Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionJanuary 1st, 2017
  • Je n’avais pas envie de faire la fête. Pas envie d’alcool, de gens, ou de basses assourdissantes. J’avais envie de calme, de tranquillité. J’avais envie de communion et de partage. Et j’avais envie de soleil.
    Je n’avais personne sous la main. C’était un peu dommage -surtout pour la partie partage- mais ça ne m’a jamais empêché de faire quoi que ce soit. Me coucher à point d’heure n’était pas au programme. J’avais plutôt envie de regarder le soleil se lever. Et parler espagnol commençait à me manquer.
    Je suis allé sur google map. J’ai regardé la carte d’Espagne (parce qu’on y parle espagnol, parce qu’il fait chaud, parce qu’il y a du soleil). J’ai regardé au niveau de la côte est. Parce que regarder la mer, c’est chouette, pour un lever de soleil. Et c’est comme ça que j’ai repéré Cadaqués et le Cap de Creus. La ville de Cadaquès me disait quelque chose, de nom. Mais c’est absolument tout. Le Cap de Creus, en vue aérienne, ressemblait à un endroit avec absolument personne. Perdu au milieu de nul part. Et en plus, il se trouvait être le point le plus à l’est de l’Espagne continentale. C’était parfait ; je n’avais pas besoin d’en savoir plus. J’ai sauté dans ma Twingo à 9h du matin, le 31 décembre. Un peu plus de 8 heures plus tard, j’arrivais dans ce que j’anticipais comme étant un petit coin de paradis bien tranquille que j’aurai pour moi tout seul.

    J’ai traversé rapidement Cadaqués, et j’ai suivi les panneaux m’amenant au Cap. J’avais eu le droit à un magnifique dernier coucher de soleil pour 2016, et il me restait assez de lumière pour faire du repérage. Dans l’idée, un endroit où garer ma voiture, pas trop près de la route pour être discret, et où je pourrais planter ma tente pas loin. Mon plan initial était au pied du phare. Après tout, le phare était à la pointe la plus à l’ouest, je n’aurai qu’à jeter un oeil par la fenêtre de temps en temps pour attendre le soleil. Parfait, non ?
    Alors d’abord, c’est con à dire, mais un phare, ça fait de la lumière. Et puis un phare, ça fait du bruit. Et surtout… surtout, vous le saviez, vous, que le Cap de Creus c’était aussi populaire que ça le 31 décembre ? Des voitures un peu partout, des campings car installés sur les parkings (malgré les panneaux camping car interdits à l’entrée du parc – oui, nous sommes dans un parc national). Mon inquiétude de devoir dissimuler la voiture disparaît donc assez vite. A priori, passer la nuit sur le cap sera largement toléré. Si les camping car sont autorisés, je pense que ma petite twingo le sera aussi. Seul point : la tente, elle, gênera peut-être plus. Et oui, l’impact d’un camping car soigneusement garé sur un parking est inférieur à celui du tente plantée en dehors de l’asphalte, même en faisant attention. Qu’à cela ne tienne… la twingo est un véhicule extraordinaire. Je savais déjà qu’il était possible de dormir à l’intérieur. Il était temps que je vérifie de moi-même !
    Je me suis donc trouvé un petit coin de parking tranquille, tout seul pour moi, j’ai fait quelques photos de nuit (quand même, on ne se refait pas !). J’ai lu un peu. Pas trop. J’ai célébré le réveillon en dormant seul dans ma voiture, à 21h30, sans avoir mangé depuis mon grignotage du petit déjeuner. C’était voulu. C’était ce que je recherchais. C’était parfais.

    Ce que je n’avais pas prévu, dans mon havre de tranquillité, c’était le restaurant / bar au pied du phare. Il y a eu du trafic toute la nuit dans les deux sens. Et plus l’aube approchait, plus de nouveaux véhicules arrivaient. Quand je suis finalement sorti de ma voiture aux petites heures, bien habillé et bien équipé pour aller me poser sur les falaises, j’étais loin d’être seul ! Bonne nouvelle toutefois, tout ces gens ont eu la bonne idée de rester au même endroit. Au pied du phare, avec la fanfare jouant des airs patriotiques catalans et, évidemment, un drapeau catalan flottant dans le vent !

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    Mais il est vrai que je n’ai pas passé beaucoup de temps à le regarder. Moi je regardais plutôt de l’autre côté… et le soleil, comme chaque fois que l’on s’y intéresse, s’est offert en spectacle !

    Le soleil levé, la nouvelle année commencée, je pouvais désormais m’atteler à découvrir ce lieu que je n’avais choisi que pour une seule raison : son emplacement sur la carte !

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