Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionFebruary 26th, 2016
  • Nous n’avions donc rien réservé. Et nous ne savions pas grand chose de la ville, si ce n’est que le lendemain était jour de marché, et qu’il y a une ruine maya juste à coté que nous voulons visiter.

    Quinze minutes après être arrivés, nos sacs à dos posés dans notre chambre dans une autre hospedaje… pas encore compris la différence avec un hôtel. Ça viendra peut être… ce qui est sûr c’est que ça ne coûte presque rien !

    didgeliloo

    Ridoo playing the didgeliloo. Ou le contraire.

    Nous sommes en début d’après midi. Nous partons découvrir la ville, très animée. Si ce n’est pas jour de marché, on le croirait pourtant ! Les touristes ont disparu. Les gens recommencent à nous regarder plus surpris qu’autre chose. Ça nous plait.

    Nous passerons quelques heures à déambuler, à manger dans des endroits improbables, et à boire des licuados délicieux. Nos estomacs ne craignent rien !

    Le lendemain, changement radical, alors que nous partons pour les ruines de Q’umarkaj, ancienne capitale du royaume Quiché, où des cérémonies ont encore lieu régulièrement.

    Pour la petite histoire, la première capitale du Guatemala a été installée à Tecpan, a proximité de la capitale des Caqchikel, alliés des espagnols, ennemis des Quiché. Mais les espagnols ont vite déplacé la capitale à Antigua, se méfiant de leurs alliés. Q’umarkaj a été rasée par les espagnols et les Caqchikel.

    À une dizaine de minutes à peine de Quiche en collectivo, les ruines sont installées dans un petit écrin de verdure magnifique. Une forêt de toute beauté a en partie envahi les lieux, mais ceux-ci sont bien entretenus. L’herbe est tondue, et des chemins permettent d’évoluer un peu partout. Un musée à l’entrée raconte l’histoire des Quiches et de la ville.

    Nous explorons un peu au hasard, faisant des détours à quelques reprises pour éviter de déranger des cérémonies (deux ou trois personnes en train de chanter et de faire brûler de l’encens ; rien d’impressionnant en soit -contrairement à certaines idées reçues, les mayas ne passent pas leur temps à égorger des poulets- mais beaucoup de solennité que l’on ne veut pas perturber). Puis nous trouvons un endroit agréable où poser nos chaussures, et nous poser nous même. Juste à côté du jeu de paume, le seul bâtiment déterré/restauré jusqu’à présent. Lilou part explorer de son côté et je pars du miens.

    Ce sont mes premières ruines depuis un moment. Mes premières ruines au Guatemala. Et les premières de Lilou tout court. Celles-ci sont très sereines. Très posées. Calmes et stoïques. Je les aime. Elles me plaisent. Et je suis heureux que Lilou découvre celles-ci en premier. Leur simplicité, leur calme et leur beauté font du bien.

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    Il y a, à Qumarkaj, une cuevas. Une grotte cérémoniales, semi naturelle, où ont encore lieu des rituels de temps à autre (brûler de l’encens, faire des prières, des offrandes, et parfois sacrifier des poulets. Certes…).

    Il y avait deux groupes de deux personnes en train de faire des feux quand nous sommes passés la première fois. Tout semble terminé la deuxième fois que nous passons. On demande l’autorisation de rentrer dans la grotte aux deux personnes encore là. Autorisation donnée avec le sourire.

    La grotte est petite, très solennelle. J’ai ma lampe dans ma poche, mais je ne l’utiliserai pas. Nous avançons lentement, dans la pénombre. Jusqu’à arriver dans une petite alcôve où brulent quatre bougies. On reste là un moment. Chacun dans sa bulle. Elle chante à un moment. Elle m’accompagnent toujours… après l’ascension du Santa Maria, j’ai l’impression d’une nouvelle connexion avec l’Univers. Une autre réponse à une autre question, que je ne me posais pas vraiment… mais pourquoi pas. Je ferais avec cette information supplémentaire. Je continue d’avancer. Tout va bien.

    Nous ressortons de la grotte. Je suis dans un état second. Imprévu. Il me faut un long moment pour me reconnecter avec moi même. Nous avons fini de visiter les ruines. Un collectivo nous ramène à Quiche où nous grignotons rapidement au marché avant de prendre la route pour une nouvelle étape.

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