Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Archive for the ‘[Australia – Sydney]’ Category

Un soleil sous la pluie

Nous n’avons pas vraiment l’intention de recommencer à jouer les touristes à Sydney. Il y a encore des quartiers que l’on n’a pas vu, mais nous ne sommes pas là pour les découvrir. Par cette fois. Nous ne faisons que raccompagner Sébastien et Virginie. Nous avons désormais une fin de semaine à tuer, avant de récupérer le van pour rentrer à Melbourne. Le problème, c’est que la météo reste bloquée sur la pluie, et que dans ces conditions, le camping est un peu à oublier… nous nous sommes tournés vers couchsurfing, une fois de plus. Et nous avons finalement réussi à trouver quelqu’un pour nous héberger. Elle s’appelle Sally. Iris a trouvé son profil grâce à la petitesse de la communauté CS : Sally a déjà rencontré François, le frère d’Iris, et a déjà été hébergé par Benjamin, son meilleur ami. Apprenant cela, Sally a été plus qu’heureuse de nous accueillir. En fait, on s’est très vite rendu compte qu’à la base, Sally est plus qu’heureuse d’héberger à peu prêt tout le monde. Malgré la petitesse de son appartement (un garage double, aménagé et transformé en studio) elle a presque tout le temps des gens chez elle. Deux fois plutôt qu’une : quand nous arrivons, elle héberge déjà un gars de la réunion. Par chance, celui-ci partira le lendemain… parce que ça n’accroche pas du tout. Il sera remplacé par deux allemandes. Oui, nous serons cinq à dormir dans une seule pièce. Sally fournissant des matelas à tout le monde, mais aussi des draps, refusant que l’on utilise nos sacs de couchage. Sally est un véritable rayon de soleil. À côté d’elle, j’aurais presque l’impression d’être quelqu’un de triste et pessimiste ! Quoi qu’il en soit, les deux jours que l’on passera avec elle seront vraiment des plus agréables. Pas de tourisme au programme. Des échanges, de la parlote, et des photos.

Et oui… le samedi sera à thématique circadienne. Sally est prof de « soies aériennes ». Je ne me souviens plus du terme exact… quoi qu’il en soit, elle donne un cours le samedi après midi, et en profite pour nous faire une petite démonstration.

Elle donne ses cours dans un grand hangar, où la thématique principale est le « trapèze volant ». Il y a régulièrement des initiations et, à défaut de participer, nous regarderons quand même les apprentis trapézistes se lancer dans le vide pour la première fois. En deux heures d’initiation, le programme donne un très bon aperçu. Une ou deux figures aériennes, mais aussi un lancer, dans le but de se faire attraper par un autre trapéziste. Bref, tout ça donne bien envie… peut être une autre fois. Peut être à Melbourne.

Les journées qui ont une thématique qui ne s’arrête pas, ça me plait définitivement beaucoup. Alors le soir, on reste sur le cirque, la performance, la photographie, et l’initiation.

Je m’essaierais pour la première fois au bâton, version enflammé. C’est aussi la première fois que je cracherais avec du kérosène. J’ai bien tenu compte de tout les avertissements de Louve, ma coach personnelle, et ça m’a permis de ne pas prendre feu. Iris et les deux allemandes en profitent également pour une première initiation aux poïs. Bref, une très belle soirée, quoi qu’un peu salissante.

Le dimanche sera plus relax, plus tranquille, principalement dédié à nous trouver à nouveau un endroit où dormir à Melbourne. La gestion de l’hébergement commence à être compliqué un peu ! Avant de donner des formations en soie aérienne, Sally était cuisinière, avec spécialité pâtisserie. Mais je ne préfère pas parler du gâteau au chocolat qu’elle nous a fait. Ça serait un coup à faire des jaloux. J’ai la recette… je tenterais ma chance moi aussi !

Il y a une jolie fontaine à côté de l’endroit où on squatte une connexion internet. Oui, c’est placé un peu raide, comme ça, mais je voyais pas de façon plus délicate de présenter les photos. Parce qu’elle me plait cette fontaine. Alors ça aurait dommage de ne pas en dire plus.

On récupère le van le lundi. Sauf que le lundi soir, Sally nous parle d’un cours de Ceroc. Une danse, un peu genre Salsa, qu’Iris a envie d’essayer depuis un bon moment maintenant. On calcule un peu ce que ça représente. On hésite. On réfléchit… je ne suis pas sûr de vouloir refaire la route de la côte. En tout cas, pas à grande vitesse. Par l’intérieur, on parle seulement d’une petite dizaine d’heures de routes. On peut donc très bien attendre le lundi soir pour partir. Comme ça, Iris peut suivre l’initiation. C’est parfait. Et nous, on trouvera peut être quelque chose de beau à voir sur le chemin du retour ! Assurément pas Canberra.

Je récupère le van sans problème, retourne jusqu’à chez Sally avec (occasion pour moi, après avoir traversé le Golden Gate Bridge en van, de traverser Sydney Harbor Bridge en camping car). Un petit cour de danse, et finalement, on prend la route.

On the road again

D’habitude, c’est le jour du déménagement que je loue le camion… pas après…

Je sens qu’on va bien s’amuser !

Bob et Catherine

Bob et Catherine, ce sont des gens qui ont l’air extrêmement charmants. Ils ont deux maisons, plus ou moins aménagé en Bed & Breakfast. L’une dans St Kilda, l’un des quartiers les plus à la mode de Melbourne, l’autre un peu plus éloigné, dans un endroit plus calme et plus tranquille. Bob et Catherine, ils nous attendent jeudi 15 décembre. Ils vont nous héberger jusqu’à la fin de l’année. En échange, on va leur donner trois ou quatre heures de notre temps, tout les jours. Si vous avez entendu parlé du Woofing, ça vous rappellera sûrement quelque chose. Sauf que là, ça ne s’appelle pas Woofing. Pour l’occasion, nous allons nous transformer en « Helpexer ». Le principe est très simple : vous êtes nourris logés, en échange de coups de mains. Si le Woofing impose que l’hébergeur soit une ferme biologique, sur Helpx, en revanche, il n’y a aucune contrainte. Tout le monde est libre de demander des coups de main, selon les conditions qu’ils ont envie. À charge ensuite aux personnes intéressées de chercher ce qui les intéressent.

On change donc un peu de direction pendant quelques temps. On est enfin débarrassé de l’appartement (une opération qui a été un peu plus compliquée que prévue) ; on met la recherche de travail en pause également. On prend l’option « immersion ». Première expérience en Helpexer, donc, que j’aborde curieux et intrigué.

Ce qui est sûr, c’est que tout les échanges que l’on a eut par mail ont été très agréables. Et quand j’ai dit à Catherine que je conduirais de Sydney à Melbourne, elle m’a souhaité bonne chance, avant de me rappeler avec insistance de rester à gauche ! J’aurais tendance à penser que si j’ai survécu à Bali, je pourrais survivre à l’Australie.

Le lecteur attentif aura sûrement eut l’oeil accroché par un détail (pour l’occasion, les fautes d’orthographe ne font pas parti des détails, sinon ma tante s’empressera de rétorquer que son oeil est sans cesse accroché par toutes sortes d’atrocités commises à l’égard de la langue française). Non, vous aurez sans doute relevé que je vais conduire de Sydney à Melbourne. Iris se remettra peut être aussi au volant pour l’occasion.

Il y a énormément de gens qui louent des vans pour voyager en Australie. Mais vues les distances impliquées, ce sont très souvent des locations à sens unique. Alors parfois, les agences de location offrent des promotions pour que d’autres personnes ramènent les vans à leur origine. C’est ainsi que demain matin nous allons récupérer un camping car gigantesque, que nous devrons conduire jusqu’à Melbourne. Deux jours et demi pour faire le trajet, dans un confort on ne peut plus agréable. Je vous parlerais du van plus en détail, photos à l’appui évidemment, quand il sera entre nos mains.

C’est officiel donc. Nous quittons Sydney demain matin. Par la Great Ocean Road. Nous suivrons la côte jusqu’à Melbourne ! Les nouvelles aventures, des fois, ça fait du bien !

Sydney en photo : Surry Hills

On me l’a régulièrement présenté comme l’un des quartiers les plus sympas de Sydney. Dynamique, moderne… beaucoup d’agences de com s’y installe pour profiter de l’image de marque branchée de l’endroit. C’était donc assez logique d’y faire un tour. Je m’attendais à un Plateau, à un St Roch ou à un Haight Ashbury. Je n’ai rien eut de tout cela. En fait, je n’ai pas eut grand chose. C’est sans doute l’une des principales critiques que je ferais sur Sydney. Son uniformité. Passer d’un quartier à un autre ne change rien. Toujours cette même impression, toujours ce même sentiment. Rien qui domine. L’influence british est très présente avec les petites maisons à deux étages avec balcon en fer forgé. Mais sinon… rien de bien original. Rien de bien particulier. L’atmosphère de Surry Hills est la même que celle de Darlighurst ou Potts Point. Je n’ai pas l’impression d’être ailleurs. D’avoir changé de quartier.

Je ne dis pas que ce n’est pas beau. Je continue à bien aimer, et une fois de plus, je suis tombé sur quelques coins vraiment beau. Mais franchement, je suis dérangé par cette uniformité. Par ce manque de personnalité des quartiers. Il paraîtrait que Newton est très bobo. Très branché. Avec plein de petites boutiques, de designers, etc… malheureusement, nous n’aurons pas eut le temps d’y aller. Pas cette fois en tout cas, vu qu’il est très probable que nos pas repassent par Sydney à un moment. De même que je n’ai pas assez exploré Surry Hills à mon goût. Peut être qu’en me perdant un peu plus loin, un peu plus profondément…

Dans la plupart des villes que j’ai visité, je n’ai jamais eut trop de problèmes à dénicher quelques magnifiques petits secrets bien cachés. Peut être n’y en a t’il pas à Sydney… ou peut être sont ils encore mieux cachés…

Sydney en photo : l’Opéra

S’il ne devait y avoir qu’une seule photo prise à Sydney, pour moi ça serait une avec l’opéra. Probablement depuis un ferry, avec la ville et le pont en arrière. L’Opéra est sans doute le symbole le plus marquant de la ville, et je comprends aisément pourquoi. Chef d’oeuvre architectural que l’on passe son temps à redécouvrir. Chaque point de vue offre une perspective différente, une silhouette différente. J’avoue avoir appris, vraiment impressionné, que l’Opéra a été dessiné en 1955. Je le voyais nettement plus moderne. Au moins contemporain avec le stade olympique de Montréal (années 70). Ce genre d’architecture atemporelle (et en même temps, en avance de plus d’un demi siècle) me fascine.

Quelques détails techniques ? 183 êtres en longueur, jusqu’à 120 mètres en largeur. La toiture est constituée de 1 056 006 tuiles de céramique. La grande salle de concert compte 2 679 sièges et contient le plus grand orgue mécanique du monde (avec un peu plus de 10 000 tuyaux). La salle de l’Opéra proprement dite compte 1 547 sièges. Et il y a trois autres salles plus petites. L’Opéra de Sydney est consacré patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 28 juin 2007. On comprend facilement pourquoi.

Sydney en photo : le jardin botanique

J’avais promis un peu plus de photos. Quel meilleur sujet qu’un jardin botanique pour ça ?

Le jardin botanique de Sydney est très clairement l’un de mes lieux de prédilections ici. Très facile d’accès, extrêmement central (à la limite du Business District) et entièrement gratuit, il a tout pour plaire. Il est beau ; il présente des arbres tout simplement superbe, et une faune des plus intéressantes. S’y promener permet de découvrir plusieurs points de vue sur la baie de Sydney et sur l’opéra qui, de temps à autre, fait une apparition entre deux arbres.

Lieu particulièrement calme et reposant comme il se doit, c’est l’une des destinations préférées des nouveaux mariés. Pour les photos de mariage ou même carrément pour le mariage, avec opéra en toile de fond. Demoiselles d’honneur et grandes robes blanches se pressent sur la pelouse en fin de semaine.

Les tours à la limite du jardin botanique sont, selon moi, des merveilles d’architecture pour la plupart. Arbres verdoyants au premier plan, géants de verre et d’acier au deuxième, le tout sur fond de ciel bleu… le contraste entre organique et artificiel, entre la nature et la ville, entre les angles droits et la souplesse… tout cela est du plus bel effet. Je ne m’en lasse pas.

Mon premier kangourou

Voilà. Ça y’est. C’est fait. Premier contact avec un kangourou en Australie. Contact un peu particulier, à vrai dire, puisqu’il s’est fait au rayon frais de notre épicerie habituelle.

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Tout ça, c’est surtout pour faire plaisir à ma poulpinette préférée qui attendait avec impatience que je me mette à parler bouffe un peu. Alors la jolie assiette, je l’ai un peu faite aussi en pensant à elle, en me disant que ça lui ferait plaisir.

Les avocats, en Australie, c’est comme les mangues. Un vrai délice !

Tiens, d’ailleurs, je pourrais m’étaler un tout petit peu plus sur la question alimentaire maintenant que j’ai commencé… à vrai dire, je trouve que l’on mange particulièrement bien ici. Ou plutôt, je trouve que l’on a accès à des ingrédients de vraiment bonne qualité. Faut dire que la plupart sont produits ici. Ou alors en Nouvelle Zélande. Donc en général, la nourriture ne voyage pas trop, et ça se ressent au niveau des légumes. Au niveau de la viande, les australiens sont très amateurs de label « Free Range » (élevé en plein air). Faut dire qu’ils ont la place. Et des hélicoptères quand vient le moment de rassembler le bétail. C’est moins fatiguant.

Bref, c’est clair, légumes et viandes sont d’excellentes qualités, pour des prix… bin… pour des prix corrects aussi. Peut être un peu élevé, mais pas tant que ça si on compare avec les autres prix. En fait, depuis que l’on est ici, on mange quand même plutôt bien, sans trop faire exploser le budget.

Se promener dans une épicerie est une expérience assez amusante. On y retrouve très clairement cette bivalence « Europe – Amérique du Nord » dont j’avais déjà parlé par rapport à Sydney. Un sentiment européen dans l’ensemble, mais avec quelques « clins d’oeil » nord américain. Beurre de cacahuètes, ragoût de viande Chunky, etc… bref, un choix quand même sympa.

Et côté fromage ? Maintenant que j’ai vu du St Agur à 100 $ le kilo (76 euros, 103 CAD) et des St Marchelin à 18$ pièce (13,7 euro, ce qui les mets quand même à 225$/172 euros le kilo) je pense que je vais bientôt pouvoir arrêter de dire que le fromage est cher au Québec !

Mais bon, mon sevrage est heureusement fait depuis bien longtemps. J’ai l’habitude de me passer d’excellents fromages ; c’est triste, mais c’est tant mieux !

On trouve aussi d’excellents poissons, et les crevettes sont à des prix particulièrement acceptables. Comme quoi, tout n’est pas plus cher en Australie. On va peut être juste attendre un peu avant notre prochaine soirée fondue.

Meilleurs ennemis

Il y a bien bien longtemps de cela, j’avais commencé à élaborer une théorie sur les chanteurs et les groupes de musique. Comme quoi ils allaient toujours par paire. Francis Cabrel et Jean Jacques Goldman, Louise Attaque et Noir Désir, Zazie et Pascal Obispo (je vous l’avais dit, ça date). Évidemment, chacun existe indépendamment, mais ils sont en même temps unis par un lien subtil. On les compare, on est fan de l’un ou de l’autre. Il y a une rivalité, très souvent amicale, qui fait parti de leurs images. Un peu comme s’ils avaient besoin de l’autre pour exister. Ou au moins, pour gagner en substance.

J’ai découvert au Québec que cette dualité se retrouvait à d’autres niveaux, notamment au niveau des villes. Il est fascinant de constater à quel point les villes d’Amérique du Nord fonctionne très souvent par paire. Souvent dans un même état/province. Québec et Montréal, bien évidemment. Calgary et Edmonton. Portland et Eugène dans l’Oregon. Vancouver et Seattle. À la fois si identiques et si différentes. Que serait Montréal sans Québec ? Question intéressante… qui n’est pas du tout mon propos.

À force d’écouter les gens ici, de m’attarder sur leur commentaires, sur les comparaisons qu’ils font, j’ai l’impression que Melbourne vient compléter Sydney. Sydney est festive alors que Melbourne me parait plus posée et plus culturelle. Les gens les comparent sans aucune hésitation, chacun y allant de sa préférence. Après tout, les deux agglomérations sont de tailles relativement similaires (4,4 millions pour Sydney, 4 millions pour Melbourne, ce qui en fait les deux plus grandes d’Australie), dans le même genre de climat, pas si éloignées géographiquement l’une de l’autre (à l’échelle Australienne évidemment).

Vous doutez, j’imagine, de la raison pour laquelle je parle de Melbourne. Après tout, n’ai-je pas parlé d’un départ probable de Sydney il y a quelques jours ? La machine est lancée. On devrait arriver à Melbourne en fin de semaine prochaine, lundi au plus tard. Cette décision un peu précipitée me plait bien en même temps. Fidèle à moi même, j’aime me sentir libre de mes mouvements. J’aime pouvoir partir sur un coup de tête, pour une raison A ou B. D’ailleurs, j’ai commencé à élargir mes recherches d’emploi. Après tout, si une compagnie de Darwin veut bien m’engager comme graphiste, pourquoi pas ? Une seule mini contrainte technique : se débarrasser de l’appartement. Nous avons un bail à céder. Il y a eut déjà pas mal de visiteurs, alors que je reste assez discret sur l’annonce. J’ai juste besoin d’une personne pour reprendre le bail. En tout cas, quand je vois l’enthousiasme des personnes et leur hâte de trouver un appartement, je me rends compte que notre sentiment d’urgence quand nous avons cherché à nous loger à notre arrivée était parfaitement justifié. Pénurie de logements ? Peut être pas. Mais une rotation impressionnante. Est-ce que ce sera la même chose à Melbourne, on verra. La question du logement ne se posera pas avant un bon moment. Mais si je dis ça, c’est juste pour continuer à faire un peu durer le suspens. Parce que nous avons un plan secret… je vous en parlerais bientôt, mais il est vrai que je veux profiter des derniers jours à Sydney pour vous parler de Sydney. Après tout, il reste encore pas mal à dire. Et puis ça manque un peu de photos de la ville quand même, vous trouvez pas ?

Sinon, juste pour vous aider à vous localiser un peu, voilà le déplacement que l’on se prépare à faire. Du point A au point B.

C’est vrai que ça a l’air proche vu de même. À peu prêt aussi proche que Lyon – Amsterdam ou Montréal – Washington.

Comme quoi… j’ai encore besoin de m’ajuster à la taille de l’Australie moi.

Trouver un job à Sydney

Ça fait un bon moment déjà que je me garde le sujet sous le coude. Parce que je suis bien conscient que les quelques lignes que j’ai écries sur l’installation à Sydney sont tout sauf suffisantes pour vraiment expliquer la situation. J’attendais, parce que j’espérais vraiment l’approche positive « voilà tout ce que j’ai fait pour trouver un job ». J’ai finalement découvert les limites de mon optimisme. Il aura quand même duré un peu plus d’un mois, ce qui, je trouve, est considérable vue la situation. Je commencerais donc par « je n’ai pas trouvé un job, malgré tout mes efforts ».

Si vous vous rappelez bien, je m’étais donné comme objectif « trouver un appartement la première semaine, un travail la deuxième ». À vrai dire, j’avais atteint mon objectif… ou presque. Parce que l’une des choses qu’il faut savoir, déjà, c’est que les australiens sont fans de « trial period ». Une journée de test quoi. J’avoue que quand on m’avait dit « vient lundi, de 16h à 22h, pour s’assurer que tout se passe bien », je voyais la job dans la poche. Surtout que tout c’est super bien passé. Mais non. J’ai appris le lendemain qu’ils engageaient quelqu’un d’autre. Sans plus de détails. Donc si j’ai eut ma job dans la deuxième semaine, elle n’aura duré qu’une journée. En même temps, vu la facilité avec laquelle je l’avais attrapé, j’étais parti hyper optimiste.

J’ai décidé de me battre sur deux fronts en même temps, en privilégiant mon point fort : le graphisme. En venant ici, j’avais envie de profiter de l’occasion pour faire de nouvelles expériences au niveau boulot. L’idée n’étant pas de faire un changement de carrière, mais bien de faire une petite pause. Quoi de mieux que l’autre bout du monde après tout ? J’ai finalement changé d’avis, pour des raisons financières, mais aussi par réalisme. En fait, j’ai fait un test tout bête… à force de croiser des français et des allemands à tout les coins de rue, de ne recevoir que ça en requête sur couchsurfing, et de les voir inonder d’annonces gumtree (les petites annonces locales), je me suis dit que ça cachait un truc. Le Permis Vacances Travail n’est pas contingenté en Australie. On l’obtient en 30 minutes. Après ça, il suffit d’acheter un billet d’avion. Et l’Australie, c’est très clair, on nous la présente comme l’Eldorado. Des échos que j’ai eut, c’était le cas il y a quelques années, moins aujourd’hui. Bref, voyant ces hordes de PVTistes, arrivant de partout, j’ai décidé de faire un test histoire de mieux connaître la situation à Sydney. À une semaine d’intervalle, j’ai donc posté deux annonces. Sur le modèle de toutes celles que l’on retrouve dans la catégorie « job » de Gumtree (définitivement le point de ralliement des PVTistes à Sydney). La première pour un poste de Barista (donc un job avec des compétences minimales requises) dans un café, la deuxième pour un job d’aide en cuisine (donc quasiment aucune compétence requise). Rien d’extraordinaire, pas de promesses mirobolantes, que du basic. Expérience des plus concluantes. Quelques chiffres pour que vous compreniez :

– Pour l’annonce de Barista, j’avais déjà 5 réponses après 20 minutes, 60 en 6 heures et 75 après 24 heures (durée de vie de l’annonce, en gros ; après, elle est perdue dans l’amoncellement des nouvelles annonces et ne produit quasiment plus de résultat). Sur les 75 annonces : 11 se déclarent en PVT (donc probablement au moins le triple avec ce statut). 8 s’annoncent comme français, 5 italiens, 4 allemands, 4 coréens, 4 anglais. Autres pays représentés : Canada, Tchéquie, Japon, Brésil, Lithuanie, Indonésie. Enfin, 5 étudiants australiens. 13 avaient ce qu’il fallait, 3 se présentaient particulièrement bien.

– Pour l’annonce d’aide en cuisine, j’ai simplifié les statistiques : 10 réponses après 20 minutes. 50 en 2 heures. 84 en 5 heures. 122 en 24 heures.

Oui, j’ai un peu saturé mon adresse courriel pour l’occasion !

Une seule chose à faire, donc, si vous voulez espérer trouver un boulot sur Gumtree : rafraichir la page aux 10 minutes et réagir très vite. Ne perdez pas votre temps à répondre à des annonces si vous n’avez pas le profil exact, et il est quasiment inutile de répondre à une annonce qui a plus de 6 heures…

Maintenant, j’ai fait une autre constatation, tout aussi intéressante : la plupart des mails que j’ai reçus pour l’occasion étaient tout simplement catastrophiques. Du style « je suis en PVT, votre job m’intéresse, appelez moi ». Pour optimiser mon analyse sociologique, j’ai décidé de faire du croisement d’informations. Mon autre excellente source d’informations concernant les gens en voyage à Sydney est évidente : c’est couchsurfing. Oui, on continue d’héberger, même en Australie. Phénomène intéressant, juste après nous être mis disponibles pour héberger, mon profil s’est mis à sortir en deuxième place dans le moteur de recherche. Celui d’Iris en troisième. On s’est donc retrouvé à recevoir beaucoup de demandes d’hébergement. Et on a constaté exactement le même je m’en foutisme. « Je suis français en PVT, j’arrive à Sydney dans trois jours, ça serait cool que vous m’hébergiez, vous m’avez l’air sympa ». La plupart en provenance de profil créé il y a quelques semaines maximums.

Le profil type du PVTiste à Sydney ? Un branleur, pas motivé, pas intéressant, qui vient ici pour se saouler la gueule tout les soirs. Il vient de finir ses études, c’est son premier voyage, et il vient apprendre l’anglais (oui oui, en demandant à des francophones de l’héberger, ne cherchez pas la contradiction). J’ajouterais qu’à mon avis, pour la plupart, papa et maman sont derrière pour financer le projet, parce qu’on leur a dit qu’en étant bilingue, fiston aurait plus de chance à trouver un travail. Bref, fiston essaie désespérément de trouver une job à Sydney, découvre que la vie est cruelle, mais que les trois allemands, l’italien et l’anglais avec qui il partage sa chambre sont vraiment cool. Alors il peut sortir tout les soirs boire une bière (ça aide pour parler anglais), et tout va bien. Il ira faire du fruit picking dans un mois. Avec d’autres français, parce que ça le saoul de parler anglais de toutes façons (ça doit être la bière).

Vous avez sans doute l’impression que je m’égare. Après tout, j’étais parti pour parler de la difficulté de trouver un job. Ce qu’il faut que vous compreniez, c’est que moi aussi j’ai l’étiquette PVTiste français collée sur le front. Avec tout ce que ça implique. Ça m’a pris du temps à comprendre ça. Ça m’a pris du temps à insister sur le fait que j’étais un vieux bilingue de 31 ans et pas un jeune nouvellement diplômé au phrasé incertains. Ça m’a permis de décrocher une entrevue, qui par ailleurs c’est très bien passé, mais ça n’a pas été suffisant…

J’ai décidé de laisser tomber Gumtree. J’y fais une veille, du coin de l’oeil, au cas où je trouve quelque chose dans les environs, pour y courir en personne, déposer mon CV.

J’ai aussi fait pas mal dans le porte à porte. Marcher, j’aime ça. Découvrir des nouveaux quartiers, j’aime ça aussi. Que le CV déposé dans une fromagerie qui cherchait un employé n’ai pas eut de retour, ça fait partie des choses qui, c’est con, m’ont fait du mal à l’optimisme. Après tout, pour l’occasion, j’en ai de l’expérience dans le fromage !

À côté de ça, donc, j’ai cherché comme graphiste. J’ai fait tout comme il fallait, suivant le guide du parfait chercheur d’emploi point par point. Envoyé des lettres de motivation personnalisées quand c’était possible (je reviendrais dans un autre article sur les agences de placement), un beau site tout beau tout neuf tout propre, un profil Linkedin parfait avec de belles références… et là, à priori, j’ai eut plus de résultats. Les CVs ont abouti sur quelques entretiens. Les entretiens se sont super bien passés… mais n’ont pas été concluant. Malgré un suivi par après…

Bref, après un peu plus d’un mois d’optimisme débordant, j’ai reçu le coup fatal hier. Il semblerait que le numéro de téléphone que j’ai activé avec Skype ne fonctionne qu’en partie. Certains appels ne rentrent pas. Combien de téléphone j’ai raté à cause de ça ? 1 ? 5 ? 10 ? Je le saurais jamais.

La saison de Noël approche à grand pas. Côté graphisme, ça s’annonce comme au Québec. Période creuse. Les annonces commencent à se raréfier. Les étudiants ont fini les cours. Ils viennent se précipiter sur Gumtree eux aussi. Et l’employeur qui doit choisir entre un PVTiste et un étudiant australien, à compétences égales, il choisit l’australien. Je n’irais pas le blâmer pour ça.

 

Alors… après tout ça, quelle est la suite du programme ? Iris a encore une semaine de cours d’anglais, mais on va bientôt plus vraiment pouvoir se permettre de payer un loyer sans rentrée d’argent. On a commencé à mettre en place un plan B. On change notre fusil d’épaule. On tente une autre approche. À défaut de finir sur une petite note joyeuse un très long post plutôt rébarbatif, je vous laisse au moins une petite note de suspens en attendant la suite !

 

— Petit ajout suite à un oubli :

En fait, j’aurais pu avoir un travail. Après avoir répondu à une annonce franchement intéressante, je me suis retrouvé à discuter avec la gérante d’un loueur de van. Il cherchait une personne bilingue pour nettoyer les vans, et assurer le service à la clientèle. Une aubaine relativement intéressante, même si la partie nettoyage n’était pas plus intéressante que ça. Le contact avec les gens me plait. Ça me tentait bien. En plus, ils demandaient un candidat bilingue… au final, la madame m’a dit qu’il n’y aurait que du nettoyage à faire. Pas de vente. Le bilinguisme, c’est plus pour être capable d’accueillir les clients. Pas non plus d’à côté du genre « vous pouvez louer un van moitié moins cher puisque vous travaillez pour nous ». Et le tout, évidemment, au salaire minimum. À 45 minutes de l’appartement.

Je n’ai pas l’intention de piler sur mes principes et de me brader. On demande pas à quelqu’un d’être bilingue si c’est pour le payer le salaire minimum. Je n’ai pas non plus l’intention de travailler en dessous du salaire minimum (il y a pas mal d’annonces comme ça). En tant que « vieux expérimenté », j’ai quelques principes qui, même s’ils ne sont pas nombreux, sont là quand même. Les employeurs, à mon avis, sont parfaitement conscient de la situation. Ils savent qu’il y a une main d’oeuvre facile à exploiter, facile à changer, et relativement inépuisable tant que le PVT ne sera pas contingenté. Alors ils en profitent tant qu’ils peuvent eux aussi.

Pinaise de tabarnouche

Aujourd’hui, j’ai mange ma premiere mangue dans l’hemisphere sud… Directement dans le pays producteur… En plein pendant la saison… J’en perds tout mes accents ! (a moins que ce soit parce que je teste la fonction pour bloguer depuis mon ipod… Quoi qu’il en soit, la mangue etait tout simplement delicieuse… D’ailleurs il faidra quand meme bien que je vous parle de la bouffe australienne un de ces jours !

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