Rue du Pourquoi Pas



Parce qu’il y a toujours une route qui, quelque part, m’attend.
Carnets de route, photos de voyages, et pensées vagabondes.

Écrit par : Sébastien ChionAugust 29th, 2019
  • Gaëlle me rejoint aujourd’hui. En train jusqu’à Albertville. Puis un bus jusqu’à Beaufort. La ville est plutôt bien accessible par les transports en commun… en saison. En plus des connexions Albertville-Beaufort, il y a des navettes gratuites qui relient certains villages des environs. Deux ou trois allers-retours chaque jour. Du coup, je prends la navette qui descend du lac de Saint Guérin et me ramène jusqu’à Beaufort. Petit retour à la civilisation, le temps de faire quelques courses. Bonne nouvelle, la vie faisant bien les choses, mercredi c’est jour de marché à Beaufort. J’en profite donc un peu.

    Et puis Gaëlle arrive. On reprend la petite navette, qui nous ramène jusqu’au barrage et à la maison. Y’a pas à dire, c’est tellement plus simple de faire l’aller retour en navette qu’en chamion !

    J’ai marché un peu en ville, mais pas beaucoup. Et après la rando de la veille, j’ai besoin de marcher encore un peu.

    – Pourquoi tu marches ?
    – Parce que j’ai mal aux jambes.
    – Pourquoi tu as mal aux jambes ?
    – Parce que j’ai marché…

    Juste un petit tour de lac, tout tranquille, pour permettre à Gaëlle de découvrir des lieux qui me sont déjà familiers. Je me sens ici chez moi. Normal, après tout, puisque ma maison est ici… non ? Alors que l’on finit notre tour de lac, on croise une dame adorable qui promène son chien tout joli. Du coup, on reste un long moment à discuter. Petite rencontre toute simple, comme je les aime.

    Gaëlle n’a pas trop l’habitude des randos en montagne et du dénivelé (paraît qu’en Bretagne, ils ont pas de dénivelé…). Comme j’ai beaucoup aimé le lac des fées, comme l’accès est plutôt facile mais qu’il faut quand même monter un peu, comme il y a un monsieur qui vend du Beaufort là haut, et comme de mon côté, j’ai encore besoin de me dérouiller un peu les jambes, le lendemain, on se programme un aller-retour au lac des fées.

    On monte donc en prenant notre temps. On a de l’eau, et de quoi se protéger du soleil. À part hier où il était un peu voilé, il tape quand même pas mal, et j’ai gagné quelques rougeurs un peu trop rouges… la montée est l’occasion de se faire de nouvelles amies.

    Et surtout, donc, de s’arrêter à la Grange aux Fées où on reste un petit moment, le temps que l’éleveur/fromager finisse de discuter avec ses amis. On lui achète un peu de Beaufort (deux kilos, c’est bien « un peu » n’est ce pas ? – mais bon, on parle de Beaufort d’alpage, de l’automne précédent ; un Beaufort crémeux, doux, parfumé… un vrai bonheur ! ) et on en profite : un litre de lait cru ! Tout chaud tout neuf, fraichement sorti de la vache. Parce que je suis pas très fan de lait de vaches, mais le lait de vaches a quand même deux utilisations très importantes : les crêpes et les chocolats chauds ! Oui, je remplace volontiers le lait de vache par du lait d’amande dans ces deux utilisations, mais quand on a du lait frais d’alpage en direct du Beaufortain, on ne se pose pas de question ! On laisse nos achats au frais à la ferme ; on les récupèrera en descendant, et on finit la dernière petite côte qui nous amène au lac.

    lac

    On y restera posé un bon moment, à profiter du soleil, de la compagnie des canards, et des framboises sauvages que tout le monde semble délaisser pour notre plus grand bonheur.

    framboise

    Dans ces régions montagneuses, c’est en altitude que les téléphones captent le mieux. J’avais sorti le miens le temps de faire une photo de canard quand j’ai vu que j’avais un message. « Tu serais dispo pour un CDD de deux mois commençant la semaine prochaine » ?

    canard

    J’avoue que ça n’était pas vraiment prévu. Pas du tout à vrai dire. Mais on parle d’un CDD en graphisme. C’est quand même quelque chose que j’aime faire ; ça change des inventaires, ou des installations d’événements ou de vitrines. Ça pourrait être chouette. Et puis ça paie quand même pas trop mal. Et je serai pas contre avoir un peu plus d’argent de côté avant de partir en Espagne ! Ça raccourcit considérablement mon séjour dans la région et ça met à mal mon approche « je vais prendre tout le temps que je veux pour faire toutes les balades que je veux », mais que voulez-vous. Je suis vénal ! Je délaisse donc mes canards et mes framboises le temps dans savoir un peu plus ; en effet, c’est intéressant. Je confirme donc mon intéressement. J’aurai plus de nouvelles ce soir. Ça va pas être simple à gérer vu comment je capte mal au barrage, mais on va se débrouiller !

    Après cette pause solairo-administrative, on attaque la descente -interrompue le temps de récupérer lait et fromage- qui se passe sans encombre. Juste avant d’arriver au lac de Saint Guérin, je me décide à aller m’aventurer sur ce petit sentier que j’avais négligé la dernière fois, car trop tard et trop fatigué. Là, l’aller retour au lac des fées m’a vraiment fait du bien et je me sens en pleine forme. Le mini détour, quoiqu’un peu abrupte, vaut vraiment la peine, vu qu’il nous emmène dans une petite zone cachée du lac, qui est tout simplement magnifique !

    On finit par rentrer jusqu’à la maison, non sans un petit détour à la petite cabane qui vend des glaces que l’on a bien méritées ! Je cherche tant bien que mal un peu de réseau, pour essayer d’avoir une conversation téléphonique de plus de 3 minutes, histoire d’en savoir un peu plus pour le projet. Le problème, c’est que dans le coin, on a 2 minutes de connexion tous les quart d’heure. Pendant que j’essaie d’échanger quelques informations avec mon futur employeur, Gaëlle va voir si on capte mieux sur le barrage.

    Je la vois finalement qui revient en compagnie d’un couple. De mon côté, j’ai réussi à échanger les informations importantes. Début du contrat, jeudi prochain. Mon temps dans le Beaufortain est compté !

    Je rejoins Gaëlle qui me présente Luc et Linda. Un couple de Québécois qui voyagent dans un tout petit van aménagé. Comme Luc le dit « on adhère complètement à ta philosophie » (vous savez, les jolis volets sur le côté du chamion, qui proclament des choses aussi démagogiques que « travaillez moins pour vivre plus »). Luc et Linda sont adorables. À chaque fois que j’entends l’accent québécois, j’ai un pincement au coeur et j’ai envie de rentre à la maison. À l’une de mes très nombreuses maisons… Luc et Linda sont très heureux de visiter la maison, et ils restent un long moment assis avec nous. On discute de tout un tas de choses. Luc a un regard un peu sévère sur le Québec ; il semble apprécier ma vision plus posée. Sur la langue, sur la façon de parler, sur le vocabulaire… on parle voyage, on parle travailler moins, on parle rencontrer les autres… parce que oui, les rencontres, c’est toujours aussi chouette ! Le soir commence à se faire sentir ; ils rentrent se poser dans leur petite maison sur roues. De mon côté, je passe aux cuisines.

    Ce soir, c’est soirée crêpes ! À la tapenade. Et au Beaufort. Et au Conté. Et au Chartreux… dégustation comparée de crêpes au fromage. Ça termine bien une journée !

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