Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionFebruary 17th, 2020
  • Trois jours… il aura suffit de trois jours. Et trois randonnées. Une quinzaine d’heures de balade, une trentaine de kilomètres, un peu plus de mille mètres de dénivelés, une quarantaine de photos panoramiques et six cent photos de paysages… je ne sais plus par quel bout attaquer tout ça. Le burnout du voyageur n’est jamais très loin moi je vous dis !

    En fait, c’est surtout que pendant ces trois jours, j’ai été assailli par les mots. Il y a des moments comme ça où les mots sont pareils à une fontaine que l’on ne peut arrêter. Pendant trois jours, j’en ai noté le plus possible. Sur le dictaphone de mon téléphone, dans le cahier qui m’accompagne toujours en balade (oui, je peux partir marcher six heures sans prendre de bouteille d’eau, mais hors de question que j’oublie mes deux carnets). Il y a tout un petit groupe de personnes qui voyagent avec moi dans ma tête depuis quelques temps. Un petit groupe que j’apprends à connaître petit à petit. Et plus j’avance, plus j’ai l’impression de trouver les endroits que je cherche. J’arrive assez bien à imaginer la joie du réalisateur qui trouve le lieu de tournage idéal pour son film. Car depuis que je me promène en Terra Alta, c’est un peu l’impression que j’ai. Je note des éléments, des particularités géographiques ou géologiques. Je note des paysages. Des noms. J’essaie d’en enregistrer le plus possible. Et maintenant que je commence à connaître plutôt bien mes personnages, et que je me retrouve à les faire évoluer exactement là où j’évolue moi même, le jeu de l’écriture devient particulièrement intéressant. Sur ce blog, je ne m’attarde pas beaucoup sur les descriptions, considérant que les (trop ?) nombreuses photos font le travail à ma place. Mais dans un livre, sans photo, les descriptions deviennent quand même assez importantes… je me suis retrouvé à (d)écrire ce que je voyais. À voir mes personnages évoluer autour de moi. Et donc, forcément, ça inspire.

    Ce livre m’accompagne depuis… longtemps. Le genre que l’on met au congélateur et que l’on ressort de temps en temps (contrairement aux petits pois et à la crème glacée, un livre peut être recongelé plusieurs fois sans aucun risque pour la santé). Il avançait, tranquillement, pas vite du tout, depuis quelques mois. Depuis quelques semaines, le rythme a accéléré un peu. Depuis deux jours maintenant, j’ai le plan complet en tête et j’en connais l’histoire. S’il me manque encore quelques lieux, quelques détails, je sais où je m’en vais. Avoir la fin écrite, c’est toujours une très bonne indication pour savoir où l’on s’en va !

    Bref, je viens de passer trois jours à faire des randonnées magnifiques dans le parc d’El Port, et je ne sais comment vous raconter tout ça. D’abord, il y a eu la route. Les montagnes qui se rapprochent, et cette vallée magnifique que l’on découvre en contrebas, creusée par nulle autre que la Canaleta, avec son magnifique saut dans le vide !

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    Puis l’arrivée au parking de la balade des Rocs de Benet, mon objectif du jour. Parce que oui, j’en ai eu confirmation, ces énormes rochers, on peut aller en haut. Sans trop de problème !

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    Je me tromperai de chemin dès le départ ; parce que suivre un départ de sentier avec un cairn me parlait plus que de suivre la route empierrée. Pas très grave. Je ferai un immense détour, me permettant de voir des paysages magnifiques. Et si jamais je ne grimpe pas mes rochers aujourd’hui, je le ferai demain !

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    Je passe un premier col qui me confirme que je m’éloigne de l’objectif. Je m’imagine parti pour une autre balade.

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    Tout en bas, c’est la vallée que je longerai plus tard avec le Chamion pour explorer plus en profondeur le parc.

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    La vue, depuis une grotte trouvée sur le bord du chemin, alors que j’approche, semble-t-il, d’un sommet.

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    Sommet, en effet… Tout à droite, mon objectif que j’aurai donc largement contourné. Et puis Horta, légèrement sur la gauche.

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    Le sommet que je viens de rejoindre est en réalité un grand plateau herbeux. Où viennent sans doute paître des moutons ou des chèvres à certaines périodes de l’année. Des ornières, à plusieurs endroits dans l’herbe, m’informent que des voitures peuvent monter jusqu’ici. Si les voitures montent, sans doute y a-t-il une piste pour redescendre.

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    Je continue l’exploration de mon plateau, non sans remarquer un petit sommet, un peu plus loin et facile d’accès. D’un sommet, on voit toujours un peu mieux les environs. J’arriverai peut être à me trouver un bel itinéraire pour redescendre ?

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    À nouveau la vue sur la vallée que je traverserai plus tard en Chamion, au pied de ces trois grandes falaises. Mais surtout, les rocs Benet devant moi. Une route, des sentiers, je devine un peu l’itinéraire pour me rendre là haut. D’abord, redescendre. Rejoindre la route. Contourner la montagne par la droite, et ensuite, on improvise.

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    J’arrive dans un de ces moments où je ne sais plus trop où regarder. Trop de choses à admirer. Dans toutes les directions. Ce canyon, en bas à droite des rochers, vous l’avez reconnu ? C’est la Canaleta qui l’a creusé ! Nous sommes ici plus très loin de sa source. On devine la suite de son tracé en regardant le relief.

    Le premier chemin d’accès que je tente pour rejoindre mon objectif se termine sur un cul de sac. Enfin une falaise. Je ne suis pas très loin… mais il faudrait juste que j’arrive à descendre une trentaine de mètres, verticalement… je prends l’option consistant à faire un détour. Je trouve un chemin qui descend, plus en arrière, plus discret. J’observe la montagne, intrigué. Comment arrive-t-on là haut ?

    Et finalement, je repère le chemin.

    La dernière grimpette, entre les roches, et magnifique. J’ai presque l’impression d’être de retour en Australie, à King’s Canyon… je me demande encore un peu comment je suis arrivé jusque là. Et pourtant…

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    Je me balade un peu au hasard, explorant ce plateau que je n’imaginai peut-être pas comme ça. Je me dirige tranquillement vers le point le plus élevé. Dérangeant un autochtone solitaire. Puis un petit groupe.

    Et puisque je parle d’autochtones, il y en a un autre groupe qui profite de l’endroit. Mais eux m’ignorent superbement, préférant jouer avec le vent. Je peux les comprendre.

    Horta de Sant Joan n’est plus à présenter :

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    Par contre, Arnès a -jusqu’à présent- toujours été plutôt floue à l’arrière des photos. Son église semble particulièrement prometteuse. Normalement, je la vois bientôt !

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    Je reste un long moment à admirer les oiseaux en train de voler. À admirer le paysage, dans toutes les directions. À admirer tout ce qui m’entoure. Même le ciel est magnifique !

    Le vent, par contre, et cela même si les oiseaux semblent l’adorer, n’est pas très chaud. Je reste quand même un long moment, à me refroidir. C’est tellement pas grave. C’est tellement beau, et je suis tellement heureux d’être ici, je peux bien perdre temporairement quelques degrés…

    Je me déciderai quand même à attaquer la descente. L’endroit restera gravé dans ma mémoire de toutes façons…

    Je redescends en prenant l’itinéraire court (à la base, l’aller-retour devait me prendre un peu moins de deux heures contre les cinq ou six, je sais plus trop, que je viens de marcher). En descendant, je redécouvre à nouveau le rocher qui me surplombe. Toujours aussi majestueux. C’est quand même quelque chose de se dire « hey, j’étais là haut ».

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    De retour au Chamion, je reprends la route pour m’enfoncer dans le parc del Port. Direction : la zone récréative de la Franqueta, point de départ de plusieurs petites balades sympas semble-t-il. La route n’est pas très large, mais je n’ai personne à croiser. Le privilège du voyageur hors saison… et le paysage, encore et toujours, est magnifique…

    5 commentaires

    1. Commentaire de La Feuille

      C’est vrai que c’est beau, limite grandiose ! Je suis un peu jaloux, mais je me dis qu’il y a des coins qui me donneraient pas mal le vertige…

    2. Commentaire de Kaly

      Sur la photo 3122, l’oiseau, il trimballe un arbre pour construire son nid, non ?

      Magnifiques photos encore une fois. Les gros oiseaux, pas faciles à prendre en photo. J’imagine que tu les as vus d’assez près.

      Tu as entendu le bruit du vent dans les plumes ?

    3. Commentaire de Iris

      La dernière photo ressemble étrangement aux Mallos de Riglos de Huesca. Je ne sais pas si tu y es déjà passé…

    4. Commentaire de Sébastien Chion

      Alors du coup, non, pas du tout ! Mais la similarité est carrément impressionnante en effet ! Je rajoute ça sur ma carte des choses à aller voir un de ces jours. En plus j’avais déjà Bardenas Reales dans le même coin.

    5. Commentaire de Sébastien Chion

      Il y a eu qu’un seul endroit que j’ai trouvé vraiment impressionant, quand j’ai du faire demi tour du fait de la falaise. Mais le reste du temps, même si les falaises sont assez nombreuses, elles ont la gentillesse de garder une distance plutôt agréable avec le chemin

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