Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Retour à Hobart… en stop.


« Tu verras, le stop en Tasmanie, c’est facile ». La dernière fois que l’on m’a dit que le stop était facile quelque part, je me suis retrouvé à faire du camping à côté d’une station de pompiers, incapable de traverser l’île de Vancouver en une journée. Du coup, je me méfiais à l’idée de traverser la Tasmanie en stop.

Hold on ! C’est quoi cette histoire de traverser la Tasmanie en stop… aux dernières nouvelles, j’étais chez Sarah avec Iris. Je ne m’éterniserais pas sur les raisons en arrière de mon départ plus rapide que prévu. Elles sont nombreuses et complexes. Bref ; changement de mission Helpx, je rejoins Bernt, à Hobart. Lui aussi m’a garanti que le stop fonctionnait super ben en Tasmanie, qu’on pouvait aller n’importe où en l’espace d’une journée. Je me suis méfié quand même. Je lui ai dit que j’arriverais sans doute en fin d’après midi ou en début de soirée.

Sarah m’a déposé vers 9h50 à la sortie de Hobart. C’est peut être une hippie, mais à priori, elle n’aime pas le stop. Elle voulait rester jusqu’à ce qu’une voiture s’arrête pour noter la plaque d’immatriculation pour des raisons de sécurité… je lui ai dit que ce n’était pas la peine. Je lui ai promis de texter à Bernt les plaques de toutes les voitures qui s’arrêteraient. J’ai menti. Je ne l’ai pas fait. Ça me tentait juste pas. J’ai plus de chances de survivre à la traversée de la Tasmanie en stop qu’à un vol Lombok-Bali je pense.

Armé de mon pessimisme mais de mon plus beau sourire, j’attends tranquillement et compte les voitures. Il se passera une quinzaine de minutes avant que la première s’arrête. Le conducteur s’excusera de ne pouvoir m’avancer que d’une dizaine de kilomètres, mais personnellement, ça ne me dérange pas. Chaque petit bout de grapillé un et bout en moins à faire. Deux minutes après qu’il m’ait déposé, j’ai à peine eut le temps de me remettre sur le bord de la route, une autre voiture s’arrête. Un grand père en descend, et me demande si je n’ai pas de fusil ni de couteau, ou si j’ai l’intention de l’attaquer. Je le rassure sur mes bonnes intentions et embarque. C’est un couple de personnes âgées, tout mignon, agréable et sympathique. Eux me font aussi faire un petit saut de puce. Un autre dix minutes d’attente avant de me faire embarquer pour une demi heure. Jeune chauffeur, avec qui l’échange se fait bien ; je n’ai aucun problème de compréhension, et on discute de tout et de rien. Il me dépose à l’embranchement qui, selon moi, sera la partie la plus difficile du trajet. À gauche, la route va à Launceston, la deuxième plus grande ville de Tasmanie. À droite, à Perth, une petite ville sur la route entre Launceston et Hobart. J’hésitais un peu à aller jusqu’à Launceston et repartir vers le sud. Détour, certes, mais route plus fréquentée. Et puis finalement, j’ai décidé de prendre le chemin le plus court. J’attendrais une bonne quinzaine de minutes, je pense, avant qu’une voiture m’amène jusqu’à Perth. Le chauffeur me dépose à un endroit parfait. Sur la route principale, juste en face d’une station service. Le temps passe… j’ai découvert sur l’île de Vancouver que restait statique en faisant du stop ne fait que donner l’impression que le temps passe plus lentement. Alors je souris, je fais des signes aux gens, je discute avec les passants, et je tente même ma chance avec les voitures venant de l’autre direction. La prochaine fois, je pense que je ferais une pancarte « c’est pas beau par là bas, faites demi tour » ou un truc du genre. Et puis finalement, après une attente particulièrement longue (que je chiffrerais à 30-40 minutes, ce qui est donc quand même très raisonnable) une petite voiture rouge s’arrête. Une maman et sa fille. Adorables.

Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas et qui me rend perplexe. Toutes les voitures qui s’arrêtent, toutes les personnes qui m’embarquent, s’excusent. De ne pas aller jusqu’au bout, de ne pas avoir une voiture très rangé, de ne pouvoir m’avancer que de dix minutes. Pourtant, chaque voiture qui s’arrête, je suis extrêmement reconnaissant ! Et je leur fais savoir. J’ai plaisir à discuter avec tout ces gens, à leur sourire, à être enthouisaste. C’est vrai que faire du stop, ça donne l’impression de faire tout de suite partie de la communauté des stopeurs. Et dans ce contexte, l’idéal c’est de donner la meilleure image possible. Pour donner aux gens qui s’arrêtent des raisons de continuer à s’arrêter.

La charmante maman et la fille vont jusqu’à Hobart. Longue ballade donc. Et longues discussions vraiment agréables tout au long de la route. Sur des banalités au début (combien de temps je suis en Australie, qu’est-ce que je fais en Tasmanie, etc…). Avant de dériver tranquillement pas vite. Elle m’a expliqué qu’elle faisait une thèse de journalisme sur « comment les médias australiens perçoivent-ils le Rwanda comparé à comment le Rwanda aimerait être vu ». Ses explications et tout le reste rendent la chose encore plus intéressantes.

Bref, une magnifique petite dernière balade. Quand elle me demande dans quel quartier je vais à Hobart, comme ce n’est pas très loin de chez elle, elle propose même de me déposer devant la porte. Difficile de faire plus sympathique je trouve !

J’arriverais finalement chez Bernt à 15h. 5h10 de route, pour un trajet qui prend 3h30 en voiture. 280 kms. Ça fait quand même une belle moyenne je trouve. Ça me confirme dans mon intention d’utiliser le stop le plus possible dans nos prochains déplacement intra-tasmanien.

Il n’y a personne chez Bernt pour le moment. Je cache mon sac à dos sous un arbre, comme convenu, et part faire mes premiers pas aléatoires dans Hobart. Enfin presque aléatoire ; la charmante demoiselle m’a indiqué comment me rendre sur Elizabeth Street, une rue assez vivante pas très loin d’ici.

One Response to “Retour à Hobart… en stop.”

  1. February 1st, 2012 at 3:59 pm

    alexandra says:

    Au moins on sait que le pouce fonctionne 🙂