Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionMarch 1st, 2016
  • Un trajet en collectivo comme les autres. Il n’y a plus de chicken bus par ici, et c’est fort dommage. Les voyages en minibus sont moins confortables. Moins drôles. Et moins typiques, je trouve. Mais on arrive toujours à faire tenir 20 personnes dans un minibus…

    Cinq heures trente plus tard, et un changement de mini bus à mi chemin, nous arrivons à Sayaxche, ville construite sur les bords du Rio Passion. Ou plutôt sur la rive sud. Un traversier permet de continuer sur l’autre rive, mais la ville, elle, ne va pas plus loin. On peut imaginer que cela restera ainsi tant qu’il n’y aura pas de pont. Un pont peut complètement changer la morphologie d’une ville…

    Comme d’habitude sans réservation ni objectif précis, on déambule au hasard des rues. Une dizaine de minutes plus tard, les sacs sont posés. Une petite chambre, avec vue sur le fleuve. L’endroit n’est pas particulièrement propre ou accueillant, mais quand on paie 60Q pour deux la nuit, on ne se fait pas trop regardant…

    sayaxche_vuefleuve2000

    Mous avons laissé nos affaires, et nous avons pris la direction du petit parc que nous avions repéré, là bas, sur le bord du fleuve. Nous avons commencé par quelques errances mal dirigées, qui nous ont amené vers des ruines… non excavées. Comprendre : une butte de terre. Avec un arbre posé dessus. À vous d’imaginer le mini temple, la petite plateforme, ou le semblant de pyramide qui va avec… en tout cas, ce petit détour nous a permis de voir de beaux arbres !

    Et de là, nous avons pu repérer le chemin menant au parc, où nous sommes allés nous poser un moment, pour admirer le coucher de soleil, en discutant de tout et de rien. Mais surtout de tout.

    Nous sommes revenus en ville, le temps d’attraper un petit quelque chose à manger. Ce soir, je suis fatigué. J’ai envie de boire une bonne bière, dans un bar sympa. Pour la première fois, un peu de « confort » me manque. Mais je sais que c’est surtout du à la fatigue. Et le repas, assis sur un tabouret dans la fumée du barbecue du comedor où nous sommes installés, me fait du bien. Et en guise de bière, ça sera un cornet chocolat/chocolat vanille. Puis un moment à écrire, sur une table en plastique posée sur un trottoir, à un carrefour passant des plus bruyants…

    Nous ne rentrerons pas trop tard à l’hospedaje, histoire d’essayer d’attraper une bonne nuit de sommeil.

    Je serai réveillé le lendemain matin, un peu avant 6h, par les premières traversées de ferry. Ferry est d’ailleurs un bien grand mot. C’est plutôt un bac, propulsé par deux moteurs de tronçonneuse, qui tournent à plein régime. Je resterai longtemps allongé, à méditer sur le sens de la vie, et sur la direction de mes prochaines aventures…

    Lilou se réveillera une bonne heure plus tard. Nous partons en quête de déjeuner, en prenant notre temps, puis d’un moyen d’aller à Ceibal dans un deuxième temps. Ceibal, c’est l’une des nombreuses ruines cachées du Peten, que j’ai envie de voir comme le centre de la civilisation maya (mais je me trompe peut-être). À défaut d’être le centre, c’était au moins la région la plus densément peuplée. Nous avons quitté l’Altiplano. Nous sommes de retour dans les plaines. Et dans la jungle. Terres riches et fécondes, où la population maya a prospéré. Les montagnes ont laissé la place aux collines, les zones agricoles sont plus étendues. Nous voyons même nos premiers tracteurs…

    Pour aller à Ceibal, deux options. La première consiste à prendre un bateau privé (une fortune). La deuxième consiste à prendre une voiture avec chauffeur (une fortune plus petite). Les ruines sont bien cachées, loin de tout, et il n’y a ni collectivo, ni bateau public pour se rendre. Même si l’option de descendre le Rio de la Passion pendant une heure nous fait envie, nos finances ne se sentent pas d’assumer une telle dépense, et nous opterons donc pour une voiture. Comme d’habitude, nous n’avons rien planifié. Contacté personne. Il nous suffira de discuter 10 minutes avec une personne, puis d’attendre autant, pour avoir un véhicule prêt à nous amener, et à nous attendre le temps qu’il faudra. Pas d’agence, pas d’intermédiaire, pas de site internet, rien. On se débrouille en parlant avec les gens, et ça nous plait vraiment comme façon de faire. Le Guatemala est des plus propices à la vie au jour le jour.

    Nous prenons la route en direction du sud pendant une dizaine de minutes, avant de bifurquer sur un chemin en terre que nous suivons pendant un bon quart d’heure. Nous sommes dans un pick up 4×4. Et ça prend bien ça. Le chemin est dans un état assez catastrophique à certains endroit, mais nous finissons par arriver au site. Au milieu de nul part, en effet. Je me sens enfin de retour dans la jungle. Cette énergie me manquait. Entourés de douceur. Et d’amour…

    Une maquette à l’entrée du site reconstitue ce à quoi le site devait ressembler. Nous sommes dans une ville quand même assez grande !

    Le temps d’enlever nos chaussures, et nous partons explorer. Nous découvrirons assez vite que peu de bâtiments ont été déterrés. Mais ce n’est pas grave. Le premier à l’être, simple plateforme aux quatre escaliers, est magnifique, caché entre les arbres. Sans compter les nombreuses stèles que compte le site !

    Puis nous partons nous enfoncer dans la jungle. Celle-ci a pris possession des lieux d’une façon impressionnante. Visiter un site dans cet état permet de vraiment comprendre le défi pour les archéologues. D’abord pour trouver le site. Puis pour trouver les bâtiments et les identifier. Et enfin pour les rénover !

    On arrive à l’habituel jeu de paume. La forme, les deux bâtiments rectangulaires, est caractéristique. Mais il faut encore les trouver au milieu des arbres !

    En continuant encore un peu, on arrive à la deuxième structure restaurée. Une plateforme ronde (forme assez atypique chez les mayas). On se promène un peu dans la clairière qu’elle occupe, puis on se pose au sommet. Si calme, si bienveillante, si confortable… s’il n’y avait pas un chauffeur en train de nous attendre, j’aurai fermé les yeux le temps d’une sieste. D’un ou deux jours, sans doute. C’est un lieu de contemplation, de tranquillité, de repos et de recueillement. La jungle, tout autour, nous englobe dans son amour.

    Nous repartons en direction du groupe de structure le plus lointain, par un petit sentier à moitié invisible. Après un moment, nous voyons quelques ruines sur le coté. On s’arrête rapidement, avant de repartir. On continue pendant un moment, avant de comprendre que ces ruines étaient sans doute ce que l’on cherchait. On pensait trouver des bâtiments rénovés, mais ce n’est pas le cas. On continue quand même, car le sentier sur lequel nous sommes est magnifique et rejoint le Rio. Nous sommes un peu mangé par les moustiques (Lilou, qui s’est recouverte d’eucalyptus, beaucoup plus que moi qui n’ai rien). Nous arrivons finalement au soleil, sur le bord de l’eau. On reste un moment à se reposer, et à profiter de la beauté des lieux.

    Après une petite pause bien méritée, nous reprenons la direction de ce qui était, au final, les ruines que nous cherchions. De mon coté, j’y laisse ma chemise. Ou plutôt, je laisse ma chemise à Lilou. Puisqu’elle agit comme attrape moustiques, les attirant presque tous et me permettant d’être relativement tranquille, autant qu’elle soit plus protégée que moi ! Et puis c’est un peu de ma faute aussi… la Floride et ses moustiques n’est pas si loin que ça en arrière pour que j’ai oublié de l’encourager à porter des manches longues !

    De retour aux ruines, on fait quelques photos supplémentaires, avant de prendre le chemin du retour. Quelques arbres magnifiques nous « obligent » à nous arrêter régulièrement. Si Ceibal porte ce nom, c’est bien, en effet, à cause des nombreux (et magnifiques) ceibas que l’on y trouve !

    Nous retrouvons finalement notre chauffeur, non sans avoir croisé un petit groupe d’une dizaine de touristes près de l’entrée. Les seuls touristes que nous aurons vu de toute la visite.

    Nous ferons le retour à l’arrière du pick up. Plus sympa pour la vue. Plus sympa pour l’expérience. Même si Lilou y laisse des plumes. Enfin… juste une, qu’elle avait dans les cheveux !

    De retour à Sayaxche, nous récupérons nos sacs. On s’arrête pour manger dans un comedor, puis on embarre sur une lancha qui nous fait traverser la rivière en deux minutes. Dix autres minutes plus tard, nous sommes de nouveau dans un minibus. Direction : Flores. Un autre incontournable du Guatemala.

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