Tête en bas

Down under wandering. Archipelagoes to islands; beaches to deserts; mountains to cities.

Aller et retour en Tasmanie


Je me demande combien de temps je garderais le souvenir des coups frappés à la fenêtre de mon van pour me dire que je n’ai pas le droit d’être où je suis. J’imagine que ça restera encore longtemps, et que ça continuera de m’accompagner à chaque fois que je dormirais dans un van en n’étant pas tout à fait sûr d’avoir le droit d’être où je suis. Mais une fois de plus, droit ou pas droit, personne ne nous réveille. Juste la sonnerie de mon iPod, qui nous rappelle qu’on a une dernière journée bien pleine aujourd’hui. Nous devons rendre le van avant 15h à l’aéroport d’Hobart, avant de retrouver Sarah au centre-ville pour retourner chez elle. Sur une carte, ça donne un trajet qui ressemble à ça :

Et oui, on mange encore un peu du kilomètre. Tout ça pour revenir juste à côté de notre point de départ. Mais bon, c’est aussi ça le tourisme, c’est tourner en rond pour en voir le plus possible (d’aucun trouveront sans doute cette formulation un peu étrange).

La route est superbe, comme d’habitude, et avance bien. Histoire de profiter au maximum du confort du van, on va jusqu’à se faire un pizza + bière pour le lunch. Bière fraiche sortie du frigo, et pizza cuite dans le four à gaz. J’ai parfois l’impression que l’on a plus de luxe quand on déplace les vans que quand on est chez des couchsurfers !

Et puis nous arrivons finalement à l’agence pour rendre le van. Et c’est là que tout commence.

Juste avant l’arrivée à l’aéroport, il y a une station service, où je me suis bien évidemment empressé de faire le plein. Après avoir fait trois fois le tour des pompes avec un camping car gigantesque pour voir où je pouvais trouver une place. On arrive, on vide le van, on nettoie. On fait l’inspection pour rendre le van. « Le réservoir n’est pas plein ». Quoi ? Je regarde… en effet, je n’ai pas tout rempli… je ne comprends pas… je remonte dans le van, abandonnant Iris à l’entrée de l’agence, avec une pile de bagages plus haute qu’elle. Je retourne à la station service, recommence à tourner dans tout les sens et à manoeuvrer comme je peux pour trouver une place. Refait le plein, m’assure que ça déborde bien, m’en fout sur les doigts, sur le pantalon. Je pue l’essence, mais au moins je suis sûr que c’est plein. Je retourne à l’agence. On revérifie. Cette fois c’est bon. Évidemment, comme je suis sur une relocation, je ne suis pas dans les plus prioritaires, et j’attends donc toujours sagement que l’on s’occupe de moi. « Est-ce que vous avez les reçus pour vous faire rembourser » ? Je sors les tickets d’essence, puis mon ordinateur, j’affiche le reçu sur mon écran. « Vous ne l’avez pas imprimé ? » Le contrat spécifie « sur présentation des reçus ». Je ne voyais pas l’intérêt de l’imprimer. « A priori, vous n’avez pas d’imprimante ». La madame, en plus, n’est pas sympathique. « Est-ce que vous pouvez l’envoyer par email ? » « Est-ce que je peux utiliser votre réseau wi-fi ? » « Ah bin non ! C’est trop dangereux pour la sécurité. ». Oui, c’est vrai, je vais tout pirater le système informatique en 14 secondes devant ces yeux. « Est-ce que je peux vous le copier sur une clé usb » ? « Ou lala non, c’est encore plus dangereux pour la sécurité ça ». Ah, merde, ils sont sur PCs. J’essaie de leur expliquer que j’ai un mac, qu’ils ne craignent rien, que je peux formater la clé 8 fois avant. La madame me fait la morale comme quoi ce n’est pas moi qui paierait le réparateur informatique qui viendra après que j’aurais tout cassé. Rendu là, j’ai envie de lui foutre quelques baffes, qu’elle arrête de me regarder de haut. Mais ma maman m’a dit que ça ne se faisait pas. Pinaise de foutu bonne éducation. Je regrette des fois. « Mais si vous voulez, il y a une imprimante à l’aéroport ». Mon dieu ! Enfin quelque chose de constructif de sa part ! Je prends mon ordinateur, direction l’aéroport. Ça fait déjà une heure que l’on est arrivé. On était juste dans les temps pour retrouver Sarah. On commence à être pas mal en retard. Je rentre dans l’aéroport. Demande à une madame de la sécurité où je peux trouver une imprimante. « Je ne pense pas qu’il y en ai. Le seul endroit où vous pouvez peut être en trouver, ça sera au centre de presse, mais vous devez passer la sécurité ». Au moins, ça, je maîtrise. C’était pas prévu pour aujourd’hui, mais me voilà qui passe la sécurité pour essayer de trouver une imprimante. On me demande pas de passeport. Pas de carte d’identité. Faut dire qu’il ne doit pas y avoir trop de terrorisme en Tasmanie. Tant mieux pour moi. Mais la madame de la boutique me dit que non, malheureusement, ils n’ont pas d’imprimante. Je peux peut être tenté ma chance aux comptoirs de locations. Je ressors. Me dirige vers les comptoirs de location. En prend un au hasard. La madame est adorable. Un gigantesque sourire, gentille comme tout. Toute désolée de ne pas pouvoir m’aider : ils ont des vieilles imprimantes à aiguille à papier perforé. J’en ai marre. Je vais pas faire les 42 agences de location, en espérant en trouver une qui marche. Je retourne chez Britz. Oui, je les nomme, parce qu’ils ont vraiment un service à la clientèle catastrophique. À chaque fois. Je rentre en gueulant à la madame qu’il n’y a pas d’aéroport dans son imprimante. Ou le contraire. J’emplois des gros mots que, même s’ils sont en anglais, ma maman comprendrait et serait choquée. Quoi que… ça reste à voir. Je m’engueule encore un peu avec la madame. Qui, bien évidemment, doit finir les autres nouveaux clients dont elle s’occupe. Moi, ça fait juste une heure et demi que je suis là. Rien de prioritaire donc. Elle me dit finalement qu’elle peut me rembourser le montant correspondant à l’essence, et complètera le reste quand elle recevra mon email… de toutes façons, j’ai pas le choix. Je reçois un texto de plus en plus impatient de Sarah. On devait être au centre ville il y a 30 minutes déjà…

Et puis finalement, c’est réglé. Je n’ai récupéré qu’une partie de mon argent, je suis supposé récupéré le reste dès qu’elle a mon email. La chance tourne un peu : la navette pour le centre ville est là juste quand on arrive. On ne comprend pas pourquoi, mais on nous demande que 10$ par personne au lieu de 16. On prend. Quinze minutes, on est au centre ville, à l’endroit indiqué par Sarah. Qui n’est pas là. On s’inquiète. On regarde à droite, à gauche. J’envoie un autre SMS… et puis finalement, elle arrive. On s’excuse, on discute un peu, on fait la connaissance de Missi, une jeune japonaise, qu’elle présente comme son amie. On monte dans la voiture. On discute un peu en route. Pas trop. Pas pratique le contexte voiture. Et finalement, quatre bonnes heures plus tard, on arrive dans un endroit perdu au milieu de nul part. Une magnifique petite maison de campagne, avec un grand terrain au tour. Ça sent le hippie, mais ça devrait nous plaire ! On s’installe, on mange, on discute. Le séjour ici s’annonce agréable !

3 Responses to “Aller et retour en Tasmanie

  1. January 17th, 2012 at 12:48 pm

    poulpinette says:

    HAHAHAH en lisant le début de l’histoire, je me disais dans ma tête : ‘ ha si les mamans nous avaient appris que OUI, il faut rester poli et courtois en toute circonstance
    SAUF
    quand on a affaire à une administration,
    ou toute autre bureaucratie incompétence et de mauvaise foi,
    ou toute personne n’ayant manifestement aucune envie de faire son boulot et de t’aider et qui profitera de son avantage ‘ je suis du bon côté du bureau’ pour te faire devenir fou !
    LA et seulement LA
    -On a le droit d’utiliser tous les noms d’oiseaux qu’on le connait ( les ornithologues seront avantagés )
    -De faire son regard explicite du : ” Ecoute moi bien la grosse, si dans 5 min j’ai pas mon papier je pète tout ici!”
    -De tout péter ici parce que manifestement il n’y a plus que ça à faire.
    Et le pire dans tout ça..c’est que malheureusement ça marche!
    ” Sorry, it’s not my fault, the devil made me do it !!’ :)

  2. January 17th, 2012 at 5:27 pm

    Maman says:

    Bien d’accord, Poulpinette, je ne saurai gronder mon fils même en cas d’usage frauduleux de noms d’oiseau.

    La bonne éducation a ses limites !!!

  3. February 1st, 2012 at 3:41 pm

    alexandra says:

    mon dieu quelle aventure ! Je ne m’imagine pas énervé !

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