Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

La route de Devenport à St Helens


La traversée a été assez tranquille. L’arrivée se fait aux environs de 6h du matin. Le soleil n’est pas encore levé ; et même s’il l’était, on ne pourrait pas vraiment le savoir. Il fait gris et pluvieux. Dommage… l’arrivée à Devenport aurait sinon pu être assez impressionnante. Le traversier et gigantesque et remonte un petit canal relativement étroit. Avec bien peu de place à droite comme à gauche.

L’accostage se fait tout en douceur. Nous, on est bien confortablement assis dans le van, prêt à décoller. Le départ se fait rapidement et sans encombre. Une dernière petite inspection des douanes et des services de quarantaines. Interdiction d’amener fruits frais et légumes sur l’île. Entre autre. Si l’Australie est un écosystème assez fermé, la Tasmanie est encore plus fragile.

La nuit a été courte. Sur le bord de la route, tout les cafés sont ouverts, et annoncent des superbes petits déjeuners. Nous n’en profiterons pas. On a ce qu’il faut dans le van. On va plutôt avancé un peu. Après quelques kilomètres, on arrive à une fromagerie. On avait besoin de lait, et de fromage. Ça tombe bien. Tout à l’air fermé. Assez normal pour un dimanche à 6h45 du matin. On décide quand même de s’arrêter pour vérifier les horaires d’ouverture. Sans succès. Au moment de repartir, quand je décide de redémarrer le van, j’appuie par curiosité sur le petit bouton à côté de la clé. Ça allume un bidule qui fait bip bip quand je passe la marche arrière. Un détecteur de contact ! Ça pourrait être pratique sur un énorme engin comme ça, si je n’avais pas déjà une caméra de recule. En fait, une double caméra de recul. Le premier mode d’affichage remplace le rétro central. Le deuxième donne une vue verticale de l’arrière du van. Parfait pour éviter de rentrer dans les murs et d’écraser les petits enfants. Avec tout ce luxe, donc, je n’ai pas vraiment besoin du bidule qui fait bip bip. J’essaie de l’éteindre. Sans succès. Quand j’essaie de reculer, il se met à hurler encore plus. Et au lieu de reculer, le van avance. Je comprends pas. Je réessaie. Pareil. J’éteins le moteur. Je redémarre. Le van continue d’avancer. Sauf que devant, j’ai un talus, et que je vais devoir arrêter d’avancer à un moment. J’essaie plusieurs choses, je regarde le manuel pour voir comment arrêter le détecteur de contact qui raconte n’importe quoi. Je le vois bien, moi, que j’ai 8 mètres de libre derrière moi. Ça n’apparaît nul part dans la manuel.

La fromagerie a fini par ouvrir. Ça fait une bonne demi heure que l’on est planté dans le parking, a essayé de reculer, et je perds un peu patience. Je vais à la fromagerie, j’emprunte un téléphone, j’appelle le service d’urgence du loueur. Qui est incapable de me dire quoi que ce soit au téléphone. Il va me rappeler sur le portable dans une trentaine de minutes, quand il aura trouver un dépanneur qui pourra venir nous chercher… la Tasmanie s’annonce bien…

Retour au van pour attendre. Le portable n’a plus de batterie, je le mets donc à charger. En attendant que le téléphone sonne (en même temps, il est déchargé, donc il ne peut pas…) je feuillette à nouveau le mode d’emploi. Cherchant l’emplacement des détecteurs. Je finis par le trouver. Ils sont derrière le pare choc. À priori, la pluie pourrait les dérégler et les perturber. D’accord, mais au point d’empêcher le van de reculer, ça me paraît un peu énorme ! Enfin… j’attrape un torchon. Je sors nettoyer le pare choc. Je recentre. J’essaie. Le van continue à faire bip bip, mais cette fois il recule sans hésitation. Je retourne dans la fromagerie. Rappelle le service à la clientèle. Dis que tout est correct. Remercie tout le monde. Achète un morceau de fromage et du lait. Monte dans le van et repart.

Le détecteurs de recule du van continuera de biler pendant tout le trajet. Je pense que j’ai finalement compris le refus d’avancer. Le détecteur n’y est pour rien. Simplement la pente. Malgré la boîte automatique, le van étant un peu penché commence par avancer, même en position reculons. Je n’accélérais pas assez courageusement. En même temps, c’était compréhensible de ne pas vouloir accélérer trop alors que je n’allais pas dans la bonne direction. Est-ce que je suis arrivé sur une zone plus plate quand il est reparti, ou est-ce simplement que j’ai accéléré avec plus d’enthousiasme, l’histoire ne le dit pas, et je vous laisse donc imaginer par vous même.

Il n’empêche que l’on a perdu pas mal de temps. Et moi une bonne dose de patience sur ce coup là… on reprend la route, mais je suis pas mal crevé. On s’arrête donc un peu plus loin, le temps du sieste. On s’endort bercé par le son de la pluie sur le van. Nos premiers pas en Tasmanie sont plutôt déprimants…

… Et on se réveille avec un agréable soleil, beaucoup plus motivant.

La suite de la journée se déroule tranquillement. La route est belle, sans être époustouflante, ce qui permet quand même d’avancer assez vite. On profite de quelques points de vue, mais il n’y a rien de bien exceptionnel. Le ciel reste couvert, mais il ne pleut plus. Le van ne fait plus de caprice, et est très agréable à conduire. En fait, ça se conduit comme une voiture, et j’oublie facilement que je suis gros, large et haut. Il attaque les montées sans se plaindre et sans ralentir.

On arrive finalement à St Helens. On a rejoint la côte. Sur le traversier, on a repéré une couverture de magazine sur la Tasmanie qui nous a plus. On a demandé ou c’était, on nous a dit que c’était la « Bay of Fire ». On a décidé d’aller dormir là bas. Il nous reste une dizaine de kilomètres à faire, avant de trouver un endroit où garer notre lit géant à roulettes.

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