Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionMarch 2nd, 2016
  • La ville de Flores fut fondée par les Itzas. Comme dans Chichen Itza, oui. Le peuple fut chassé du Yucatan, et pris la route du sud. Ils s’installèrent sur une île, au milieu d’un grand lac. En Itza, île se dit « Peten ». Comme dans Peten, la région nord du Guatemala. Et aujourd’hui, le lac s’appelle « Peten Itza ». Tout se tient…

    Flores est l’une des destinations phares du Guatemala, avec Antigua, Atitlan, Chichi et Semuc Champey. Pour la ville, certes, mais surtout pour sa proximité avec les majestueuses ruines de Tikal. À Flores, vous trouverez des agences de voyages vous proposant d’aller partout. Surtout vers des destinations touristiques, bien sûr. Et vers les nombreuses ruines que comptent le Peten. Toutes ces ruines qui me demandent de revenir, en prenant mon temps. Aguateca, Dos Pilas, Mirador, Yaxha et tant d’autres…

    Le circuit touristique classique au Guatemala commence donc à Antigua. De là, vous continuez vers le lac. Puis vous faites une escale au marché de Chichi, suivi d’une escale à Coban, pour aller voir Lanquin et Semuc Champey. Puis Flores, pour aller voir Tikal. Là, vous pouvez repartir pour le Yucatan (via le Belize), le Chiapas (en partant plein ouest) ou retourner à la capitale (avec escale optionnelle sur le Rio Dulce). Cette boucle est assez difficile à éviter si vous voulez voir un peu tout le Guatemala. Nous suivons le meme itinéraire, en faisant simplement beaucoup plus d’arrêts. Nous perdons les touristes, et nous en rencontrons d’autres. Ils vont plus vite que nous. Ils nous doublent. Beaucoup semblent consacrer entre 10 et 15 jours au Guatemala (et oui, certains le font en une semaine). Après concertation avec Lilou, nous sommes tombés d’accord : trois mois, c’est une bonne durée pour bien apprécier le pays. J’en prendrai plus, je pense…

    Nous avons hésité. Dormons nous à Flores ? Donc sur l’île ? Ou à Santa Elena, la continuité de Flores, mais sur le « continent » ? Les deux étant reliées par une chaussée, passer de l’une à l’autre est chose assez simple. Nous prenons la décision de dormir à Santa Elena, ce qui sera sans doute moins cher, et d’aller visiter Flores à pied. Mais l’arrivée au terminus d’autobus de Santa Elena ne nous fait pas du tout envie, et nous changeons nos plans à la dernière minute. L’endroit ne parait pas propice pour trouver un hébergement. Nous sautons donc dans un tuk tuk qui, en dix minutes, nous dépose à une adresse repérée dans le guide. Deux lits en dortoir, pour un prix acceptable. On prend. Puis on part visiter l’île. Hotels pour touristes, restaurants pour touristes, et agences de voyages pour touristes… nous sommes assez vite refroidis ! Tout cela fait artificiel. Nous avons perdu notre Guatemala authentique. Nous avons même perdu les guatémaltèques ! Il n’y a presque pas de locaux dans les rues. On cherche un comedor pour manger, mais il n’y a que des restaurants. Nous finirons par commander un licuado dans le seul endroit inspirant : une petite boutique sur le Parque Centrale. Seule adresse authentique de l’île semble-t-il.

    Nous nous étions déjà un peu fait la remarque à Antigua et à Xela. Nous nous la refaisons ici : le Parque Centrale est un lieu de vie. De rencontres. De partage. Un lieu que les locaux n’abandonnent pas. Quelque soit la situation dans les rues avoisinantes, le Parque Centrale reste principalement un lieu occupé par les locaux, et ça nous plait !

    La nuit à l’hôtel est un sacré bordel. Je dors mal. On se réveille prêts à partir. On décide quand même de faire un dernier petit tour, histoire de prendre le petit déjeuner. Alors qu’on se promène sans trop de succès, on finit par passer à coté d’une adresse qui parait un peu mieux. On commande « dos desajunos economicos ». On se retrouve avec deux oeufs brouillés et une purée de haricot en boite, accompagnés de trois tortillas réchauffées au micro onde…

    Peu après, nous sommes dans un tuk tuk qui nous ramène au terminus de bus de Santa Elena. Flores, c’est vu, on oublie. On laisse ça pour les touristes pressés en quête de confort comme à la maison.

    Nous prenons un bus en direction d’El Remate, qui sera notre point d’entrée à Tikal. Après avoir trimballé ma tente pendant près de six mois, pour y dormir 7 ou 8 nuis maximum, et alors que la dernière utilisation remontait à Calakmul il y a trois mois (déjà !), alors que l’option camping était une super chouette option à Tikal et dans les environs, ma tente a décidé de continuer sa vie de son coté, perdue dans les environs de Coban, à un moment entre un bus, un taxi et un pick up. Après 16 ans de bons et loyaux services, ma maison est partie. Dommage… très dommage… il me faudra vite une nouvelle maison ! Et en attendant, donc, nous dormirons à El Remate…

    Le bus nous fait traverser le marché de Santa Elena. Les rues animées et colorées, typiques du Guatemala. On se regarde, se demandant encore pourquoi nous avons préféré passer la nuit à Flores…

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