Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionAugust 25th, 2014
  • Pour aller à Val David depuis Montréal, c’est assez facile. T’attrape la 15, et tu continues tout droit vers le nord pendant une heure. Rendu à la sortie 76, tu prends la 117 vers le nord, jusqu’à Val David. Ça c’est quand t’as une auto. Moi, j’avais envie de le faire en stop. Alors à la place, j’ai pris le métro jusqu’à la station De La Concorde, et puis j’ai pris le train de banlieue jusqu’à St Jérome. Je me suis rappelé que c’est quelque chose que j’avais parlé de faire depuis longtemps… partir en train de Montréal pour sortir de la ville, et découvrir un endroit que je ne connaissais pas… j’en ai pris, des trains de banlieue. Dans beaucoup de villes, dans beaucoup de pays… c’est chose faite, j’ai enfin pris un train de banlieue à Montréal. Comme tout les autres trains de banlieue, il n’y a absolument rien à dire. Normal, donc.

    Je me suis retrouvé à St Jérome. Dans un petit centre-ville agréable, où je ne me suis pas arrêté. Même en voyant la brasserie du Dieu du Ciel. J’avais encore un peu de route à faire.

    Je me suis posé sur le bord de la 117, avec un petit signe « Val David ». Je n’avais pas fait de stop depuis un moment, et je me demandais si ça allait marcher. J’ai rapidement eu la réponse. Un gars c’est arrêté, m’a embarqué, en me disant « t’es mal placé ici, j’vais t’avancer un peu ». On a prit la 15, et il m’a déposé 20 minutes plus tard à Prévost. Quelques échanges sympas et agréables. Le plaisir de recommencer le stop. De reprendre la route. Et que tout se passe bien. J’ai attendu 5 minutes de plus, pour qu’une autre voiture s’arrête. Il allait dans la même direction. Il a même fait un petit détour pour me poser à Val David. Il aime beaucoup le village, et n’était pas venu depuis longtemps. Vingt autres minutes, donc, et j’étais rendu. Sous un beau ciel bleu, boosté d’énergie positive et de joie, suite à ces deux petits moments si simples, si agréables.

    J’ai frappé à la porte de Marilyn. Le plaisir de se revoir à nouveau… la dernière fois, c’était au Maroc, en février. Je sais, je n’ai rien écrit sur le Maroc. Je regrette… on s’est retrouvé, on a repris la discussion où on l’avait laissé la veille (ou peut être quelques mois plus tôt, je ne sais plus). Il est des gens comme Marilyne avec qui l’amitié peut suivre une continuité reposante et agréable. Il n’était pas encore 16h quand elle m’a emmené visité Val David, et surtout, quand nous sommes allés sur les lieux du festival.

    C’était il y a trois ou quatre semaines. J’écrivais à Marilyne pour lui dire « si ça te va, je peux venir te voir à Val David la fin de semaine du 23-24 août ». Elle m’a répondu « tu n’aurais pas pu mieux choisir, tu vas être en plein dans le festival des Contes Maltés ». Contes Maltés ? Oui, comme son nom l’indique, c’est un festival de Contes, et de Bières (de micro-brasseries locales). La vie fait bien les choses parfois… le conteur-brasseur amateur que je suis ne s’imaginait pas pouvoir rater pareil événement.

    On est arrivé sur le site, on a récupéré la programmation, on a regardé autour. Des petits stands, de la pizza, et de la bière. J’ai revu ma maîtresse, Claudette L’heureux (si le conte au Québec a plusieurs pères, il a -à mes yeux- une seule mère. Et c’est elle qui, lors d’une formation, m’a donné le courage de passer de l’autre côté du rideau, et de monter sur scène, pour conter). Nous avons passé un vendredi soir et un samedi bien tranquille, à osciller d’une brasserie à l’autre, d’un conteur à l’autre, d’une histoire à l’autre. Marilyn s’étant proposée comme bénévole pour une partie de la soirée, je me suis auto-proclammé « bénévole spontané », donnant un petit coup de main de temps en temps, quand je sentais que je pouvais être utile. De toutes façons, depuis que j’ai été responsable de l’accueil au festival aborigène de Barunga, je ne me sens plus de limites à mes possibilités. Même quand il s’agit d’enrouler des câbles sur la scène.

    Je me suis retrouvé un peu au Rêve de l’Aborigène. Bison, le jeune fou en arrière du festival (dans sa deuxième année) avait le même enthousiasme que monsieur Girafe. Il a lui même employé le mot « rêve » à plusieurs reprises. Moi, c’était la tranquillité, la simplicité, la non prétention de l’événement. Malgré une belle programmation, malgré de beaux noms, tout était simple, et ça m’a plus. Je me suis plus à m’asseoir à l’ombre sous un arbre, pour écouter quelques histoires, puis à me déplacer un peu, pour écouter d’autres histoires, en faisant un détour pour boire une bière (Dieu Du Ciel, Saint Arnoult, Baril Rouland, Saint Graal)… difficile de me rendre plus heureux qu’en me proposant un programme de journée pareil. Les soirées se terminaient au Baril Roulant pour des jams de musique traditionnelle. J’ai même sorti -timidement- mon didgeridoo, pour accompagner trois chansons le deuxième soir.

    J’ai retrouvé avec plaisir Claudette l’Heureux sur scène ainsi que Michel Faubert. J’ai entre-aperçu Nadine Walsh, que j’avais découvert au festival Contes en Îles quelques années plus tôt. J’ai découvert Carine Kasparian, une conteuse française qui écrit ses propres textes. J’ai bien accroché sur certains, un peu moins sur d’autres. Raynald Barbarie, avec son univers surréaliste. Et Bison, organisateur de festival et conteur, dans la lignée direct de Fred Pellerin. Et j’ai eu un coup de coeur pour Robert Seven-Crows, conteur, musicien et chanteur mic-macs.

    Le monde étant petit, j’ai croisé par hasard Geneviève, avec qui j’ai étudié à l’UQAM il y a des années de cela, et qui a quitté le monde du graphisme pour devenir… conteuse. J’ai malheureusement raté son intervention… Elle fait parti des Semeurs de Contes. Je ne connaissais pas. J’ai découvert. J’aime beaucoup l’idée. Une année prochaine, peut être…

    Un festival que j’ai adoré, donc, et que j’ai quitté avec une envie folle de revenir l’année prochaine. De l’autre côté de la scène ?

    J’ai l’impression de m’être fait adopté par les amis de Marilyn sans aucun problème. L’impression, aussi, que le village tout entier m’aurait adopté si j’avais envie de rester. La vie à Val David a l’air d’être simple, et agréable. Petit village ou tout le monde connait tout le monde, et où les gens se croisent avec le sourire et la bonne humeur. Le genre d’endroit où l’on se sent le bienvenu, et dont on sait qu’il est difficile de partir par la suite. Un petit village jeune et dynamique, plein d’idées et de projets, et qui fait du bien. Sans oublier son petit marché public le samedi matin.

    Le dimanche, on s’est offert une petite expédition nature, au lac Cormeau. Nouvelle carte postale, nouvelle image d’épinale. Au programme pour Marilyn et certains de ses amis : de l’escalade. Pour moi, un lac, des arbres, un magnifique sous bois, une flûte, et un didgeridoo.

    De quoi clore la fin de semaine en beauté. Je rentre à Montréal demain. En stop. Je prends le train vers 19h pour Ottawa. À minuit, j’embarque dans un bus, puis un autre, direction Sault Ste Marie. Là, un autre bus me fera passer le pont, et la frontière pour entrer aux États-Unis. Comme je le disais, donc, demain les choses sérieuses commencent. Et ça me va parfaitement. Je commençais à avoir hâte !

    3 commentaires

    1. Commentaire de Kaly

      Je te lis avec du retard, mais je tente de te suivre chronologiquement !

      Tes photos me rappellent un voyage si vieux déjà ! et me donnent en maudit le regret de ne pas me trouver de ton côté de la grande flaque.

      Bon, il faudra qu’on y retourne un jour.

      Alors prends bien note de tous ces petits festivals pour qu’on s’organise avec !!!

      Bonne route !

    2. Commentaire de jacques C

      Have a nice trip !

    3. Commentaire de Lavande

      “Bénévole spontané auto proclamé”: elle me plait bien celle-là. Ça change des “volontaires désignés” dont certains abusent (les profs par ex.).
      Bon, on n’a plus le neveu mais on retrouve les chroniques sympas et les photos superbes.

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