Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionFebruary 27th, 2016
  • Pour beaucoup, Semuc Champey est le plus beau paysage du Guatemala. Et le petit village de Lanquin, à 11 kilomètres, avec ses grottes, a fortement profité de la réputation de son voisin. Les tours opérateurs proposent des visites sur la journée. Semuc Champey le matin, les grottes en fin d’après midi. Ne voulant pas jouer les touristes pressés, une journée chaque nous plait beaucoup plus. Et sans passer par les tours organisés, évidemment. On se débrouille seuls. Comme des grands.

    Le minibus nous a déposé à Lanquin, après deux heures de route sinueuse, dans des paysages de montagnes de toute beauté. La dernière heure, sur chemin non asphalté, assis sur une plaque de métal, était une expérience en soit (surtout après le pick up de la veille…). Dans la région, il y a beaucoup moins de chicken bus, mais des minibus plus grands que ce que l’on croit .

    À Lanquin, nous avons visé « El Retiro ». Surtout parce que c’était l’option d’hébergement la moins chère. Aussi pour le clin d’oeil : Eva a travaillé ici après Hotelito. Nos routes se croisent encore… je l’imagine sans problème dernière le comptoir de la réception, souriant à tout le monde, accueillant les visiteurs avec son sourire contagieux. Mais elle n’est pas là. La fille qui nous accueille est beaucoup moins souriante. Elle nous montre le dortoir. Nous posons nos sacs, et partons vite. L’endroit est magnifique. Il s’inscrit dans la série des Eargh Lodge et des Iguana Perdida… ces endroits tout confort, plein de touristes. Ces endroits que nous fuyons, préférant les hospedaje à 60Q la chambre pour deux aux 100Q pour les deux lit en dortoir… la nourriture typique mangé dans un comedor pour 30Q les deux, plutot que la portion de lasagnes végétariennes à 60Q chaque. Voyager au Guatemala peut coûter cher. Nous avons un budget d’environ 15 euros par jour, pour la nourriture et l’hébergement. Pour deux. Nous mangeons et dormons pour 8 euros chacun environ. Difficile de baisser plus ce chiffre, par contre…

    Nous sommes partis jeter un coup d’oeil rapide au village de Lanquin, grignoter un petit quelque chose, avant de prendre la direction des grottes. Vingt minutes à pied, petite promenade agréable, nous permettant d’admirer le paysage, d’admirer les arbres, et de se détendre un peu les muscles.

    À l’arrivée aux grottes, un guide s’approche de nous, mais nous déclinons ses services, et il n’insiste pas. On paie l’entrée. On rentre. Je me souviens de mes sorties spéléos d’il y a très longtemps. Règle de base : toujours avoir au moins trois sources de lumière. J’ai ma lampe de poche, Lilou a une bougie (et peut être un briquet) et nous avons des idées lumineuses. Parfait.

    Nous longeons le Rio Lanquin, rivière souterraine qui parcourt une partie des grottes du même nom. La rivière est magnifique. Puis les grottes sont là. Et nous entrons.

    Dans le guide, il est précisé que l’entrée des grottes est aménagée et éclairée. Dans la réalité, les ampoules sont bien là, mais quelqu’un a oublié d’appuyer sur l’interrupteur. Pas grave. Ma lampe fait l’affaire. Nous évoluerons lentement, une lampe pour deux, découvrant la grotte par tout petit bout. Je me rappelle ce que j’écrivais dans le tome 3 sur le plaisir de visiter avec sa propre lampe, de découvrir les lieux comme on le désire, plutot que comme d’autres veulent nous le montrer.

    Nous resterons un long moment, découvrant des formations magnifiques, profitant du calme des lieux et de l’absence de lumière. Nous nous plongeons dans le noir complet à plusieurs reprises. Parfois, pour jouer de la flute. Parfois du didgeridoo. On en profite aussi pour faire quelques photos. Éclairage lampe de poche !

    Nous croiserons deux ou trois autres groupes. Eux visitent à la bougie, avec un guide. C’est la deuxième partie du tour Semuq – Lanquin. Les grottes à la bougie. Dans mes souvenirs, c’est pas top pour les formations tout ce CO2… mais il est vrai que ça fait un chouette éclairage pour les photos !

    Nous ressortons des grottes pour nous poser un long moment sur le bord de la rivière. À nous détendre, à nous relaxer, à écrire un peu. Nous attendons le coucher de soleil. Non pas que nous puissions le voir d’ici mais… une première chauve souris survole la rivière. Puis une autre.

    Nous retournons à l’entrée de la grotte. Un flot ininterrompu de chauve souris en sort. Dizaines, centaines, milliers… impossible à dire… nous restons un long moment à admirer ce ballet aérien de toute beauté. Il n’y a aucun moustique. On ne se demande pas pourquoi !

    Après un long moment, nous prenons le chemin du retour. Nous nous arrêtons en ville pour manger un petit quelque chose, avant de rentrer à El Retiro. Tout le monde est au restaurant, en train de manger. Tous ces lieux publicisent le « diner style familial ». Le coté hyper social, utilisé pour montrer à quel point l’endroit est cool. À la Iguana, il y avait entre 30 et 50 personnes autour de 5 tables. À Earth Lodge, une trentaine. À El Retiro, j’estime à une quarantaine. À Hotelito, il n’y a pas plus de 18 personnes, autour d’une seule table… oui, pour moi Hotelito reste différent !

    Nous fuyons la foule. Fuyons la musique. Allons nous poser un moment sur le bord de l’eau, avant de nous mettre au lit. Encore un endroit magnifique, encore une utilisations des lieux qui ne me plait pas…

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