Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJune 8th, 2015
  • Tout a commencé dans un train. J’avoue que j’aime bien les histoires qui commencent comme ça. J’aime les histoires qui se passent dans un train. Et dans celle-ci, des trains, il y en aura plusieurs. La question reste de savoir si elle a commencé dans le train qui m’a amené à Lyon, dans celui que j’ai pris ensuite et qui m’a amené à Paris ? Ou bien dans celui, quelques jours plus tard, qui m’a amené à Francfort. Je crois que je vais choisir ce dernier. Parce que c’est d’un voyage en Allemagne que j’ai envie de parler.

    Ça faisait un moment maintenant que j’avais Francfort dans ma liste de villes à visiter. Je dois être l’une des rares personnes à avoir mis Francfort dans ce genre de liste. Les gens rêvent d’aller à Londres, à Amsterdam, à Paris, à Barcelone. Les gens ne disent jamais “j’ai envie d’aller à Francfort”. Pourtant, c’était bien mon cas. J’avais envie de visiter Francfort pour une raison très simple : la skyline. Et oui, je continue à aimer les tours. Je continue à collectionner les gratte-ciel. Et pour ça, il fallait bien que je fasse un détour par Francfort.

    En fait, un détour, ça n’en était pas vraiment. Depuis un moment maintenant, j’avais envie de faire un tour en Allemagne, pour vérifier mon niveau d’allemand. Voir si je suis capable de survivre, et surtout de développer une nouvelle langue. Maintenant que je maîtrise l’anglais à un niveau que je considère plus qu’acceptable, j’ai envie de rajouter une nouvelle corde à ma future polyglottie. J’avais vu un aperçu rapide de Munich. J’avais surtout eu un aperçu très rapide de Berlin (suffisamment court pour ne pas bloguer), qui m’avait donné envie d’en voir plus. Et puis je me suis fait des amis à Berlin. Et une amie à Francfort. Alors tout cela mis bout à bout, ça suivait une certaine logique. Et Francfort n’était même plus un détour. C’était une étape sur un voyage un peu plus long. Trois semaines pour réviser un peu mon allemand ? C’est parti.

    Le départ s’est fait de la gare de l’Est, à Paris. J’aime bien St Lazarre, j’aime bien la gare du Nord, mais je crois que la gare de l’Est est ma préféré. Je suis parti en ICE. Le TGV, version allemande. Un magnifique train tout blanc, avec un bande rouge qui court sur le côté. C’est joli. Au moment de la réservation, j’avais la possibilité de réserver en espace « panoramique ». Intrigué, je m’étais renseigné sur ce que c’était. La réponse m’a tout de suite donné envie de choisir cette option qui, après tout, n’était pas plus chère qu’une autre. L’espace panoramique, c’est une dizaine de fauteuils, situés tout à l’avant du train. Juste derrière le conducteur. Contrairement  aux TGV français où la motrice est entièrement séparé et uniquement consacré au moteur et autres bidules techniques, certains ICE (pas tous) semblent ne pas avoir de moteur. C’est pratique. Ça fait plus de place. Et surtout, ça permet de surveiller le chauffeur. J’étais en effet juste derrière lui, et j’avoue que c’est difficile d’avoir une meilleure place dans un train. On visualise le voyage différemment. On regarde différemment. Pour une fois, je ne vois pas le paysage que par le côté. Et surtout, ce qui est intéressant, c’est de regarder le conducteur conducter. Piloter un train, vu de derrière, ça n’a pas l’air très compliqué. Il faut appuyer sur un bouton de temps en temps, accélérer, ralentir, et dire bonjour aux trains qu’on croise. Oui oui, même quand vous roulez à 300 km/h, et que le train en face roule à la même vitesse, il faut dire bonjour. Bref, j’ai passé presque tout le voyage à regarder le conducteur, avec un grand sourire béa d’enfant fasciné. Les deux enfants d’à côté, eux, étaient fascinés par les écrans de leur iPad et du film qui s’y déroulait…

    Je suis finalement arrivé à Francfort. Avec la vue à laquelle je m’attendais. Une jolie skyline, avec quelques gratte-ciel bien choisis. Une skyline assez bien construite, et assez belle à regarder. Après quatre jours à Francfort, j’aurai bel et bien le sentiment que c’est le principal attrait de Francfort. Il y a d’autres choses, évidemment, mais mon plus grand plaisir aura été de faire des photos d’immeubles. J’ai d’ailleurs passé pas mal de temps à sillonner les rues du centre-ville, les yeux rivés vers le ciel. Il y a quelques immeubles intéressants, même si dans l’ensemble on reste sur un certains classicisme.

    Grâce au petit guide de l’architecture Francfourtoise prêté par Katharina, j’ai par contre pu apprendre que l’une de ces tours avait un observatoire tout en haut. Évidemment, fidèle à moi-même, je me suis empressé d’aller faire quelques photos aériennes. Parce que bon, quand même, l’occasion d’aller au sommet d’une tour pour admirer la vue, j’ai du mal à ne pas en profiter. Cette tour est d’autant plus sympa qu’on est bel et bien au sommet. Tout en haut. Sur le toit. Pas derrière des vitres, mais bel et bien à l’extérieur. Et la vue n’en est que plus belle. Et plus agréable. Et le vent que plus fort. La vue m’a surtout permis de découvrir que Francfort était beaucoup plus petite que ce à quoi je m’attendais. J’avais déjà eu ce sentiment en me promenant dans le centre-ville. Cette impression d’avoir tout vu très rapidement. Je pensais venir visiter une ville de trois ou quatre millions d’habitants. À l’échelle de Montréal, donc. La ville elle-même en compte 700 000. L’agglomération, elle, en compte cinq millions. Mais l’agglomération s’étale. Elle va loin. Et vue du ciel, on découvre énormément de trous. De zones inhabitées.

    On dit toujours Francfort. Le nom complet est Frankfurt am Main. Francfort sur la Main, donc. La Main, c’est la rivière qui traverse Francfort. Et comme toujours dans ce genre de ville, c’est sur les berges que l’on a les plus beaux points de vue sur les immeubles.

    Et encore plus la nuit, bien évidemment.

    Un commentaire

    1. […] j’ai envie de vivre. De découvrir dans le temps, et dans la profondeur. Quelques jours à Francfort, c’est très bien. Un aperçu éclair de Copenhague, c’est pas assez, mais c’est […]

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