Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionDecember 18th, 2015
  • Je me suis assis sur une chaise, de l’autre coté de la table, en face de Eliza. Elle a parlé la première.

    – J’ai l’impression que tu n’es pas à ta place ici. Que tu ne t’intéresses pas à ce que l’on fait. Que tu ne connectes pas avec le lieu.
    – C’est plus compliqué que ça. Le lieu me plait, et je connecte avec ce qui m’entoure. Mais je ne me retrouve pas avec ton approche et ta façon de faire les choses. La spiritualité que tu pratiques n’est pas la mienne. Je cherche quelque chose de différent que je ne trouve pas ici. Je me sens inutile. Je vais à Hotelito Perdido cet après midi, voir avec eux s’ils ont besoin de volontaires, et discuter de mon séjour là bas.
    – Je le savais depuis le premier jour. Je t’ai vu partir. Nous autres, on voit ces choses là. C’est pour ça que je suis shaman.

    Je me suis revu, quelques mois plus tot. Dans une salle de réunion à Lyon.

    – Éric, je vais partir.
    – Je sais.

    J’étais resté surpris sur le coup. Comment pouvait- il savoir ? Je n’avais rien dit qui puisse le laisser deviner. Rien fait non plus, il me semble. Extra lucide ? Ultra empathique ? Je ne croyais ni à l’un, ni à l’autre. Il m’a fallu un moment pour comprendre. Simple manoeuvre de politicien, d’homme de pouvoir. Ne jamais montrer son ignorance. Faire croire que l’on est en controle, toujours.

    J’ai eu cette meme impression avec Eliza. À cause de son besoin d’insister. « je suis shaman ». Elle aurait pu être honnête. Dire « je sens que depuis quelques jours tu es moins avec nous, tu as la tete ailleurs ». Elle aurait pu juste me confirmer qu’elle avait de l’empathie, simplement.

    « Je sais que ce n’est pas toujours facile ici, loin de tout, sans électricité ni internet ». J’ai failli lui rire au nez. « C’est toi qui passe plusieurs heures par jour devant un écran d’ordinateur. Et tu te connectes à facebook avec la 3G. Je suis allé à Livingston la première fois parce que j’avais oublié de faire un virement bancaire. La deuxième, six jours plus tard, pour donner des nouvelles à mes proches. Internet ne me manque pas. Mais oui, par respect pour ma famille et mes amis, je vais quand meme essayer de me connecter une fois par semaine.

    Je n’ai pas non plus apprécié son petit reniflement méprisant la veille : « ah… computer… » quand j’ai dit que j’étais heureux d’avoir réussi à réparer mon ordinateur (oui, celui-ci est mort pendant quelques jours ; j’ai réussi à diagnostiquer, merci internet, un problème de RAM, à trouver un micro tournevis à Livingston, et à réparer l’ensemble). C’est à cause d’elle que trois soirs de suite j’ai cuisiné à la lueur d’une bougie (ça ne me dérange pas, j’aime ça) parce qu’elle avait laissé son ordinateur à charger toute la journée, vidant la batterie de la place pour pouvoir regarder des films le soir…

    Mon ordi mort signifiait la perte de toutes mes photos depuis septembre, d’un certains nombre de textes, de six années d’archives d’email et de souvenirs… et un investissement imprévu venant plomber mon budget. Oui, j’assume pleinement le fait d’avoir besoin d’un ordi en voyage. Non pas pour regarder des films, mais pour pouvoir tenir ce blog à jour du mieux que je peux. Pour pouvoir gérer mes photographies. Pour pouvoir écrire mon livre aussi. Et pour bosser sur des projets persos. Donc oui, j’étais fier et heureux d’avoir réussi à sauver mon ordinateur, au milieu de la jungle, armé d’un tournevis.

    Eliza a fini par perdre toute crédibilité à mes yeux, et je ne me sens pas d’aider / soutenir une personne ou un projet qui ne me parle pas. Dommage, dans un autre contexte, je pense que j’aurai pu etre la personne parfaite…

    Mais cette histoire commence par la fin. Il est temps de revenir au commencement, pour comprendre comment on est passé de « ça fait un mois et demi que j’attends avec impatience de venir ici, je suis persuadé que je vais adorer » à « j’ai envie de partir après une semaine ».

    Les premiers jours se sont très bien passés. L’arrivée sur le centre en remontant le Rio Dulce est magique. Imaginez un petit fleuve, coulant stoïquement entre deux murs de végétaux, d’un vert incroyable. Deux parois quasi verticales, tombant directement dans le fleuve.

    Le premier repas a été un peu étrange. Ils m’ont fait une « blague » que j’ai trouvée drôle, mais qui a sans doute contribué à créer une atmosphère étrange. En gros, les gens d’ici ont joué des rôles un peu extrêmes, destinés à me faire poser des questions du genre « mais qu’est ce que je fais chez ces fous là ». Je l’ai très bien pris, et j’ai trouvé ça plutôt bon signe. Il est important de savoir se caricaturer, de ne pas hésiter à faire rire de soi.

    Et tranquillement, j’ai pris mes repères et mes habitudes dans un univers lent, tranquille et relaxant.

    Se lever à 6h40. Attaquer la journée par une heure de mantras et de méditation. Puis aller prendre le petit déjeuner que Cornellio a préparé pendant ce temps. Cornellio est guatémaltèque. Il travaille ici le matin et en début d’après midi. Il n’habite pas loin. Il prépare le petit déjeuner, fait quelques réparations, participe à l’entretien général…

    Après le petit déjeuner, je m’occupe de la vaisselle. Eliza donne un cours sur les plantes à Rachel et/ou Melissa. Deux américaines en formation ici. Au début, je gardai une oreille ouverte, mais je n’ai pas accroché. Du coup, je me suis plongé dans la lecture. Dans la main gauche, un livre sur la théorie des cordes. Enfin la théorie des membranes semble-t-il. J’avais envie d’en savoir plus sur le pourquoi du comment de l’univers. Envie aussi de me réconcilier un peu avec la physique (merci la fac française !).

    J’ai plongé dans les vibrations, les électrons, la constante de Plank et tout le reste avec un intéret qui m’a surpris. J’ai dévoré des dizaines de pages tous les jours (390 en 10 jours!), en anglais, afin de finalement comprendre la théorie de la relativité générale, de ne rien comprendre (comme prévu) à la physique quantique, d’accepter un espace temps à 10 dimensions (ou peut être bien 11), la plupart étant courbes. J’ai accepté qu’un électron, ou plutot une corde, ou bien une membrane, ou peut etre bien tout ce petit monde, puisse être à la fois partout et nul part. J’ai même accepté la courbure de l’univers, et la possibilité des trous de vers.

    En fait, ce qui me plait dans la physique de l’infiniment petit, c’est qu’il s’agit du point de convergence du monde « réel » et du monde « spirituel ». Pour moi, il y a toujours deux réalités. Deux façons de voir les choses. La théorie des cordes nous indique que le monde que l’on voit (la gravité et la relativité générale) converge avec le monde que l’on « ressent » (la mécanique quantique). Infiniment grand et infiniment petit se recoupent. Les deux vérités ne décrivent qu’une seule et unique réalité.

    Dans l’autre main, « El Principito ». Le petit prince. Quel magnifique défi que de lire un livre en espagnol pour la première fois. Sans dictionnaire ! En avançant doucement, puis en rebroussant chemin, au fur et à mesure que les mots prennent du sens.

    Apprendre l’espagnol me donne l’impression de faire un puzzle géant. Au début, tout est dispersé. Des pièces partout, séparées, qui ne font aucun sens. Puis des petits groupes se forment. Des zones commencent à etre compréhensible. On comprend de plus en plus le sens général d’une discussion. On commence à échanger avec les autres. il y a trois mois, j’écoutais des gens parler espagnol. Je ne comprenait rien, mais je me disais « un jour, je comprendrai tout ça ». Je me disais que toutes ces pièces de puzzles, dispersées sur la table, finiraient par toutes se retrouver. Cette évolution est simplement magique… fascinante.

    Je ne progresse pas vite. Pas aussi vite que je l’aurai voulu. Mais cette lenteur, en un sens, me plait. J’aime les processus lents. J’aime etre capable d’apprécier à la fois l’apprentissage de la langue et en même temps le formidable processus intellectuel dans lequel j’ai lancé mon pauvre cerveau qui n’avait rien demandé… tous ces mots, bientôt, auront du sens !

    La deuxième lecture du petit prince a été un pur bonheur. Le livre s’est offert à moi. J’ai compris. J’ai deviné les derniers mots qui me manquaient. L’image n’était plus du tout floue. J’ai offert un nouvel univers, un nouveau terrain de jeu, à mon cerveau. Un nouveau monde dans lequel je peux désormais évoluer.

    Et puis le renard m’a appris une chose fondamentale. Que l’on ne voit bien qu’avec le coeur, il y a un moment que je le sais. Il m’a appris que je fonctionnais comme lui. Une amie, il y a longtemps, m’a dit qu’elle était comme le renard. Sous entendant « il faut m’approcher lentement pour m’apprivoiser ». Ce n’est pas la vérité du renard. Sa vérité, c’est qu’il a envie d’etre apprivoisé. Il a envie qu’une personne devienne unique à ses yeux. Que cette personne ressorte au milieu de toutes les autres. Je suis comme lui : contrairement à ces voyageurs qui refusent toute attache, j’ai envie de créer des liens. J’ai envie de m’attacher. Et, oui, de pleurer s’il le faut au moment des au revoir. Parce que si je pleure, ça veut dire qu’avant j’ai connu des moments dont je me souviendrai toute ma vie. Oui, pleurer ne me dérangera pas quand viendra le temps des au revoir. Les larmes sont une bonne nouvelle.

    La Roanne (merci Anne McCaffrey !) m’a appris que les gens que l’on aime ne sont jamais distant de plus qu’une pensée. Voyager m’a appris que le monde était tout petit, et qu’il était toujours possible de revoir les gens que l’on aime. Il suffit d’un petit saut en avion, en train, en voiture, en bus, en stop…

    Alors oui, sachant que ces personnes ne sont pas loin, et que l’on va les revoir, savoir cela me donne envie de m’attacher. De créer des liens forts. D’aimer ces voyageurs que je rencontre. Et de pleurer quand je leur dis au revoir. Les larmes veulent dire « merci ». De la même façon que St Exupéry entend le rire de son petit prince quand il regarde les étoiles, je sais que toutes les personnes que j’aime voient la même lune quand je regarde le ciel. Oui, c’est l’une des nombreuses raisons pour laquelle j’ai plaisir à la regarder. Parce que je suis persuadé, quand je lève les yeux vers la lune, que quelque part, quelqu’un que j’aime est en train de faire la même chose. Nous ne nous voyons pas, et pourtant, nous communions par delà la distance…

    Rendu là, vous l’aurez sans doute deviné : ces lieux m’inspirent plus qu’aucun lieu ne m’a jamais inspiré. C’est probablement aussi l’absence d’écran. Mon ordi est rangé sagement. J’écris à la main et use des pages et des pages de cahier. Mon livre avance à une vitesse folle… quand je ne lis pas, j’écris. Jusque tard dans la nuit, à la lueur de la bougie. Mon cerveau s’abreuve de théorie, d’idées, de concepts. Il digère tout ça, et produit des mots, des phrases, des paragraphes, des chapitres… cet article de blog représente un peu moins de cinq pages de textes de mon cahier. J’ai écris une trentaine de pages juste pour mon livre en l’espace de dix jours…

    Je me mets à la cuisine vers 11h30 environ. La cuisine ici est simple. Pas de frigo. Surtout des légumes. Quelques céréales. Le fait que Eliza fasse régulièrement des cérémonies entraine un certain nombre de contraintes qui rendent la préparation des repas ennuyeux. Autant d’habitude j’aime les contraintes, autant ici, elles ne me conviennent pas, je crois.

    Les repas sont des moments plus ou moins conviviaux, mais il m’a fallu un moment pour comprendre ce qui me manquait. Le plaisir de manger. Les gens mangent plus par obligation que par plaisir. Les repas sont tristounes, et je pense avec émotion à mes lasagnes végétariennes et mes galettes vegans, mangées dans la joie et la bonne humeur ! Je découvre que je perds mon plaisir à cuisiner, et pour moi, c’est grave ! Le résultat s’en ressent. Il m’a fallu un moment pour comprendre pourquoi j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose dans mes plats. Je n’y mettais ni amour, ni plaisir, ni passion.

    L’élément déclencheur, celui qui m’a permis de comprendre ce qui me perturbait, a été une visite à Hotelito Perdido, où travaille Eva. Malgré les deux kilomètres seulement qui nous séparent, aller là bas n’a rien de facile. Impossible d’y aller en marchant (absence de chemin dans la jungle), ou de façon indépendante (absence de kayak à Alquima). La seule option, donc, se révèle être le bateau stop. Option nécessitant pas mal de temps. J’avais, de mon coté, de quoi faire : les après midi ressemblent beaucoup aux matins, si ce n’est que la méditation est remplacée par une sieste en hamac. Mais j’avais de la lecture et de l’écriture, et je continuais à croire que j’aurai accès à un kayak à un moment… et puis parfois, j’avais même un peu de travail : replanter quelques fleurs, tailler quelques arbustes, rassembler un peu de bois…

    L’après midi du sixième jour (et non le matin du septième), je me suis donc posé sur la jetée, le pouce en l’air. Et après une longue attente, j’ai réussi à arrêter un bateau qui, pour 10 quetzales, m’a amené à Hotelito Perdido. Un très bel endroit, perdu dans la jungle lui aussi. Quelques jolies hutes, un petit sentier… et une ambiance décontractée. Des gens souriants, heureux, discutant entre eux…

    C’est en revenant à Alquima, en voyant le contraste, que j’ai compris. Ni Eliza ni Rachel ne sont heureuses. Melissa, j’ai l’impression que c’est différent. Mais Melissa n’est plus là. Elle est en retraite. La « retraite », c’est une petite cabane en arrière. Un lit, une chaise, pas grand chose. Pendant une semaine, aucun contact humain. Juste une livraison de riz blanc, parfumé avec quelques plantes, matin, midi et soir. Amener la nourriture à Melissa était mon activité favorite. Parce que l’on mettait ce riz dans un bol, avant de le démouler dans une assiette. Pour ce que ce soit joli. Comme c’était le seul contact de Melissa avec l’extérieur, comme cette boule de riz était la seule preuve de notre existence, comme son enthousiasme venait contrebalancer le coté renfrogné de Rachel et Eliza, j’ai mis plein d’intentions dans les préparations, m’assurant que la boule soit la plus belle possible. Micro détail, mais chouette détail.

    Oui, à partir du moment où j’ai mis le doigt sur l’absence de plaisir et de bonheur, j’ai décidé de partir. Je suis dans un centre de soin. Un centre de guérison. Eliza devrait rayonner de joie et d’énergie positive. Elle me parait triste. En déséquilibre. Elle ne me parait pas la bonne personne pour effectuer des soins. Pour gérer des cérémonies. C’est une observation. Une pensée personnelle. Pas un jugement. Si d’autres trouvent ce qu’ils cherchent ici, c’est tant mieux pour eux. Le précédent helper a meme prolongé son séjour… mais pour moi, Eliza a un coté malsain. Peut être à cause de ses cigarettes, qu’elle n’arrête jamais de fumer, et dont les mégots et la cendre se retrouvent un peu partout… cuisiner la clope au bec, vraiment ? Quand on prétend être shaman et guérisseuse par les plantes ?

    Je n’ai pas parlé de Soma… en règle générale, je n’aime pas les chiens, mais j’arrive à vivre avec en les ignorant. Et ils me le rendent bien. Dans cet état de mutuelle ignorance, la cohabitation se passe bien. Je n’ai pas pu me débarrasser de Soma. Chien stupide et sans cervelle, qui m’écoute pas, et qui se comporte comme un enfant gaté. Devant une mère poule qui s’extasie parce qu’elle attend jusqu’à trois pour sauter et attraper une friandise, mais que ça ne dérange pas qu’elle mordille les gens, moi comme les autres personnes de passage. Un chien est souvent le reflet de son maitre, et je retrouve le déséquilibre de Eliza en Soma. Ça, plus la clope, plus un coté « control freak » avec lequel j’ai du mal. Soit je cuisine, soit je ne cuisine pas, mais tu ne commences pas à rajouter des épices et des ingrédients dans MES préparations. Rondudju !

    C’est toujours le même problème quand les attentes sont trop élevées. Je savais que je prenais un risque en venant ici. Le risque de ne pas aimer la mentalité des lieux. C’est ce qui s’est passé. Des regrets ? Outre que j’aurai préféré adorer la place, évidemment, non. Aucun regret. D’ailleurs, j’aime les lieux. J’aime l énergie ici. Mais j’ai compris que c’était l’énergie du Rio Dulce qui me plaisait. Ce fleuve semble porteur de vie et, certains me voient venir je pense, porteur d’amour. Un amour canalisé par la jungle autour. L’équilibre est parfait. L’endroit est magnifique. Et je continue de rester émerveillé, les yeux grands ouverts, devant tant de beauté. J’ai écris énormément. Appris sur moi meme. Beaucoup. Mais aussi appris sur l’univers. Le monde de la méditation s’est un peu ouvert à moi. Je vais évidemment continuer de l’explorer, mais je crois que j’ai déjà trouvé une réponse. « Pourquoi méditer de façon statique et immobile quand nous vivons dans un monde de vibrations, quand l’Univers n’est qu’une seule et unique symphonie de toute beauté ? ».

    Un scorpion m’a piqué le lendemain de mon arrivée. Piqure défensive : je fouillais dans mon sac, il était caché dedans. Il a eu peur. J’avais appris la veille que les scorpions n’étaient pas mortels. Enfin pas ici. Heureusement. Sinon, j’aurais un peu paniqué, je pense… mais une piqure de scorpion, c’es comme une piqure d’abeille. En beaucoup beaucoup plus intense. Mais ça ne laisse aucune trace, par contre. Aucune rougeur. Aucune boursouflure. Juste un petit engourdissement, pendant une petite heure, puis plus rien.

    Il a choisi de me piquer le bout du petit doigt gauche. Difficile de choisir plus inoffensif. Dès la piqure, je me suis dit qu’il y avait quelque chose. Encore aujourd’hui, j’ai ce même sentiment. Qu’il s’agissait d’un message positif. Un message de bienvenu. Un accueil de la jungle. Malgré le coté agressif de la chose, c’était positif. Difficile à expliquer…

    Hier soir, j’étais assis à écrire, sur le bord de l’eau. Quand j’ai entendu le « flflflflfl » caractéristique du mammifère qui sort de l’eau pour prendre une grande respiration. je ne l’ai pas vu, mais oui, il y a des lamentins dans le Rio Dulce. Et puis les lucioles, qui clignotent la nuit. Et tous ces chants d’oiseaux étranges…

    La région me plait énormément, et je n’ai pas envie de la quitter. J’y suis bien. Ça tombe bien : à Hotelito Perdido, le dernier volontaire ne faisait pas du tout l’affaire. Ils ont besoin de la remplacer. Je commence demain. Et vous savez quoi ? Ils ont des kayaks !

    Comme vous l’aurez sans doute constaté, je n’ai pas parlé de la traversée de Punta Gorda à Livingston, ni de l’arrivée au Guatemala. La traversée a été magnifique, mais lourdement chargé en émotions diverses. Je n’en parle pas plus sur le blog, par respect pour d’autres personnes. Je n’ai pas de problèmes à parler de moi ici, après tout je peux facilement m’auto censurer au besoin, mais je n’ai pas l’intention de trop entrer dans les détails. Par contre, je parlerai de Livingston plus tard.

    Un commentaire

    1. Commentaire de Kaly

      En tant que lectrice privilégiée de ton blog, puisque j’ai accès à tes chroniques en quelque sorte avant leur parution, cela fait maintenant un bon moment que j’ai entendu parler d’Eliza.

      Tout ce que je sais d’elle, je le sais bien entendu au travers de tes paroles. Eh bien je ne l’ai jamais “sentie”. Et je me demande vraiment si une personne qui n’est pas assez bien dans sa peau peut faire du bien à d’autres. Ou plutôt je suis persuadée que si l’on n’est pas assez bien dans sa peau, on ne peut pas faire du bien.

      Tu as très bien cerné ses attitudes manipulatrices, au sens où elle est en représentation pour bien montrer qu’elle est shaman… au lieu d’être shaman !

      Ce serait trop long à développer ici, mais j’ai eu plusieurs fois des preuves de la puissance de notre cerveau, et je pense que les personnes “soignées par Eliza” se sont en fait soignées par elles-mêmes, Eliza servant de catalyseur. Malheureusement, ces personnes ne peuvent guérir que parce qu’elles ont l’illusion d’être soignées par une shaman, alors qu’elles se sont guéries toutes seules dans un contexte favorable.

      Cette longue intervention pour dire que des gens comme Eliza m’inquiètent, du fait qu’elles prennent sur d’autres un ascendant qu’elles ne devraient pas prendre. Je préférerais qu’elles n’exercent pas ce talent suspect.

      Tu me diras que la médecine traditionnelle de chez nous exerce elle aussi un talent suspect !

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