Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionSeptember 11th, 2012
  • L’Île de beauté… qui n’en a pas entendu parler ? Qui n’a jamais rêvé de ses paysages, de ses plages, de ses falaises ? J’y mettais les pieds pour la première fois, pour une dizaine de jours. Séjour rapide, avec pour objectif premier de me relaxer et de me reposer. La Corse semblait une bonne destination pour ça.

    Malgré son surnom, ce n’est pas la beauté de l’île qui m’a marqué. Si j’ai su profiter de ses paysages grandioses, je m’y suis surtout imprégné de douceur. Douceur de vivre, douceur d’aimer… Je confirme la beauté des paysages corses. Je pourrais évidemment dire « j’ai vu plus beau ailleurs », mais la question n’est pas là. Le voyageur que je suis commence à avoir vu beaucoup de paysages, et ce n’est plus ce que je regarde en premier désormais. Je pars à la rencontre des gens, à la découverte de leur mode de vie, de leur façon d’être. En Corse, et malgré certains portraits que l’on m’avait fait avant mon départ, je n’ai trouvé que gentillesse et douceur.

    D’une façon qui n’est pas habituelle pour moi, je ne raconterais pas mon voyage dans les moindres détails, jour après jour, heure par heure, étape par étape. Je ne suis pas resté assez longtemps pour avoir de visions précises de quoi que ce soit, me contentant d’impressions générales.

    J’ai profité de l’accueil de Charlotte, rencontrée pour la première fois à Montréal il y a un moment maintenant. Nous avions gardé contact, et je l’ai revu avec plaisir. Elle m’a offert un petit cocon des plus agréables. Je m’y suis installé confortablement, et j’en ai profité autant que possible. J’ai passé une partie de mon temps plongé dans des livres. La Corse s’y prête à ravir. Se lever en prenant son temps, attraper un livre, lire quelques heures, et puis finalement se demander ce que l’on va faire de sa journée. Déambuler un peu en ville, faire quelques heures de marche, ou préparer le repas du soir…

    J’ai été saisi par le rythme Corse dès mon arrivée. Le bateau m’a déposé à Bastia à 7h du matin, après une nuit courte en sommeil. Plutôt que de m’installer à l’intérieur, j’ai préféré resté sur le pont, à l’avant du bateau. Sans lumière, mais avec beaucoup de vent. Aussi, l’une des premières choses que j’ai cherché à faire en arrivant, a été de me reposer. Mon petit doigt me disait que personne ne s’offusquerait de me voir allongé sur un bain, les yeux fermés. Parce que oui, en Corse, on peut encore s’allonger sur des bancs. Là où la France métropolitaine a changé la grande majorité de ses bancs pour y intégrer des accoudoirs, afin d’empêcher les SDF de s’y installer, il semblerait que la Corse n’ai pas pris ce travers.

    Allongé sur un banc de pierre, sur une place de Bastia, les yeux fermés. J’ai somnolé. Jusqu’à ce qu’un passant croise quelqu’un qu’il connaissait. Ils ont commencé à parler. Une troisième personne s’est joint. Je suis resté un long moment allongé, à les écouter discuter. L’accent corse a quelque chose de doux, reposant. Ils avaient tout leur temps. Plus que moi, même, puisqu’au final, ils palabraient encore quand je suis parti.

    Il y a aussi eu ce propriétaire, dans ce petit restaurant épicerie, qui prenait le temps de discuter avec tout le monde. J’ai eu plaisir à attendre mon sandwich, tant l’écouter parler, écouter sa joie et mon enthousiasme, était agréable. Et quand il va vu ma flûte, quand je me suis présenté comme conteur, il s’est excusé de n’avoir rien de prévu dans les prochains jours. Sinon, j’aurais été le bienvenu dans son établissement !

    Il ne faut pas non plus oublier ces voitures qui s’arrêtent dans la rue. Parce qu’en Corse, quand vous croisez quelqu’un que vous connaissez, vous ne pouvez pas ne pas vous arrêter. Il est de bon ton de saluer son prochain, d’échanger les dernières nouvelles. De toutes façons, les voitures derrières vous ne sont pas pressées. Elles peuvent attendre un peu, elles aussi. Inutile de klaxonner. Vous n’écouterez pas les échanges corses. Prenez votre temps, appréciez, relaxez vous. Soyez heureux !

    Oui, je crois que c’est ça qui m’a sauté aux yeux en premier. Les gens sont simplement heureux.

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