ce matin. Sans compter deux nuits très courtes. Nous avons jusqu’à demain 22h pour explorer. C’est parti !

    Tout comme pour Antigua, nous sommes partis un peu au hasard. Juste un peu. Pas trop. Sur le Parque Central se tient un genre de kermesse, fête de rue. De nombreux stands, des expériences culinaires prometteuses… nous reviendrons ici pour la soirée. Avant cela, on tourne à droite, puis à gauche, puis encore à gauche, ensuite à droite. Puis tout droit. Pour voir une façade à la couleur plus inspirante, pour voir une rue un peu plus dynamique, pour un aperçu sur un bâtiment étrange. Oui, comme pour Antigua, nous explorons la ville sans plan, sans but précis. Si ce n’est, peut être, de collection les photos de façades magnifiques. La ville est extrêmement graphique. Un régal pour appareil photo ! Nous nous poussons souvent du coude pour nous voler les cadrages, s’arrêtant régulièrement pour un angle qui nous plait. Une couleur. Une texture. Une forme…

    Le soir venu, nous nous coucherons tôt. Pour l’occasion, nous avons décidé d’investir 3 euros de plus, afin d’avoir une chambre privée plutôt que de dormir en dortoir. Plus de sommeil au programme.

    Une bonne nuit de sommeil plus tard, et une matinée en mode très posé tranquille, nous partons chargé de nombreux sacs. Directions Quetzaltrekker. Je commence à connaitre l’itinéraire par coeur. On dépose tous nos sacs (ceux contenant les affaires restants ici, et ceux qui viendront avec nous au sommet de la montagne cette nuit) et on repart explorer la ville.

    Xela offre un agréable équilibre entre la présence de touristes et de locaux. Il y a quelques touristes. Suffisamment pour que l’on ne nous regarde pas en permanence pour des bêtes curieuses. On peut se promener, l’appareil photo autour du cou, sans choquer, sans trop dépareiller. Et pour autant, il n’y a pas beaucoup de touristes. La ville est authentique. Elle n’a pas changé pour faire plaisir aux touristes. Pour être plus confortable ou plus agréable. Elle n’a pas la beauté trop parfaite d’Antigua. Xela nous plait. Nous découvrons des petits endroits qui nous inspirent, mangeons des cupcakes en se remémorant avoir fait la même chose, il y a des années à Grenoble. Mangeons une mangue dans la rue. Il est agréable de se promener dans les rues de Xela. Je sais que je pourrais y marcher encore et encore, sans m’en lasser.

    Nous arrivons dans le quartier du marché Democratia. Des rues animées dans tous les sens. Un joyeux bordel désorganisé comme je les aime. Un petit parc agréable où les locaux se posent tranquillement pour discuter, pour flâner. L’ambiance est détendue, calme. Je me plais. Lilou affirme à plusieurs reprises qu’elle me voit bien vivre ici. Je suis assez d’accord avec elle.

    Nous avons passé plusieurs heures à marcher. C’est bien, ça nous détend les jambes de la marche d’hier, nous échauffe pour la randonnée de ce soir. On explore encore un peu. On va visiter une coopérative où les femmes vendent leur tissus de façon plus organisée, plus concertée. Et puis on découvre le Café San Sebastian. Qui devrait plutôt s’appeler « Chocolat San Sebastian » parce qu’en réalité, on ne peut y boire que du café. L’endroit est magnifique, agréable. Je m’y plais. Oui, je deviendrais facilement un habitué des lieux si l’occasion se présente. Si le vent souffle en direction de Xela dans quelques mois. Nous verrons bien !

    Nous avons bien marché. Nous nous arrêtons pour manger le soir dans le même restaurant que nous avions découvert avec Megan. Il nous avait bien plus. Il plait bien à Lilou également. Nous prenons notre temps. Nous faisons le plein d’énergie.

    Il est 22h quand nous arrivons aux locaux de Quetzaltrekker pour nous préparer pour l’ascension du Santa Maria !

    2 commentaires

    1. Commentaire de Kaly

      Au Guatémala, je crois bien qu’on appelle tortilla des sortes de crêpes, à base sans doute de farine de maïs. Ce sont les photos 5403 à 5405 qui m’y font penser soudain.

      Le goût de la crêpe n’as pas d’équivalent en France.

      S’il advenait que tu revinsses en France, ce serait trop bien de rapporter les ingrédients, mais sans doute impossible. Imaginons un trajet par l’Espagne, peut-être alors est-il possible de transporter des denrées ?

      Je te charge d’une mission d’une extrême importance : tenter de savoir ce qui produit cette inimitable saveur !

    2. Commentaire de Sébastien Chion

      La tortilla est la base de l’alimentation de toute l’Amérique Centrale. Peut etre aussi de l’Amérique du Sud, d’ailleurs. Il y a deux types de tortilla : la tortilla normale, sur laquelle on ne précise rien et qui est, en effet, à base de farine de maïs. Et, je pense, rien d’autres que de l’eau. On en mange matin, encas de dix heures, midi, pousse café, quatre heures, five o clock tea, apéro, et repas du soir. Le deuxième type de tortilla, « tortilla de harina » (soit tortilla de farine) est à base de farine de blé. C’est celle que l’on retrouve sous vide dans les supermarchés d’Amérique du nord, du Mexique, et probablement d’Europe également. Lilou a un ami qui fait des tortillas traditionnelles sur Grenoble. Il n’y a donc aucun problème à trouver les ingrédients sur place.

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