Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionDecember 1st, 2015
  • J’ai serré Kyle dans mes bras. J’ai serré Bojana dans mes bras. Et je suis parti. La vie faisant bien les choses, c’était « Wind of change » qui jouait.

    J’ai fait le premier pas. J’ai franchi la porte. J’ai passé le seuil (lapsus ? j’avais écrit « seul »)… Je voyage pour tant de raisons… les rencontres, les échanges, le partage, la découverte de nouvelles cultures, de nouveaux aliments, de nouveaux plats, de nouvelles bières. Les paysages magnifiques. La beauté de la vie, du monde, de la nature, de l’univers… mais aussi pour certaines sensations. Comme celle-ci.

    Le premier pas. Franchir la porte. Passer le seuil. Il est fort possible que cette sensation soit insidieusement devenue une drogue, que j’ai besoin de ressentir de temps à autre. Le poids du sac sur les épaules, tourner le dos à tout le reste, sauter sans parachute dans le futur… et avoir le monde entier qui s’offre à moi. Qui m’attends. Je peux aller où je veux, faire ce que je veux. Tout est possible…

    Tourner le dos au passé, en sachant qu’il nous attend dans l’avenir. Le temps n’est pas vraiment linéaire. Mes rencontres d’hier sont mes adieux d’aujourd’hui et seront mes retrouvailles de demain. Je sais que les prochains jours seront tintés d’un peu de nostalgie. J’ai appris à vivre avec. Je refuse d’être de ces voyageurs qui ne s’attachent pas pour rendre le départ plus facile. Je revendique de m’attacher rapidement aux gens que je croise et que j’aime. Je suis conscient que ça peut être déstabilisant. Je suis conscient que ça peut surprendre. Mais je fais confiance à mon instinct. À ce que je ressens au plus profond de moi. Après quelques jours avec Laurie l’année dernière, je n’avais aucun doute que nous nous reverrions. Que nous mettions en place une amitié destinée à durer. J’ai ce même sentiment vis à vis de Eva. Nous nous retrouverons au Guatemala dans un premier temps. Puis dans un autre pays, un autre continent, un autre jour. Une autre fois. Une autre voyageuse. Une autre qui avance là où le vent la porte…

    Une attente un peu plus longue que prévue et deux heures de bus plus tard (raccourcies par une sieste des plus nécessaires), j’arrivais à Valladolid.

    Arriver à Valladolid m’a fait du bien. J’ai eu l’impression d’être de retour au Mexique. Mahahual était reposante, mais c’était un village touristique. Tulum était bien située et m’a permis d’aller un peu partout. De rayonner vers différentes destinations. Mais là encore, la ville était très touristique. Et n’avait pas grand chose de typique. La rue principale est un enchaînement de magasins pour touristes. Les rues secondaires, en arrière, sont certes plus « traditionnelles », mais pas particulièrement belles ou inspirantes. À Valladolid, j’ai retrouvé les couleurs que j’avais découvert à San Luis Potosi et San Miguel Allende. Retrouvé l’architecture type coloniale. Retrouvé des bâtiments beaucoup plus traditionnels, beaucoup plus habituels. Et une atmosphère beaucoup plus mexicaine.

    Je me suis installé à l’auberge où j’avais réservé (et oui, je suis prévoyant !). J’ai posé mon sac. Et je suis parti marché. Avec notamment une idée en tête : m’acheter un peu de liberté. Et oui, la liberté, ça peut aussi s’acheter !

    J’ai découvert ce suffixe. “eria” en espagnol, “erie” en français. L’endroit où l’on achète… libreria, en espagnol. L’endroit où l’on achète « libre ». L’endroit où l’on achète la liberté… et ça marche assez bien en français aussi, après tout… alors voilà… il y a quelques temps, déjà, je parlais de rentrer dans une librairie au Mexique, et de m’acheter un livre, en espagnol. De pouvoir enfin commencer à lire les tranches des livres, et les quatrièmes de couverture. N’est-ce pas une belle preuve de liberté que de pouvoir acheter des livres dans trois langues différentes ? De découvrir encore plus d’histoires ? D’avoir encore plus de mots pour dire encore plus de choses ? Ce livre va m’apprendre de nouveaux mots, je saurai dire encore plus de choses. Et quand je saurai parler espagnol, il y aura encore plus de pays dans lesquels je pourrai voyager avec plaisir et facilité. N’est-ce pas de la liberté ?

    J’en ai acheté deux. Le premier, c’est une suggestion de Katharina, et je reconnais qu’elle a bien raison. « El Principito ». Le petit prince. Un livre agréable à lire et pas compliqué. Facile à suivre, avec pourtant pas mal de vocabulaire. Une bonne première lecture pour s’immerger dans une nouvelle langue. Je l’ai commencé. J’avance pas vite. Je lis quelques pages, le dictionnaire dans une main, mon cahier dans l’autre. J’écris les mots que je ne connais pas. Et des fois, je vérifie si je m’en souviens. J’ai trouvé une méthode qui me plait bien, avec mon cahier. Une méthode qui me semble assez fonctionnelle. En tout cas, elle me permet de voir que je continue à progresser. Forcément, je savais déjà dire renard. Mais j’ai appris à dire « por favor… dibújame un cordero »Et ça, quand on voyage au Mexique, c’est quand même bien utile ! Et puis je reviens quelques pages en arrière dans le livre, et je relis. Sans me lasser. En découvrant des mots que je ne savais pas connaître, et en apprenant de nouveaux.

    Le deuxième livre, je l’ai choisi comme j’aime bien choisir les livres. Il avait une jolie couverture. Un livre pour enfant. Enfin pour ado, je dirais. « El vendedor de nieve ». Aucune idée de quoi ça parle, mais ça sera sûrement une lecture intéressante et instructive ! Dans un premier temps, j’avais attrapé un livre de Carlos Ruiz Zafón, mais je l’ai finalement reposé. Je me suis dit que pour lui, même si j’aime beaucoup ses livres, j’allais attendre encore un peu pour l’attaquer en espagnol. Et puis j’ai toujours « la sombra del viento » qui m’attend au Charbinat, depuis que Manuela me l’a prêté.

    Deux livres dans la poche, le pied léger (dans mes sandales pas très confortables), je suis parti découvrir un peu la ville de nuit. J’ai retrouvé une grande place centrale, où tout le monde se rassemble le soir pour profiter de la douceur de la nuit. J’ai retrouvé les rues colorées. Les portes et les fenêtres qui ouvrent sur des décors intrigants. Je me suis promené, et j’ai aimé ce que j’ai vu. Oui, j’étais content d’être finalement de retour au Mexique.

    Le lendemain après-midi, je retournais explorer un peu plus la ville à la lumière du jour.

    Non sans en profiter pour aller visiter le couvent de San Bernardino de Siena. Un lieu sans grande prétention. Joli de l’extérieur, offrant quelques beaux points de vue de l’intérieur… sa principale particularité est d’avoir été construit sur une cenote, ceci afin de garantir un accès facile à de l’eau douce… malheureusement, la cenote est cachée, et on ne la voit pas… tant pis.

    Un commentaire

    1. Commentaire de Boulette

      Que bien ! Super utile les bouquins pour apprendre, tu vas voir ça vient vite (j’dis ça mais je suis pas plus avancée que toi…). En ce moment, c’est un bouquin sur les modes de vie alternatifs au Mexique (en espagnol bien sûr) qui squatte ma table de chevet, étonnant hein ? ;)

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