Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionOctober 24th, 2015
  • Le lendemain, j’avais quartier libre. Laurie est partie de son côté, je suis parti du mien. Je suis parti selon ma bonne vieille méthode habituelle.

    « Je ne sais rien de la ville, on va voir ce qu’elle cache »

    J’avais simplement repéré un très grand parc, juste à côté de chez Yoli et Conrad. Le parc Chapultepec. Petite parenthèse informative : dans le métro de Mexico, qui soit dit en passant marche plutôt bien et ne coûte rien du tout (50 mxn soit dans les 0,3 euro), chaque station est aussi représentée par un petit pictogramme. Et oui, c’est pas bête, quand on y pense, pour les gens qui ne savent pas lire. Nous sommes au métro Chapultepec, représenté par un grillon. Parce que oui, « Chapultepec », ça veut dire « là où vivent les grillons ». Voilà pour la parenthèse informative.

    Chapultepec Jardin

    Dans le parc de Chapultepec se trouve le musée d’anthropologie. J’avoue que j’irai volontiers y faire un tour, mais il parait qu’il faut prévoir au moins une journée. Je n’en doute absolument pas. Je me le garderai donc pour une autre fois (c’est quand même là bas qu’ils conservent le calendrier maya qui annonçait la fin du monde pour 2012). Je marche un peu dans le parc, avant de rapidement repérer un panneau « Chapultepec Castle ». Et surtout, je repère le dit château, qui se trouve un peu en hauteur. Qui dit hauteur, dit vue sur la ville, et je n’ai pas besoin de réfléchir bien longtemps avant d’y diriger mes pas.

    Chapultepec Castle

    J’attaque tranquillement l’ascension, profitant de quelques petits points de vue sur la route. Arrivé en haut, je paie le droit d’entrée à un prix bien raisonnable -comme la plupart sinon tous les lieux touristiques/historiques, l’entrée est gratuite le dimanche pour les mexicains et les résidents permanents, mais nous ne sommes pas dimanche, et je ne suis ni mexicain ni résident- et j’attaque la visite.

    Les points de vue qu’offrent le château sur la ville permettent de saisir un peu mieux l’ampleur de la mégalopole. Mais encore… pas tant que ça. Mais quand même un peu. Ça va loin. Très loin. Et on voit en effet qu’il y a des montagnes un peu partout autour. Et, à ma grande surprise, il y a quand même beaucoup de verdure.

    Le château en lui-même est intéressant aussi. Musée sur l’histoire de la ville. Tout est écrit en espagnol. Mais l’espagnol écrit, ça n’est pas un très gros problème. Mes petites bases me permettent de comprendre beaucoup de choses. Par contre, c’est fatigant et un peu long. N’empêche, j’apprends deux trois petites choses. Le but, encore et toujours, reste de me forcer à pratiquer le plus possible l’espagnol. Le château fait très européen. L’aménagement fait très européen. Et il est vrai qu’au final, rien de tout cela n’est très dépaysant.

    El Paseo de la Reforma

    La balade finie, j’attaque la descente. Je sais déjà vers où je vais continuer. J’avais repéré les buildings, qui m’intriguaient, mais surtout « El paseo de la Reforma », une grande avenue qui traverse une partie de la ville, et que j’ai bien envie de suivre un peu.

    Les buildings me plaisent bien, mais je finis assez vite par réaliser que la plupart ne sont pas terminés. Chantiers en cours ? Je ne suis pas sûr. Cela fait plus « chantier abandonné depuis un moment maintenant ». Projets avortés alors ? On dirait bien.

    J’atterri soudain au milieu d’une magnifique exposition extérieure de sculptures en tout genre. Sur les deux côtés de l’avenue, des centaines de sculpture (papier mâché ? carton ? difficile à dire parfois) sont présentées par le musée des Arts Populaires. L’ensemble est magnifique, coloré et déborde d’imagination. Mention spéciale pour Pascualina qui n’est pas loin de la réalité :

    pascualina

    Mais les autres valent vraiment le détour aussi. C’est un bonheur à regarder !

    El angel de la independancia

    Et je continue de descendre l’avenue, pour arriver à « El angel de la independancia ». Sans doute un endroit très important pour les mexicains, car plusieurs couples se font photographier en tenue de mariés. Sachant que la statue est au milieu d’un immense rond point digne de celui de l’arc de triomphe, je me permets de douter sur l’intérêt des photos, mais pourquoi pas !

    La grosse différence, par contre, avec la place de l’étoile, c’est qu’il n’y a pas de passage souterrain pour aller au milieu. On y va à la sauvage : on regarde bien, et on traverse rapidement. J’ai une bonne expérience des traversées à la sauvage. D’habitude, je maîtrise. Mais là, je dois bien reconnaître que j’ai du courir. Je me suis fait avoir. Pourquoi ? Un indice. Regardez bien la photo, voir si vous devinez le problème :

    rondpoint

    Alors ? Oui. Un boulevard deux fois quatre voies, qui arrive sur un rond point et que les gens prennent sans problème dans les deux sens. J’avoue que je n’avais pas prévu de regarder des deux côtés en traversant ! J’essaie d’imaginer la même chose, place de l’étoile, et je ne peux pas m’empêcher d’être mort de rire…

    Et moi, je continue de descendre mon boulevard. Je fais un petit détour par une rue piétonne, que je trouve trop américanisée pour le coup (Mc Do, Subway, Burger King, et KFC se succèdent), et je ne reste pas plus longtemps que ça.

    El monumento a la revolucion

    À plusieurs reprises, j’ai croisé des personnes au visage maquillé en mode « zombie ». Je me suis dit qu’à une semaine d’haloween et à neuf jour du « dia de los muertes » c’était sans doute normal. Mais quand je vois un énorme attroupement plus loin, je commence à me douter de quelque chose. Je m’approche. Oui, je viens de débarquer, complètement par hasard, au milieu de la « Zombie Walk » de Mexico. Vous ne savez pas ce qu’est une « zombie walk » ? C’est très simple : on se grime en zombie, on se rassemble, et on défile tous ensemble. De plus en plus de grandes villes le font. Aucune idée de qui a parti l’idée, mais ça marche particulièrement bien partout dans le monde. Et à Mexico, les gens sont aussi à fond dedans !

    Je remonte un peu le flot des zombies, admirant les maquillages, qui vont du très simple rapidement fait et pas très beau à celui qui a très clairement requis de longues heures de réflexions et plusieurs heures d’application. Mon cerveau se branche soudain en mode « time lapse ». C’est vrai que je vais ça, des fois. Rarement ces derniers temps. Dommage, un peu. Mais là, c’est un peu parfait. Surtout quand je vois ce bâtiment, en arrière, au sommet duquel on peut aller. C’est ainsi que je me retrouve à me diriger vers « el monumento a la revolucion ». À son pied, une grande place, où se tient un festival, hommage aux Rollings Stones. Ça, plus la Zombie Walk, le mélange est assez sympa !

    Quelques minutes plus tard, je me retrouve en haut de « el monumento ». La Zombie Walk s’est éloignée, mais je continue de profiter du point de vue. Le monument est dédié « à la révolution d’hier, à celle d’aujourd’hui, à celle de demain et de toujours ». La formulation me plait.

    La Plaza de Bellas Arte

    Après avoir bien profité du point de vue, je redescends et retourne courir après mes zombies. Surtout parce qu’ils se dirigent là où je voulais aller. Je les suis donc jusqu’à la Plaza de Bellas Arte. J’approche du centre historique de la ville.

    La Plaza de la Constitucion

    La Zombie Walk ne va pas plus loin. Je continue encore un peu, pour avoir un aperçu rapide de la vieille ville qui, à mon grand regret, n’est pas aussi belle que j’aurais aimé. Je finis par arriver à la Plaza de la Constitucion, qui me paraît être le centre du centre. La place ne me plait pas plus que ça, pas plus que les églises autour.

    Je dois rejoindre Laurie. Je n’ai pas beaucoup plus de temps à consacrer à l’endroit, mais ça ne me dérange pas plus que ça. Je ne suis que moyennement inspiré par l’endroit.

    Je rejoins Laurie au point de rendez-vous fixé. On discute un peu de où on peut aller manger. Je lui parle d’un sushi à volonté que j’ai vu, à un tarif on ne peut plus dérisoire. On hésite un peu, on discute, et finalement, on reprend le métro pour retourner dans la vieille ville. On erre un peu pour retrouver le restaurant, on se pose. On mange un moment. On se fait plaisir. C’est bon ! On mange bien au Mexique, c’est assurément une très agréable découverte. Oui, bon, je sais, les sushis ça n’est pas très mexicains, mais les choses qui les accompagnent le sont par contre !

    Les sushis terminés, on reste un peu à marcher dans le quartier, mais pas longtemps. C’est plus ambiance « boîte de nuit avec de la musique à fond et un peu trop de gens partout ». Ça ne nous va pas. De toutes façons, l’heure tourne, et il est temps de rentrer chez Yoli et Conrad.

    Le programme du lendemain est assez léger. Yoli et Conrad étant disponibles, nous les accompagnons pour faire deux marchés. Le premier est un marché végan. En réalité, il s’agit plus d’un petit événement qui se produit une fois tous les très rarement. Endroit assez agréable avec, comme partout, de la nourriture qui fait saliver. Un deuxième marché, plus permanent, se tient juste à côté du premier. Du coup, on fait un petit détour supplémentaire.

    El grande mercato

    Avant de finalement se diriger vers LE marché. Il est assez gigantesque. C’est un peu l’endroit où les maraichers et les distributeurs semblent se fournir. L’ambiance est un mélange du souk de Marrakech et du Grand Marché d’Istanbul. La nourriture abonde, à des tarifs tout simplement hallucinant (pour bien comprendre, un euro vaut dix huit pesos – oui, j’ai bien acheté quatre petits avocats pour moins de 50 centimes d’euro). Couleurs, odeurs, produits connus et fruits inconnus. Cris des vendeurs, bousculades entre les étales dans les allées étroites… tout cela est très prenant !

    Je me suis proposé pour faire à manger le soir -histoire d’entretenir la bonne vieille tradition du repas de remerciement que c’est toujours chouette- mais je reste perplexe devant toute cette nourriture, incapable de choisir quoi préparer. Je décide de me rabattre sur les solutions de facilité, les classiques marchant toujours. Après un long moment à errer dans les étales et à acheter plein de choses, nous ressortons finalement de la foule. Nous sommes dimanche, et ça ne désempli pas ! Au point que ça fait vraiment du bien de pouvoir enfin sortir et retrouver simplement un métro bondé !

    Nous sommes rentrés, et je me suis mis aux cuisines tranquillement. Comme d’habitude, j’ai acheté plein de trucs, avec une idée en tête. Et j’ai cuisiné d’autres choses, profitant de l’abondance de matières premières. En réalité, un simple sauté de légumes s’est retrouvé divisé en deux. J’ai décidé de réserver les aubergines, pour en faire une purée toute simple. Jusqu’à ce qu’une petite voix dans ma tête me dise « mais pourquoi tu n’ajouterais pas la mangue ? ». Bin oui, tiens… pourquoi ? Je procède au mélange, un peu inquiet… et pourtant, le résultat est des plus intéressant ! Content de moi, donc. Le sauté de légumes reste classique mais assez bon -ingrédients frais et de qualité !- et le gâteau de polenta au fromage et à la tomate séchée qui l’accompagne marche plutôt bien lui aussi !

    Il s’agit d’un souper d’au revoir : Yoli et Conrad habitent avec les deux soeurs de Yoli, qui trouvent que l’on est déjà resté un peu longtemps. Et c’est un peu vrai quand même. Pourtant, nous ne déménageons pas très loin : le van est garé dans la rue juste en bas, et après une longue réflexion, nous avons décidé d’y dormir. Yoli comme Conrad nous confirment que ça ne craint absolument rien dans le quartier. J’ai le même sentiment : l’endroit est propre, bien famé, il y a beaucoup de voitures garées dans la rue, y compris des modèles d’assez bonne qualité. Le van passe inaperçu. Et une bonne nuit de sommeil sans être dérangé nous confirme la tranquillité de cette option.

    2 commentaires

    1. Commentaire de La Feuille

      Bien aimé les séries de photos. Au top les sculptures en papier maché ; le château me donne de supers idées pour aménager la maison, ouaf ouaf ; quant au grand marché… sans commentaires, j’adore les marchés ! Je retiens l’idée d’une marche zombie hebdomadaire ou mensuelle ici, dans le village, histoire d’inquiéter un peu les populations locales qui ne connaissent que le boudin annuel de la Fnaca ou les saucisses des chasseurs…

    2. Commentaire de Pascualina

      Pffffffffffffffffffff

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