Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionFebruary 6th, 2022
  • Ma psy a employé la métaphore de l’éponge qui aurait absorbée trop de choses, et qui serait saturée. L’image me parait assez juste. Ce ne sont évidemment pas que des choses négatives. Ce sont juste… beaucoup trop de choses, qui sont arrivées sur un laps de temps un peu trop condensé, et qui n’ont pas pu être gérées/intégrées. Le processus d’assimilation continue, en prenant son temps. Mais c’est assez intéressant de voir qu’en effet, ma capacité d’absorption a considérablement diminué, et j’ai besoin de pauses plus régulières. Après l’intensité des Bardenas, j’avais besoin de me poser. De prendre le temps d’écrire l’expérience, de gérer les photos. Et de ne rien faire. Me réveiller dans un Chamion qui n’aurait pas à bouger. Et pour ça, Tudela me paraissait une belle destination. Le Chamion est horizontal, le parking confortable et il est tellement éclairé que les panneaux solaires continuent de produire la nuit (28W quand même !).

    Un samedi matin tranquille à Tudela. Une (autre) ville sur laquelle il n’y a pas grand chose à dire… j’ai l’impression d’être dans un coin où les villes et villages ne me parlent pas plus que ça. Il y a trop de ronds-point, c’est sûrement ça. En Terra Alta, y en a pas des ronds points ! Et on est bien ! C’est sûrement lié, vous ne pensez pas ?

    Je suis parti, pas vraiment au hasard, mais un peu quand même. Ça devait être la direction du centre ville. Sauf que très vite, je suis tombé sur un petit bout de marché. Une rue fermée, et des kiosques de vêtements. De tout. Fourtout. Surtout de l’occasion. Et du surstock. Ça tombait bien, depuis le temps qu’il fallait que je complète ma collection de chaussettes… pouf, je m’en offre six paires d’un coup. Et voilà t’y pas que le vendeur m’offre en plus une paire de chaussettes… du type qui tient chaud au pied, comme mon pantalon et mon pull. Je suis prêt à affronter… je sais pas quoi. Mais je suis prêt à affronter quelque chose !

    Du coup, ce détour chaussettes m’a éloigné de mon itinéraire optimal centre-ville. Je me laisse un peu déambuler au hasard de rues sans grand intérêt, mais qui finissent par m’amener au pied de la grande statue qui domine la ville (un certains Jesus, pour ceux qui connaissent) et qui permet d’avoir une chouette vue sur les environs. Le fleuve, qui coule là en bas, c’est l’Ebre. Ceux qui suivent se rappellent assurément que l’Ebre, je l’ai côtoyé un peu, beaucoup plus proche de son embouchure, il y a exactement deux ans de cela. Et que c’est en en suivant des petits bouts, que je me suis retrouvé en Terra Alta.

    J’attaque ensuite la descente vers le centre ville / la vieille ville, et ses rues étroites, qui vont dans tous les sens et dans toutes les directions. Je erre un long moment comme ça ; tombant parfois sur un endroit un peu plus ouvert, découvrant la plaza de los Fueros (le milieu du centre), puis replongeant dans la sombritude des ruelles. J’ai aussi le droit à une expérience que je trouve très poétique, alors que des musiciens jouent un air très calme et doux, et qu’un vol de flamands roses cigognes traverse le ciel.

    Le tour de la ville est quand même assez vite fait, et je m’en retourne tranquillement au Chamion, après un dernier petit détour par la Tore de Monreal.

    Et je finis ma soirée dans le Chamion, sur mon parking… soirée assez classique, à regarder des vidéos, à écrire sur le blog, à (re)lire, à prendre ça tranquille, parce que ça fait du bien.

    Il y a, au coin du parking, une boulangerie qui a l’air sympa. En plus, ils sont ouverts le dimanche matin. C’est le genre d’endroit qui donne envie d’aller y prendre un petit déjeuner. C’est ce qui m’a motivé à sortir un peu tôt du Chamion. Pour y revenir très vite. Il y a du monde, il faut attendre, et c’est surtout très bruyant. Trop pour commencer la journée. Retour au Chamion. Un thé, un livre, du calme, c’est beaucoup mieux. Je referai une deuxième tentative un peu après. Ca reste bruyant, mais il y a moins de monde. Et les pâtisseries/viennoiseries m’inspirent bien quand même.

    Bon, par contre… j’avais commandé un chocolat chaud, et je me suis retrouvé avec un café au lait ; je crois que j’ai encore du travail à faire sur ma prononciation. Pour ma défense, comme je disais, y avait beaucoup de bruit. Et je pense que dans « chocolate » la madame a entendu que « late ». Enfin, je l’ai bu quand même.

    Aujourd’hui, c’est dimanche, c’est relaxe, alors je fais pas grand chose. Pour autant, à un moment, mon cerveau me propose quand même une petite balade, et l’idée me tente bien. Alors je retourne me promener un peu dans les rues de Tudela.

    Passant à côté d’une petite épicerie, j’en profite aussi pour faire quelques courses pour mon repas du soir. Le menu m’inspire tellement, que finalement, ça sera mon goûter.

    C’est quand même vachement bon le jambon cru… tiens, je réalise que je parle peut être moins de bouffe que d’habitude. Je crois que je priorise moins la nourriture en ce moment. Pour autant, je me nourri quand même ! Parce que c’est important de manger !

    La plupart des villes qui offrent des espaces de stationnement aux campings-car mettent une limitation à trois nuités consécutives. Moi ça me va bien, parce que j’ai quand même bien fait le tour de la ville, j’ai digéré en partie les paysages magnifiques des Bardenas, et je suis prêt à repartir. Pourtant, ce lundi matin ne commence pas très bien. Très vite, je comprends que ce sera le genre de journée où les choses ne se passent pas comme on veut. Le genre de journée pénible. Alors je m’y prépare psychologiquement. Je revois toutes mes attentes à la baisse. Aujourd’hui, je ne ferais pas grand chose. On va prendre ça tranquille.

    Le Chamion démarre. Je refais le plein d’eau (galère). Puis je me dirige vers la poste, dans un endroit où je pensais que ce serai facile de se garer (galère). Premier bureau de poste fermé ; je marche quinze minutes de plus, jusqu’au suivant. J’attends quand même 45 minutes pour pouvoir acheter trois timbres, la performance est pas mal. Il y a des machines à affranchir automatiques, mais pour pouvoir faire un achat, il faut rentrer son N.I.E (numéro d’identification en Espagne). Sans ça, pas moyen d’acheter des timbres. Je finirai par comprendre qu’a priori, un numéro de passeport convient. C’est con, j’ai pas pensé à amener mon passeport pour acheter des timbres.

    Retour au Chamion. Station service pour faire le plein (accès galère) puis direction la grande épicerie (parking galère) pour refaire une série de courses plaisir, pour compenser l’échec de la dernière fois. Sauf que cette fois, je suis dans un hypermarché, je trouve les trucs que je veux, les trucs que je ne savais pas vouloir, et je consomme bien sagement. Et ça fait du bien !

    De nouveau au Chamion, toute cette nourriture trouve sa place dans les tiroirs. Bon, cette fois, je me sens un peu mieux. Il est 14h30. La journée peut commencer !

    2 commentaires

    1. Commentaire de Bernadette Suchod

      Lait c’est pas latte, c’est leche !
      Le jambon a l’air vraiment sympa : bon appétit !

    2. Commentaire de Patrice GEORGES

      Eh oui latte c’est de l’italien!
      Je vois que tu te rapproche d’un endroit où nous sommes passés en 2016. Une petite ville avec ces petites ruelles sombres comme celles de Tudela mais avec certaines maisons qui semblent vouloir s’écrouler et qui sont tenues pas de gros étais de fer. Nous y avons dormi dans un petit hôtel bien sympathique; Il y avait même une cour fermée pour garer la moto. Mais peut être que si nous avions su pourquoi ces maisons sont en mauvais état, nous n’y aurions pas dormi. Il y a un an ou deux j’ai vu un documentaire et qui expliquait il y a sous la ville des creux et qu’un jour ou l’autre elle va s’effondrer. Cette “jolie” ville est CALATATUD, au sud ouest de Sarragosse. Si tu passes pas loin va voir. si tu en as envie bien sûr.

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