Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJanuary 10th, 2020
  • Réveil tranquille, après une nuit tout aussi tranquille. Quelques voitures dans la nuit, quelques voitures dans la matinée… comme la plupart du temps. Les lieux étant plutôt jolis et bien inspirants, je m’offre une petite balade rapide dans les vignes à côté, avant de reprendre la route.

    La suite de mon programme est assez établi : rouler jusqu’à Gruissan, me garer à Gruissan Plage où le monsieur de l’office du tourisme m’a dit que c’était possible, et aller me balader un peu en ville.

    La première étape du plan se déroule sans accroc. Rouler jusqu’à Gruissan. Je longe la plage. La route est agréable. Je traverse Gruissan, direction les chalets. Je trouve sans problème le parking dont il m’a parlé. Celui-ci est fermé. Inaccessible. Payant le reste du temps… bon, bin tant pis… il y a plein d’autres parkings dans le coin (qui doivent sans doute être bondés en été) mais tous sont bloqués par des barres de hauteur. Comme le village a l’air quand même joli, j’ai bien envie d’essayer de m’y arrêter.

    Je tourne un peu avec le Chamion, avant de trouver une place très bien. Parfaite. Très confortable. Horizontale. Sans barre de hauteur. Sans parcmètre. Juste, un petit parking, sur le bord de l’étang où je peux laisser le Chamion pour partir explorer le petit village circulaire de Gruissan et sa tour moyenâgeuse.

    Les rues sont plutôt sympas. Et même plutôt vivantes, ce qui change de mes dernières balades. Et qui est plutôt agréable, il faut bien le reconnaître !

    Et bien évidemment, je monte jusqu’à la tour qui offre une vue magnifique sur les environs. Le lecteur attentif repèrera bien évidemment le Chamion qui se cache dans le paysage quand on regarde côté terre/étang.

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    La tour elle même étant évidemment très chouette aussi.

    Côté village/mer, la vue est toute autant très bien.

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    En fait, il faut bien dire ce qui est, le village est très joli, les rues sont agréables (et vivantes, j’insiste !) et les environs sont superbes. Et puis la vue depuis là où est garé le Chamion vaut la peine elle aussi.

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    Ce pourrait être un très bon endroit pour passer la nuit. Certes, un parking à côté de la route, mais une route probablement pas très passante la nuit. Aucun panneau ne m’interdit de dormir ici. Je me dis que pourquoi pas… mais l’après-midi est encore jeune ; il y a un peu plus loin une aire de pique-nique où il est supposément interdit de dormir, mais qui est sur une petite route reculée, dans un coin bien tranquille. L’idée est d’aller là-bas, de se faire une petite balade, et de décider ensuite.

    La route qui rejoint l’aire à pique nique n’est pas large. Je ne déborde pas des deux côtés, mais presque… la bonne nouvelle étant que je n’ai personne à croiser en chemin. Un peu plus loin, je gare le Chamion sous les arbres. L’endroit est superbe. La vue sur Gruissan et sa tour est très belle. Et en effet, ça donne envie de partir se balader une petite demi-heure. une petite heure. On verra bien !

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    Comme d’habitude, pas des marquage de sentier. Mais des chemins larges, fréquemment empruntés, qui permettent d’avancer sans s’inquiéter. Région de garrigue et d’étangs. De petits arbres, de soleil ensoleillé, de senteurs de pin, de ciel bleu, de petits sous-bois, de plein de petits cailloux et de murs de pierre…

    Je marche depuis un moment maintenant. J’ai exploré un côté du vallon où je me trouve (côté terre) et je décide d’aller voir de l’autre côté, sur les collines côté mer.

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    Je traverse donc la route qui coule au milieu, repère un chemin, et attaque la grimpette de l’autre côté. Même genre d’ambiance sur l’autre crête, avec la mer en plus… la vue, encore une fois, est grandiose. À un moment, un panneau m’avertit de faire attention à la présence de palombière, et je prends note de l’avertissement. Évidemment, savoir de quoi il relevait aurait pu être une information utile. Mais du coup, je me contente de faire attention. Une falaise, peut-être ? Que nenni ! Internet -bien après la fin de ma balade – m’informe :

    Ensemble de deux nappes de filets se refermant l’une sur l’autre, employé pour la chasse aux ramiers et aux bisets.

    Comme je ne suis ni un ramier, ni un biset -enfin j’espère !-

    Biset : Pigeon sauvage gris, d’où sont issues les races domestiques.
    Ramier : Gros pigeon à tête et dos gris-bleu, aux côtés du cou et aux ailes barrés de blanc, très commun dans les villes d’Europe.

    donc non en effet ; je devais donc être en sécurité. Remarque, avoir su de quoi il s’agissait, je pense que j’aurai essayé de démonter un peu tout ça…

    Je continue ma balade, longeant le plateau. Mon sens de l’orientation ne me faisant pas trop défaut, je devine que je me dirige vers Gruissan. J’entends au loin des rires d’enfants. Et finalement, j’arrive sur un petit promontoire au dessus de la ville. La vue est superbe (l’aurai-je déjà dit ?) !

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    Je finis ma balade en rentrant tranquillement jusqu’au Chamion. Je serai finalement parti deux heures. L’endroit était magnifique, la balade vraiment agréable. Et je suis bien content de moi. Je ne vois aucun panneau d’interdiction, les lieux sont calmes, j’aime la vue sur Gruissan… je me dis qu’il n’y a pas de raisons de ne pas dormir ici ; et c’est donc ce que je ferai !

    Je me réveille le lendemain après une belle nuit de sommeil, tranquillement installé sous les arbres. Mon objectif du jour, à nouveau, est assez clair : direction Narbonne. Mais avant, quand même, explorer encore un mini peu le massif de la Clape. Peut-être en me faisant une petite balade d’une demi-heure ?

    Je reprends la route, revient jusqu’à Gruissan, pour repartir direction Narbonne. J’aurai pu rester sur la route des étangs, mais celle-ci n’était quand même pas très large. Et manquant sans doute de reliefs, vu son nom. J’ai donc préféré l’itinéraire plus classique, et clairement magnifique, mais sans grande possibilité de balade a priori. Par contre, il me restait une route que je n’avais pas encore faite :

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    Alors oui, c’est vrai, des fois les cartes pour s’y repérer, ça aide. Cette carte, donc, c’est le Massif de la Clape. En bleu, la première journée, depuis Salles d’Aude jusqu’à l’Œil Doux, avec petit détour en voiture jusqu’à Saint-Pierre. En vert, la deuxième journée, avec détour inutile par Gruissan Plage, et en jaune, ma belle petite balade. En violet, l’itinéraire pour Narbonne, et en bleu ciel, au milieu, cette route que je n’avais pas encore faite… et que c’était quand même dommage.

    Je ne fais pas beaucoup de « détours » avec le Chamion. Dans le sens que j’évite de rouler, juste pour rouler. J’hésite à aller à un endroit juste pour faire un aller-retour, alors que j’ai déjà vu un bout… à prendre une route juste pour voir le paysage, sans pour autant que cela me fasse avancer dans mon itinéraire global. Mais en même temps, des fois, ce serait dommage de se priver… surtout quand le paysage est aussi beau… j’avais bien envie de voir le cœur du Massif de la Clape. Alors je me suis décidé, et je suis parti sur la petite D168 avec ma maison. Sachant que je ferai un aller-retour, l’aller m’a surtout servi à repérer un peu les lieux. À voir où je m’arrêterai pour me faire une petite balade. Et puis aussi, simplement, à m’en mettre plein des lieux !

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    Donc oui, le Massif de la Clape est une zone protégée, gérée par la Conservation du Littoral. D’ailleurs, pour être sûr qu’elle soit super bien protégée, ils ont posé une base militaire en plein milieu (là-haut, sur la montagne, à l’écart de tout, de belles antennes, de beaux champignons…). Assurément, si quelqu’un ne respecte pas le paysage ou le littoral, il doit se prendre un missile balistique ou quelque chose du genre… c’est évidemment la seule raison qui puisse expliquer la présence de militaires dans un lieu protégé…

    Il y a plein de départs de chemins dans tous les sens. Mais en même temps, il y a pas mal de vent sur le haut du massif. Du coup, pas de balade qui m’inspire particulièrement. Jusqu’au moment où je suis presque revenu à l’embranchement qui me ramènera sur Narbonne. Là, ce petit départ de chemin à l’abris du vent sous les arbres. Là-bas, ces deux jolis petits rochers… je serai curieux d’essayer d’aller me balader au milieu. J’arriverai bien à trouver mon chemin entre les vignes et les arbres ! Ce n’est pas loin… c’est l’histoire d’une demi-heure !

    Je pars donc en suivant le chemin, embranchement de droite. Je marche un peu, me retrouve dans les vignes, pas tout à fait dans la bonne direction. Mais je me dis que ça vaut quand même la peine d’aller regarder au bout du champ, vu que ça tourne un peu… après la vigne, une autre vigne… mais peut être que là bas dans le coin au fond…

    Et oui, je trouve exactement ce que j’espérai trouver : un petit chemin caché, qui part dans les bois.

    Et qui ne débouche pas du tout là où je pensai. Après avoir marché un peu, traversant un petit vallon, je me retrouve dans ce qui ressemble à une vallée oubliée. Vallée perdue, cachée au milieu des montagnes. Bon, pas tout à fait perdue, vu qu’en plein milieu, il y a une vigne. Mais n’empêche… cette sensation d’être déconnecté de tout, au milieu de nul part… c’est tellement agréable ! (sur la première photo, vous pourrez deviner ce petit vallon secret par lequel je suis donc arrivé dans cette vallée secrète)

    Je longe les vignes. J’ai envie d’aller voir plus loin. D’aller voir là-haut, si jamais c’est possible. Et à nouveau, un petit chemin discret, qui s’enfonce dans un autre petit vallon caché…

    Il finit par déboucher sur une petite clairière. Un arbre, une fausse cabane. Un embranchement. À droite, ça a l’air de plutôt descendre. À gauche, ça a l’air de plutôt monter. Le choix est vite fait : je veux voir tout cela depuis en haut ! Alors je grimpe, tranquillement. Le paysage est simple ; les reliefs ne sont pas très hauts ; les falaises pas très grandes. Pourtant, tout cela me fait rêver. J’aime cet endroit, avec ses petits chemins secrets et ses vallées perdues, plus que je ne l’aurai imaginé ! D’en haut, on voit un peu la suite, par là-bas. Je reconnais cette route, par laquelle je suis arrivé depuis Gruissan. J’ai traversé cette petite portion du massif. Je redescends de l’autre côté, voir un peu à quoi ça ressemble. Et arrive… dans des vignes !

    J’ai envie de faire une boucle. Je triche un peu ; coup d’oeil sur Google Map, version satellite, voir quels chemins j’arrive à repérer. Il y a une route, qui traverse. Sans doute relie-t’elle aussi le relais téléphone que j’ai entraperçu sur les hauteurs à un moment. Je pourrai essayer de la rejoindre. Ça ferait une grande boucle. Mais j’ai tout mon temps ! Et puis il y a aussi cette falaise, dans le prolongement de la vigne. Avec ce qui ressemble à une grotte, un peu en hauteur. Et franchement, ça donne envie d’aller voir s’il y a un chemin.

    Je longe donc la vigne… et chemin, il y a. Je grimpotte tranquillement, jusqu’au pied de la grotte. Cela semble plus à une ouverture dans la roche qu’à une grotte profonde. Les derniers mètres sont plutôt raides. Je ne vois pas l’intérêt de prendre le risque de les faire ; je regarde donc en levant les yeux.

    Et puis la vue d’ici elle est quand même plutôt chouette ! Et je note qu’a priori, à Narbonne, il y a une cathédrale à aller voir :

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    Je suis complètement ravis par ma balade. Je ne m’attendais pas à ce genre de paysage, à ce calme, partout… à cette tranquillité… c’est tellement reposant ! À plusieurs reprises, j’ai presque eu l’impression d’être en haute montagne tellement tout est tranquille…

    Pour continuer mon chemin, je décide de prendre un raccourcis. Je devine à peu prêt où le chemin devrait passer, et plutôt que redescendre pour remonter, je décide d’aller tout droit, un peu à la sauvage. Ca passe pas très facilement, mais ça passe. Et puis au bout d’un moment, comme prévu, je fini par retrouver mon chemin ! Il remonte. Je vois qu’il va redescendre de l’autre côté, mais il permet de faire un petit détour, pour rester un peu en hauteur, le temps d’admirer une dernière fois le paysage…

    Je ne suis pas exactement sûr de où je vais, mais la direction générale me parait la bonne. Alors je continue sur ce petit chemin, me disant que j’arriverai bien quelque part un jour. Et en effet, je suis arrivé quelque part…

    Je suis retombé sur ma clairière, avec mon arbre et ma fausse cabane. Par le même chemin que celui par lequel je suis parti. Je n’ai pas fait une boucle, mais un aller-retour. Sans m’en rendre compte… je ne suis pas sûr du moment où j’ai retrouvé mon chemin initial. C’est très perturbant… mais au moins, c’est bien, je ne suis pas perdu !

    Je reviens à ma vallée cachée. Mais au lieu de repartir par mon petit vallon, je prends plutôt « la grande route ». Enfin le chemin en terre des tracteurs. Retraverse une autre vigne. Et puis redescend, tranquillement, sur le Chamion.

    J’ai les yeux qui brillent. J’aime continuer à me surprendre, comme ça. À découvrir des paysages inattendus. Des paysages magnifiques, et presque improbables. Je ne m’attendais pas à voir ces rochers et ces falaises -même petites- cachés entre la mer et les étangs… aucune idée de où me fera passer mon itinéraire retour. Aucune idée de quand sera mon voyage retour. Mais je pense que je reverrai la Clape un jour ou l’autre !

    En attendant, je remonte dans le Chamion. Ma petite balade d’une demi heure aura duré pas loin de trois heures. Il est temps que je prenne la route de Narbonne !

    2 commentaires

    1. Commentaire de Lavande

      Tu as toujours ta boussole (du grand-père) et tu l’utilises ?

    2. Commentaire de Sébastien Chion

      En ce moment, le soleil se couchant assez tôt, je repère généralement assez bien le sud pour bien orienter la maison / les panneaux solaires. Mais elle me sert parfois, et notament plus en été, quand il est plus difficile de savoir vers où tourner le chamion !

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