Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJune 15th, 2015
  • Et les trains continuent de se succéder. La thématique ferroviaire de ce voyage me plait. Qu’il est plaisant de se poser pour écrire, en regardant le paysage défiler par la vitre (et en écoutant « Fog » de Radiohead, pour faire plaisir à Boulette). Petit moment de pause hors du temps, pour essayer de rattraper le retard d’écriture (je sais déjà que le retard de publication ne sera pas rattrapable).

    Aux dernières nouvelles, vous me pensiez encore à Prague. Je ferais donc comme si j’y étais encore. Après avoir vu Prague par en haut, petit aperçu de Prague au niveau des rues. Et de la Vltava. J’ai été raisonnable. J’ai fait beaucoup moins de photos de façades que la première fois. Non, les façades ne sont pas moins belles que la dernière fois. Mais il est vrai qu’elles n’ont pas changé tant que ça. Et puis je ne voulais pas trop épuiser la patience de Laurence, que j’ai pourtant fait énormément marcher. Et qui m’a suivi sans se plaindre.

    La Vltava

    Prague, évidemment, c’est la Vltava, qui traverse la ville. Elle ne se fait pas de soucis, elle se la coule douce au fond de son lit, le jour comme la nuit. Oui oui, comme celle qu’on trouve à Paris. Sauf qu’au lieu de se jeter dans un océan, elle se jette dans l’Elb et continue jusqu’à Dresden. Et plus loin encore. Mais ça, vous le savez déjà. Les quais de la Vltava sont plutôt sous le contrôle des voitures. Il y a encore quelques endroits où on peut se promener et où c’est agréable. Et surtout, la plupart du temps, la vue est magnifique

    Et puis il y a aussi quelques petites îles sympas. Petites mais plutôt vertes et calmes. Si elles ne m’avaient pas attiré en plein hiver, je trouve leur fraicheur beaucoup plus inspirante en été.

    Karlùv Most 

    Et bien évidemment, qui dit Prague et Vtlava, dit ponts. La ville est connue pour ses ponts, et surtout pour Karlùv Most (Charles’ Bridge), le premier pont à avoir permis de passer d’une berge de la Vtlava à l’autre. Aujourd’hui, l’un des points les plus touristiques de Prague. Comme je le disais dans le post précédent, par contre, j’ai trouvé le pont beaucoup plus beau et agréable dans le froid hivernal, les pavés luisant d’humidité et avec quelques touristes égarés. Là, en plein été, c’est un peu trop peuplé à mon goût…

    Valdštejnská zahrada et Vojanovy sady 

    Côté parc, il y a également Valdštejnská zahrada et Vojanovy sady où l’on peut se balader tranquillement, sous le regard attentif des paons.

    John Lennon’s wall

    Et si vous continuez encore un peu, vous arriverez au mur de John Lennon. À la mort de l’artiste, quelqu’un a taggé son portrait sur un mur. Ce qui n’a pas plu au Parti. Qui s’est empressé de faire effacer le portrait. Celui-ci est réapparut deux jours après. Pendant un moment, le jeu a duré.

    Aujourd’hui, le mur est un endroit de libre expression, où les gens viennent tagger ce qu’ils veulent, et le résultat est assez sympa. Et très photogénique, quand on arrive à sortir du cadre la horde de touriste qui veut absolument se faire prendre en photo devant !

    Vieille ville 

    Et comme je le disais, nous avons déambulé, encore et encore. Contrairement à Francfort où la vieille ville est toute petite, on a parfois l’impression qu’à Prague, elle ne finit jamais. En fait, il y a la vieille ville, qui a bien une fin, et la ville plus récente, qui est quand même assez ancienne et donc reste très intéressante à explorer. Déambuler dans les rues de Prague me donne la même impression que lors de mon premier passage ici : c’est un véritable bonheur architectural. Je pourrais passer des heures et des heures à marcher, juste pour regarder les façades.

    Et un peu de modernité 

    Parce que même s’il n’y a pas de gratte ciel, et pas beaucoup d’immeubles récents, il y a quand même quelques jolis bâtiments modernes à Prague.

    Nostalgie

    Voyager, c’est rencontrer de nouvelles personnes (Zdenek). C’est retrouver des personnes que l’on n’a pas vu depuis longtemps (Laurence). C’est aussi en perdre de vue d’autre (Marie). J’ai fait la rencontre de Marie et Béatrice chez mes parents, en rentrant d’Australie il y a quelques années. Je m’étais très bien entendu avec elle, et j’avais gardé contact avec Marie. C’est elle qui m’avait hébergé lors de mon premier voyage à Prague. On s’était pas mal promené ensemble, partageant de beaux moments.

    Et puis comme cela arrive parfois, nous n’avons pas gardé contact. Chacun faisant sa route de son côté. Mais il restait des souvenirs à Prague, et j’ai croisé l’ombre de Marie à plusieurs reprises. Il y avait ?ajovna, ce magnifique salon de thé en haut d’un château d’eau, qu’elle m’avait fait découvrir. Je me souvenais plus ou moins où il se trouvait. J’ai réussi à le retrouver, vu que Zdenek habitait pas loin. Ce fut un plaisir de retourner y boire un thé, avec Zdenek et Laurence. Les souvenirs ne sont-ils pas fait pour évoluer, les nouveaux remplaçant les anciens ?

    Et puis il y a cette porte, devant laquelle nous sommes passés avec Laurence. J’ai eu un aperçu de l’intérieur. J’ai demandé à Laurence de faire un petit détour. Comment j’ai fait pour reconnaître la porte, le passage intérieur, le post du gardien, et l’escalier qui descend ? J’aurai jamais été capable de dire où c’était. De décrire quoi que ce soit. Mais les souvenirs m’ont sauté au visage. Et nous avons retrouvé ce bar étudiant où j’avais passé une soirée à discuter avec Marie, dans des caves voûtées magnifiques. Ce soir, malheureusement pas de musique. Mais c’est pas grave. J’ai encore la musique dans ma tête.

    Cross club 

    Laurence avait envie de sortir. Laurence aime sortir. Laurence aime Las Vegas et Los Angeles. Bin oui, on peut même être ami avec des gens qui ont des goûts différents ! Donc Laurence avait bien envie de tester la nightlife Pragoise. Bon, j’avoue, moi aussi ça me tentait bien. Ça fait un moment que je suis pas sorti danser ! Alors je n’ai pas été vraiment difficile à convaincre. Et puisque pour notre dernière soirée à Prague, Zdenek avait déjà des projets de son côté, on a emprunté un jeu de clés, on a demandé la permission de rentrer après minuit, et on est allé faire la fête.

    On a trouvé le « Cross club » dans une carte que Zdenek nous avait prêté. « Use.it », un éditeur spécialisé dans les cartes créées par les locaux. Le principe me paraît assez sympa et semble fonctionner beaucoup au volontariat. Un peu n’importe qui dans n’importe quelle ville peut lancer un projet de carte. Celles-ci sont donc réalisées par des locaux et non par des spécialistes du voyage, et sont destiné à être distribuée gratuitement. Je ne me souviens plus exactement la description du Cross Club, mais elle avait été très clairement écrite pour me plaire. Et quand je suis arrivé sur place… ah, quand je suis arrivé sur place…

    Imaginez un club sur trois étages. Décoré de partout en mode gothico-steampunk-apocaliptico-métalico-bizarroïdo-fer à béton. Imaginez une salle au sous-sol jouant un mélange de Dubstep, techno, et trucs étranges. Imaginez une salle au rez-de-chaussée avec un groupe de death métal jouant live, avec une chanteuse magnifiquement belle mais dont la voix ferait passer le chanteur de Sepultura comme un adolescent pré-pubère. Pour ce qui est de la musique, mettez un grille pain dans un mixeur en marche, mettez le tout dans une machine à laver (en marche également), ajouter quelques pédales disto et… ça serait sans doute plus agréable à écouter. Bref, oui, j’ai adoré, mais plus à cause du délire « what ? Ça existe vraiment ça ? ». Mais c’est vrai que ça faisait un peu mal aux oreilles quand même… Alors du coup, on est monté encore d’un étage. Et là, ça ressemblait plutôt à un petit salon de thé sympa, où vous pouviez vous détendre en buvant un verre tranquille et en mangeant une part de cheesecake. Évidemment, chacun des trois lieux attirent des gens différents. Et tout ces gens se mélangent dans une bonne humeur parfaite. Alors oui, j’ai adoré, j’ai dansé, je me suis éclaté, et c’était vraiment très chouette !

    Le lendemain, nous étions de retour à la gare. Pour attraper un train qui allait nous amener… à Berlin ?

    Laisser un commentaire

    -->
    Parce qu’il y a toujours une route, un chemin ou une sente qui, quelque part, m’attend, Rue du Pourquoi Pas ? rassemble carnets de route,
    photos de voyages, conseils et pensées vagabondes d’un photographe, musicien, écrivain, conteur et parfois graphiste. [En savoir plus]